I. Inventaire du Musée dés Archives 7ntioiuiles^ p. i8i
reconnaît dans d'autres représentations presque aussi anciennes de la fi<^ure du saint roi, qui ainsi dériveraient d'un original commun. L'analogie est surtout frappante dans la miniature des Chroni(|ucs de Saint-Denis, de la bibliothèque Sainte- Geneviève, reproduite dans l'ouvrage illustré de M. Wallon (i).
Les sujets évangéliques ou bibliques, à partir de la seconde moitié du treizième siècle, comportent beaucoup moins d'éléments symboliques, et le symbolisme lui-même, lorsqu'il y apparaît, est plus largement conçu : ainsi, dans la Bible de la reine Jeanne d'Evreux, les prophéties ou les figures de l'Ancien Testament viennent se superposer aux faits de l'Evangile qui en sont la réalisation ; c'est là belle idée développée de nos jours, à Saint-Germain-des-Prés, par le pinceau de Flandrin. Au contraire, l'élément naturel occupe, dans les scènes de cet ordre, une place de plus en plus importante. Il suffit, pour s'en assurer, de jeter les yeux sur les riches peintures du psautier de saint Louis, un des joyaux de notre Bibliothèque nationale, où Abraham est déjà représenté par un chevalier armé de pied en cap, et la femme de Putiphar par une noble dame de l'époque. Les livres hagiographiques sont illustrés avec la même préoccupation, comme on le voit dans une vie de saint Thomas de Cantorbéry et dans un manuscrit de l'abbaye de Saint- Denis reproduisant, en trente tableaux, la biographie légendaire de l'apôtre de Paris et la fondation de son monastère. Il est vrai cjue ces catégories de sujets seront traitées d'une façon beaucoup plus brillante à l'époque du duc Jean de Berry et de Fouquet, lorsque la mode générale des livres d'heures, qui n'existent encore qu'en germe au treizième siècle, sous la forme de psautiers, les aura fait multiplier à l'infini.
Dans les sujets historiques, la couleur locale est également sacrifiée au désir d'imiter la nature que l'artiste a sous les yeux.