‹ Le Tréparsol dans les affections intestinalesChapitre 10 sur 31 · LATE · texte numérisé non relu

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diffère du salvarsan, que par la nature du reste arsenical. Ce reste, est doué de propriétés acides dans le premier de ces corps (acide arsinique dérivé, dont l’arsenic est pentavalent). Il est au contraire saturé et chimiquement neutre dans le 606 (dérivé arsenoïque, dont l’arsenic est trivalent). Cette diftérence est, à vrai dire, de première importance dans la question qui nous occupe, car c’est eile qui crée la propriété essentielle du médicament destiné à être administré par la voie buccale : à savoir, la propriété, qu'il tient de sa fonction acide, de donner des sels alcalins solubles et absorbables par la muqueuse intestinale.

Mais on voit, par contre, qu’en dehors de cette unique différence, l’acide arsinique et le salvarsan, possèdent une structure moléculaire identique ; ces deux corps s’apparentent au point de n'être que les deux stades successifs d’une même série de réactions chimiques.

En d’autres termes, par réduction, de deux molécules d’acide arsinique, conduisent à une seule molécule de salvarsan, en se liant à l'endroit du reste arsenical, qui passe de l’état pentavalent à l’état trivalent (et c’est sur cette réaction que repose la préparation du salvarsan).

Inversement, l'oxydation en milieu aqueux d’une seule molécule de salvarsan donne naissance à deux molécules de l'acide arsinique pentavalent par rupture de la liaison arsenicale trivalente.

La méthode de traitement spécifique par la voie

buccale ne fait donc pas appel à des arsenicaux d’un type essentiellement nouveau; elle reste entièrement cantonnée dans l’utilisation des combinaisons organiques arsenicales dont les travaux d’Ehrlich ont démontré la valeur exceptionnelle. L'histoire de l'acide arsinique, dont le tréparsol constitue le dérivé formylé est inséparable à celle du salvarsan, Bertheim et Benda en ont les premiers réalisé la synthèse ; Hata reconnut ses propriétés curatives dans la fièvre récurrente des souris. Il fut cependant négligé par Ehrlich qui lui préféra le salvarsan, plus actif, en injections intraveineuses. Nous pouvons dire aujourd’hui, sans diminuer en rien la profonde originalité du créateur de la médication arsenicale spécifique, qu’il a méconnu l'importance d'une utilisation possible de cet acide, ou de ses dérivés, par la voie digestive ; voie d'absorption dont il avait cependant établi l'efficacité particulière dans le cas d’un autre acide arsinique, l’atoxyl.

Certains dérivés de l’atoxyltels que l’hectine, etc., furent d’ailleurs utilisés per os par Hallopeau et Mouneyrat. Mais Fourneau, Levaditi et leurs collaborateurs ont,les premiers, préconisé l’usage par la voie buccale de l’acide arsinique correspondant au sal. varsan, sous forme de dérivé acétyle.

Lecoq et Zélange, peu après, ont proposé le dérivé formylé, dont il est question ici sous le nom de tréparsol.

La nécessité d'utiliser l'acide oxy-amino-phénylarsinique, sous forme de dérivés, dans lesquels sa fonc-

tion aminée se trouve immobilisée par un reste organique (qui peut être, d’ailleurs, de nature variée), est imposée par l'instabilité de cet acide. Même à l’état cristallin, il se colore à l’air en s’oxydant. Les dérivés acydilés échappent à cette altération. Mais il convient de remarquer que la transformation ainsi réalisée est obtenu au détriment du pouvoir spirillicide de l'acide primitif, L’expérience de laboratoire est très nette à cet égard ; l'acide libre est actif dans les trypanosomiases où son coefficient thérapeutique a été évalué à un cinquième par Levaditi. Le même coefficient n’est plus que d’un demi pour le dérivé formylé, tandis que l’acétyle est inactif. De même dans les spirilloses, le rapport de la dose toxique à la dose curative à été fixé, pour l'acide, à un huitième par Levaditi ; celui du dérivé formylé n'est plus que d'un cinquième,d’après les expériences faites par CI. Simon et par M. Seguin.

On peut donc conclure, malgré toutesles réserves, que comporte le passage des expériences sur l’animal à la thérapeutique humaine, que l'acide oxyamino-phényl-arsinique est plus active que tous ses dérivés acidilés et cette conclusion permet d’expliquer les variations d'activités que l'étude clinique semble avoir révélées, entre les différents dérivés qui ont été préconisés ; ceux-ci sont d’autant plus actifs qu'ils libèrent plus facilement l'acide oxyaminé spirillicide.

C'est un fait d'expérience depuis longtemps établi que, les amides formylés sont peu stables et

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se saponifient sous de faibles influences. Cette saponification est souvent réalisée dans leur passage à travers l'organisme. En fait, l'amide formylé de l'acide oxy-amino-phénil-arsinique, suffisamment stable à l'air pour s’y conserver sans altérations, se scinde rapidement en acides formique et arsinique, quand il est chauffé avec une petite quantité d’acide chlorhydrique dilué, à la tercpérature du bainmarie.

Sa destruction par les milieux organiques paraît également un fait acquis, car, après son absorption à dose suffisante l’urine des malades présente, directement sans saponification préalable, d’une manière presque constante, la réaction d’Abelin, qui indique la présence de l'acide aminé libre.

La TOxXICITÉ DU TRÉPARSOL a été étudiée expérimentalement par CI. Simon et Hauduroy. Nous résumons rapidement les conclusions de ce travail.

Pour les souris : la dose maxima tolérée (D. M.T.) peut être fixée à 0 gr. 03 pour une souris de 20 or. ; il se produit, à partir de cette dose, des symptômes nerveux : les souris dansent et tournent en rond. À une dose légèrement supérieure, elles meurent. Cette chorée spéciale s’observe avec l’acide arsinique et la plupart de ses dérivés.

Pour: le lapin :la D, M: T:est de. 0 gr. 50, 0 gr. 60 par kilogramme (voie digestive) ; de 0 gr. 35 (voie hypodermique), de 0 gr. 25 (voie intraveineuse). La dose mortelle pour le lapin, en moins de sept jours est de : 0 gr. 60 à 0 gr. 70 par kilogramme

PER | Ven

(voie digestive) ; de GO gr. 40 (voie hypodermique) ; de 0 gr. 30 (voie intraveineuse).

La poule : supporte 1 gramme par kilogramme.

Le chien : 0 gr. 50 par kilogramme (Maturana, Vargas). CI. Simon et Seyuin ont fait de plus, une série d'expériences sur les maladies des animaux qui se comportent, d'après Erlich, à l’égard des médicaments, comme la syphilis : le nagana des souris et

la spirillose des poules.

EvIMINATION

Clément Simon a étudié la marche de l’élimination urinaire du tréparsol au moyen de la réaction d’Abelin. Cette réaction, on le sait, repose sur la propriété des arsenicaux organiques, possédant une fonction aminée ; de se copuler, en milieu alcalin, par l’intermédiaire de cette fonction préalablement transformée en diazoïque, avec les diphénols, tels que Ja résorcine, pour donner naissance à un produit de condensation de couleur rouge cerise. Clément Simon a utilisé cette réaction avec les modifications indiquées ‘par Pomaret, c’est-à-dire en dissolvant la résorcine dans un mélange d’alcool et d’éther qu'on alcalinise fortement par lammoniaque, au moment propice. Cette solution est déposée avec précaution, à la surface de l’urine préalablement chauffée avec l'acide chlorhydrique étendue au bain-marie, puis additionnée, après refroidissement complet, d’une trace de nitrite de soude, La

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