‹ Le Tremblement HéréditaireChapitre 25 sur 32 · VI. — Observation (Schulmann · texte numérisé non relu

VI. — Observation (Schulmann

: Eugène C.., jardinier, 65 ans.

‘Ce malade entre dans le service de notre maitre; le Dotteur André Bérgé, à l'hôpital Broussais, salle Lasègue, n° 31, pour des*troubles dyspeptiques apparus depuis 2 mois.:

‘Au premier examen nous sommes surtout frappés par Faspect du sujet, qui, au moindre mouvement, présente un: trémblement des plus nets. Interrogé sur ce point, il nous raconte que toujours, méme très petit, il a tremblé et que Hans sa famiile tout le monde tremble.

Son père mort à 68 ans, d’une affection non précisée, a présenté très jeune un tremblement revêtant les mêmes ca: racléres que celui du fils, tremblement qui aurait: iv «ans les dernières années de son existence.

LS

Eugène C... à°2 sœurs qui sont vivantes, l’une tremble: autant ‘que lui-même, l’autre ne tremble que par’intervalle. Actuellement l’état général du malade est très mauvais, il souffre‘depuis 2 mois de maux d’estomac tenaces, dûs- Æ unétat dyspepsique.'Il est subictérique. Fe Au repos, on ne remarque rien d’anormal, sauf un mystagnus, léger mais net, à oscillations horizontales de faible amplitude;lent, présentant environ 4 secousses par seconde: Le tremblement s’observe au moindre mouvement, il es’ très marqué ‘lans la moitié supérieure du corps :.face, membre, supérieur, il est minime à la partie inféreure. , . .,. Au membre supérieur le tremblement est massif. Tout le. bras est agité ; léger au début, le Den augmente. à géré dans les actes volontaires, où le inembre est projeté a différentes directions.

Le malade, en particulier, ne peut pas boire seul facilonent, il doit, se servir de ses 2 mains pour tenir son verre. et il lui faut approcher sa tête Hour diminuer Ja distance à |, par- COURT.

L” écriture est pour ainsi dire impossible. rs Le membre inférieur tremble , d'une façon notablement moindre ; néanmoins, lorsqu'on dit à Eugène C.… couché sur le dos, d'étendre la jambe, celle-ci est animée d’oscillations plus ou moins grandes. Se A la face, le maxillaire inférieur et la langue paraissent surtout touchés. La langue surtout, dès que le malade la tire hors de l’arcade dentaire; est animée de secousses analogues à celles observées chez un P. G. :

La parole est légèrement mais nettement explosive, quelquefois chevrotante et gutturale. Les mots ne sont jamais bredouillés.mais par instants on note des syllabes traînantes. Visiblement le malade se ressent du tremblement de sa mâchoire, qui est animée. de secousses empêchant locelusion parfaite et gènant un peu la mastication. - DANSE

Eugène C…. se tient aisément debout, il est voûté, mais nullement ataxique. On ne note pas de signe de Romberg. La marche est correcte, il y a peut-être simplement un léger élargissement de la base de sustentation, l’occlusion des yeux ne la perturbe pas.

L'examen des réflexes n'offre rien de particulier, les réflexes rotulières et achilléens sont plutôt vifs, mais il n’y a pas de clonus. Les réflexes du membre supérieur sont normaux.

Les réflexes cutanés sont plutôt forts.

Les réflexes de contraction idio-musculaires sont très marqués.

J1 n'existe aucun trouble de la sensibilité à la piqûre, au toucher, à la chaleur... :

I n’y a pas de signe de Babinski, ni de signe d'Oppenheim, Gordon, Schaeffer.

H n’y a ni troubles trophiques ni troubles viscéraux.

Le malade a perdu un œil accidentellement il y a 30 ans, il présente de ce côté une large taie blanche.

Il n’y a aucune paralysie oculaire. Le signe d’Argyll-Robertson est absent.

L'état mental est parfait, intelligence et la mémoire sont intactes. :

La P. L. donne les résultats suivants

Pas d’hypertension.

Lymphocytose très discrète : 3 à 4 éléments par champ.

La réaction de Wassermann est négative.

L'étude plus attentive des mouvements nous permet d’observer une série de phénomènes intéressants.

Les mouvements volontaires sont, surtout au membre supérieur, exécutés en dehors du tremblement, d’une manière absolument démesurée.

Le malade ne peut pas une fois sur quatre arriver à mettre correctement son doigt sur son nez : il heurte l’organe brus-

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quement et de là, ricoche en tous sens. Ce trouble s’observe des deux côtés. |

Les mouvements exécutés au membre inférieur, en faisant mettre par exemple au malade son talon sur le genou du côté opposé, accusent également l’hypermétrie. La vue n’apporte aucun changement appréciable dans la forme du Imouvement exécuté, mais plus le malade veut faire attention plus il est maladroit.

On observe une adiadococinésie nette qui est égale à droite et à gauche.

Le malade est resté 2 mois environ dans le service, pendant lesquels nous avons amélioré son état général.

H est sorti, présentant cliniquement les mêmes phénomènes neurologiques qu’à son entrée.

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