‹ Le trèfle comme engrais [microforme]Chapitre 5 sur 22 · NOURRITURE DES PLANTES ENLEVEE PAR LES RECOLTES EN DIX ANS · texte numérisé non relu

NOURRITURE DES PLANTES ENLEVEE PAR LES RECOLTES EN DIX ANS

Acide Rendement annuel par acre. Azote, phospbo- Potasse, rique,

Foin de mil (tumothy), 2 tonnes

Avoine : grain, 90 boisseaux ; paille, 2,200 lbs

3lé de printemps : grain, 25 boisseaux ; paille, 2,200 Ibs . Orge : grain, 35 boisseaux ; paille, 2,000 Ibs., .,, .,

Maïs pour fourrage à l'état laiteux avancé ou lustré, 15 tonnes

Navets, racines seules (les feuilles restant sur le champ pour ètre enfouies), 15 tonnes

Betteraves fourrageres, racines seules, 15 tonnes. Carottes, racines seules, 15 tonnes.

2etteraves à sucre, racines seules, 15 tonnes... Pommes de terre, tubercules seuls, 200 boisseaux,

Pommniers (en plein rapport) : fruit, feuilles et bois

Nous voyons par là que,s'il nv a pasde temps en temps restitution de nourriture des plantes, l'exploitation continue du sol aura pour conséquence inévitable la diminution des rendements ; car les chiffres du tableau ci-dessus représentent pour la plus grande partie les quantités enlevées à cet approvisionnement limité de nourriture des plantes immédiatement utilisable, sur lequel nous avons déjà appelé l'attention. Si dans le courant des dix années susmentionnées le terrain a reçu des applications r'gulières de fumier de ferme, par exemple une tous les cinq ans, d'environ 200 tonnes à l'acre, on a ainsi restitue au sol environ 400 livres d'azote, 200 livres d'acide phosphorique et 360 livres de potasse, outre une forte quantité d'humus. Conjointement avec une rotation judicieuse des cultures, ceite restitution contribuerait grandement à compenser les pertes indiquées.

Dans les conditions que nous avons dites, la capacité de production des sols est aussi diminuée par l'épuisement de leur humus. L'humus ou zuatière

végétale en partie décompeosée, est le résultat de la décomposition partielk

des racines et des autres parties des plantes dans le sol. Bien qu'il ne soit pas en lui-même un alime:it direct des plantes, il n'en est pas moins un des

constituants les plus importants de tous les sols fertiles,

Puisque la valeur des engrais verts, c'est-ädire des plantes telles que le

trèfle, que l'on enfouit vertes, dépend en partie de l'humus qu'ils fournissent,

nous pouvons considérer brièvement les principa es fonctions de ce consti-

tuant.

Foxcrioxs DbE L'Huurvs.

L'humus est l'entrepôt et le conservateur naturel de l'azote, qui est l'élément le plus coûteux de tous les aliments des plantes lorsqu'il devient nécessaire de l'acheter dans les engrais du commerce, Lorsque l'humus est abondant dans le sol, il y a aussi un bon approvisionnement d'azote, et on a remarque que la quantité d'humus presente est un excellent indice de la teneur du sol en azote organique. On a pareillement remarqué qu'à mesure que l'humus disparait, l'azote s'en va aussi.

L'humus fournit la nourriture des microorganismes du sol. Ces derniers en transforment l'azote organique en nitrates, composés qui seuls peuvent fournir aux plantes leur azote.

Il contient en outre des quantités considérables de constituants minéraux de ‘eur nourtiture, Par la décomposition plus complète de l'humus, qui a leu continuellement pendant l'été lorsque le sol est humide, ces constituants sont mis en liberte sous des formes utilisables par les plantes. C'est ainsi que l'humus fournit aux plantes une grande partie de leur potasse, de leur chaux, ete,

L'humus augmente la capacité des sols pour absorber et retenir l'humidi C'est là une fonction très importante. Puisque toute la nourriture des plantes que fournit le sol doit être en solution pour qu'elles puissent l'assimiler, la quantité d'eau qu'il faut aux plantes pour leur nutrition est énorme. Pour chaque tonne de matière sèche produite dens les plantes, on calcule qu'il faut environ 325 tonnes d'eau. Pour la production d'une seule récolte il ne faut donc pas moins de plusieurs centaines de tonnes d'eau par acre.

