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fait de l’hérédité similaire, considéré, à tort, selon moi, par quelques auteurs, comme suffisant pour motiver la distinction d’une forme spéciale, peut sc rencontrer dans bien d’autres affections nerveuses que la chorée. Tel est le cas, par exemple, d’une forme de tremblement, encore insuffisamment étudié, je pense, lequel ne me paraît pas différer essentiellement du tremblent dit sénile et que l’on désigne sous le nom de tremblement nerveux. Ce tremblement-là peut sé montrer en quelque sorte à l’état sposadique. c’est-à-dire sans précédents ou concomitants chez les ascendants ou collatéraux, mais d’autres fois, c’est bel et bien comme dans le cas d’Huntington, dans Facception rigoureuse du mot, une maladie de famille. Alors le tremblement se manifeste le plus souvent dans l'enfance et il se transmet par voie d’hérédité similaire. J'ai observé ces jours-ci un exemple de ce genre avec mon confrère et ami le Docteur Angelo.
& M. X.., de La Havane, âgé de 53 ans, est affecté depuis son enfance d’un tremblement des deux maïns qui n’a fait que s’exagérer progressivement et qui aujourdhui lui rend l'acte d’écrire très difficile. La mère de M. X.., ses oncles maternels et quelques-uns de ses cousins germains tremblent comme lui depuis l'enfance.
« On pourrait aisément multiplier le cas de ce genre, et pour mon compte, j'en pourrais citer quelques-uns. LES © « Remarquez que le tremblement dont je parle, et
qui mériterait bien d’être étudié plus attentivement, n’a rien à faire avec la paralysie agitante qui comporte essentiellement deux éléments constitutifs, à savoir : la rigidité musculaire d’une part et le tremblement de l’autre. Il n’a rien à faire non plus avec les tremblements ioniques, avec celui de Basedow, etc. Au contraire, il paraît se rapprocher beaucoup par le nombre des vibrations, du tremblement sénile, peut-être même se confond-il avec lui, c’est chose à voir, et la question serait à peu près décidée, si le tremblement de la tête venait s'associer au tremblement des mains, de très bonne heure, chez un certain nombre d'individus appartenant à une même famille. »
Nous remarquons après lecture de ces observations que les auteurs avaient déjà pressenti Le tremblement héréditaire comme devant débuter à une Cpoque très peu avancée de la vie et qu’il diffère peut-être du tremblement sénile.
Debove, dans le diagnostic différentiel qui fait suite à ses quatre observations, dit
« Le tremblement sénile diffère du tremblement héréditaire par le branlement du chef (signe qui n’est plus considéré comme propre au tremblement sénile), par son début dans l’âge mür, par son nombre de vibrations 3,5 par seconde au lieu de 8.
Et il conclut :
Il existe un tremblement héréditaire.
Il se transmet dans la ligne paternelle aussi bien
pee
que dans la ligne maternelle et n’atteint pas nécessairement tous les membres de la famille.
« Il débute dans l'enfance et augmente avec l'âge. »
Il ajoute à ces conclusions, cette phrase qui trahit son hésitation :
« Aussi ne devons-nous pas être trop affirmatif dans nos conclusions, des observations plus nombreuses pouvant mettre en évidence des particularités qui n’existaient pas chez nos malades ou qui nous ont échappé. »
Depuis, en effet, les observations se sont multipliées. En France, en 1893, Regnault reprend son étude. En 1894-1897-1905, Achard, Raymond et Thaon, Raymond et Soupault apportent des observations nettes. À l’étranger, les noms d’Euleubourg (1877), Liégen de Bruxelles (1882), West de Londres (1886), Nagi en Allemagne (1891), Max Rubens, Bonelli (1897), Adamkieviez (1897), Curcio (1898) et Grampner de Leipzig (1899) sont à retenir.
Les travaux modernes, en particulier ceux de Caffé, Blouquier, Minor, etc., sont arrivés à en faire une entité nosographique bien définie.