À LA FENETRE
Il arriva un dimanche, pendant que M. Utterson et M. Enfield fai saient leur promenade hebdomadaire, que les deux cousins se trouvi: rent de nouveau dans la rue écartée dont il a été question au comme: } cement de cerécit Arrivés devant la porte mystérieuse, tous deux s'ark ;;,. rêtèrent pour la regarder.
Eh bien ! dit Enfield, voilà une affaire terminée. Nous ne verrons plu M. Hyde.
Que Dieu le veuille ! fit Utterson. Vous ai-je jamais dit que j'avale : rencontré Hyde, une seule fois, et que j'avais éprouvé, en le voyant, y même sentiment d’invincible répugnance que vous aviez éprouvé von fut + même ? M.
Impossible de le voir sans éprouver ce sentiment, repliqua Enfielil gard À propos de mon aventure, vous avez dû me trouver bien stupide deu}, r
; Le re
pas savoir que cette porte est une entrée dérobée chez Le Dr Jekyll. Ce M. un peu votre faute si j'ai fait cette découverte pin: tard. à
Alors vous le savez, dit Utterson. Dans ce c::.. tv; pouvons entr, dans la cour.et jeter un coup d'œil sur les trois fes. À vous di y.
le vrai, je suis très inquiet au sujet de ce pauvre Jekyll. Et il me sen, ble que la vue d’tin ami même à travers une fenêtre, pourrait lui faire Re n «. bien. Lela.
La cour était froide et un peu humide : la lumière y était déjà indé se, bien qu’au-dessus, le ciel fût encore brillamment illuminé des clart du soleil couchant. La fenêtre du milieu était à moitié ouverte ; et a sis près de cette fenêtre, était le Dr Jekyll ; une tristesse inexprimall était peinte sur sa figure ; on aurait dit un prisonnier désespéré.
Allons ! Jekyll, s'écria Utterson, j'espère que vous allez mieux.
Je suis bien mal, Utterson, repliqua le Docteur lugubrement. Bi
mal. Ce sera bientôt fini, Dieu merci. rerre Vous restez trop à la maison, fit l'avocat, vous devriez prendre mit p ! l'exercice comme M. Enfield et moi.—C'est mon cousin, M. Enfi:ld-2 : y
Dr Jekyll—allons ! prenez votre chapeau et venez nous rejoindre if;son promenade. fl ha].
Vous êtes bien bon, soupira Jekyll. Je voudrais le faire, mais n di non, non, cela est absolument impossible. Je n'ose pas. Mais vi ment. Utterson, je suis content de vous voir, c’est pour moi un gr plaisir. Je vous prierais de monter avee M. Enfield, mais ce coin de maison n’est pas un endroit convenable pour vous recevoir.
Alors, dit l'avocat gatment, nous allons rester dans la cour et cat d'ici avec vous. /
C’est justement ce que j'allais vous demander, dit le Docteur en riant. Mais il eut à peine prononcé ces mots que le sourire dispartf! bitement de ses lèvres, et son visage prit une expression d’épouri tellement abjecte, de désespoir tellement profond que les deux hoïtl dans la cour sentirent le sang figer dans leurs veines. | Cette expression, ils ne la virent qu'un instant, car la fenêtre se fi
la rue écartée ; et seulement lorsqu'ils eurent gagné une rue fréquentée où même le dimanche il y avait des passants, M. Utterson se retour-
1, Enfield fa deux avaient les yeux égarés par une horreur sans nom. sins se trouvé Que Dieu nous pardonne, que Dieu nous paraonne ! fit Utterson. on au COMME Mais M. Enfield ne fit que hocher la tête d'un air très sérieux, et contous deux Sarl tinua sa course en silence.
ne verrons plu LA DERNIÈRE NUIT.
dit que j'availe en le voyant, À M. Utterson était assis près de son ane un soir après le diner lorsqu'il L éprouvé VOW fut très étonné de recevoir la visite de Poole. |
Mon Dieu, Poole, qu'est-ce qui vous amène ici ? s’écria-t-1il ; puis regardant de nouveau le domestique, il ajouta : Mais qu’avez-vous donc? Le Docteur est-il malade ?
M. Utterson, fit le domestique, il y a quelque chose qui va mal.
epliqua Enfielik : rapide dent Dr Jekyll. Ce one entre 8, À vous di L, Et il me sel trrait Lui faire it
nez votre temps, et dites moi clairement ce que vous avez.
son cabinet ; et je n'aime pas cela, monsieur ; je veux mourir si j'aime cela. M. Utterson, j'ai peur.
