‹ Le Tremblement HéréditaireChapitre 24 sur 32 · V. — Observation de M. Noica · texte numérisé non relu

V. — Observation de M. Noica

H s’agit de 3 jeunes soldats entrés à l'hôpital militaire de Bucarest parce qu’ils tremblaient. Buta, Botez et Penchas. Buta et Botez tremblent depuis leur naissance (d’après ce que leur ont dit leurs parents !), tandis que Penchas ne tremble que depuis l’âge de 13 ans. Les 2 premiers malades présentent un tremblement des 2 membres supérieurs. Le troisième malade ne tremble que d’un seul membre supé-

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rieur — le gauche, mais en même temps, contrairement aux autres, il tremble aussi de la tête.

Etat général parfait. Aucune lésion organique du système nerveux.

Botez ne sait pas si quelqu'un de sa famille a tremblé comme lui, mais Buta nous dit que son grand-père maternel a tremblé comme lui. Peuchas, qui est plus intelligent et plus instruit que les autres nous raconte que son frère tremble comme lui depuis qu’il est rentré de la guerre et que son grand-père maternel a souffert dans sa vieillesse d’un tremblement sénile de la tête — que son père à lui est mort de paralysie générale.

Voici les caractères cliniques qu’il donne de leur tremblement.

Tremblement modéré 4 l’état de repos, ils s’accentuent énormément lorsque les malades font des mouvements volontaires : ainsi si nous disons à chacun d’eux, de toucher le bout de leur nez avec l’index d’une main (pour Peuchas, qui tremble seulement de la main gauche, il fait cette expérience rien qu'avec l’index de cette main-là), ce doigt, ainsi que tout le membre correspondant, se met à trembler tellement fort, qu’en arrivant à l’endroit du nez, les oscillations deviennent si grandes, que non seulement le malade n’arrive pas à laisser reposer l’index sur le bout du nez, mais il le cogne si fort, qu'on à de la peine à le laisser continuer.

Buta, en échange, arrive avec beaucoup de peine à fixer son doigt sur la racine du nez, mais en appuyant tellement fort, qu’il l’applatit. Comme analogue, à ce phénomène d’appui, on observe, chez tous ces malades, quand nous leur demandons de toucher et de maintenir en place un doigt, dans la paume de notre main, qu’ils appuyent très fort, tout en continuant à trembler ; probablement à cause de cette «ifficulté qu’ils ont de tenir le bout d’un doigt sur place.

Chez tous les 3 on constate, de plus, que pendant que le malade serre le poing ou le dynamomètre, le tremblement

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s’Accentue dans le membre opposé, et que toutes les articulations de ce membre se raidissent. Les mouvements passifs dans l'articulation du poignet donnent pendant ce temps la sensation de saccades, de marches d'escalier, comme chez lés malades atteints de Parkinson ou de parkinsonisme. qui ‘ont de la raideur articulaire. Cette raideur n'existe pas à l’état de repos. Chez nos malades, elle mexiste qu'à un moin: dre degré dans l'articulation de l’épaule.

-…Gouchés dans le lit, le tremblement ne diminue pas, et si après, on leur recommande de serrer fortement le dynamo-

mètre, on observe que le tremblement augmente dans le.

membre supérieur opposé, mais il apparait aussi nettement du'côté des 2, membres inférieurs. RS Chez Peuchas, le seul qui tremble de la tête à l’état, de repos, c’est aussi le seul, chez qui en serrant, Ie. dynamomètre, le. trembiement persiste et même s’accentue dans, la tête. ;;ce tremblement s’accentue aussi dans le membre Sup rieur. droit qui ne tremblait pas à l’état de repos. +3 s Toutes nos investigations pour trouver chez nos ie des signes de lésions cérébelleuses ont été vaines.

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