DE
rochaine victoire... On coupait les branches des jeunes chênes dans es forêts pour orner les arcs de triomphe. On célébrait les gloires présentes, oubliant presque les gloires évanouies.…
r. Le cie es bande
s chemir Mais la providence de Dieu refusa cette victoire si ardemment désiois où lei rée ; et, pour la première fois, depuis tant d'années, on vit les armées s, et chall succomber sur le sol même de la patrie.
De nouveaux régiments furent levés. La jeunesse déserta la ville et le village. De toutes parts, on venait se faire inscrire autour de l’étenvivifiant dard humilié. Nul ne voulait rester inactif, au coin de l’âtre, tandis que
suave dd le canon, là bas, décimait les camarades. yres. Et quand les jeunes furent partis, ce fut le tour des hommes faits. Les uns quittèrent leurs vieux parents ; les autres, l'épouse bien-aimée, ore l'ordi 11 y en eut beaucoup, hélas ! qui abandonnèrent des berceaux où dus pagnes, [M petits enfants dormaient, qui seraient bientôt des orpheiins. des mère Tous partirent. Les nobles, les riches furent les preuiers à doner l'exemple. De grands seigneurs abandonnaiïent leurs somptuenses ésidences, et sans regrets se privaient des jonissances de leur rang. pour sait jamal manger à la gamelle et dormir sous la tente. Ils payaient ainsi ; impôt , ; je caldu sang ; ils obéissaient aux traditions des hautes races, et n’en possésociété dant plus les privilèges, ils en portaient néanmoins les charges, afin se déchiid'être dignes toujours du nom transmis par les ancêtres. | infligeait Les pauvres laboureurs donnaieni:ce qu'ils avaient : leur libert. et leur vie. Et les ouvriers des villes, jetant l'outil, prenaient le fusil. Il e surgissau y avait plus dans les logis en deuil que des femmes, et presque partout des femmes en deuil.
tire-d'ail
Ce fut alors que les mères pleurèrent! Elles ne voulaient point itre consolées. L'enfant de leurs entrailles, arraché à la mort pendant ingt années par une lutte incessante ; l'enfant si laborieusement élevé qu'elles avaient, avec tant d’orgueil, vu devenir un homme, était mair
enant la cible vivante des balles ennemies, et courait au-devant d’un
mort obscure et misérable. Et s’il périssait, la mère n’e"rait même poir
ette douloureuse consolation de prier sur sa tombe; !.: auvre cadavre, nfoui avec des centaines d’autres, servirait d'engrais à la terre, après voir subi les outrages des corbeaux qui planent sur les champs de bataille.
pe s’arré istoire : cl épopée di
t dans cl eille com ance, ett
fanfares saluaient
Félix que nous avons laissé au presbytère d'Entre-Deux-Eaux, soufrait de l’inaction à laquelle son ministère le condamnait. Il aimait la atrie de cet amour profond et pur que la religion inspire. Il l’aimait omme citoyen et comme prêtre. Plus il la voyait souffrante, mutilée, aincue, plus il la vénérait, et son cœur bondissait dans sa poitrine, à à pensée des revers qu'elle essuyait, elle qu’on appelait naguère l’Inincible. Il priait passionnément pour elle, suppliant Dieu dedésarder son courroux, et des larmes amères jaillissaient de ses yeux quand à nouvelle arrivait d'une défaite essuyée malgré tant de courage et ant de sacrifices.
Un jour n’y tenant plus, il alla trouver l'évêque, et lui tint ce dispurs :
— Vous avez ici beaucoup de prêtres, déjà vieux, que leur âge retient
patrie, £ n voyant kule, et chi flancs de s des « ait des t naient dé ves qui}
e toutes oule envi ymme
ues pour
CA { lila !
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dans nos montagnes, et dont le dévouement peut suffire à ve qui nous! reste d’ouailles, à cette heure que tous nos hommes se battent sur la fron-
tière. Mais là-bas, dans les camps et dans les forteresses, il y a trop peu de prêtres pour consoler nos soldats au moment suprême, pour leur parler d’en haut, pour soutenir leur vaillance par la foi, pour bénir leur armes. Je suis jeune, robuste, actif, dévoré du désir d’être utile. En. voyez-moi au feu, avec mes frères. mes neveux, mes amis, tous les miens Je n'aurai d'autre arme que le Crucifix: je ne répandrai pas le sang Je serai le soldat du Christ, qui est la Vie et la Vérité.
—Allez ! dit l’évêque : la patrie a besoin de tous ses fils.
Peu de jours plus tard, l'abbé Félix, incorporé comme aumônier mili:
taire dans un régiment d'infanterie, arrivait dans les provinces envahiesk
Il y trouva seize frères lais de la Trappe, qui avaient quitté le froc pour la capote, et dont les camarades, après les avoir vus à la besogne,n'osant plus railler le crâne tonsuré et le visage glabre. Ils gardaient leur scx pulaire sous la chemise, et disaient le chapelet avant d'aller au feu.
La vie du régiment en campagne est bruyante, animée. On vit trop vite pour ne pas bien vivre. Nul n’est assuré du lendemain.Chaque nuit c'est. un nouveau gite. Quelquefois les hôtes sont aimables, souvent ik tremblent. Tout à l'heure peut-être l'ennemi viendra-t-il déloger h troupe, et piller ce qui reste au grenier et à la cave !
L'abbé Félix fut aussitôt l'ami de tous ceux dont il accourait partager les dingers. Le capitaine Berte, qui n’aimait pas les ‘ calottins ”, fit d'abord la grimace, ainsi que le lieutenant Célin, qui détestait Les curés sans parler du sergent Héma, qui méprisait la prétraille, Mais Félix tout en fumant un cigare avec le‘capitaine, lui démontra qne les culottins ne sont pas si noirs qu'on pense ; il parla au lieutenant de sa vieille mère le fit pleurer ; il offrit la goutte au sergent, qui ne possédait plus ui
‘ard en son escarcelle.
En toute occasion, il fit contre fortune bon cœur. Il dina d’un croûtoi pain de munition, après avoir déjeûné d'une pomme de terre bouillie supporta sans broncher quinze heures de marche forcée ; il causa, ri
santa, pour allégrer l'étape ; et le soir, pour charmer les ennuis di
ivounac, il conta d'étonnantes histoires, au lieu de dormir sous sa tent! où il hébergeait quelques tratnards fatigués, si bien qu’on le déclara bo garçon, pas fier, joyeux compagnon, spirituel, amusant, généreux, et pa dessus le marché dur a-cuire.
—Un luron, avec sa mine futée ! disait le capitaine en tortillant: moust-che. .
— Un rude lapin ! jugeait le lieutenant, tout pensif : et la soutanell va, maugrebleu ! tout aussi bien qu’à moi ma tunique de grande tenut
Et le sergent hochant la tête :
—Ah! si tous les ratichons ressemblaient à celui-là !......... Pas
jésuite, lui ! Rond, franc, gai, malin..….......Ca gagnerait l’épaulette.d
six mois !
D'autres capitaines et d'autres sergents pensèrent de même, et quai l’ami Félix réuuit un matin, ses hommes, pour causer un peu de ce bi Dieu, qu’ils oubliaient trop, pas un ne manqua à l'appel.
Pendant les marches, on venait à la defilée causer un brin avec l'abb qui ne renvoyait personne, et devisait allègrement avec ses pcoupiol
qu'ils euss des bouts …rdon !
en touche , je vous ren —C'est } —Avé ce épouser ap:
—-Donne —S'ppos:
ait de f....] essive 2...
—Quand —..Arch —Grarçon, bas. Et le be —Pss... F amaros vont ils !
