COMPLICATIONS
I semble que l’on ait jusqu'ici confondu les maladies pouvant « s'associer » au tremblement héréditaire et celles qui surviennent à titre de complication. En effet, plusieurs observations montrent « Passociation » du tremblement héréditaire et de l’athétose ou de l’épilepsie, des malformations physiques, signant une dégénérescence organique.
Cependant, à notre avis, les complications d’ordre psychiatrique ne constituent pas « des associations », maladies surajoutées, mais bien des complications survenues par suite du tremblement héréditaire.
La principale complication du tremblement héréditaire, et peut-on dire, de tous les tremblements, est ce que Meige appelle la frémophobie : ces sujets ont peur de leur tremblement. Voici ce que dit Meige à propos d’un militaire trembleur :
« Cet homme est parfaitement conscient de son tremblement et de ses exacerbations ; il en éprouve du chagrin, une humiliation extrême. Il se désole
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de ne pouvoir commander l’immobilité de ses membres ; il est encore plus marri de ne pas maîtriser à son gré ses tressaillements. Il souffre de cette impuissance et plus encore de se voir tourner en dérision par quelques compagnons qui prennent un plaisir malsain à provoquer des paroxysmes. Aussi vit-il solitaire, ne cherchant qu’à se faire oublier. Son tremblement est devenu pour lui une véritable obsession au sens psychiatrique du mot. »
Ce qui est vrai pour ce militaire, est vrai pour le jeune sujet atteint de tremblement héréditaire : en effet, la trémophobie participe à tous les caractères des obsessions ; elle se rapproche surtout de l’éreutophobie (peur de rougir) de Pitres et Régis. On la voit apparaître chez les sujets prédisposés, surtout chez ceux qui présentent une constitution émotive. Rougeur et tremblement ne sont, en effet, que des manifestations réflexes de l’émotivité.
De même que la rougeur de l’eurotophobe s’accroît avec les progrès de sa phobie, de même le tremblement du trémophobe augmente avec sa peur de trembler. Le phénomène physique engendre l’obsession qui, à son tour, amplifie la réaction somatique ; l’exagération de cette dernière réagit également sur le trouble mental ; ainsi se crée un cercle vicieux de réactions psycho-physiques réciproques dont laboutissant est un véritable état de mal obsédant.
La peur de trembler se relie aussi à des idées d’humiliation, de déchéance, à des préoccupations n65s0phobiques, etc., d’où l’on arrive à la phobie neuras-