Allons, mon brave homme. fit l'avocat ; soyez clair. De qui avez-vous
était déjà indét peur ?
numiné des clari 6 ouverte ; et t sse inexprimiépondre à la question, et je ne peux pas l’endurer davantage. désespéré. L’apparence du domestique appuya s2s paroles : il était affreusement allez mieux. hangé; et sans un moment où il avait d’abord dit qu'il avait peur,il n’aubrement. Bérait pas une seule fois regarder l'avocat en face. Et maintenant son P rerre de vin, auquel il n’avait pas goûté, posé sur son genou, il regarlait par terre. Je ne puis pas l'endurer davantage, répéta-t-1l. * Voyons ! dit l'avocat, je m'aperçois que vous avez quelque bonne Raison d'avoir peur ! Poole, je vois qu'il y a quelque chose qui va très hal. Tâchez de me dire ce que c’est. ” au * Je crois qu'il y à eu un meurtre ” dit Poole d’une voix rauqu2. * Un meurtre !” s’écria l'avocat passablemont effrayé. ‘ Quel meurre ? Que voulez-vous dire ? ” à “ Je n'ose pas le dire monsieur,” fut la réponse, ‘ mais voul2z-vous enir avec moi et voir par vous-même ? ” D Pour toute réponse, M. Utterson se leva, pris son pistolet et son chaau. [l vit avec étonnement l'expression du profond soulagem nt qui peignit aussitôt sur le visage du domestique. C’était une nuit venteuse et froide du mois de mars. La lune luttait iblement contre les nuages. Le vent rendait la marche difficile ; il braissait avoir balayé les rues, lesquelles étaient presque désertes. Pour . Utterson, jl lui semblait qu’il n’avait jamais vu les rues de Londres
yriez prendre!
n, M. Enfi:ld-
jous rejoindre
le faire, mais nl e pas. Maïs our moi un fl mais ce coin d evoir. | 8 la cour et Call
/ le Docteur el ° sourire disparil ession d'époul e les deux hot S. | .]a fenêtre SE tu
aussitôt. Mais cet instant fut suffisant. Sans se dire un mot, ils quittèrent précipitamment la cour. Sans rompre le silence ils traversèrent
na enfin pour regarder son compagnon. Tous deux étaient pâles ; tous
Assayez-vous, et voici un verre de vin, fit l'avocat. Maintenant, pre--
Vous connaissez les habitudes du Docteur, répondit Poole, vous savez “omment il se renferme. Eh ! bien ! il s’est de nouveau renfermé dans :
Ca fait près d’une semaine que j'ai peur, répliqua Poole, évitant de
ass. pou fréquentées. Il aurait voulu qu'il en fut autrement; car
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à ag Ms La ae OR A A A SAME spa Cr ra rt tm éan. n
| ° # # LA £ £ LA ni | jamais de sa vie il n'avait éprouvé un si vif désir d'être entouré de se! Il avait beau lutter contre lui-même, le, pressentiment!
semblables.
d'une prochaine calamité l’accablait.
Ils arrivèrent enfin à la maison du DrJekyll. La rue était remplie
de vent et de poussière, tandis que les jeunes arbres du jardin se bat. taient furieusement contre la clôture.
Poole, qui s'était toujours tenu deux ou trois pas en avant de l'avocat, s'arrêta maintenant au milieu du trottoir, et malgré le froid il enieva son chapeau et s’épongea le front de son mouchoir rouge. Mais la suemr
u’il essuya n'avait pas été produite par la course rapide qu'il venait de Rire : une angoisse mortelle en était la cause. Sa face était blême, et ‘8a Voix rauque et cassée.
Eh bien ! monsieur, dit-il, nous voict rendus, et Dieu veuille qu'iln'y a rien de mal.
?, Amen !” répondit l'avocat.
Là-dessus le domestique frappa à la porte avec précaution ; la porte, fermée par une chaîne, fut aussitôt entrebaillée et une voix demanda; ‘# Est-ce vous Poole ?”
‘ C’est moi, ” dit Poole, ‘“ ouvrez la porte. ” Le passage était brillam: ment illuminé, un gros feu brûlait dans l’âtre,; et autour du foya étaient réunis, comme.un troupeau de moutons, tous les serviteurs € toutes Les servantes de la maison.
