‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 18 sur 104 · I. De Boislisle, op. cit.., p. xxxvil · texte numérisé non relu

I. De Boislisle, op. cit.., p. xxxvil

Philippe-le-Bel fit construire des galeries , des portiques, une grande salle, qualifiés par un écrivain moderne, appelé Corro-

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zet, qui put encore les voir, « très somptueux et magnifiques ouvrages, bâtis sous la direction de messire Enguerrand de Marigny, comte de Longueville et général des finances. Et

voyez (ajoute le même auteur) quels hommes on employoit jadis h tels états, plutost que des affamez et des hommes qui

ne demandent qu'à piller l'argent du prince. — Enguerrand de Marigny n'en fut pas moins pendu, observe Viollet-le-Duc ; ce qui enlève quelque chose au sens moral de la remarque du

bon parisien Corrozet (i). » Charles V, Louis XI, embellirent à leur tour l'intérieur du Palais, et Louis XII construisit ou acheva le corps de bâtiments occupé par la Chambre des comptes ; si bien que l'ensemble finit par présenter un étonnant fouillis de constructions plantées de la façon la plus pittoresque. Leur aspect faisait l'émerveillement des étrangers qui visitaient Paris au temps de Louis XIV, et dont les yeux n'étaient plus habitués qu'aux grandes lignes droites, aux monuments froids et compassés. Mais, depuis Charles V, le Palais avait cessé d'être la demeure des souverains pour devenir le temple de la justice et l'antre de la chicane. Les rois le délaissèrent peu à peu pour les Tournelles, le Louvre, les Tuileries, ou pour des résidences plus éloignées, rentrant, comme je l'ai dit, dans la catégorie des châteaux.

Ce vieux séjour de la cour de France, animé par tant de scènes dramatiques ou touchantes, n'est plus maintenant que l'ombre de lui-même. Tout a changé autour du royal Palais et sur son emplacement même. Seule, la Sainte-Chapelle est restée ce qu'elle était , grâce à d'intelligentes restaurations ; seul, ce géant de pierre et d'or a traversé, la tête haute, toutes nos révolutions, tous nos désastres , sans perdre une de ses beautés, comme si Dieu avait voulu nous transmettre dans son intégrité la preuve la plus éclatante, la plus indiscutable, de la supériorité artistique des âges chrétiens. Seulement il a perdu sa destination primitive , il a perdu sa raison d'être : les débris de la sainte couronne ne sont plus là (ils gisent au fond des armoires de Notre-Dame), et ils ne sont plus le palladium de la France, qui ne veut plus actuellement d'aucun palladium. Dieu l'avait choisie un jour, cette contrée privilégiée, pour être le dépositaire de son diadème sanglant, symbole de sa royauté sur les peuples, comme si elle devait participer elle-

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