PROFESSEUR DE CLINIQUE DES MALADIES MENTALES
A mon Président dé Thèse M. le Professeur SOULIER
PROFESSEUR DE THÉRAPEUTIQUE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE LYON MÉDECIN HONORAIRE DES HÔPITAUX MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
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INFRODUCTION
Etudiant le rôle de la partie postérieure du cerveau dans la production de certains phénomènes moteurs spéciaux, M. Denier, en 1890, trouva un double foyer occipital de ramollissement, à l’autopsie d’une femme, autrefois aphasique et hémiplégique, chez laquelle l'effort de la mémoire déterminait un tremblement marqué dans les membres autrefois parésiés.
M. le professeur Pierret eut successivement dans son service, à la clinique des maladies mentales, un certain nombre de malades analogues, présentant, à un degré plus ou moins accusé, ce tremblement mnémonique. HN voulut bien nous en communiquer les observations et nous chargea d'étudier dans notre thèse inaugurale, cette variété très spéciale de tremblements, qui n'avait pas encore été spécialement décrite Jusqu'à présent.
Les cas de tremblements mnémoniques sont peu nombreux, cependant nous croyons qu’ils ne sont pas extrêmement rares et que le petit nombre des cas observés tient surtout à ce qu’on ne les recherche pas habituellement. Il est probable que si l’on recherchait méthodiquement chez tous les anciens hémiplégiques aphasiques ou amnésiques l’action de l'effort psychique que nécessite la reproduction de mouvements ou de sons, en partie oubliés, on signalerait plus souvent cette variété de tremblement.
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Les quelques observations que nous rapportons toutes inédites à part la quatrième sont absolument typiques et démonstratives. Nous avons préféré ne pas signaler d’autres observations moins nettes et où le tremblement que l’on constatait pouvait être attribué à quelque cause étrangère à l’effort de la mémoire. C’est ainsi, en particulier, que nous avons éliminé l'observation d’une malade très émotive qui crimaçait d'une façon spasmodique, non seulement quand on provoquait, chez elle, l’effort de la mémoire, mais même dès qu'on s’occupait d'elle. Nous croyons, en effet, qu'il s’agit plutôt là, d’un tremblement émotif que du tremblement mnémonique.
Avant d'entreprendre l'étude du tremblement et des spasmes mnémoniques, nous embrasserons d’abord dans une rapide et synthétique vue d’ensemble, l’étude des tremblements, en général. Dans un deuxième chapitre, nous étudierons les caractères particuliers du tremblement qui nous occupe spécialement.
En troisième lieu nous rapporterons les observar tions que nous avons pu recueillir.
Dans un quatrième chapitre, nous tâcherons d’élucider la pathogénie de ce tremblement.
Enfin, viendrontles conclusions qui nous para ess ressortir de cette étude.
Mais avant d'aborder le sujet de ce modeste travail, nous tenons à remercier M. le professeur Pierret qui, depuis deux ans que nous fréquentons son laboratoire de la Faculté et ses cliniques de l’asile de Bron, n’a cessé de nous prodiguer, avec la plus grande bienveil-
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lance, ses encouragements et ses conseils. Il nous indiqua le sujet de ce travail et prit le plus grand intérêt à son élaboration. En son absence, M. le professeur Soulier veut bien nous faire le grand honneur d'accepter la présidence de notre thèse: nous le prions de vouloir bien agréer l’hommage de notre respectueuse reconnaissance.
Nous n’aurons garde d'oublier l'excellent accueil que nous fit M. le professeur agrégé Pic. Il voulut bien mettre à notre disposition, les nombreux malades de son service de l’hôpital du Perron et nous communiqua une observation inédite, Qu'il veuille bien recevoir ici, l’expression de nos sentiments reconnaissants.
M. le docteur Taty, docteur en droit, chef du laboratoire de médecine mentale à la Faculté, en maintes circonstances, nous donna des marques d'intérêt. Nous ne saurions oublier les services qu'il nous à rendus et nous le prions de croire à notre vive reconnaissance et à notre respectueux dévouement.
C’est à M. le professeur agrégé Tixier que nous devons la plus grande partie de nos connaissances chirurgicales. Nous sommes heureux de lui adresser nos remerciements pour l'accueil gracieux que nous avons reçu dans son service et pour la bienveillance qu'il nous a toujours témoignée.
Enfin, à tous ceux de nos maitres qui nous ont porté quelque intérêt au cours de nos études médicales, nous adressons ici, l’hommage de notre plus profonde reconnaissance.