CHAPITRE VI
LES .COLITES A TRICHOCÉPHALE
Le trichocéphale, le plus habituel des vers intestinaux, et qui, d’après Guiart, se rencontrent chez 30%, des malades d'hôpital, chez 10% des malades de ville, est, dans l'immense majorité des cas, à peu près inoffensif. Cependant, dans certains cas, il semble provoquer de lentérite, d’autres fois une entérocôlite ou une célite plus grave.
La forme diarrhéique est la plus habituelle ; il s’agit de diarrhée fréquente, tenace, rebelle aux médicaments antidiarrhéiques, généralement peu douloureux. Les selles sont liquides, jaunes, mélangées de mucus, avec hémorragies occultes à peu près constantes (Cade et Guérin).
Très souvent, il ya une sensibilité assez vive à la pression dans la fosse iliaque droite, le trichocéphale se fixant électivement à la région cæcoappendiculaire.
La diarrhée trichocéphalique est accompagnée souvent de fièvre légère ; parfois, même, la température monte brusquement à 39 et 40 degrés.
Elle provoque, par sa persistance, un certain degré
UE de dénutrition ; aussi a-t-on parfois songé à de : l’entérite tuberculeuse.
Le plus souvent, le diagnostic différentiel doitêtre établi avec la côlite muco-membraneuse, l'appendicite chronique ou la dysentérie. Des troubles réflexes à distance, parfois déroutent le diagnostic. L'examen des fèces, seul, permet le diagnostic.
En délayant une parcelle de matière dans une goutte d’eau formolée à 1 %, on observe des œufs caractéristiques, en barrillet ou en citron, avec
bouton aux deux pôles.
Blastocystis hominis (Brumpt), 1912.
Ce parasite très fréquent dans les selles de l'homme, ne parait pas avoir de signification pathologique; onletrouve trèssouvent associé aux amibes, au lamblia, aux trichocéphales. Il se présente sous des aspects variés : corps tantôt sphérique, tantôt allongés, quelquefois étirés en biscuit, jouissant d’une plasticité remarquable qui lui permet de se déformer sous l'influence d’un courant de liquide sous lamelle. Il mesure 2 à 154 et est constitué par une vacuole centrale arrondie et par une couche de protoplasma périphérique collée contre la membrane d’enveloppe et renfermant un nombre variable de noyaux.
Il faut savoir reconnaître ce parasite intestinal,
car il peut donner lieu à des diagnostics erronés ;on
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| / le prend quelquefois pour un kyste de protozoaire,
pour un ascomycé, pour un blastomyce, etc... Une goutte de solution de lugol aidera à le reconnaître : la vacuole centrale ne se colore pas en brun et le protoplasma périphérique contient un ou plusieurs noyaux. Ce parasite se reproduit par scission binaire, et affecte alors une forme en biscuit ou en bissac, Barret a réussi à le cultiver dans un mélange de 1 partie de sérum humain pour 9 parties de solution NaCI à 5 %o.
OBSERVATION I
M. J..., 9 ans, vient à la consultation le 28 octobre 1925.
Depuis deux ans, présente des crises diarrhéiques avec 4 à 5 selles par jour, surtout le matin et après le repas : selles en purée, à odeur forte.
Enfant un peu pâle, et maigre; l'examen ne révèle rien de particulier.
Nous pratiquons un premier examen des selles le 30 octobre 1925 : selles pâteuses à réaction alcaline, avec abondance de kystes de trichocéphales, blastocystes. Nous mettons le malade au tréparsol : deux comprimés 0,10 quatre jours sur sept.
Le 31 décembre 1925.— Le malade est revu, amélioration des diarrhées et de l’état général.
Un nouvel examen des selles ne révèle aucun parasite. Le malade cesse le tréparsol.
L'enfant revient deux ans après, le 10 janvier 1927, pour
une nouvelle crise diarrhéique avec glaires et gaz.
Eu, LUE
Le 7 janvier 1927. — Selles brunes, molles, à réaction alcaline, avec très nombreux œufs de trichocéphale.
Nouvelle cure de tréparsol.
Le 2 mars 1927. — Traitement bien supporté, bon état général, bon appétit, diarrhée rare. L'examen microscopique des selles révèle toujours des œufs de trichocéphale. Le malade continue letréparsol.
Le ‘15 septembre 1927. — Examen des fselles : malgré l'amélioration de la côlite, on trouve toujours des œufs de
trichocéphale. «
Il s’agit d’une côlite chez un enfant de 7 ans, qui s améliore sous l’action du tréparsol, sans que
les kystes du parasite disparaissent définitivement.
OBSERVATION II
Mme B..., 37 ans.
Le 29 novembre 1926. — Vient pour une crise diarrhéique avec 2 ou 3 selles par jour, sans colique etléger amaigrissement.
Antécédents personnels. — En 1916 : crise aiguë de diarrhée : jusqu’à dix selles par jour à la suite d'écart de régime. En 1923 nouvelle crise diarrhéique : depuis les troubles continuent.
Examen. — Langue'saburrale, côlon en spasme et sensible, abdomen souple et ptosé.
Examen des selles. — Portant sur trois échantillons : selles brunes, pâteuses, en abondance œufs de trichocé-
phales et blastocystes : régime + tréparsol et sangle.