LA CHASSE
« Qui ne connaît les fatigues et les charmes de cet exercice, sa vive agitation, et ses effets? Le chasseur, armé d’un fusil {dont le maniement et le poids mettent en action le bras qui le soutient, la main qui le dirige), va, vient, court, saute, monte et descend ; tantôt marche droit et la tête levée ; tantôt se fléchit et se courbe, siffle, parle et crie pour appeler les chiens.
» On voit déjà que cet exercice peut remplir différentes indications curatives, qui exigent des secoussen générales dans toute la machine ; qu’il est propre à provoquer la sueur; qu’il aurait son utilité pour favoriser les mouvements de l’épine, ceux des articulations des extrémités inférieures et supérieures ; et qu’enfin, pris avec modération, il peut contribuer infiniment à la santé. Ce n’est pas tout.
» La saison de l’année, l’heure du jour destiné à cet amusement, le mouvement nécessaire dans cette occasion, l’air pur et sans cesse renouvelé que le chasseur respire ; la variété des objets qui se présentent sans cesse à ses regards, et qui changent continuellement la scène pour lui ; les différents événements de la chasse : toutes ces circonstances, en occupant agréablement son esprit, doivent aider admirablement à la circulation des fluides dans les plus petits canaux, et opérer sur la constitution mille autres effets favorables, aux phlegmatiques, aux convalescents, aux poitrinaires, aux
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personnes vaporeuses, ou accablas par le chagrin ; à combien d’autres encore !»
l’escrime.
« L’escrime est de tous les exercices gyrnnastiques nonseulement le plus actif, mais encore celui qui cause le plus de secousses à toute la machine, et qui met le plus en action les muscles des extrémités.
» En effet, les muscles des cuisses, des jambes et des bras sont presque toujours en contraction ; les mouvements de pronation et de supination sont très fréquents dans le bras qui est armé, et les ligaments des articulations mobiles sont obligés de s’étendre et de se prêter aux efforts et aux mouvements violents de tout le corps.
» En envisageant cet exercice seulement de ce côté, on voit bien qu’il pourrait fournir à la médecine et à la chirurgie un moyen salutaire pour fortifier les extrémités, pour rendre plus libres les mouvements de leurs articulations, et pour favoriser davantage la circulation dans les viscères, etc.
» Il y a plus : l’escrime, en donnant les positions nécessaires au corps pour le mettre en garde, lui donne en même temps cette attitude naturelle, ferme et majestueuse, qui convient au roi des animaux. Voyez ces maîtres d’armes : comme ils sont forts, vigoureux, bien découplés, agiles et nerveux! ils ressemblent, pour ainsi dire, à Hercule. C’est dans les régiments où l’on fait plus communément cette remarque. Un soldat nouvellement enrôlé n’a presque jamais
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celle tournure, celte attitude si désirée par les colonels ; on l’envoie à la salle d’armes : il y prend du goût, et bientôt on s’aperçoit que cet athlète est plus ferme sur ses jambes, que sa démarche est plus élégante et plus martiale, et que son altitude, quelquefois si grotesque auparavant, ■ est devenue mâle, ferme et décidée. N’est-ce pas autant à l’exercice de l’escrime qu’il doit ces avantages qu’à l’exercice militaire, ou au maniement des armes, qui contraint le corps longtemps en i’epos?
» Aussi l’escrime contribue-t-elle plus puissamment que tout autre exercice à l’augmentation des forces, à l’agilité du corps, à la correction des mauvaises attitudes et de certaines difformités du corps. Enfin, comme cet exercice anime la circulation, et qu’il favorise la transpiration, nous pensons que la médecine pourrait utilement l’employer dans bien des cas. »