‹ Le travail musculaire et l'énergie qu'il représenteChapitre 33 sur 53 · MODIFICATIONS DE L'EGHAUFFEMENT MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE L'EGHAUFFEMENT MUSCULAIRE

et le pantalon, le long de la cuisse. Pour en lire les indications, on se place dans un fauteuil un peu élevé, la jambe reposant étendue sur un tabouret bas. Le vêtement est alors ouvert et, en s'aidant d'une loupe^ il est facile de déterminer la température accusée par la colonne de mercure, tant avant qu'après le travail.

L'escalier qui m'a servi pour mes essais, sur la recherche des meilleures conditions expérimentales, se compose de trois rampes, ayant, dans leur ensemble, un total de 58 marches. La dénivellation entre la première et la dernière est de 9™, 50 à peu près; comme je pèse 116 kilogrammes, c'est un travail mécanique de 1,100 kilogrammètres environ que j'accomplissais à chaque ascension ou que je détruisais à chaque descente. L'ascension et la descente, avec les parcours à plat sur les paliers, avaient une même durée de 5 minutes, l'une et l'autre.

Ce faible travail suffit à déterminer, dans le triceps, une surélévation de température qui se communique à travers la peau au réservoir du thermomètre. Mais, de même que dans toutes les autres expériences de ce genre, pour que cette indication thermométrique puisse être considérée comme exacte, il faut s'être prémuni contre toutes les causes capables de modifier accidentellement la chaleur du corps et, surtout, s'être mis en possession d'une bonne température-étalon de l'état de repos.

Il faut encore autre chose : se dresser assez bien pour réaliser parfaitement l'égalité des conditions dans les

Kpériences comparatives.

Au début, je donnais toujours au soutien du corps

une durée plus longue à la descente qu'à la montée. Pour éviter la chute sur la marche inférieure de l'escalier, je m'exposais à un inconvénient ayant un effet opposé : je prolongeais trop l'action du triceps. Ce n'est guère que dans mes derniers essais que je suis arrivé à une suffisante égalité du soutien, dans chaque pas d'ascension ou de descente. Et comme alors j'ai été forcé d'interrompre ces recherches, je ne me trouve pas encore en état de dire si, dans ces conditions expérimentales, le travail négatif échauffe plus ou moins que le travail positif correspondant.

Deuxième méthode. — Au lieu de prendre une température locale, à travers la peau, au niveau du muscle droit antérieur de la cuisse, on pourrait mesurer réchauffement général du corps, d'après les indications d'un thermomètre à maxima placé dans le rectum. Mais il faudrait faire faire au sujet une plus grande somme de travail, pour obtenir des ditTérences de température suffisamment appréciables. On n'aurait plus à s'astreindre alors à ne faire agir qu'un seul membre dans l'acte du soutien du corps à la montée et à la descente. Les deux membres agiraient alternativement, mais toujours avec la même symétrie et la même régularité, tantôt d'arrière en avant et de bas en haut (ascension), tantôt d'avant en arrière et de haut en bas (descente).

Je n'ai pas encore pu faire l'expérience dans ces conditions de parfaite symétrie. Mais je pense qu'elle est de nature à donner de bons résultats, si j'en juge par une expérience laite autrefois par moi, dans un grand établissement pourvu d'un ascenseur. Grâce à l'asce

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seur, on peut répéter plusieurs fois de suite les mouvements d'ascension ou de descente et en additionner les effets calorifiques. Je n'étais pas alors fixé sur le meilleur moyen d'obtenir la symétrie parfaite de Faction des muscles dans les deux sortes de mouvements. La descente n'a pas été faite à reculons; mais je me suis efforcé de réaliser — et je crois y avoir réussi dans une certaine mesure — les trois principales indications du succès de l'expérience : 1° évitera la descente les rencontres brusques du pied avec le plan de la marche inférieure de l'escalier ; 2° consacrer le même temps, partant le même effort musculaire, au soutien du corps dans chaque mouvement partiel de Tascension et de la descente; 3° accomplir le mouvement avec régularité.

La double expérience de la montée et delà descente a été exécutée en deux fois : celle-ci un jour, celle-là le lendemain, toutes deux à la même heure matinale, par un beau temps d'été, la température extérieure étant la même à quelques dixièmes de degré près.

Je couchais dans une chambre placée près du sommet de l'escalier et de l'ascenseur. Aussitôt levé et habillé, je prenais la température-étalon de l'état de repos ; puis je replaçais le thermomètre • — un instrument médical ordmaire donnant les dixièmes de degré — et j'attendais quelques minutes avant de gagner, soit l'escalier, soit l'ascenseur, pour commencer l'expérience de i descente ou d'ascension. Le travail terminé, je rentrais ■■l^ans ma chambre et, après dix minutes de repos absolu IBsur mon lit, je retirais le thermomètre et j'en lisais

les indications. Voici les résultats qu'il m'a fait connaître :

Température Température Échauffement avant travail. après travail. dû au travail.

Travail positif. . . 37°,3 (faible) 37°,7 0°,4 (fort)

— négatif.. 37o,5 38° (faible) 0°, a (faible)

Donc le travail négatif a produit un échauffement un peu plus fort que le travail positif. Ce résultat est-il l'expression de la réalité? Je me garderais bien d'y attacher plus d'importance que n'en mérite la conclusion d'une expérience unique, et d'une expérience unique dont les conditions ne sont pas irréprochables. Elle est à répéter dans des conditions qui permettront de comparer avec plus d'exactitude encore le travail de montée et le travail de descente. C'est ce que je me propose de faire ou de faire faire par mes élèves; et je ne me prononcerai qu'après que les expériences auront été répétées très souvent, pour donner une base sérieuse aux moyennes des résultats.

e. Conclusions. — En résumé :

1° Il n'est pas certain qu'avec la méthode de J. Béclard, même correctement appliquée, on puisse démontrer que le travail positif absorbe de l'énergie et que le travail négatif en restitue.

2° Les démonstrations de Ilirn, sur l'absorption d'énergie par le travail positif, ont été confirmées, pour la première fois, d'une manière nette et précise, par les expériences de A. Fick sur les muscles isolés de grenouille.

3** Les considérations tirées de l'étude du mouvement énergétique, dans le muscle en contraction, plaident dans

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