—À charg Et tout en ent, surpris conciliatioi un après l’a Dte à côte av
Un jour d'’:
dtre une va nnemi ; le bttait à la S shêtres et ll où tombaien Sur l'herbe Isés par le mme la noi t partout lent le chè Ÿ aux inform ec un bruit a rivière € Oneuses, a mes blanc uissons ef Ts Panachd ages tach 1FA 40 Corps d'a fusils en fai ssades éle Au bord de
MEN 7 ri —…— (6)
NU
qu’ils eussent l'épaulette d’or ou l’épaulette de laine, On entendait alors des bouts de dialogue dans le genre de celui-ci.
rop peu ….rdon ! m'naumônier !..Que je voudrais, si je casse ma pipe, qu'on eur par- Men touche deux mots à ma vieille, en lui envoyant la montre à p’pa, que ir leurs ie vous remets...
le. En-M —C'est bon, fillot, ta commission sera faite.
»s miens. —Avé ce bout de lettre ponr ma payse, la Richarde, que j'devais nous le sang. Mépouser après Noël... |
-Donne. La Richarde aura ta lettre.
—$’pposition que les gueux me fassent sauter le caisson, m’embête-
ui nous la fron:
ier mililait de f....le camp sans passeport !...N’effet votr’bonté de faire ma petite envahies lessive 7...
froc pour —Quand tu voudras.
e,n'osanth —….Arche ! l’paquet est lourd : ça pèse !
leur sx —Garçon, la grand'route est un confessionnal commode : on n’y étouffe | feu. bas. Et le bon Dieu est partout. Fais le signe de la croix, et commence. n vit trop} —Pss.…. Pss.…. signe de croix !.….. m'ça d’vant l'monde..... Pss..…... les que nuitlamaros vont rien se f....de Nestor Pacornet, qu'est mon nom de père en
ils !
—À charge de revanche !'tu te f....d’eux, quand ils feront comme toi. Et tout en cheminant d’un pas alerte, l’aumônier confessait le pénient, surpris qu’il ne fallût pas d'autre appareil et d'autre pompe à la conciliation d’un chrétien avec le Seigneur. Il en venait ainsi plusieurs un après l’autre. Personne ne riait, en voyant l’abbé Félix, à l'écart, bte à cote avec un brave qui se préparait à bien mourir.
vuvent ik déloger li
t partager tins ”, fi : les curés Félix tout alottins nt eille mère it plus ui
Un jour d'automne, un matin d'octobre, on campait dans une plaine, tre une vaste forêt et une rivière, à quelques lieues seulement de nnemi ; le soleil se leva, pâle, dans un ciel gris. Une brume légère bttait à la surface du sol, enveloppant d’un brouillard les sapins verts, shêtres et les chênes dépouillés, aux branches enchevêtrées en lacis, où tombaient encore des feuilles jaunies.
Sur l’herbe déjà flétrie s’'amoncelaient les feuilles sèches, les rameaux isés par le vent. Les aiguilles vertes du sapin tristement pendaïent mme la noire frondaison du cyprès, l'arbre des cimetières. Et ce n’ét partout que troncs dénudés, berceaux éventrés, où naguère grimlent le chèvrefeuille et la clématite, abritant des nids, maintenant réaux informes de ronces et de lianes serpentines sonnant à la brise ec un bruit sec.
La rivière coulait pesamment entre ses berges gazonnées ; des eaux oneuses, avec de grande flaques glauques, un reflet d'acier bleui, des mes blanchâtres autour des rochers qui parsemaient le eourant. Sur buissons et les arbustes, s'enroulaient les guirlandes de viorne. avec TS panuches blancs, soyeux comme des marabouts ; et des inûres ivages tachetaient de noir les tas de cailloux épars le long des chens.
æ Corps d'armée couvrait la plaine ; des tentes alignées en bon ordre ; fusils en faisceaux ; des sentinelles de distance en distance, devant les avec l'ablissades élevées à la hâte par les pionniers.
8 pioupio Mu bord de la rivière, des batteries de canon, que le soleil faisait bril-
n croûtol re bouillië causa, til ennuis di us sa ten déclara boi eux, et pa
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ment delfélix, fort enorgueilli de redevenir enfant de chœur, avec ses gallons outrés d'argent sur les manches, avec la terrible moustache qui balafrait son
Puis le ir mélan:
isage de deux énormes touffes blondes.
La guerre continuait.
nappe, oabitants fuyaient à son approche : des vieillards engourdis, se traînant x chandd grand’peine ; des femmes éplorées, portant de tout petits enfants. quelque Parfois on voyait tourhillonner dans le ciel de longs vols d'oiseaux de drapeaudroie, criblant l’azur de taches noires. Au dessous d'eux, il y avait une ja croix. Berte prairie, diaprée de colchiques violets, de gentianes bleues, de ngèrent elputons d'or ; et sur les fleurs piétinées, des cadavres dans une mare de es fanfardne. Et des tronçons d'armes brisées, des sabres rompus, des fusils tor- 1s s'entassalent, rougis.
il se tour Les dernières journées de l'automne s'écoulèrent, mornes et grises. is l'hiver fondit tout à coup avec ses âpres bises, ses tourmentes de ux dans ise, son froid glacial. Mais les troupes n'avaient plus de vêtements, su bout dus de pain, plus de provisions, peu de poudre. ant com Une nuit, le régiment de Félix fit halte dans un bois, non loin d’un prêtre, avt tachement de l’armée ennemie, qui bloquait le passage. Les hommes nemperahvalent point mangé depuis la veille. Il restait un peu d’eau-de-vie qui se dérodus les gourdes ; on but une lampée de ce cordial pour se réchauffer. rrière un pli de terrain, on alluma des feux, avec du bois mort, après olr déblayé l’épaisse couche de neige : et les pauvres soldats, exténués fatigue, vinrent se grouper autour-de ces foyers misérables, tendant a flamme leurs mains gourdes.
Jnne pouvait dormir par ce temps affreux sur la neige qui blanchist le vallon. Des sentinelles furent postées. deux par deux, et tous les arts d'heures on les relevait de faction, de crainte qu'elles ne tombasit de froid et d’inanition.
