PREMIÈRE CONFÉRENCE
Messieurs,
Un des pères de la philosophie, Platon, a dit ;
« Notre corps s’altère par le repos et l’inaction, et se conserve principalement par l’exercice et le mouvement ; pour l’âme comme pour le corps le repos est un mal. »
J’ai pour hut dans ces deux conférences de démontrer la vérité de çes principes.
J’espère vous prouver que l’homme se conserve et s’élève par l’heureuse harmonie des travaux du corps et de l’esprit, et que l’inaction le détériore au physique comme au moral.
Je crois être fidèle au but des travaux si utiles de
l’AGSociation polytechnique en cherchant à établir, par des arguments empruntés à l’hygiène la plus largement comprise, que le travail physique et intellectuel est une nécessité de l’organisation de Thomme, une condition de santé, de moralité et de progrès indéfinis.
C’est là une question d’un intérêt général qui nous amènera à examiner les moyens les plus efficaces de combattre nos ennemis les plus implacables, l’ennui, la misère, la vieillesse et la mort prématurée, de conserver aussi longtemps que possible les attributs de la jeunesse, et enfin d’éloigner l’heure fatale à sa dernière limite.
Pour atteindre le but que je viens d’indiquer, il faut y penser de longue date, car il est plus aisé de maintenir un édifice en bon état que de relever une ruine. Pour diriger le travail corporel et le travail intellectuel dans une heureuse harmonie, p&r beaucoup de natures et de positions sociales^ il faudra des efforts de chaque jour et deux choses difficiles : du temps et une volonté ferme et persévérante ; enfin, ce qui est encore moins aisé ^ il sera nécessaire de vaincre les penchants qui nous nuisent. Mais je serai facilement compris, parlant devant un auditoire bien préparé par la pratique des vérités que je vais faire en sorte de développer.
Voici l’ordre que je me propose dé suivre dans les