À la vue de M. Utterson, toute la maisonnée éclata en sanglots hysté riques ; et la cuisinière s’écriant: Que Dieu soit béni, c’est M. Utterson, se précipita vers lui comme pour l’embrasser.
Qu'est-ce ? qu'est-ce ? ” fit l'avocat d'un ton irrité ; Vous êtes tou ici ? Mais c’est très irrégulier, très inconvenant ; si votre maître À savait 1l serait fort mécontent.
Ils ont tous peur, dit Pcole.
Un grund silence se fit, personne ne protestant contre les paroles à Poole, puis la fille de chambre se mit à pleurer.
Taisez-vous, dit Poole d’un ton féroce destiné à cacher sa propre cn tion.
En entendant la fille de chambre éclater tout à coup en lamentations tous avaient tressailli et avaient regardé avec épouvante vers la por donnant sur l’intérieur de la maison.
Maintenant, poursuivit Poole, s'adressant à un jeune domestiqu
donnez-moi une chandelle et nous allons expédier l'affaire tout de suit Puis priant M. Utterson de le suivre, il se dirigea vers la cour en arriè de la maison.
Monsieur, dit-11, marchez aussi doucement que posstble. Je veux qi vous entendiez sans être entendu. Et, écoutez monsieur, si par has il vous demande d'entrer, ne le faites pas.
À ces paroles iattendues, M, Utterson éprouva un choc nerveux (l faillit le faire trébucher. Mais il prit son courage à deux mains, etsi vit le vieux domestique. Ils entrérent dans le laboratoire, traversère lamphithéâtre jonché de caisses et de bouteilles vides, jusc ‘au pied! l'escalier qui montait au cabinet. Ici Poole lui fit signe de s'arrête d'écouter. Puis, posant la chandelle par terre, le serviteur, faisantél
demm frappa C'es nonçal Une voir pe Merc Puis re feu éta:
«6 Mo là la ve “ EI ais re; “ Ch:
suis dar roix de uit jou Qui est ] engean Voilà brave ho yez rais jui pour dir, cela Eh bie finirai homme ris, nuit oût. C baître, d r l’esca ien qu isser le bercher Eh bie ur, 1] \'4 us les drogue salt de Dur une ur.
Avez-v Poole fl ibproch hi :
€ Dr Dire que e qu’il È Consi ec le pl
— 149 — a demment un grand effort pour contrôler ses nerfs, monta l'escalier et frappa d'une main tremblante, à la porte du cabinet.
C'est M. Utterson, dit-il, qui désire vous voir, monsieur, et en prononçant ces mots il fit de nouveau signe à l’avocat de prêter l'oreille.
juré, de se!
essentiment!
ait remplie!
din se bat D Une voix plaintive à l'intérieur répondit : Dites-lui que je ne puis s Mroir personne:
, de l'avocat, Merci, monsieur, dit Poole d’une voix quelque peu triomphante.
d il enlevs Epiis reprenant la chandelle, il conduisit M. Utterson à la cuisine où le [ais la sueur fe était éteint.
vil venait d& SE « Monsieur ” dit-il, regardant M. Utterson en pleins yeux. ‘ Etait-ce: it blême, eh}; 1a voix de mon maître ? ”
0% « Elle paraît beaucoup changée ” répondit l’avocat devenu très pâle lle qu'iln {ais regardant, lui aussi, le domestique en pleins yeux. “ Changée ! Oui, je: pense bien, ” fit Poole. ‘‘ Voilà vingt ans que je suis dans cette maison,et pensez-vous que je ne puisse pas reconnaître la roix de mon maître ? Non, monsieur, le Dr Jekyll a été assassiné il y a uit jours, lorsque nous l’avons entendu invoquer le nom de Dieu. Mais qui est là à sa place, et pourquoi reste-t-il là ? Voilà une affaire qui crie engeance au ciel, M. Utterson.” Voilà une étrange histoire Poole, voilà une histoire incroyable, mon brave homme, fit l'avocat, mordant ses doigts. Supposons que vous yez raison, supposons que le Dr Jekyll... … Ait été assassiné, qu'est-ce jui pourrait engager l'assassin à rester là ? Cela ne peut pas se soutedir, cela n’a pas de sens.