Les capotes en lambeaux, raccommodées avec des ficelles, n'étaient hs des haïllons sordides :; les souliers ne tenaient que par des rouux d’écorces fixés avec des mouchoirs déchirés. C’étaient l'armée en route, la débandade !... Et pourtant ces malheureux voulaient se batencore et vendre chèrement leur vie. Prisonniers ? Non. La bataille ! Qu'un monceau de corps fit encore à la patrie un de ces remparts de ir pantelante qu'il faut escalader pour la vaincre... A l'aurore, on rait les derniers coups de fusil. Qui sait ? Une escarmouche heuse pouvait ranimer les courages et permettre [a trouée, cette trouée où annonçait depuis si longtemps et qui ne se fit jamais. 6x allait de l’un à l'autre. consolant ceux qui pleuraient, soignant blessés, avec des paroles de réconfort, des sourires, une éloquence te de tribun qui veut galvaniser la torpeur des âmes ! promettait la victoire. Il en appelait au x espérances folles, mensonsublime que Dieu pardonnait sans doute à ce prêtre qui avait tout té, son vieux père et sa mère, et le paisible presbytère de la monta- , et le calme heureux de sa retraite, et les joios sereines du minispastoral, pour partager les hasards, Îcs aventures, les périls de ces nseurs du sol natal, à cette heure décimés, perdus. leur parlait de Dieu, des grands faits de Dieu par leurs pères : il
antes retel
ruste, auqi ne autre
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L'ennemi avançait de jour en jour. Ii ravageait les provinces, incen. ssaient tait les villages, faisait sauter les ponts, défonçait :es chemins Leg
rit
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te re pe rome =
relevait leur vaillance abattue. Et peu à peu, sous l'influence de cette, voix amie, douce et forte, la confiance renaissait. Les uns, narguant | intervall misère, chantaient, pour oublier la faim qui grondait dans leurs enfecs, un fre trailles. Les autres riaient de ce rire convulsif des épuisés, et faisaienkées. Les assaut de vanteries pour se donner du cœur. ette, parfc Capitaine Berte rongeait ses terribles moustaches, et le petit sergentks henniss devenu son égal en grade, s’escrimait à tourbir son épée, qu'une rowllourants, ] de sang maculait. le de La ba On admirait ce prêtre, si tranquille dans la fortune adverse, dont 1 Une fum pâle visage, Les lèvres décolorées, trahissaient les souffrances, mais qt tre, on vo gouriait toujours, et mettait dans son regard pur la force de sa volonti arlate des : l'éclair brillant du courage et de l'espoir. Les caval On ie voyait redresser sa haute taille sous les restes déchirés de «émissemen soutane, et cheminer accortement dans cette neige friable qui s'épaififoisant la sissait sur le sol, car elle tombait toujours en gros flocons. Durreau de Les feux jetaient des reflets rouges sur les arbres ; la fumée onäovyalnt les crâ: en spirales brunes ; des maraudeurs avaient trouvé, dans un hameal Le sang « abandonué et détruit, quelques provisions variées que l’on se part rbes de geait. De temps à autre le canon mugissait au loin ; des zigzags de fl oitié fondu rayaient l’espace ; des détonations crépitaient ; le vent apportait df@ sang sourds murmures. On se battait sans doute à quelques lieues de là Le Carnag: Ce fnt une nuit d'angoisse : La veillée des funérailles. On se comjllère ni mer. tait : on se disait adieu. Le lieutenant Célin se confessa : trie, leur « —Je serai le premier tué, dit-il à l'abbé Félix d’une voix qui ne tri terre se jc blait pas. Vous prendrez sur ma poitline la médaille que vous m'ar@Et sur ces : donné, vous l’enverrez à ma mère, et vous lui direz que j'ai rendu les qui si dernier soupir en pensant à elle, ei remerciant Dieu, et plein d'espoir @ives. La I sa miséricorde. couteau, c k*% Ateurs, sous L'aube vint. Pas un rayon de soleil : un ciel brumeux, la neige fes victim tant dans les airs en perles légères. Un crépuscule triste succédant ais à l’honn lugubres ténèbres. Que.
—Hé ! camarades, un vilain temps pour mourir !.… es lions r Un coup de feu ! L’ennemi approchait. andonnait. La troupe fut aussitôt sous les armes. Les chefs disposèrent leurs MBuraient fr: taillons. On sortit du bois, on gagna la plaine. pés. L'armée ennemie s’avançait en bon ordre, et les pas de ces millié'était Ééor d'hommes ébranlaient le sol. tte régis 4 à Félix montra à ses enfants son visage resplendissant d’enthousinée Mais ravoure ; de —Par ce signe, nous vaincrons, s’écria-t-il en élevant la croix dit Rp gent suspendue à son cou. En avant, les amis, pour Dieu et pou qui ca patrie ! FE acte Le clairon sonna la charge. La fusillade éclata. ol Le premier qui tomba fut le lieutenant Célin. L'abbé Félix le ref} L. Le dans ses bras, l’emporta, le coucha sur la mousse, au pied d’un chère . à l'étoffe —Je vous l'avais bien dit ! murmura le brave. Il expira en souriant. L'abbé prit sa médaille, comme il l'ai le pre promis. j Capitaine On se battait avec acharnement. L:s fusils partaient sans une secol “a Fe cœur (
de cett
puant li ‘intervalle ; c'était le crépitement incessant de la foudre, des éclats | leurs enMecs, uu fracas mugissant, répercuté par l'écho en vibrations prolon- | faisaientMtées. Les battements précipités de la caisse, les fanfares de la trom-
ette. parfois interrompues et reprenant soudain avec plus de vigueur, es hennissements furieux des chevaux, les cris d'appel, les râles des aourants, les hurlements des blessés formaient ce concert épouvantale de la bataille, qui terrifie les plus intrépides.
Une fumée âcre, épaisse. obscurcissait l’air ; à travers ce nuage noitre, on voyait briller l'acier des cuirasses, le cuivre des casques, l’éarlate des uniformes, les lames des armes.
Les cavaliers se ruaient les uns contre les autres, le sabre haut. Des émissements étouffés, un choc lourd !… Les fantassins se cherchaïent, oisant la baïonnette, et quand la baïonnette s'était brisée dans un burreau de chair humaine, le fusil se transformait en massue, défonant les crânes et broyant les poitrines.
t sergent ne rouillé
, dont Ie mais qi a volonté
rés de ui s'épal
se ondoyi
ni hamell Le sang coulait à flots, il ruisselait en larges nappes, jaillissait en se part rbes de pourpre, éclaboussait de taches rouges la neige piétinée zags de À oitié fondue, qui devenait une boue épaisse, chaude, un lac, une mer pportait di sang |...
s-de là Le carnage ne cessait point. Cette poignée de héros se défendait sans )n se comfiiève ni merci. Combien déjà étaient tombés donnant leur dernier cri à la trie, leur dernier souvenir aux aimés, leur dernière pensée à Dieu ! qui ne trail terre se jonchaït de cadavres, glorieux débris de la phalange sacrée. ous m'aviEt sur ces morts, les vivants combattaient encore sous la pluie des ai rendu Milles qui sifflaient, des grenades qui éclataient en lançant des lueurs
ves. La bataille était devenue mêlée, et l’on s’égorgeait maintenant couteau, comme dans les arènes de Rome païenne les partis de glaateurs, sous l’œil du divin Caligula !
es victimes s’offraient en holocauste, non pas à l'ambition des grands, is à l'honneur de la patrie dont ils ne pouvaient plus défendre le sol bite.
es lions rugissaient, affolés de désespoir ; et puisque la victoire les andonnait, ils ne voulaient point subir la honte de la défaite, ils uraient frappant sans relâche jusqu’à ce qu'ils fussent enx-mêmes pés.
‘était Léonidas et ses trois cents Spartiates, aux Thermopyls: !
ette résistance héroïque se prolongea jusque vers le milieu de la née. Mais, à ce moment, il y eut dans la tempête une subite accal- ; de part et d'autre, on se compta. Hélas! quelques braves, seuleht restaient debout autour du capitaine Berte et du petit sergent na, qui soutenait d’une main défaillante le drapeau troué de balles, ssi, déchiqueté, en loques. |
nt A fallait se rendre! L'abbé Félix, qui pleurait de douleur et de rage élix le Cha l'étoffe du drapeau et l’enroula autour de son corps sous sa soud'un chêne .
s ne le prendront pas, dit-il, c’est notre bien !
è capitaine se jeta à son cou :
Vous avez un cœur de soldat !....cria-t-il.
EUn cœur de prêtre, dit l'abbé : c’est la même chose !
\ d'espoir
a neige Îl iccédant al
ent leurs!
ces millk
’enthousit
croix à u et pour
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une seC0l
Bu JO pin æL!
ET — | Puis les nôtres jetèrent leurs armes. L’ennemi les enveloppait. ee # er: n étaient prisonniers. Te Le k* x 1. e ae ND ge FETE e ne On les emmena au camp voisin. Le général ennemi * Autre a I Fes drapeau. Il désirait ce trophée à sa victoire, et SE OURS & Vous tal fût paré de cette guenille, disait-il avec le mépris du o ne Del Rue ce que les chrétiens savent honorer. On l'avait bien vu ce drapeau. Con | :ore après le combat sur la tête des prisonniers. | flottait encore après le combat sur Re DUMAS Votre Des prisonniers furent ignominieusement fouillés. s riaien de Los basse persécution des barbares. Capitaine Berte frisait sa moustacl
cu 4: ENTAUS Le soud:
d’un air narquois ; un caporal se permit diverses facéties à propos de Au SA nai 3 ù ? H 4 2 Se bannière; le tambour creva sa caisse d'un coup de baguette, à sei
à its usils, Féli
fin de prouver qu'il n'y avait pas caché le précieux haillon. ni bn , , t N a FE ’ #) c CT te /
Le général, un pandour à figure d'ogre, s'exaspéra. Il prétendait qui L'office,
fusillât sur-le-champ tous ces misérables. Un officier lui fit observer ql Ent ce serait un attentat au droit des gens, et que le Maître s’en fâcherd ° Vous | peut-être. L'officier paya cette mercuriale un peu plus tard. I] de ga re a de cause, l’ogre n’osant passer outre. Mais l’aumônter fut mandé. à Malgré 1 I vint. Son visage austère gardait les traces des rudes fatigues en benne à rées, mais aussi la noblesse de la sérénité, la douceur du courage, l'4 ne reilnte de la bonté. PRES à Le vieux pandour, malgré lui. eut un mouvement de respect. JU int force de rogea le prêtre, en cherchant à adoucir les rauques discordances de VOIX.
