‹ Le treizième fils de Jean-PierreChapitre 13 sur 38 · UN HISTORIEN ALLEMAND · texte numérisé non relu

UN HISTORIEN ALLEMAND

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Avril revint, tout embaumé du parfum des violettes, fleuri de pripvères, et jetant aux arbres des guirlandes de jeunes feuilles d’un ver andre. Les oiselets préparaient leurs nids ; les cascades et les ruisseaux Azouillaient sur les cailloux polis ; ‘’herbe jaillissait du sol, drue et

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fraîche; la nature enfin s'éveillait du lourd sommeil de l'hiver. Le cie prenait sa robe de fête, couleur d’azur, à l'aurore garnie de larges bande de pourpre, et le soir, dorée par les feux du couchant. C'est le mois des poètes, à l'âme réêveuse, qui vont par les chemi cueillant des pâquerettes et cherchant des rimes ; c’est le mois où le colombes roucoulent, issant du colombier, en plumes blanches, et che chant de ci de là le pigeon voyageur qui fuyait naguère à tire-d’ai vers le pays du soleil, qui revient au printemps. 3 #11 Avril apportait dans ses chansons printanières, sa brise revivifiani: ses odeurs balsamiques, ses bouquets charmants, la mélodie suave dé fauvettes, et tout ce qui met la Le cœur, le sourire aux lèvres. l x Ce fut l'instant que l'ennemi choisit pour bouleverser encore l’ord voulu de Dieu, pour jeter 1. désolation dans les riantes campagnes, misère sous le chaume, et la douleur partout où il y avait des mère Une voix funèbre s'éleva hurlante et lamentable : —La guerre ! la guerre ! la guerre !

Et la guerre était, eneffet, déclarée. Peurquoi ? Nul ne sait jamal

Les peuples sont confiants et travaillent. La prospérité règne ; ie caln . avec elle. On vit tous les jours un peu, riant à l'avenir. Et la société v toujours tout droit, sans redouter rien des événements quise déch nent. La paix fatiguait lo monde, il fallait la guerre. Dieu infligeait la patrie de Félix le plus terrible des châtiments.

On oubliait Dieu. Il rappelait sa puissance. Un homme surgissil nouvel Attila, fléau de Dieu !

Impitoyable fléau qui devait broyer le grain sur l'aire, et ne s’arré qu'après avoir tout broyé! Comment cela se fit? Ouvrez l’histoire : cl que siècle, et chaque année de chaque siècle, ont eu cette épopée dû loureuse, la guerre.

Une seule famille était sur terre, et deux frères seulement dans cul famille : il fallut qu'Abel fut tué par Cain. La guerre est vieille com le monde et ne finira qu'avec lui. L'esprit du mal a la puissance, et t d'hommes se soumettent à sa tyrannie.

La première armée partit aux fracas des tambours, aux fanfares clairon. Les citoyens, debout sur Le seuil de leurs demeures, saluaient passage des bataillons qui allaient défendre leurs foyers.

Le drapeau national se déployait, symbole visible de la patrie, 4 rieux souvenir d'un passé héroïque. Les femmes pleuraient, en voyant jeunes soldats-qui marchaient allègrement, le fusil sur l'épaule, et chi tant un refrain alerte, Et les garçonnets couraient sur les flancs de colonne, admirant la fière mine des troupiers, les épaulettes des taines. On pavoisait les maisons. Sur les places, on défonçait des ! neaux, on entassait des provisions ; et les belles dames venaient dé rer de cocardes, faites avec leurs plus beaux rubans, les braves qui} taient, ét dont un si grand nombre ne reviendrait jamais.

Quelques semaines se passèrent, Une nuit, les cloches de toutes églises sonnèrent à toute volée ; le cœur s’illumina ; la foule env les nefs, et des milliers de voix enthousiastes chantaient l'hymme À tions de grâces ,le solennel Te Deum.

Le lendemain, on préparait déjà les réjouissances publiques pouf

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