Eh bien ! M. Utterson, vous êtes difficile à convaincre, fit Poole, mais finirai par vous convaincre. Sachez donc que depuis une semaine, homme ou l'être quelconque qui habite ce cabinet demande, à, grands ris, nuit et jour, un remède quelconque qu'il ne peut pas obtenir à son oût. C'était quelquefois son habitude, c'est-à-dire, l'habitude de mon aître, d'écrire ses ordres sur un morceau de papier qu'il jetait ensuite r l’escalier. Depuis une semaine nous n'avons pas eu autre chose. ien que des morceaux de papier, et la porte fermée. Il fallait même isser les repas à la porte ; et celui qui est dans le cabinet venait les hercher quand personne ne regardait.
Eh bien ! monsieur, tous les jours, que dis-je, deux ou trois fois par ur, il y a eu des ordres et des plaintes ; et l’on m'a envoyé courir chez us les pharmaciens en gros de la ville. Chaque fois que j'ai emporté drogue demandée, voilà aussitôt un autre morceau de papier qui me sait de la rapporter parce qu'elle n’était pas bonne, et un autre ordre ur une aütre maison. On a terriblement besoin de cette drogue,monur.
Avez-vous quelques-uns de ces papiers ? demanda M. Utterson. Poole fouilla ses poches et produisit une note froissée que l'avocat, pprochant de la chandelle, examina avec soin. La note se lisait hs] :
Le Dr Jekyll présente ses compliments à MM. Maw. Il leur prie de dire que le dernier échantillon est impur et tout à fait impropr: à l’uve qu’il veut en faire. En l’année 18—le Dr J. en acheta une quanconsidérable chez MM. Maw. Il les prie maintenant de chercher ec le plus grand soin, et s’il en reste encore de la même qualité de le
on ; la porte 1x demanda;
était brillan:
our du foyer serviteurs €
anglots hysté t M. Uttersot,
ous êtes tou tre maître À
les paroles dl
sa pro pre (In
à Jamentation e vers la poil
e domestiqui re tout de sui cour en aïrTtié
le. Je veux r, si par hasi
hoc nerveux x mains, ets ire, traverselt jus ’au pet he de s'arrétel teur, faisant (|
Terre oc mu ne RS der om
: A ji SUR se % PO ET PL RENE ER TAGS ji bi, A PAR ENRE
Jui envoyer sans tarder ; la question des frais n’est rien. On ne saurait semb exagérer l'importance de cette affaire —jusque là la note était écrite sur Ævoir un ton assez tranquille ; mais venaient ensuite ces mots écrits d’une Æ “À main tremblante : Pour l'amour de Dieu, trouvez moi de l’an- on: cien. va le
C'est une note fort étrange, dit M. Utterson ; puis brusquement ; “#1 Comment se fait-il que vous ayez la note ouverte ? QU à L'homme chez Maw était très irrité, monsieur, dit Poole, et il m'a re. ce qu jeté la note avec colère. “Il C’est évidemment l'écriture du Docteur, n’est-ce pas ? fit l'avocat. prend Cela ressemble à son écriture répliqua le domestique d’un air vexé. L'a Puis, changeant de ton : Mais qu'importe l'écriture, je l’ai vu ! dit-il, Vous l’avez vu ? s'écria M. Utterson Eh: bien ? n’est Eh bien ! dit Poole, cela est arrivé aînsi. Je suis entré subitement “V dans l’amphithéâtre, venant de la cour. Il était sorti du cabinet, appa- Il e
remment pour chercher cette affaire de drogue ; la porte du cabinet était nous | ouverte et il était à l’autre bout de l’amphithéâtre fouillant parmi ls Bigure caisses. En m'’entendant entrer, il leva la tête, poussa une espèce de “E criet, montant l'escalier comme un éclair, se renferma dans le cabinet, BB vée si Je ne l'ai vu qu'un instant, mais les cheveux se sont dressés sur ma tête Bserme comme les piquants sur le dos d’un porc épic. M. Utterson, si c'était pense là mon maître pourquoi avait-il un masque sur le visage ? Si c'était Melle ar mon maître pourquoi a-t-il crié, pourquoi s'est-il sauvé comme un ratRqui, à en me voyant, voilà assez longtemps que je le sers fidèlement Et puis. Mn avez
Le domestique s'arrêta et passa sa main sur son front. Hyde.