-— Prêtre catholique ?
—Oui, général.
—Engagé volontaire ?
— Oui, général.
—Commission d’aumônier militaire en règle.
—La voici, général. RS -— Pourquoi pas à l'abri pendant la bataille ? | —Parce que mon devoir est d'assister mes soldats, en tous lieu toute heure.
—Sous le feu ? —Oui général.
—Vous pouviez. être tué !/ — Oui général.
—Et alors ?
—Tant pis ! général.
—Ambitieux ?
—Non général.
— Et alors ?
— Catholique et Français, général ?
—Comprends pas !
—Je le sais bien, général.
La nuit é ébré de lés aient quel ince et co La neige erre des li salent com
Les hibd ans la can saient. Pui le ses gran
Félix rey ueur blafa ettes de lu talactites d onvulsées, ahleau si rêtre s’arr
Nes chevi ÿeux pour es était t Pt sa gorge
; : À Oh !
Ces réponses brèves déconcertaient l'audace du matamore. Il fl Il eu
le sourcil. Puis. brusquement : ‘abattre @ —Savez-vous où est le drapeau ? |
— Oui, général.
Très bien! Dites où il est.
)ppait.
Non, général.
Je le veux.
it avoir | Je ne le veux pas. ur mphe bri Je vous ordonne d’obéir ndale po Vous n'avez pas le droit de commander. rapeau. | Je vais vous faire fusiller.
Comme il vous plaira.
dit dé cet Votre dernier mot ?
Motistacl Je refuse.
propos del Le soudard, courroucé, commanda un piquet de douze hommes. Il fit itte, à sel onduire devant eux le prêtre, toujours impassible. On chargea les usils, Félix plia le genou, fit le signe de la croix, puis se releva, résigné. sndait qu' Portez armes...…...En joue...
or 6 All rt tres Aie du bserver qi L'officier se tut sur un signe du général. Celui-ci courut à Félix et embrassant :
N A cheri
ue Vous êtes un brave! s'écria-t-il. Allez-vous en. Vous êtes libre. Et sa ndé. vardez votre drapeau. vous l’avez gagné.
tigues su Malgré les instances de Félix qui voulait partager le sort de ses comurage, bagnons, on le reconduisit aux limites du camp, muni d un sauf-con-
duit. [1 marcha droit devant lui, tout étonné de vivre, et n'ayant plus ect. Il intiiie force de penser.
dances de ue RE
La nuit était v nue, une claire et froide nuit d'hiver. Au firmament, ébré de légers uuages, qui s’amassaient en montagnes à l'horizon, luiaient quelques étoiles d’or, faisant cortège au croissant de la lune, ince et courbé comme un cimeterre d’infidèle.
La neige ne tombait plus, mais elle accochait aux branches et sur la erre des linceuls déchirés. Ces blancheurs, dans les ténèbres, apparaisaient comme des suaires livides.
Les hiboux hululaient, et les chiens chassés des villages, er raient ans la campagne, aboyant et hurlant à la mort. Des corbeaux croasaient, Puis le chœur funèbre se taisait tout à coup, et c'était alors un le ses grands silerces, qui font peur.
Félix revit Le c hamp où ses amis étaient tombés la face à l'ennemi. La ueur blafarde &es astres pâlissait sur les cadavres, arrachaït des pailettes de lumière à la neige durcie, au sang qui se figeait lentement en talactites de jais. Ces fac es blèmes, ces membres raidis, ces bouches onvulsées, ces corps pêle-mêle gisant, ces armes brisées, offrait un ahleau si effrayant si horrible dans son auguste majesté, que le pauvre orêtre s'arrêta, stupéfait, accablé d'épouvante.
Ses cheveux se hérissèrent sur son front. Il porta les mains sur ses Yeux pour ne plus voir ces choses effrayantes. Mais la source des lares était tarie. [1 sentit son cœur palpiter, tressauter dans sa poitrine, t sa gorge se serrer, et ses dents s’enfoncer dans ses lèvres.
Oh F mon Dieu !....….. balbutia-t-il......Que de sang ?
Il trébucha, et levant au ciel un regard d’ ardente douleur, i! vint
abattre évanoui, sur un monceau de chair inanimée.……
tous lieui
ore. Il fl
Mm—
Le dernier jour d'un condamne.
‘ S'il est dans le sacerdoce une fonction sacrée c’est eelle du prêtre des prisons de paêtre, | seul spectateur dont la présence sanctifie l’échafnud.......…, Un métier, dites-vous ? Mais « métier, ilsl’ont choisi, ils le subissent. Au lieu de vivre au milieu du luxe du monde, ils w beurteront aux haillons et respireront l'air humide et infect des cachots ; nés sensibles aux ils se sont volontairement condamnés à voir cent fois dans leur vie monter et retomb:r le couteu sanglant de la guillotine. Sont-ce là des plaisirs bien grunû: ?
N'ôtez pas le dernier ami à ceux qui vont mourir! Qu’en montant sur l’échafaur. le cou pa ait une croix devant les yeux ou, du moins, que de son dernier regard ilaperçoir ; auprès du représentant de la justice des hommes, celui de la clémence de Dieu. ”
[X. B. SAINTINE, j‘“ciola.]
Depuis combien de jours l’a-t-on condamné ? Il ne sait plus. lit cepen: dant il les a comptées, ces longues journées d’angoisses, ces heures qui s’écoulent avec une désespérante lenteur, comme l'au d’une mer qui s'en irait goutte à goutte. Oh! ces minutes qui se tratnent, qui sem: blent avoir la durée d'un siècle, que de tourments elles lui ont apportés Mais le soir, lorsque la petite raie jaune qu'un rayon furtif de soleil irruant par une fente de l’auvent trace à l'angle de la muraille grise lorsque la petite raie de lumière disparaît, et que la nuit revient ave toutes ces terreurs, le temps a disparu comme l’étlair : c’est encore un
La dernière fois qu'il a vu des êtres humains, c'était par un clair soleil de printemps. Le ciel était d’un beau rose, avec de grands rayons de vermillon. Toute la ville était en émoi. Une multitude qui l’accablait d'invectives et de menaces. [l ne connaissait personne parmi ces gen féroces, acharnés contre lui. Ils se le montraient du doigt, et tous les regards qui s'arrêtaient sur sa face pâle, avaient une expression d’hor reur et d’effroi.
Puis on le poussait dans une salle, à l’aspect austère et morne, au verrières ternies par la poussière. Il voyait l'énorme crucifix qui domi nait l'assemblée, un divin cadavre, tout saignant, livide et meurtri, cloué sur la croix. Des juges en robes, rouges, au visage sombre, aui yeux éteints et qui restaient immobiles sur leurs sièges, dans la pos raide des statuts antiques.
