NUL EFFORT N'EST PERDU :V
diant des moments de morne accablement et cette indifférence prostrée que les moines appellent acedia (1). où tout désir, tout espoir, toute volonté sombreSFr^"'^"*^^
Il est donc nécessaire que nos étudiants aient une foi solide, mieux, la certitude que nos efforts persévérants ne sont inférieurs à aucune tâche et que nul effort n'est perdu.
J'ai montré ailleurs (2) que les enfants arrivent à écrire comme écrivent les grands poètes et les écrivains célèbres. Nous pouvons souvent envier le talent d'expression, l'originalité savoureuse de certains paysans. Je connais des ouvriers qui ont de beaux dons d'observation pittoresque. La supériorité n'est formée que des dons qui sont départis aux enfants intelligents. Tout enfant intelligent a dans sa giberne le bâton de maréchal — c'est-à-dire qu'il peut arriver aux premiers rangs dans la situation qu'il choisira, pourvu qu'il ait de l'énergie et de la méthode. Une vie heureuse, réussie, c'est ^rriver à l'autorité dans le domaine où l'on est compétent et on y arrive nécessairement si on a le courage et la patience de travailler ;. Il y a dans les Mé^norables une observation qui est charmante. Un Athénien était contrarié par l'obligation où il était de faire le voyage d'Olympie. « Eh ! qu'a donc le chemin qui vous épouvante? Ne passez-vous pas presque tout le jour à vous promener dans votre maison? Eh bien, en partant d'ici, vous vous promènerez de même, vous vous arrêterez pour dîner, vous marcherez encore et vous souperez et ensuite, vous vous reposerez. Ne voyez-vous pas qu'en mettant ensemble les promenades que vous faites ♦^n cinq ou six jours, vous irez aisément d'Athènes à Olympie ». Socrate lui conseilla de partir tout de suite
(1) Langueur, de ax>3ot«, abaUement.
(2) Apprentissage de l'Art d'écrire.
Pavot. — Travail 3
afin de n'clre pas presse par le temps et de pouvoir faire des traites moins longues (1).
Il semble qu'un pas n'est rien comparé à la hauteur du Mont-Blanc et cependant, en ajoutant un pas nouveau à chaque pas, on arrive à la cime.
De même, pour arriver aux sommets de la science, il n'y a pas d'autre moyen que de faire heure par heure, jour par jour sa tâche du mieux qu'on peut. C'est le seul moyen d'arriver à Olympie et les grands explorateurs ne sont grands que parce que jours après jours, ils ont affronté les froids du Thibet ou du Pôle et les chaleurs et les dangers de l'Afrique.