Ce sont là d'étranges circonstances, dit M. Utterson,mais je comment M. Ut à voir clair, je crois. Votre maître, Poole, est évidemment la victime “0 d’une de ces maladies qui torturent et difforment le corps ; de là, sans À
quelq
e ma chose J'avl dites, 66 P mas té l'es les os, SUIS 4
doute, lechangement dans sa voix ; de là le masque et le soin qu’il mt à neïpas se laisser voir par ses amis ; de là sou désir ardent de trouva cette drogue sur laquelle la pauvre âme compte pour guérir le corps- Dieu veuille qu'elle ne se trompe pas !
Voilà mon explication, Poole ; elle est bien triste, sans doute ; elle «it épouvantable ; mais c’est une explication naturelle et logique et ell nous délivre de nos craintes exagérées.
Monsieur, fit le domestique, son visage devenant plus blème encork monsieur Utterson, cette chose que j'ai vue ce n’était pas mon mattr et c’est là la vérité. Mon mattre !et regardant autour de lui, il laist tomber sa voix, —mon maître est un homme grand et bien fait et cetli chose que j'ai vue est une espèce: de nain. M. Utterson voulut prots ter. Oh! monsieur, continua Poole, pensez-vous que je ne connais Pi mon maître après vingt ans ? Pensez-vous que je ne sais pas jusqu vient sa tête dans la porte du cabinet où je l'ai vu chaque matin depifipauvr que je suis ici ? Non monsieur, cette chose avec le masque, ce n'était pi Dieu
e Docteur Jekyll—Dieu sait ce que c’est, mais ce n'est pas le Dr Jekyliseons et je crois dans mon âme et conscience qu’il y a eu un meutre de ti Le mis. +
Poole, fit l'avocat, puisque vous dites cela, ce sera mon devoir d'all au fond du mystère. Si grand que soit mon désir de ne point déplii à votre maître, et bienque je sois beaucoup intrigué par cette note {
vous Poole les s0
d #6 RS grsa RARE LR HG M Me Gen dé ” re : | s : ù a ré ad tt à D D MG An de A ae ir 20 Abe ms JL — + \ Foi FH CE
On n6 saurait'Bsemble prouver que le Doctenr J ekyll vit encore, je croirai de mon de it écrite sur: voir de faire enfoncer la porte du cabinet. We | écrits d'une & ‘ Ah ! M, Utterson, s'écria Poole, voilà qui s'appelle parler ! ”
noi de l'an ‘ Et maintenant reprit l'avocat, une autre question se présente : Qui lva le faire ? ” rusquement ; “ Mais vous et moi, ”’ fut la courageuse réponse.
“ C’est très bien, répliqua l'avocat ; et quoi qu'il arrive, je verrai à etil m'a re. ce que vous ne soyez pas la victime de cet acte. ” | “Il y a une hache dans l'amphithéâtre, dit Poole; et vous pouvez
cabinet, appa: Il est donc à propos de parler franchement, fit l'autre. Tous deux u cabinet était Mnous pensons plus que nous n'avons dit. Avouons donc tout. Cette [ant parmi les figure masquée que vous avez vue, l’avez vous reconnue ? ci une espèce de 4 Eh bien ! monsieur, fut la réponse. cette figure masquée s’est esquins le cabinet. M vée si vite et était tellement pliée en, deux, que je ne pourrais pas faire és sur ma tête serment que je l'ai reconnue, Mais si Vous voulez me demander si je son, si c'était pense que c'était M. Hyde ? —Eh bien! je pense que: oui. Voyez-vous. e ? Si c'était elle avait sa taille et marchait de son pas rapide et léger ; et de plus comme un tit qui, à part lui, aurait pu pénétrer par la porte du laboratuire ? Vous nent Et puis.Rnavez pas oublié, monsieur, ue lors du meurtre de Sir Danvers, M. Hyde avait encore une clef. Mais ce n'est pas tout. Je ne sais pas is je comment M. Utterson, si vous avez jamais rencontré ce M. Hyde ? ” ent la victime Oui, dit l’avocat, je lui ai parlé une fois.”. ps ; de là, san Alors vous devez savoir comme nous autres que cet homme avait soin qu'il mé quelque chose de singulier.quelque chose qui faisait éprouver une sorte dent de trouvalde malaise—je ne saurais Comment m exprimer, monsieur,mais quelque aérir le corps-Mchose de froid qui vous pénétrait jusqu’à la moelle des os. J'avoue, répondit l'avocat, qu’en le voyant j'ai éprouvé ce que vous doute ; elle afdites. ” ; logique et elle Précisément, monsieur, reprit Poole. Eh bien ! lorsque cette chose masquée s’est élancée au milieu des caisses comme un singe et a remon- 5 blême encorlité l'escalier comme un éclair, j'ai senti ce quelque chose de frétd dans. les os. Oh ! je sais bien que ce n’est pas là une preuve, M. Utterson ; je de lui, il laisisuis assez savant pour savoir cela ; mais un homme a ses sentiments,et je vien fait et cetiisuis prêt à faire serment que c était M. Hyde. voulut prote Oui, oui, dit l'avocat. Mes craintes me portent à croire la même : chose. J'ai toujours pensé que rien de bon ne résulterait de......ces relaious avec Hyde. Oui, vraiment, je vous crois, Poole. Je crois que ce pauvre Harry a été assassiné, et que son meurtrier, pour quel motif Dieu seul le sait, se tient encore dans la chambre de sa victime. Vengeons sa mort, Poole, Appelez Bradshaw.