Des témoins, rangés sur les bancs, agités, heureux de jouer un rôle dans ce drame. Il y reconnaissait les amis de son enfance, qu'il avait aimés ; il se rappelait leurs rires sonores, leurs chansons joyeuses de li moisson, les contes de la veillée, les battues au loup sur la neige qui couvrait de son manteau blanc la campagne silencieuse. Et mainte nant ils venaient, le rouge au front, se défendre d’avoir aimé un crimi nel.
Devant lui les jurés. De bons bourgeois, fâchés qu’on les dérangeil de leurs affaires pour si peu, et qui avaient hâte d'en finir, blêmes d’unt responsabilité pesante, car il déplaitant de se souvenir toute sa vie qu'o;: « rayé, par son vote, un homme du nombre des vivants. Quel
combiné..…..Et quel meurtre !..…….. Un paricide, puis l’égorgement d'u enfant, unique témoin visible de l'horrible parfait !
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Le condamné revoyait cette foule, curieuse, haletante. La voix du juge retcntissait encore à son oreille. Il niait tout.
Mais comment avaient-ils deviné, eux ? Instant par instant on lui racontait son exisience perverse, on lui disait qu'il avait pensé, médité, préparé le crime de cette façon, et comment f avait fait, et de quelles armes il s'était servi...Les armes ? Là, sur une table, souillées de sang.
L'ayeu débordait de ses lèvres qui frémissaient :
—Oui, rs tué mon père. Je voulais m'amuser; il me refusait de. | l'argent, il fallait bien que j'en eusse. J'ai pris le couteau et j'ai frappé 0 trois fois, au cou, au cœur, au ventre. Le petit berger, couché sur sa: MM peillasse, avait tout vu. Qu'auriez-vous fait à ma place ? J'ai saigné le 9 berger, pour qu’il ne me dénonçat point.
Quel silence mortel après cet aveu rapide, précipité, martelé par une voix rauque et cependant distincte !......…..
On l’emmena. Quand il revint, il vit qu’on le regardait avec une pitié méprisante ; même, des femmes pleuraient. Un murmure sourd emplis- !
il ne fut pas ému, en écoutant l'arrêt terrible. Que lui importait ? Le droit de grâce n’est-il pas une sauve-garde ? On ne donne pas au vourreau la tête d’un enfant de vingt ans !......
Et le misérable revenait à la prison étonné d’être si calme, indittérent à l'inexorable sentence. On l'enfermait entre ces quatre murs ; il remarquait, pour la première fois, la petite raie jaune, en face du soupirail, tremblotante et s’effaçant peu à peu ; les verrous grinçaient dans leurs gâches.…..un c'iquetis de clefs tintinnabulantes, le pas lourd sur les dalles du guichetier s’éloignant dans le corridor... et plus rien, que les ténè- à bres, le silence, la solitude. En ;
Le condamné s’allongeait sur son grabat, s’endormait, heureux enfin W de cette certitude du sort qu'il avait maintenant. Hier encore, il dontait À cette heure, il savait. La mort ne l’effrayait guère Que faireen ce monde, quand on est pauyre, avec une soif inextinguible de jouissauces ? Mieux vaut le repos de la tombe, qui peut-être, pensait-il, est le neant !
Mais le sommeil accablant ne dura pas assez. La bête avait suc“ombé, | l'esprit s'éveillait, jaillissant des limbes. La msrt, si proche. Et I: con- | damné voulut revoir les scènes effrayantes qui l'avaient conduit là.
xX*
Au lendemain de la première communion, il hantait les vauriens du village, qui l’entratuaient au cabaret. L'adolescence est faible contre les grossiers appâts. Que de pièges tendus à l’innocence de ce blondin, qui sacrait et fumait comme un homme, et qu'on ramenait ivre au logis paternel !
1 comptait ses fautes, depuis la plus petite, qui l'avaient poussé au crime, degré par degré : l’oisiveté d’abord, la gloriole, puis la paresse, l'ivrognerie, le jeu, tous les vices qui coûtent cher à entretenir, dont on a grand’honte et dont on se pare.
Il songeait à cette courte agonie du vieux père, frappé trois fois, au. au cousin scuvent naguère entouré des bras potelés de l'enfant ; au cœur ce cœur tout plein de l’enfant bien aimé...
Il entendait le hoquet doulouaeux de la victime qui, la gorge coupée,
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ne pouvait plus crier. Il
} rude campagne, et qui a voulu, tout en prenant du repos, se rendre . Ja bataille, et dont le coxps est couturé de cicatrices glorieuses, 11 en est jour.
” bâtie én pyramide sur un escarpement de roches, aux abords du Rhône,
des combats, le bruit du canon, les chaudes alarmes. Il y revient à
patience et la résignation. Il cause avec eux du village où les vieux
‘is Joué due ntrés
voyait ses yeux épouvantés se fixer, dilatés d'horreur, sur les siens ; il remuait la main, comme il l'avait remui dans le sang, pour écarter ce ruissellement rouge qui jaillissait sur lui.
Et le berger ! le petit pâtre innocent, qui pleurait, tout pâle sous les boucles blondes de ses cheveux. et qui joignait les maïns en implorant grâce. Mais le parricide avait peur de ses yeux bleus qui avaient vu, de ces lèvres roses qui parleralent, et son couteau se plongea dans la poitrine de l'enfant, sans misèricorde.
Alors, au fond du cachot obscur, au milieu de ce silence qui l'enveloppait, le condamné poussa une clameur d'angoisse. Des spectres san: glants se dressaient avec leurs blans linceuls, et s’avançaient menaçants.…Il voulut abaisser la paupière, mais une force inconnue la sonlevait: et toujours, sous son regard, les ombres blanches qui étendaient leurs bras, chargés de malédictions !...
Toujours dans l'oreille, le gémissement sourd, le elapotement du sang, le cri de l'acier dans la chair !
Quand le jour apparnt, le condamné gisait sur sa couche, anéanti, presque fou de terreur. Et c’est alors qu'il eut peur de la mort, peur de la tombe humide où son cadavra serait jeté sans suaire, peur de la hahache dont l'acier crierait aussi dans sa chair, et dégouttevait de son
sang
Be
Pendant quarante jours, il eut cette vision, et pendant quarantt nuits cette insomnie... Parfois il dormait, pourvu qu'un gardien veil-
lât sur son sommeil et qu'il vit, au réveil, une figure humaine près de lui. Puis il retombait dans sa torpeur, ou prenait des accès de frénésie qui faisaient craindre qu'il ne se broyât le crâne contre les murs. Un jour, le directeur de la prison vint le voir, et lui demanda, d’une voix attendrie, s’il voulait qu'on lui amenât un prêtre. Un prêtre ? Non ! je haïs les corbeaux.
C’est pour...demain ! balbutia le directeur.
Demain |...
Le condamné tremble de tous ces membres.
DEMAIN !.… Ah tant mieux, j'en avais assez de souffrir comme ça! …
C’est une grande salle, propre, froide et triste, une salle d’hôpital.Elle est pleine de blessés convalescents.
La paix signée, on a envoyé là Félix, brisé par les fatigues de cette utile. Parmi ces pauvres soldats qui ont perdu un bras ou une jambe à plus d’un qui sera heureux de revoir un prêtre, et de lui parler chaque
Donc Félix est venu à l'hôpital de Barsac, une petite ville du Midi, large et rapide, courant vers la mer. Il y reprend peu à peu ses forces
y Te P Ï épuisées par les privations, par la faim, le froid, les marches sans fin à
travers la neige. Il essaye d'y oublier les souvenirs sanglants, le fracas
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À combien a-t-il promis sa visite ? Ils le voudraient tous avec eux, toujours, et Le supplient de changer de garnison, c’est-à-dire de diocèse. I y à des chrétiens partout. Mais l'abbé Félix parle du menuisier Jean Pierre, et de maman Rosalie, qui se fait vieille et du clocher à l’onbre duquel il est né, et du cimetière dont la terre est faite de la chair et des
Aux dernières lueurs du jour, les vitres claires étincellent. Un rayon argenté s'allonge sur le parquet de chêne luisant, comme un sillage de navire dans la mer bleue. Deux files de lits, pareils à des chapelles, avec leurs baldaquins de percale blanche, et leurs blancs rideaux drapés en légers plis.
