‹ Le Tréparsol dans les affections intestinalesChapitre 30 sur 31 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

POSOLOGIE DU TREPARSOL

Le tréparsol offre l’avantage de pouyair être utilisé dans des limites assez larges et pendant longtemps. Chez un sujet jeune, de poids moyen et sans tares viscérales, deux méthodes peuvent être appliquées : le traitement continu et letraitement discontinu ; dans les deux cas, d’ailleurs, il est rationnel de tâter la susceptibilité des malades en administrant seulement au début du traitement, les doses de un comprimé 0,10 chez l’enfant, un comprimé 0,25 chez l’adulte.

D'une façon générale, le docteur Savignac se borne, pour l’administration du tréparsol, à ce principe : dose progressive, croissante et discontinue. Les modalités posologiques adoptées par lui sont les suivantes :

10 Chez l'enfant. — Un comprimé de 0,10 par jour, quatre jours sur sept, pendant quinze jours ; puis, à partir de la troisième semaine, deux comprimés par jour avec les précautions suivantes : Cesser le traitement si dès le deuxième comprimé l'enfant présente une recrudescence de la diarrhée surtout, fièvre ou céphalée ; par contre si les mêmes symptômes n'apparaissent qu’à partir de la troisième semaine durant laquelle l'enfant prend deux com-

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primés par jour, il faut revenir à la dose initiale un comprimé de 0,10 par jour ; ainsi l’enfant bénéficie toujours du traitement. |

29 Chez l'adulte. — La progression suivie est la même ; au début du traitement un comprimé de 0,25, quatre jours sur sept ; pendant quatre jours consécutifs le malade prend un comprimé de tréparsal, puis cesse trois jours ; temps nécessaire à l'élimination de l'arsenic absorbé par les urines, À partir de la troisième semaine, deux comprimés par jour, et dans les cas d’intolérance, même indication que pour les enfants.

3° Dans les cas rebelles, de persistance des parasites ou des kystes dans les selles, on peut administrerle tréparsolcinq jours sur septsans inconvénient.

Le tréparsol s’absorbe le matin avant le petit déjeuner, en une fois dans un peu d’eau.

4o Chez les tuberculeux diarrhéiques, il est néces: sairedemaintenirles malades constamment sous l’action du tréparsol, pour éviter le retour de la diarrhée, ainsi que chez certains dysentériques anciens, porteurs de kystes, afin de prévenir les rechutes, il: convient d'instituer, après les cures régulières, un traitement discontinu comme ration d'entretien un comprimé de 0,25 par jour, quinze ou vingtjours sur trente,

5° Le tréparsol peut être associé à d’autres médi-. cations, c'est ainsi que chez un syphilitique, son: action peut êtresoutenue par une qure bismuthique. Chez un amibien,on peut renforcer son pouvoir eura-

reg se

tif par l'emploi simultané de chlorhydrate d'émétine. Il suffit d’administrer aux malades chaque matin en une fois pendant quatre jours sur sept de 0,25 de tréparsol associé à l’émétine.

Les avantages de cette méthode sont multiples :

1° Elle permet de tâter la susceptibilité des malades au tréparsol ;

2v Il est possible de dépister le seuil de tolérance des sujets ; certains présentant des symptômes d'intolérance à un comprimé, d’autres à deux ;

30 Elle offre l’avantage de l’administration progressive à hautes doses sans provoquer deitroubles. Les malades présentant une intolérance seulement à l’administration de deux comprimés d'emblée, supportent parfaitement les doses croissantes de deux comprimés ;

4° Enfin, le traitement discontinu, en laissant l'élimination se produire normalement, permet au praticien de prolonger l’imprégnation arsenicale autant qu'il le juge utile, sans avoir à redouter les accidents toxiques,comme nous sommes obligés à faire dans les diarrhées tuberculeuses et dans certaines dysenteries amibiennes rebelles.

Ces procédés ont donné d’excellents résultats au point de vue thérapeutique et tolérance, puisque les malades soumis au tréparsol ainsi administré, sont toujours améliorés, souvent guéris et qu'aucun des accidents fâcheux dus à l’ingestion d'une forte dose intempestive n’à été observé, du moins sous une forme grave.

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Intolérance au tréparsol.

L'ingestion du tréparsol est suivie dans certaines circonstances, de troubles comparables à ceux observés après l'emploi des autres préparations arsenicales. Ces phénomènes d’intolérance sont par ordre de fréquence la diarrhée, la fièvre, la céphalée et l’éruption.

19 La diarrhée. — Elle est parmi ces troubles le plus fréquent et le plus précoce ; elle se traduit par 6 à 8 selles par jour, liquides. semi-liquides accompagnées de coliques. Le plus souvent les malades disent que le tréparsol a aggravé leur diarrhée au lieu de l’améliorer. Parfois, on peut facilement combattre la diarrhée à l’aide d’une préparation opiacée quelconque.

2° La fièvre. — Dès les premiers jours, suivant les réactions individuelles, il peut se produire une élévation de température d'importance variable, qui passe souvent inaperçue.