Le laquais répondit aussitôt à l'appel ; il était blanc comme un drap. * Reprenez vos sens, Bradshaw, fit l'avocat. Cette attente, je le sais, vous énerve tous : mais c’est maintenant notre intention d'en finir. Poole et moi allons forcer la porte du cabinet. Si tout est bien,mes épaules sont assez larges. pour porter toute la responsabilité. En attendant,
+ l'avocat. prendre le tisonnier de la cuisine. ” | l’un air vexé L'avocat prit cet instrument entre ses mains: ‘“ Savez vous Poole, | vu! dit-il, que nous allons nous placer tous deux dans une position qu'il |
n’est pas sans péril ? ” | 6 subitement “ Vous pouvez bien le dire, ” fit le domestique. |
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bâtons, et placez-vous à la porte du laboratoire. Nous vous. donnons dix minutes pour vous rendre à votre poste. ”
Comme Bradshaw partait, l'avocat regardait sa montre. ‘‘ Et mainte. nant, Poole, dit-il, rendons-nous à notre poste. Et prenant le tisonnier, il se dirigea vers le laboratoire en passant par la cour.
Les nuages cachaient maintenant la lune et il faisait tout à fait noir. Rendus à l’amphithéâtre ils attendirent en silence. Le bourdoïnement de la ville frappait leurs oreilles; mais plus près d'eux. le sil:'nce n'é. tait rompu que par le bruit du pas d’un homme qui arpentait l:: cabinet.
Ca marche comme cela toute la journée, dit Poole tout bas ; que disje ? et presque toute la nuit. Seulement quand un nouvel échantillon arrive de chez le pharmacien, il y a un instant de repos. Ah! c’est une mauvaise conscience qui chasse ainsi le sommeil : c’est le pas d’un meurtrier qui ne connait pas le repos ! Mais écautez encore, M. Utterson
écoutez de toutes vos oreilles,et dites-moi si c’est 1là |: pas du Docteur ?
C'était un pas!léger et singulier, lent mais ayant une sorte d’élan ; bien différent du pas alourdi du Dr Jekyll. Utterson poussi un soupir
Est-ce qu'il n’y a jamais autre chose ? dit-il.
Poole fit un signe de tête. Une fois, dit-il, une fois je l’ai entendu pleurer !
Pleurer ! comment cela ? fit l’avocat qui sentit un frisson d'horreur parcourir ses membres.
Ca pleurait comme une femme, ou comme une âme perdue, répondit le domestique. Cela m'a frappé au cœur, et j'aurais pu pleurer moimême.
: Mais les dix minutes étaient maintenant expirées. Poole sortit la hache
de dessous un tas de paille ; la chandelle fut posée sur une table afin de les éclairer pour l'attaque. Puis respirant à peine, ils s’approchèrent
: de la chambre où le pas allaitet venait, au milieu de la nuit silencieuse.
Jekyll, s'écria Utterson d’une voix forte, je demande à vous voir. Il écouta un instant, mais il n’y eut pas de réponse. Il contina : Je vous avertis. nous avons des soupçons ; jé veux vous voir : de gré ou de force je vous Verrai ; si vous n’ouvrez pas je fais enfoncer la porte.
Utterson, dit une voix, miséricorde, pour l’amour de Dieu !
Ah !s’écria Utterson, ce n’est pas la voix de Jekyll, c’est la voix de Hyde ! À bas la porte, Poole !
- Poole leva la hache au-dessus de sa tête, le coup fit trembler tout l'é ice, et la porte fut ébranlée.
