‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 37 sur 104 · I. Labarte, Histoire des A?'ts industriels · texte numérisé non relu

I. Labarte, Histoire des A?'ts industriels

imagiers n a-t-elle pas assouplie, domptée, contrainte à exprimer sous cent formes diverses le sentiment chrétien ? Ils ont pris les substances les plus dures , les plus rebelles aux doigts de l'homme, et ils leur ont dit : Bon gré, mal gré, tu chanteras

FlG. 92. — BÉNITIER DE l'église DE SaINT-TaURIN d'ÉvREUX,

avec nous la louange du Christ, notre Seigneur commun. Tu rendras notre pensée aussi fidèlement qu'une pâte tendre ; nous y mettrons le temps qu'il faudra , nous ne marchanderons pas la peine. Et, comme tu es une matière solide et

indestructible, comme tu traverseras impunément les siècles, nous te chargeons de répéter à toutes les générations, pendant que notre poussière impuissante sera réduite au silence, que nous avons cru en Jésus-Christ, que nous l'avons aimé, que nous avons dépensé notre vie et notre génie pour sa gloire. Voilà l'idée féconde, voilà l'idée-mère d'où est sorti tout l'art du moyen âge, et spécialement l'art de ces admirables sculpteurs qui, au dire de leurs émules, de leurs propres adversaires, ont approché de la perfection de la forme, et qui, à mon humble avis, ont atteint la perfection de la pensée.

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