Sur l’oreiller se détachent des figures martiales, stllonnées de balafres, avec des lèvres décolorées et des regards alanguis. Au chevet, les bols de tisane, les fioles étiquetées, que le patient déteste, et dont l'odeur fade, l'écœure, lui qui vivait dans l'odeur âcre de la poudre et du sang. Quelques-uns, de leurs mains amaigries, tiennent encore le livre qu'ils lisaient, pour tromper l'ennui des longues heures de la journée.
Il en est qui sont debout encore, enveloppés de la capote grise, et le bonnet de coton sur la tête. Ils sont réunis par petits groupes. Ceux-ci regardent le ciel bleu où s’allument une à une les étoiles ; ceux-là dvisent des faits d'armes qui les ont amenés là.
D'autres encore s’entretiennent mystérieusement de la besogne que font sur la grand’place des charpentiers venus de loin, et dont les coups de marteau, lourds et pressés, du crépuscule.
Parfois une bonne sœur passe, ses voiles noirs flottant sur sa guimpe blanche, et le cliquetis de son chapelet fait un bruit réjouissant.
Des religieuses prient, agenouillées devant la petite chapelle qui enlève un peu de tristesse au sanctuaire de la souffrance, et quelques malades sont là, aussi, ravis d’une joie sereine par l’ardente contemplation de l’image de Marie, Vierge, entourée de fleurs au feuillage doré, de candélabres de cristal dont les cierges semblent être des pistils de fleurs énormes et étranges. Les vases de faïence coloriés, les chandeliers de cuivre, les paillettes de la nappe de dentelle luisent dans la verdure. Le Christ étend ses bras sur la croix noire, modèle et réconfort de ceux qui souffrent .........
Et la petite lampe d'argent se balance, pétillant dans sa coupe de verre rouge, au bout de trois chaînettes qui la suspendent à la voûte.
L'abbé Félix rentre. Il vient d'achever la lecture du bréviaire, en se promenant dans le jardin, sous les cerisiers en fleurs, entre les platesbandes, où primevères et violettes ceignent d’un ruban de brocart blanc, violet et vert, les carrés de légumes bordant la terre grise de leurs verdures si variées.
li sourit aux compagnons salue, la sœur qui passe ; il vient à la chapelle fléchir le genou devant l'autel enguirlandé. Mais il se fait un mur-
mure à la porte. Elle s'ouvre. Un personnage bien vêtu, d'âge mûr,
parents les attendent, où les jeunes sœurs et les pures fiancées pensent |
retentissent sinistrement dans le silence
| pénètre dans la salle, suivi du maire de Barsac et de la supérieure des sœurs, Il s'avance vers Félix étonné :
Monsieur l'abbé, lui dit-il d'une voix grave et émue, je suis lé président du tribunal. I1 y a, aux prisons de notre ville, un condamné à mort ui sera exécuté demain au point du jour. Notre curé est octogénaire, fnfirme ; je n'ose pas lui demander son assistance auprès de ce malheu- .reux...:.. Nous n'avons aucun prêtre dans le voisinage...
Oh! mon Dieu, dit Félix, pâle et tremblant.
Il se prosterne et prie, accablé de la cruelle mission qui lui échoit- Puis il se relève et, essuyant les pleurs qui mouillent ses paupières, il ajoute, simplement :
Je suis prêt à vous suivre !
Le magistrat s'incline, saisi de respect :
Du courage, dit-il, c’est une âme que vous jetterez au pieds de Dieu !
Le dernier jour d'un condamné, cette lamentable élégie, est le premier age donné par Victor Hugo à l’idée révolutionnaire. Combien d’âmes Eites se sont laissé prendre aux froids accents de cette sensiblerie L calculée qui vous force à vous apitoyer sur le meurtrier qui va être châ- tié, et vous laisse indifférent sur le sort de sa victime innocente ! Livre faux. livre malsain, livre dangereux, qui déprave les sentiments et fait couler des larmes dont on a honte. | ! Je suis délibérément, réflexion faite, sans arrière-pensée, partisan de . la peine de mort. Je n'ai pas assez de compassion à dépenser pour en “garder une part quelconque aux misérables assassins qui jouent du couteau si facilement et si volontiers, en riant, pour Gual ues SOUS,— pour . le plaisir, —pour rien. De la pitié pour ces monstres ? Et quel sentiment réserver dans le fond de son cœur pour les pauvres et pour les malheureux ?
On ne doit aux coupables que la justice, et peut-être l'oubli, lorsqu'ils ont expié. Quant au pardon, c’est affaire entre leur âme et Dieu.
C'est un lieu commun que le dire : la peine de mort est une nécessité sociale. Il faut pourtant le répéter : aucune société de notre époque ne } pourrait vivre en paix, la peine de mort abolie ; c’est le seul frein efficace. La société a le droit de faire périr l'homicide, en vertu de l’insbtinct de conservation inné chez l’homme et qui le porte à sacrifier son
semblable, s’il le faut, pour conserver à soi-même l'existence.
Dès le commencement du monde, et chez tous les peuples, primitifs, . ou barbares, ou civilisés, la peine de mort a été appliquée; c'est donc u’elle est de droit naturel. On verrait les plus ardents abolitionnistes de l’échafaud se faire eux-mêmes justice, et devenir bourreaux si, cette utile fonction étant supprimée, un de ces assassins qu'ils protègent, . égorgeait leur mère, leur femme ou leur fille. } Nous reviendrons bientôt au code du talion, dent pour dent, œil pour| œil, et ce serait alors la décadence sanguinaire des notions pourries. Le motit le plus invoqué en faveur de cette peine de mort qui donnt
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aux sociétés de si terribles responsabilités, c'est l'exemple. Et qu'on ne le nie pas ! Ni
On voit des hommes à mine suspecte rôder uutour dé la guillottine, et pâlir quand arrive le condamné. et s'évanouir, eux, les bouchers saturés de sang ! à l'heure où le fatal couteau glisse dans ses rainures. Ils se disent, ces hommes, dont la main a peut-être déjà enfoncé le poignard dans une poitrine humaine, qu'un jour ou l’autte ils serout amenés à cette expiation, ligottés comme le camarade, blèmes comme lui, tremblants comme lui, escortés comme lui, ‘ des hussards de la veuve,” précédés, comme lui, du vieux prêtre qui soutient entre ses doigts crispés l'image du granà Supplicié du Calvaire.
Et ces êtres endurcis, que rien n’épouvante, qui n'ont pas de remords, qui ne croient à rien, qui raillent le diable et qui insuitent Dieu, frissonnent devant ce formidable Monsieur, en habit noir qui, du bout de son doigt, peut faire rouler une tête dans le hideux panier plein de son...
Mais en vérité, aujourd'hui lu justice humaine semble craindre de remplir son mandat au grand jour. Le sinistre tableau d'une exécution à Paris a été fait et refait cent fois par des reporters enchantés de cette occasion charmante de gagner beaucoup de sous en écrivant beaucoup de lignes.
Vous voyez cela d'ici.
Il est jour à peine, un jour blafard...la sanglante machine est ajustée.
M. le bourreau mâchonne un cigare et se prélasse en attendant l’heure - , , . . Ü de la besogne. Ses aides jouent au piquet sur un coin de la plate-forme,
Sen échangeant des plaisanteries grossières. Les soldats, que l’implacable Aconsigne envoie là, voudraient bien s’en aller.
Personne ne savait la veille, que ce matin, un assassin devait être lancé dans l'éternité. Et pourtant la foule grouille aux entours du funèbre carrefour. Et quelle foule ! Des voyous déguenillés, la lie des bandits et l’'écume de la bohème, des curieux venus là par dépravation du cœur et soif de spectacles infâmes.