Un cri aigu et horrible retentit dans le cabinet ; on aurait dit le cride quelque animal terrifié. Poole leva de nouveau la hache ; et de nor Veau ies panneaux gémirent en tressaillant. Quatre coups furent ainsi frappés. Mais le bois était dur, et ce ne fut qu’au cinquième coup que la ‘ie arrachée de ses pentures, tomba sur le tapis du cabinet.
es assiégeants terrifiés par le bruit qu'ils avaient fait et par le silence
de mort qui succéda tout à coup au bruit, reculèrent un peu et regardè rent dans le cabinet.
La pièce était éclairée par une lampe, un bon feu flambait et pétiilait{
r le cas où quelque malfaiteur chercherait à s'enfuir par la porte de. errière, allez vous en par la rue avec le garçon ; armez vous de deux
soin. P ides, et
plupart Jekyll.
dit-il, ée
orte doi erre étai
vole, dit
up d'œ
sur le { roirs ét de trav chamb:
res vit naire, Pour freusen rent su plèrent trop gr:
la taille encore, la main vit qu'il Nous unir. H cadavre L'édif tout le } un étage
Un corri le cabine escalier.
Il y a Utters
ent qu La cax
Mais e hercher longue ulle pa ivant.
Poole |
Ou il &
Cela n Servi !
èe. On
Oui, di
Les de
ls rem
a porte de:!
s de deux , donnons
ât maintetisonnier,
, fait noir.
loinement il. nce n'é- ]:: cabinet.
;, que dischantillon ! c’est une e pas d'un ï. Utterson 1 Docteur ?
‘élan ; bien pir
ai entendu
n d'horreur
Le, répondit
leurer moi-
tit la hache able afin de pprochèrent h nuit silen:
us voir. Il a : Je vous ou de force
D Je
t la voix de ler tout l'é-
dit le cride ; et de not furent ainsl e coup qui
binet.
brides, et la poussière qu'on fit tomber en les ouvrant indiquait
bar le silence et regardè
et pétiilaiti
sur le foyer, la bouilloire chantait de sa voix stridente ; quelques tits” roirs étaient ouverts, dés papiers étaient rangés avec soin sur un buréat! de travail ; et plus près du feu la table était mise pour le souper : la’ chambre la plus tranquille que l’on puisse imaginer, et, sauf les armoïres vitrées remplies de produits chimiques, n'offrant rien d'extraordinaire.
Pourtant, oui ! Au milieu de la pièce gisait le corps d’un homme affreusement tordu et encore frémissant. Utterson et Poole s’approchèrent sur le bout des pieds ; et tournant le corps sur le dos, ils contemplèrent les traits d'Edward Hyde. Il était habillé de hardes beaucoup trop grandes pour lui, de hardes qui auraient convenu à un homme de la taille du Docteur Jekyll. Les muscles de son visage se remuaient encore, mais toute vie était éteinte. Et par la fiole brisée qu’il tenait à la main et par la forte odeur de noyaux dont l'air était chargé, Utterson vit qu'il se trouvait en face d'un suicide.
Nous sommes arrivés trop tard, dit-il, soit pour sauver, soit pour puir. Hyde est devant son Créateur ; il ne nous reste qu’à chercher le cadavre de votre maître.
L'édifice ne comprenait que deux pièces : l’amphithéâtre qui occupait tout le premier étage et était éclairé par le toit, et le cabinet qui formait un étage supérieur à un bout de la construction et donnait sur la cour. Un corridor conduisait de l’amphithéâtre à la porte de la rue écartée, et le cabinet était mis en communication avec le corridor par un deuxième escalier.
Il y avait en outre quelques armoires et une grande cave.
Utterson et Poole examinèrent tous ces endroits avec le plus grand soin. Pour les armoires, un coup d'œil seul suffisait,car toutes ts claire-
ent qu'elles étaient restées fermées depuis longtemps. La cave était remplie de toutes sortes de choses jetées pêle-mêle : la plupart d’entre elles avaient été entassées par le prédécesseur du Dr Jekyll.
Mais en ouvrant la porte de la cave, ils virent qu'il était inutile de hercher là, car un tissu de fils d’araignée scellait l'entrée depuis de
longues années.
ulle part ils ne trouvèrent la moindre trace de Henry Jekyll mort ou ivant.
Poole frappa du pied le pavé da corridor dit-il, écoutant le bruit.