30 La céphalée. — Elle siège soit au front soit à la nuque,et rappelle par ses modalités, la céphalée provoquée par les arséno-benzènes. Dans le plus grand nombre de cas, les malades s’habituent au médicament, mais parfois la céphalée nous a obligé à cesser- le traitement. Après la diarrhée rarement elle a une signification précise.

40 Les accidents cutanés se traduisent par des

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érythèmes diffus avec sècheresse de la peau,rougeur diffuse et prurit, mais ne réalisent jamais le tableau clinique des érythrodermies scarlatiniformes, des arséno-benzènes. On a observé des poussées légères d'ütticaire généralement éphémères. Un seul accident grave a été rapporté par Fernet, caractérisé par ünë crisé nitritoide survenant après l’ingestion dé 0,50 de tréparsol, chez une fémme déjà intoléranté au 914.

Ces complications sont passagères, rares ét n’entrainert pas un pronostic fâcheux. En généräl elles cèdeñt äu traitement symptomatique.

C'est à partir du deuxième comprimé seulement que lé plus souvent les malades résséntent ces légers troubles. Dans ces cas particuliers, le D' Savignac conseille toujours de prendre un comprimé. Cette faiblé dose fait sins dommage les frais du traitement.

Contre le danger possible de la crise nitritoïde, d’ailléurs jamäis observée par Savignac, Flandrin et CI. Simon, se basant sur lé pouvoir anti-anäphyläctisant de cértain médicament, ont essayé avec des résultats appréciables, le gardénal, chez des individus sensibles aux arsenicaux. En résumé, les accidents ci-dessus relatés, n’appartiennent pas en propre äaü dérivé formyÿlé de l’atide arsénique ; ils sôoht communs à tous lés arsenicaux organiques, et léur connaissance né doit pas priver les malades d'une médication le plus souvent efficace.

OBSERVATION I

Mlle F..,8 ans.

Le 4 avril 1937; — Vient à la consultation potür fatigue, inappétencé, alternative de constipation et de diarrhée avec selle molle, pâteuse et quelquefois douleurs abdominäles.

A l’éxâtnen : la petite malade présente es päâupières ün peü gonflées, langue saburtale, voûte ogivale; légère sensibilité dù côlon descendant, loie légèrement sensible à la pression.

Examen dés selles : selle bruné, mollé, à réaction acide, dvec hobréüx kystes de lablias.

Nous administrons le tréparsol à la dose dé 1 toiaphind 0,16 quatre jours Sür sept.

Le 28 mai 1929.== Lé ialadé révicnt : elle à présenté à partir du troisième comprimé des signes d’intolérance : diarrhée, fièvre, céphalée; les parents ont alors cessé le

tréparsol et depuis les troubles ont disparu, sauf la diarrhée:

Il s’agit d’une petite malade qui supporte mal le tréparsol, présentant comme symptômes d'intolérance : diarrhée, fièvre, céphalée:

OBSEBRVATION II

M. B..., âgé de 25 ans.

Lé 5 märs 1937. Depuis citi{ où sit M6is, il présénté ün

état nauséeux, trois à quatre selles par jour, surtout le fiätifi,

09e accompagnés de colique et gaz, et suivies d’amaigrissement, fatigue et somnolence.

En 1923, a contracté, au Maroc, une crise diarrhéique, trois à quatre selles par jour, glaireuses, avec colique,durée trois semaines.

Depuis il présente cette crise de côlite, par période.

Examen. — Plexalgie gauche, abdomen légèrement sensible, foie normal,

Examen des selles pratiqué le 3 mars 1927: selle de fermenation, liquides, brunes, à réaction acide, kystes de lamblias en abondance. Malade mis au tréparsol : un comprimé de 0,25 quatre jours sur sept. Dès le deuxième comprimé, il présente de la céphalée et malgré la céphalée, il continue le tréparsol ; au quatrième comprimé, augmentation de la diarrhée, acom pagnée d'éruption:

Devant ces symptômes, le. malade abandonne le tréparsol;

alors les troubles disparaissent, sauf la côlite.

[ci aussi il s’agit d'un malade atteint d’une côlite de fermentation avec lamblias,qui tolère mal le tré-

parsol.

OBSERVATION III

Mlle N..., 16 ans : Présente depuis quelques mois, un symptôme intestinal avec douleurs dans le bas-ventre, deux à trois selles par jour.

Examen. — Plexalgie gauche, côlon gauche sensible, foie

normal.

DS: Ce

Examen des selles : semi-liquides, à réaction acide, fermentation, aucun parasite.

Tréparsol : un comprimé de 0,25 par jour.

Dès le troisième comprimé, la diarhée devient plus intense,et s'accompagne de céphalée ; la malade cesse le tréparsol.

Deux semaines après, reprend une nouvelle cure de tréparsol: dès le premier jour, réapparition des symptômes

d’intolérance.

Cette observation aussi nous montre une malade atteinte d’une côlite simple de fermentation, avec diarrhée, supportant mal le tréparsol, qui provoque chez elle contrairement au but thérapeutique une augmentation de la diarrhée.

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