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LA DIFFAMATION DU TRAVAIL

D'ailleurs l'histoire du mot travail est significative. Il vient de trabs qui désignait le bâti de bois qui servait aux maréchaux cà entraver les chevaux et de cette idée on est passé à celle de gêne, de contrainte, de peine, de fatigue.

Par conséquent le langage, qui nous a été transmis par le bas peuple latin, a enfermé dans le mot qui le désigne la diffamation du travail, la flétrissure qui lui vient de l'esclavage.

Ensuite, les religions, issues de l'Orient l'ont considéré comme un châtiment !

Les penseurs de l'antiquité n'ont pas un instant songé à observer les effets du travail. Ils n'ont pas compris qu^il est la condition de la santé du corps et de l'esprit et la condition de toute grandeur, de toute noblesse.

Socrate, Platon, les Stoïciens, qui ont donné cà la pensée humaine saforme durant des siècles, ont fait un mal immense par leur mépris hautain du travail.

Dans les temps modernes, les écrivains socialistes, sauf Proudhon, aveuglés par la monotonie pénible du travail des usines, continuèrent à voir dans l'effort une malédiction et la vanité, cette misérable servilité à l'égard de l'opinion, acheva d'égarer les intelligences qni eussent pu rétablir la vérité. L'oisiveté, étant le signe du rang, la preuve de l'indépendance, gagna un prestige que l'examen de ses conséquences désastreuses sur l'intelligence et sur la moralité eût dû lui faire

refuser. Le préjugé contre le travail est donc ie résultat d'une longue tradition qui n'a jamais été soumise à la critique : il eut été cependant facile de constater que les enfants sains courent, sautent, grimpent, font des randonnées fatigantes^ dépensent une somme d'efforts considérable. Si le travail leur pèse, c'est qu'on ne sait pas en faire l'épanouissement de leurs tendances et qu'ils ignorent la façon de régler leur énergie.

Chez tout homme bien portant le besoin d'actinté est primordial. Le jeu et les sports ne sont que des moyens puérils de le satisfaire

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