‹ Le travail. Son influence sur la santéChapitre 6 sur 41 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

attentivement les beaux travaux de M. Scharling, de MM. Andral et Gavarret (II), de M. Magnus, et ceux antérieurs de W. Prout (III), on ne saurait se refuser à admettre que, tçutes choses égales, la production d’acide carbonique exhalé par les poumons est considérablement augmentée par le fait de l’exercice. Les expériences de M. Lassaigne (IV) démontrent également que, chez le cheval, la production d’acide carbonique augmente sous l’influence du travail.

Ne croyez pas, messieurs, que ces résultats d’expériences n’intéressent que la théorie, elles se rattachent aux questions les plus importantes qui ont trait à la santé de l’homme. Permettez-moi, pour vous donner une idée de cette importance, de vous rappeler une loi hygiénique que j’ai ainsi formulée :

« La continuité dans l’insuffisance d’exhalation de l’acide carbonique^ eu égard aux besoins de l’économie, conduit à l’affection scrofuleuse et à la tuberculisation pulmonaire. »

Je ne puis ici exposer l’enchaînement des faits qui m’ont conduit à la démonstration de cette loi ; les personnes qui voudront suivre ,cette étude la trouveront dans mon Mémoire sur l'étiologie et la prophylaocie de la tuberculisation pulmonaire^ imprimé dans le Supplément de mon Annuaire de thérapeutique de 1861. Toujours est-il que ces résultats permettent de se rendre compte de la manière

la plus saisissante et la plus nette des heureux effets de l’exercice musculaire sagement dirigé.

Continuons l’examen des résultats produits par l’exercice sur la nature et la proportion des principaux résidus des fonctions organiques.

On savait depuis longtemps, et c’est un fait sur lequel j’a insisté dans les cours que j’ai professés à l’Hotél-Dieu, que les hommes livrés à un travail régulier et énergique ne sont point exposés aux graivelles et aux pierres, dont l’acide urique est le principe dominant.

Cela se comprend sans peine, l’urée, principe soluble correspondant à un degré d’oxydation de la matière protéique plus avancé que celui de l’acide urique, l’augmentation de la proportion de la première de ces deux substances relativement à l’autre traduit nécessairement un accroissement correspondant dans l’activité des phénomènes physico-chimiques de la respiration.

M. Lehmann {Journal de Schmidt^ juin 1848), en étudiant en détail ces relations, a établi rigoureusement que l’exercice musculaire avait pour effet d’augmenter la proportion d’urée, et de diminuer la proportion d’acide uriqùe produit dans l’économie et excrété par les reins. Nous reviendrons plus loin sur ces résultats, dont on peut déjà pressentir les applications.

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