LU EN
thénie, manie, et même aux persécutés-persécuteurs.
Voici un extrait d’une auto-observation de B.… malade, artiste de profession :
« Dans le tramway, dans le métropolitain, je vois qu’on me regarde et cela me fait une peine affreuse ; je sens bien que j’inspire plutôt de la pitié. Une brave femme m'a offert sa place ; j’en ai été touché jusqu’au fond du cœur. Mais lorsqu'on me regarde et qu’on ne dit rien, que pense-t-on de moi ? Cette incertitude me fait beaucoup souffrir. Si je puis parler, cela m’est moins pénible, car on voit bien alors que malgré mon tremblement je ne suis pas un poltron (!). Que cette situation est triste ! »
Ainsi donc, le tremblement conduit à la neurasthénie. Soit neurasthénie par surmenage physique (le tremblement fatigue), soit neurasthénie par surmenage émotionnel (très important), soit neurasthénie par surmenages combinés.
‘ Cette neurasthénie, souvent simple, peut se compliquer d’états mélancoliques ou hypocondriaques, idées de persécutions, et aussi d’excitations maniaques. ;
Très souvent la neurasthénie reste incurable. comme d’ailleurs le tremblement héréditaire qui en est la cause primitive directe ou indirecte.
Les hyperthymies simples prolongées sont très fréquentes : elles sont des manifestations grossies de l'anxiété, du chagrin, de l’énervement. Parfois elles aboutissent à l’hyperthymie aiguë délirante interprétative, hallucinatoire ou confusionnelle. On en a vu.
EE, 73e
qui correspondaient aux délires des dégénérés de Magnan.
Nous nous empressons d'ajouter que ces complications graves sont rares, très rares. Les malades atteints de tremblement héréditaire tenant pour ainsi dire « le coup » (qu’on nous pardonne l’expression) et vieillissant avec leur infirmité sans complications psychiatriques graves. :
Les deux observations qui suivent, prises de la thèse de Bienvenu, illustrent en partie ce que nous venons d'écrire sur les complications mentales du tremblement héréditaire.