‹ Le treizième fils de Jean-PierreChapitre 33 sur 38 · ETRANGE CONDUITE DU DR LANYON · texte numérisé non relu

ETRANGE CONDUITE DU DR LANYON

Le temps s'écoula. On offrit des milliers de louis sterling pour l’arrestation de Hyde, car le meurtre de Sir Danvers était regardé comme une injure faite à la nation. Mais M. Hyde échappsait aux recherches de la police comme s’il n'avait jamais existé.

On découvrit, il est vrai, l’histoire de son passé, histoire abominable. On mit au jour des actes de cruauté inouie commis par Hyde, toute sa vie ériminelle ; on put retrouver ses étranges compagnons et se convaincre, en même temps, que tous semblaient le hair. Mais quant au lieu ou Hyde se tenait caché, on ne put rien découvrir,absolument rien, En quittant sa maison, rue Soho, le matin du meurtre, il semblait tout simplement avoir cessé d'exister.

Et peu à peu M. Utterson vit ses craintes terribles se dissiper et le calme renaitre dans son esprit. La mort de Sir Danvers, pensa-t-ilétait plus que compensée par la disparition de M, Hyde.

Maintenant qu'il était débarrassé de cette malsaine influence, le Dr Jekyll commença une vie nouvelle. Il sortit de sa solitude, renoua des relations avec ses amis, allant chez eux et les recevant chez lui. Il avait toujours été connu pour ses actes de charité, et maintenant il s’intérassa aux affaires religieuses. 11 s'occupait beaucoup, sortait souvent, faisait du bien. Son visage était plus ouvert, plus gai, comme celui d'un homme dont la conscience est tranquille. Pendant plus de deux mois, le médecin parut jouir de la paix.

Le 8 janvier, Utterson avait dîné chez le Docteur Jekyll avec quelques amis. Lanyon était du nombre. La conversation entre eux avait été aussi familière que dans le bon vienx temps lorsqu'ils étaient tous rois des amis inséparables.

Le 12, et encore le 14, l’avocat s'était rendu chez le Docteur Jekyll, hais ils ne put le voir. ‘ M, Jekyll est indisposé ” avait dit Poole, et Le pouvait voir personne. Le 15 M. Utterson essaya de nouveau, mais n vain. Et comme il était accoutumé depuis deux mois à voir son ami ous les jours ; ce retour à la solitude lui, passa singulièrement. Le cinuième soir il invita Guest à diner chez lui ; le sixième, il se rendit chez anyon.

Là, au moins, il put entrer ; mais lorsqu'il vit le Docteur Lanyonil ht atterré, tant son ami était changé. Son arrêt de mort était écrit en rosses lettres sur son visage. Cet homme jadis fort en couleur, était le ; il avait terriblement maigri ; il paraissait beaucoup plus âgé. pendant ce n'étaient pas tant ces signes d’une rapide décadence phyque qui fixèrent l'attention de l'avocat qu’un je ne sais quoi dans le rerd et les manières qui disait hautement que le Doeteur était en proie

une terreur profonde.

Ce n'était guère probable que le docteur Lanyon eût peur de la mort; M cependant c'était là la première pensée d’Utterson. Oui, pensa-t-il, il

médecin, il doit savoir que ces jours sont comptés ; et cette pensé? pouvante.

Toutefois, lorsque M. Utterson ne put s'empêcher de dire que son

ami avait l'air malade, ce fut avec un grand calme que Lanyon se dé- folie clara un homme fini. de c S ; : eg n chos

J'ai éprouvé une forte émotion, dit-il, et je «n’en reviendrai jamais. Ui C'est une affaire de quelques semaines. Eh bien! la vie a été agréable, zaine en somme. J'ai aimé la vie; oui, mon amis , je l’aimais autrefois. Mais FA je crois que nous savions fout, nous serions plutôt contents de nous renfe en aller. | bougi Jekyll est malade aussi, fit Utterson. L'avez-vous vu ? regre: Le visage de Lanyon se crispa, et il leva sa main tremblante. Je ne rs

veux plus voir le Docteur Jekyll ni entendre parler de lui, s’ecrià-t.il dé | d’une voix forte mais brisée, Je n'aurai plns jamais aucune relation quel- L'a conque avec cette personne là, et je vous prie de ne faire devant moi la “A,

: Fos 44 aujour moindre allusion à cet homme que je considère comme mort. il Mb : : el

Allons donc ! fit Utterson. Puis, après plusieurs minutes de silence : À pour J. Ne puis-je rien faire ? demanda-t-1l. Nous sommes trois anciens amis, Cette Lanvyon ; à notre âge nous n’en ferons pas d’autres. ment, e Vous ne pouvez rien faire, répliqua Lanyon. Demandez-lui. lä mort Il ne veut pas me voir dit l'avocat. d Uiter

; dr un a; et i

Je n’en suis pas surpris, répondit l’autre. Un jour. Utterson, lorsque avait ni je serai mort, vous connaîtrez peut-être toute cette affaire. Je ne pui étaient : pas vous la raconter. En attendant si vous pouver me parler d'autre aus chose, restez, pour l’amour de Dieu ; mais si vous ne pouvez éviter c quelle ir

maudit sujet, alors, pour l'amour de Dieu, allez-vous en, car je ne saw rais le sunporter. |

Arrivé chez lui, l'avocat écrivit à Jekyll, se plaignant de l'éloigue ment dont il était l’objet et demandant à connaître la cause de la mal heureuse rupture entre Jekyll et Lanyon. Le lendemain, il reçut unt longuc réponse, très pathétique en beaucoup d'endroits, sombre et my#

écrit Par Utters ] envelop heur de aient de oin le pl

térieuse. La rupture avec Lanyon était définitive. Je ne blâme pl Lutter notre vieil ami, écrivait Jekyll, mais je ne suis d'accord avec lui poutre, E

ésirait ent à lui Lalla so dent pou hanger Jour,.à alSOn d Céans.