Une autre fonction de l'humus est encore de régulariser la température du sol et d'empêcher les extrêmes de froid et de chaud : il rend de plus les sols compactes plus poreux et plus meubles, et contribue matériellement à diminuer la perte des éléments de fertilité par le lessivage,

EPUISEMENT DE L'Huus.

Le travail du sol par les méthodes ordinsires, avec la charrue, la herse, la houe à cheval, ete. bien que tres important et très essentiel, expose le sol à l'action de l'air et en fait perdre une certaine partie. En outre, les bactéries étant constamment à l'œuvre dans le sol, l'oxydation de la matière organique qu'elles causent est activée par les opérations nécessaires pour l'ameublissement du sol. Le résultat en est perte, non seulement de matière orga nique, mais aussi d'azote, On estime que par cette oxydation de l'humus les sols où l'on cultive du grain d'année en année subissent une forte perte d'azote, et que cette perte est proportionnelle à leur richesse en azote,

LA TEXTURE PHYSIQUE pu Sor.

On peut dire que la principal

es € : sol est de fournir aux piantes certains éléments pour leur rutrition : mais il est également vrai que, pour produire les meilleures récoltes, ce sol doit pouvoir retenir suffisamment

huinidité, doit contenir de l'air et doit constituer un Support ferme et pro-

mentionne pneus

pre à la végétation des plantes, qui permette aux racines d'aller sans empéchement à la recherche de la nourriture présente dans le sol. Un tel sol est dans ce qu'on appelle une “ondition pour la culture

Les sols varient considérablement, non seulement au point de vue chimique, mais aussi quant à leur texture physique. Les trois types principaux sont : les sables légers, les argiles fortes et les sols tourbeux. Les terres les plus fertiles sont celles qui participent des trois types, c'est-à-dire où le sable, l'argile et lhumus entrent dans les proportions convenables, Quand c'est le sable qui prédomine, le sol retient moins l'humidité, il est pauvre en elements nutritifs pour les plantes et il perd facilement par l'oxydation et le lessivage une forte proportion de ses constituants les plus précieux. Les argiles fortes plastiques, qui en temps humide font une boue gluante et qui ensuite se prennent en se séchant en masses dures, ne se laissent pas péné trer par Pair ni par les racines. Elles peuvent contenir de grandes quantités de nourriture pour Ps plantes, mais, en raison de leur texture physique Si peu favorable, cette nourriture a peu de valeur, Les sols tourbeux sont souvent acides (or Facidité est nuisible aux plantes agricoles), ils manquent de fermeté et de compacité, se dessechent facilement et sont pauvres en constituants minéraux. C'est pour ces deux premieres classes de sol que l'on peut emplover le trèfle avec le plus grand avantage : car, pour qu'un sol de nature où sableuse où argileuse soit en bonne condition pour la ger mination des graines et soit le milieu chaud, humide et aéré qui est essen tiel à une végétation Tuxuriante, il faut évidemment qu'il contienne une certaine proportion de matiere végétale. Si lhumus fait défaut dans un sol, il S'ensuit que la texture physique de ce sol est mauvaise et qu'il ne possède pas Fhumidité nécessaire : ces deux conditions font que les plantes agricoles ne peuvent utiliser comme elles le feraient autrement, la nourriture qui peut S'y trouver présente

VALEUR DU TRÈFLE CouuE ExGr

Notre principal objet dans la préparation de ce bulletin est d'appeler

l'attention des eultivateurs du Canada sur les résultats très pratiques et tres convaincants que nous avons obtenus à la ferme expérimentale centrale, où par l'enfouissement du trètle vert nous avons fait augmenter les rendements. Pendant plusieurs saisons successives nous avons trouvé que cette mamère de faire à augmenté nos récoltes, Des expériences semblables aux fermes expérimentales succursales ont donné de bons résultats, et nous avons reçu des rapports dun grand nombre de cultivateurs qui avaient trouvé beaucoup de prolit à suivre les conseils des fermes expérimentales à cet égard. [ne semble Y avoir aucune raison de douter que, par li adoption plus générale de eette méthode de fumure, on obtiendr ait à très Peu de frais une augmentation considérable dans la production movenne des plantes cul tivées les plus importantes, A Ottawa nous avons dressé le programme de nos expériences de maniere à retirer du trèfle le plus grand avantage possible sans apporter aucun dérangement à la régularité des cultures.