Ou il s’est peut-être enfui, dit M. Utterson : et il alla examiner la orte donnant sur la rue écartés. Cette porte était fermée à clef, et à erre était la clef, couverte de rouille.
Cela n’a pas l'air d’avoir servi dernièrement fit l'avocat.
Servi ! cria Poole, ne voyez vous pas, monsieur, que la clef est brise. On dirait qu’elle a été écrasée d’un coup de talon de boite.
Oui, dit M. Utterson, et les cassures sont rouillées aussi.
Les deux hommes se regardèrent d’un air effrayé. Ceci me supasse, vole, dit l'avocat. Retournons au cabinet.
[ls remontèrent l'escalier en silence, et, jetant de temps à autre un. up d'œil craintif sur le cadavre, ils se mirent à examiner avec plus
Il doit être enterré ici,
pit 05 M FE TAUA
d'attention le contenu du cabinet. Sur une table, il y avait les insiced d'une expérience chimique subitement interrompue plusieurs monceaux d'un sel blanc sur des soucoupes en verre.
C'est la même drogue que je lui apportais si souvent, fit Poole. Et comme il parlait, la bouilloire renversa, faisant un bruit qui les fit tressaillir.
Ce bruit les attira au foyer, où la table était mise pour le souper.
Sur une tablette il y avait plusieurs livres. Un ouvrage ouvert était sur la tablette et Utterson fut étonné de voir que cet ouvrage qui traitait d’un sujet religieux, et pour lequel Jekyll avait souvent exprimé son admiration, portait en marge des notes écrites de la main du Docteur ; ces notes étaient d'affreux blasphèmes !
Ensuite, l'avocat et le domestique arrivèrent devant le miroir de toilette,dans lequel ils regardèrent avec un frémissement involontaire. Mais le miroir ne leur montrait que la lueur du feu qui réflétait au plafond et sur les armoires vitrés ; puis leurs propres visages, pâles et ter: rifiés.
Ce miroir a dû voir d’étranges choses, dit Poole tout bas.
Il n'a rien vu de plus étrange que lui-même, répliqua l'avocat sur le même ton. Car, dit-il, à quel usage Jekyll... ce nom le faisait frémir,mais il secoua cette faiblesse et continua : À quel usage Jekyll pouvait-il bien mettre ce miroir ?
On peut bien se le demander ! dit Poole.
Ils examinèrent ensuite le bureau de travail. Sur le pupitre, parmi les papiers arrangés avec ordre, était une grande enveloppe portant le
nom de M. Utterson écrit de la main du Dr Jekyil.
L'avocat décacheta l'enveloppe et plusieurs documents tombèrent par terre. Le premier était un testament, rédigé dans les mêmes termes sin | ssl que M. Utterson avait lus dans le premier testament, remis au
octeur six mois auparavant. Ce document devait servir de testament si le Dr Jekyll venait à mourir, et d'acte de transport pour le cas où le Dr viendrait à disparaître. Mais aux lieu et place du nom d’Edwari
… Hyde, l'avocat vit avec le plus grand étonnement le nom de Gabriel M John Utterson. Il regarda Pools, puis l'étrange document, enfin le cada . vre du criminel étendu par terre.
sion de cette cnambre et de son contenu ; il n’avait aucune raison de m'aimer ; il a dû rager de se voir déshériter ; et cependant il n’a pas détruit ce document. ”
courte note écrite aussi de la main du Docteur et portant une date el tête, ‘* Poole, s'écria l'avocat. Il était encore en vie ce jour même. Il esl impossible qu'on ait pu faire disparattre son cadavre en si peu de temps I doit être encore en vie. Il a dû prendre la fuite ! Mais pourquoi st tr enfui ? et comment ? Et s’il s’est enfui, pouvons nous nous risqué à faire connaître ce suicide. Ah ! Il nous faut prendre garde. Je craiti
“ Ma tête tourne, dit-il Hyde a été, depuis plusieurs jours, en posses |
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MON CHER UTTERSON :—Lorsque cette note tombera sous vos yeux,
j'aurai disparu, dans quelles circonstances je ne puis prévoir. Mais une sorte d’instinct et la position sans nom dans laquelle je me trouve me
à disent que la fin est proche. Allez donc lire d’abord le récit que Lanyon
m'a déclaré devoir mettre entre vos mains ; et si vous voulez en savoir davantage, lisez ensuite la confession de votre indigne et malheureux ami.