0ole, i Uttersd Cabinet 8 Ilér l que q e Poole se firent

dire que nous ne devons plus nous rencontrer jamais. J'ai l’intentiol de mener désormais une vie absolument solitaire. Vous ne devez paf . être surpris ni douter de mon amitié, si ma porte est souvent fermé même pour vous. Il faut que vous me permettiez de poursuivre 1 ténébreuse carrière. Je me suis attiré un châtiment et un péril quel ne puis dire. Si je suis le plus grand des pécheurs je suis aussi le pli grand ‘äes aflligés. Je ne croyais pas que l’on pât endurer sur la ter des souffrances et des terreurs tellement épouvantables ; et vous ne pol vez faire qu’une chose, Utterson, pour m:soulager, et c'est de respottt ma solitude et mon silence.

Utterson fut terrassé. La sinistre et maligne influence de Hydent istait plus ; le docteur Jekyll était retourné à ses anciennes occupatidl d'autre fois. Quelques jours après l'avenir semblait lui sourire ; ilp vait s&promettre une vieillesse honoré de tous. Et, maintenant, toi coup, amitiés, paix du cœur, avenir, tout avait sombré. Un changen si radical et si inattendu pouvait faire supposer d’abord une attaque

Le AT D Ha CS UNE

Rs |

folie chez Jekyll; mais les paroles et la manière de Lanyon, rapprochées M de cette lettre, indiquaient clairement qu’il y avait chez Jekyll quelque M chose de plus terrible encore que la folie.

Une semaine plus tard, le Dr Lanyon prit le lit et avant une quin:-

que son -on se dé: !

ji jamais.

agréable, zaine il était mort.

fois. Mais La nuit après l’enterrement, M. Utterson, plongé dans la tristesse se de nous À renferma dans son cabinet de travail, tristement éclairé par une seule

bougie. S’asseyant à son bureau il prit une lettre à lui adressée par son regretté ami Lanyon. Sur l'enveloppe, le défunt avait tracé ces mots : “ Communication privée, pour être remise entre les mains de‘J.G. ite. Je ne Utterson seulement, et, s’il meurt avant moi, pour être brûlée sans avoir s'ecria-til D &6 ue. ” ation quel- L'avocat craignait de l'ouvrir et d’en lire le contenu. ‘“ J'ai enterré ant moi la aujourd’hui un de mes amis, ” pensa-t-il ; ‘peut-être ce document va-til m'en ravir un autre. ” Mais il chassa cette pensée comme injurieuse de silence : 1 pour Jekyll, et déchira l’enveloppe. ciens amis, Cette première enveloppe en contenait une deuxième, cachetée égale- | ment, et portant ces mots : “ Cette lettre ne doit être ouverte qu'après la mort ou la disparition du Dr Henry Jekyll.”

Utterson n’en pouvait croire ses yeux. Oui, le mot disparition était bien là; et ici, comme dans le testament insensé que, depuis longtemps, il rson, Lorsque avait remis à son auteur, le mot disparition et le nom de Henry Jekyll

Je ne puiBétaient juxtaposés.

arler d'autr Dans Le testament le mot disparition avait été suggéré par Hyde, avec vez éviter “quelle intention sinistre il n’était que trop facile de comprendre. Mais car je ne Saiécrit par Lanyon, que pouvait signifier ce mot ?

Utterson fut grandement tenté de mettre de côté la défense écrite sur ‘enveloppe et d'aller au fond du mystère immédiatement : mais l'honheur de sa profession et la bonne foi envers son ami défunt lui impoaient des obligations rigoureuses ; il remit donc le document dans le oin le plus secret de son coffre-fort.

Lutter contre la curiosité, esc une chose, la faire cesser en vst une utre. Et l’on peut se demander si, à partir de ce jour, M. Utterson ésirait aussi ardemment la société de son ami Jekyll. Il pensait souent à lui, mais ses pensées étaient inquiètes et inspirées par la crainte. alla souvent frapper à la porte ; mais c'était sans doute un soulageent pour-lui de n'être pas admis.Au fond de son cœur il aimait mieux hanger quelques mots avec Poole, sur le seuil de la porte, à la lumière

jour,.à la portée des bruits de la ville, piutôt que d'entrer dans cette aison devenue une sorte de prison, et de parler au mystérieux maître } céans.

Poole, il est vrai, n'avait jamais aucune nouvelle agréable à donner à

Utterson. Le Dr Jekyll paraissait se renfermer de plus en plus dans cabinet de travail au-dessus du laboratoire ; il y couchait même pur- 8. [létait de mauvaise humeur, silencieux ; il ne lisait pas. On dit que quelque chose lui fatigue l'esprit. C'étaient 1à les nouvelles

Poole donnait invariablement à M. Utterson, et les visites de celuise firent, peu à peu, moins fréquentes. :

lui.

de l'éloigu® se de la mil , il reçut ul bmbre et my* ne bläme pi avec lui poil ‘ai l'intentll | ne devez Pi uvent fermé oursuivre 1

n péril quep 5 aussi le pli r sur la tt :t vous ne Po st de resp ct

de Hyde!

es oucupauv Lourire ; il D intenant, ti n change une attaq

Page 1