Nous avons commencé ces expériences à la ferme centrale au printemps de 194, où un champ fut ensemencé à la fois d'une variété d'orge à deux rangs (Thorpe du Canada) et de graine de trèfle mammouth (Trifolium medium), collecei à raison de 12 livres à l'acre. Après le fauchage de l'orge le trefle crût rapidement et avant l'hiver il avait fait une bonne pousse, Nous le laissämes pousser la saison suivante, La troisième semaine de mai, moment de l'année où l'on enfouit le trèfle pour une culture de mais ou de pommes de terre, le trèfle était extrêmement touffu. Le 25 mai, nous enfonçumes entierement dans le champ de trèfle une caisse d'une section intérieure d'un nied carré et de quatre pieds de profondeur, puis en la retirant avec soin nous obtinmes un bon échantillon de trèfle avec racines jusqu'à quatre

pieds de profondeur. Ayant débarrassé les racines de la terre par un lavage, nous constatames que quelques-unes atteignaient jusqu'à la profondeur de juitre pieds et avaient ainsi pu puiser dans l'approvisionnement de fertilité lu fond du sous-sol, où d'autres plantes à racines moins longues ne peuvent atteindre, et avaient pu en faire arriver aux feuilles et aux tiges,

La planche 1 représente bien le systéme considérable de racines de la plante de trèfle, Dans cet échantillon de la pousse d'une année nous séparämes les feuilles et les tiges vertes d'avec les feuilles en partie décomposées autour du pied, et aussi d'avec les racines, et les pesâmes et les analyvsâmes eparément. Les quantités d'azote en livres par acre qu'il fut trouvé dans ces différentes parties des plantes furent comme suit :—

Feuilles et tiges vertes... Rss 101:3 Ib, par acre. Débris partiellemeat décomposés. ...,,,.... Pr u Racines jusqu'à 4 pieds de profondeur... .... #s°5

PU Ron à TENNIS TE

Puisque, comme nous l'avons déjà dit, l'enfouissement d'une pousse verte de trefle fournit au sol une quantité considérable de matière organique dont une grande partie se transforme dans la suite en humus, il est évident d'apres les chiffres ci-dessus que le trèfle joue un autre rôle d'une impor tance encore plus grande pour l'enrichissement du sol, et cela par son apport d'azote, Le trèfle est une plante qui appartient à la classe des légumineuses, lesquelles ont la remarquable capacité de pouvoir capter dans lair une srande partie de l'azote dont elles ont besoin pour leur développement. Les “izneuses recherches d'un grand nombre d'investigateurs scientifiques éminents ont fait voir que les légumineuses s'approprient l'azote de l'air présent dans les interstices entre les particules du sol par l'intermédiaire de certains nicroorganismes qui s'y trouvent. Ces bactéries, dont la fonction spéciale est l'assimilation de l'azote libre, s'attachent aux racines des plantes de trefle où d'autres légumineuses, en formant sur elles de petites nodosités. On trouve fréquemment partout en grands nombres sur les racines de la plante, de ces nodosités, de grosseurs variant entre celle d'une tête d'épingle : celle d'un pois et dans lesquelles pullulent leurs innombrables habitants. La planche 2 représente des racines de trèfle portant des nodosités. L'azote issimilé par ces microbes et converti en composés solubles est employé par le trefle, qui l'emmagasine dans les tissus de ses racines, de ses tiges et de ses feuilles. Les léguinineuses, classe de plantes à laquelle appartient le trefle, sont particulièrement riches en azote, et, bien que nous ne puissions ‘ire exactement quelle proportion de cet élément elles ont eaptée dans l'air, nous pouvons ètre sûrs que dans des conditions favorables c'est de l'air qu'en vient la plus grande partie, Ces faits, ainsi brièvement présentés, sont probablement dans le domaine de la science de l'agriculture la découerte la plus importante du dix-neuvième siècle,

Lutilité principale de l'enfouissement d'une pousse de trèfle consiste done lans l'apport d'humus et des aliments minéraux des plantes associés à l'huruns, et dans Fapport d'azote. Par la décomposition subséquente du trèfle nfout, ces constituants sont transformés dans le sol en nourriture utiliable dans la suite par les plantes agricoles et les arbres fruitiers, Au

ontraire des autres plantes qui, quand elles ont crû et ont été récoltées, ussent le sol plus pauvre en azote, le trèfle, même si l'on enlève la pousse erte et laisse seulement les racines, se trouve invariablement avoir enrichi sl en azote,

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