Des voitures attendent leurs locataires ; gommeux ivres de champagne, et qui grelottent de peur avant le moment lugubre ; rôdeurs de barrières, qui se content les détails de la dernière matinée ; filles de bas tage et courtisanes de hant parage, qui veulent mettre à l'épreuve leur œur durci à la débauche et s'assurer qu'il ne bat plus.
Multitude méprisable, qui se repaîitra des convulsions de l’agonie vec la même ardeur qu'elle se pâmait tout à l'heure aux lazzis d’un jueue-rouge, aux pirouettes d'un clodoche... Multitude vile, qui ne omprend pas ce que cette journée a d'auguste et de sacré ; qui ra rire peut-être de la lividité du condamné : ou pisencore ! quiva le plainre... Multitude infecte où, en cherchant mal, on trouverait nombre d’inse dont la-place serait sur la guillotine, et non pas devant la uillotine.
Personne, sauf le greffier, la police et la troupe, qui réprésente la octété : cette société qui a jeté au bourreau cette proie pantelante, cet omme qui dort pendant que le menuisier cloue les planches de son rcueil, pendant qu'un valet aiguise le couteau qui lui coupera la tête.
Bin jtd
Cela. au fond, est monstrueux. On mène un homme à l'échafaud À sr . “ C a]
comme on mènerait un taureau à l'abattoir. Nul n’y pense, nul n’en a unebre
cure ou souci. Paris s’agite, Paris travaille, Paris s'amuse. Paris se rue |R , Les P aux fêtes et aux plaisirs, avant même que les cailloux de la place de la ps Roquette soient séchés du sang qui les souillait. gonds. | Ne vaudrait-il pas mieux qu'une exécution fût un deuil public et a qu’une solennelle magnificence entourât ce grand acte d’expiation, afin Té n de l’ennoblir ! Je voudrais que, ce jour-là, tous les théâtres, tous les si Ont 8 lieux de plaisir fussent fermés ; que le cortège, sombre et pompeux, os comme au moyen âge, défilât dans les rues devant les boutiques closes : ee que toute la garnison de la ville fût sous les armes ; que toutes les clo- eux,
. . sg. ‘ }£ 1$ :
ches sonnassent le glas des agonisants ; que dans toutes les églises des épaules €
prières fussent dites pour la créature appelée au tribunal de Dieu, autre- FR de ment miséricordieux que le tribunal des hommes ; que l’échafand fût : élix f tendu de noir, et qu'il restât debout jusqu’au soir, avec le sang ruisse- Ru Le lant sur ses tentures ! ; ee Comparez ces deux tableaux l’un à l'autre ; celui-là est hideux, celui- R 0n cou: c1.est terrible, mais grandiose. : Mon Alors la peine de mort aurait une sanction : la société serait vraiment : - plete, vengée, et vraiment effrayée, car il faut qu'on leffraye. L'exempie entendu 1 serait éclatant et, par son éclat même, il acquerrait une puissance qu'il Mon n’a plus : le souvenir de cette épouvantable journée serait à jamais dans JE PU sentir toutes les mémoires, et nul n’oserait plus dire que la justice a honte des s'°nê, s ex sentences qu’elle a rendues. m'e vrens Mais nos utilitaires objecteraient que cela gêne le commerce ! Théâtres, nel a cabarets et boutiques réclameraient contre cette clôture, hélâs ! trop eux péch souvent répétée, car on tue beaucoup en ce beau pays de France. . Le cond! La sensiblerie est à la mode ; et tel jeune seigneur qui fournirait un lon. Il jor coup d'épée au meilleur de ses amis pour la deruière drôlesse venue, none il Se plainürait le condamné conduit au bourreau avec la pompe du deuil... me 1m passi] t dans quelque temps les jeunes srigneurs de notre merveilleuse Vous : démocratie, si l’on n'y met ordre, montreront comme ils pratiquent lalmèême acce tolérance, et ils aboliront la peine de mort. Ce sera bien simple : lespensiez à I] assassins guiilotineront les juges ! tout ce qu’ ver une es] apres avoit
Tôni eut
Le condaïinné était blotti dans un angle du cachot, les genoux rarnas sés sous lui, les coudes sur les genoux, les poings enfoncés dans les yen poux se délivrer de l’horrible vision : la guillotine aux bras rouges, 4 le couperet d'acier luisant,
Un gendarme le surveillait, maugréant d’une telle consigne, et chef chant en son esprit ce. qu'il pourrait dire pour alléger l'angoisse de brute, écrasée de terreur, de remords et de lassitude. qui s’abimait e son farouche silence. Et chaque fois qu une parole montait à ses lèvre le vieux à moustache blanche sentait sa gorge se serrer, et SOR CŒ battait si fort sous le baudrier jaune, qu'il ne pouvait parler.
Deux chandelles éclairaient la cellule. Sur la table, un repas, di viandes, du vin, dernière aumône au misérable en partance pour l'éte nité. À cette heure, il inspirait de la compassion, stérile compassion q
. Conda moi de la 2
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Peut-é EZ pas moi ardente £c eureux a}
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QUE 79 eee à ne pouvait adoucir que par des soins matériels l'horreur de cette vcille
ud a A sic À funèbre ! | Le tn Les pas des sentinelles, au dehors, cessèrent de frapper les dalles. Un EU formidable grincement de verrou. La porte roule pesamment sur ses
gonds. Une voix bienveillante attristée :
blic et Tôni Laurent, je vous amène un prêtre, écoutez-le. En Un prêtre !
Tôni se dressa de toute sa hauteur, la prunelle flamboyante, les cheveux hérissés ! :
n, afin pus les
LE + bo 'Je ne veux pas de vous !
16 clo- élix, s approchait, les bras ouverts. Ilse pencha, ses mains sur les Léa des épaules de Tôni ; etse penchant encore, il embrassa le condamné qui agite frémit de tout son COTPS SOUS l'impression de ce baiser. and fût Félix fit signe au gendarme qui sortit. Alors, soutenant le malheu-
reux qui se débattait faiblement, :l le fit asseoir sur le grabat, s’assit auprès de lui, et gardant sa main dans la sienne, le bras autour de son COU :
Mon pauvre enfant !dit-1], avec une si profonde expression d'amour de piété, d’ineffable charité que l’autre tressaillit, comme s’il eût entendu la voix de sa mère arrivant d’outre-tombe.
Mon pauvre enfant !.........n'avez-vous jamais aimé ?....., Que ce pur sentiment qui est au fond de tout cœur humain, et du plus gangrené, s'éveille dans le vôtre...Je ne suis pas un juge, mais un ami... Je ne viens pas vous accuser, mais vous absoudre......... Vous n'êtes pas un
" ruissex, celui
rraiment exemple nee qu'il nais dans honte des |
| ù " | à € Y À *{) * + m La L Théâtres. criminel aux yeux du prêtre : nous sommes deux créatures de Dieu, las! trop deux pécheurs devant sa Justice...
Lu Le condamné, stupéfait, l'écoutait avec une défiance mêlée d'admiranee. 2e
tion. Il jouissait délicieusement de cette voix enchanteresse, et néanmoins il gardait son air sombre et tenait la paupière abaissée, immobile et impassible.
rnirait un
se venue.
lu deuil. : it 22
rveilleuse Vous aviez banni Dieu de ce pauvre cœur, poursuivit l'abbé du
iquent mème accent de douceur. , énétrante, Dieu n'est pas exigeant : que vous
apie : les pensiez à Lui nn jour dans toute votre vie, une heure, un instant, c’est tout ce qu'il demande. L'heure est venue, pauvre enfant ! Vers qui élever une espérance ? à quelle source puiser le courage de bien mourir, après avoir mal vécu, si ce n’est en ce Dieu de miséricorde ?.…
oux raïnas Toni eut un geste furieux :
Le se ns les yeul rouges. el
| Condamné, maudit, abandonné ! gronda sa voix rauque, Nauvezmoi de la mort, au lieu de me parler de la vie éternelle qui n'est peut-
t cher ètre qu’un mensonge !
1e, €t Cat ‘
oisse de [ abimait € x, ses Levrei t son CŒUX r.
1 repas, di pour l'euel passion (|
Peut-être !.. Eh bien !'qu'elle soit un mensonge, vousn'en moureZ pas moins consolé ! Mais si c'est vrai !...Toujours sans fin,sans répit, ardente souffrance du damné, privé de Dieu !...Ou la gloire des bieneureux après l’explation ! ;
) ue à Les Pourquoi me parlez-vous ainsi, au lieu de me mépriser comm: les utres, et que vous importe mon âme ?
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ae DO Jésus a dit que personne d'entre nous n’est sans péchéJe vous plains, fils, et ne vous méprise poin ‘h vous hais, moi ! Je vous hais, par ce que vous êtes un prêtre "e sait ?...un saint ! Oui. J'ai fait le mal. Ah! j'ai tratné mon co ans | de] > on corps dans toutes les souillures. Et j'ai frappé ue pr d é la vie, pour le punir de me l'avoir donnée... i qui m'avait donné la vie, , x fab “3 ia ne savez pas ce que c'est! Voir tant da riches gorgés d’or, et i se payent tout ce que le diable peut leur offrir de plaisirs : être pau- Fe F8 “or cela ; sentir qu'on se roulerait dans ces voluptés, dans + ides oir e luxe insensé, dans ces fêtes splendides... ne soû mg . boire son vin âpre, à la lueur d’une résine, au fond un an # sé “ " ai A € 1 ne feraient pas un chenil à ours __. : ai je Sr . he e me | Lerail ore !.........H{t cependa BUT rosdrssss er le cou. Je tuerais enco : 5 DR peur ! Demain, on mettra ma tête entre mes jambas, hurla Tôni
votre vie... l NL, A 1R se D que cela me fait ? Le bagne, les déserts de l’Afrique,la faim, J 4 < >? !
r rra la soif, les coups de bâton... eg MEN t-ils pas le droit de vivre ! Et eux que vous avez frappés n’avaient-ils } > d L'un vieillard à cheveux blancs os I] n'aimait trop !.........Que ne m'at-il corrigé !......... sac dé à L'autre un innocent garçonnet qui souriait aux douces joies e ses quinz ans: Sa mére n'avait que lui ; elle n'a pas plus que sa tombe, Tôui le regarda, effaré, | D né ‘ : À : à nress É { ncore Oui, dit-il, oppressé par une impression qu'il n'avait pas e
éprouvée. C’est affreux de tuer !.. On voit ronge, on a un à D dunes se la main. On tue. Le sang enivre, la peur exal- Le déinon vous pousse la main. Nr die sg te. La folie vient : on tue encore !. C'est juste ! 11 va UX q
meur:: : le crime appelle le crime, et peut-être. | . Il s’affaissa sur ses deux genoux, vaincu ett: fois par le repentir : sl dé re, cria-t-1l d’ roix déchirante, parce que j'a Bénissez-moi, mon père, cria-t-1l d'une voix déchirante, } que j beauroup péché \.… Re ve Alors ce cachot enténébré sembla resplendir d’une clarté surn Une auguste majesté transfigura le visage du prêtre. Il appuya fans son épaule le front du pénitent, le tenant, pour ainsi dire, enveloppt d’une caresse... | ie . | avec ; "e ; 288101 Et lorsque, après avoir entendu, avec le calme dn juge, le confese , du condamné, le prêtre proféra d’une voix solennelle, avec un puissai iit A © :
élan de l’âme, le solennel Absalvo te, ce lieu d'horreur parut comme pt} rifié par la présence invisible de to du Pardon. XX | Derrière Ies gendarmes, sabre au poing, ils s avancaient tous deux isolés du reste du cortège, entre deux files de sol'ats. Le condamné
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1 iées d 1e » ‘e, d’une 1r L'ride, et faisanl les mains liées dernière le dos. Le prêtre, d’une pâ! m le, « €
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plains, : rot dr À un effort inoui pour se tenir debout et cheminer. Sa main tremblante et, qui soulevait un crucifix ; ses lèvres murmuraient une prière, et tous deux
1e dans allaient d’un pas lent, suivis des gens de justice, qui marchaient tête frappé Æ nue.
16e +... La foule, surprise, accordait à cet étrange et terrible spectacle le d’or, et À silence du respect. Et plus d’un, venu là pour insulter à l'agonie de tre pau- Æ l'assassin, s’inclinait, ému d’une soudaine pitié.
dans ce Que d'hommes, pour voir mourir un homme ! Est-il donc vrai que la
1 noir et Æ multitude aime le sang ? Ils couvraient les rues et les chemins oscildont ils À lant comme la mer houleuse , et parfois s'élevait un murmure prolongé n de Mme Æ comparable aux sonores grondements de la tempête.
Lsuherees Il y avait là des enfants qui levaient un regard effrayé sur le blanc rla Toni suaire flottant aux épaules du condamné ; des femmes affolées de cunnant à D riosité, qui se signaient, comme au passage d’un cadavre.
L'abbé ne voyait rien, n’entendait rien. Sanglots et murmures, gémissements et rumeurs apitoyés n’arrivaient point à son oreille. Il allait à travers cette multitude, les yeux fixés sur le Christ qu’il apercevait à travers un voile sanglant. Et sa bouche, desséchée par l’angoisse, laissait reste de Æ échapper des invocations brèves, des paroles ferventes, auxquelles ré- | pondait le condamné, palpitant sous le crêpe noir qui cachait sa face e,la faïm, KE exsangrne.
| Tandis que le jeune homme s’absorbait dans l'acte suprême de con- Mtrition et s’avançait d’un pas tranquille vers le lieu de l’expiation, Félix Mressentait en lui, toutes les affres d’une agonie de victime. Le supplice, il l'endurait, lui. avec toutes ses révoltes de la chair, avec ses déchires de Ses ments et ses tortures de l’âme inquiète du grand Inconnu qui va la saitombe, sir, l'emporter et la jeter, pantelante, devant le tribunal sans appel...
Alors il se tournait vers Tôni, que parfois un frisson secouait, et, de sa voix saccadée, il râlait :
Repentez-vous ! repentez-vous !
Je me repens, mon père, et j'ai eonfiance... Priez pour moi !
Là-bas, au tournant de la route, l’échafaud apparut, dessinant en noir
sur le ciel clair du matin, ses poutrelles grèles, et le biseau d'acier, qu'un Mrayon de soleil criblait d'étincelles. Et debout, sur la plate-forme, deux ou trois hommes, qui n’osaient ‘bouger, statues de bronze à l'attitude honteuse et humiliée, Et autour de la machine infâme, une multitude fcompacte, serrée, se poussant et s’étouffant pour mieux voir.
Il y eut un silence majestr.sux....… Au pied de l'échelle, le moribond soulevr son voile et tendit les joues au prêtre qui l’embrassa en sanglotant. Un pas lourd sur les barreaux de bois. Puis des mouvements rapides... L'éclair brilla. Un coup mat. Un nuage de poussière. Quelque chose de lourd, d’informe, de rouge, qui bondit dans le panier lein de son. Un jet de sang !.…
L'abbé Félix, pressant le crucifix contre sa poitrine, tomba défaillant, entre les bras de ceux qui se trouvaient là. Sa mission accomplie, le prêtre succombait à la faiblesse physique, et lui qui se jetait naguère, le front haut, dans la mêlée, en pleine bataille, s'évanouissait d'horreur Au pied de cet échafaud ensanglanté, trône où la justice humaine règne ormidablement !......…..
le vivre !
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