‹ Le Tréparsol dans les affections intestinalesChapitre 29 sur 31 · PRO · texte numérisé non relu

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leur arrivée au gros intestin. Leur abondance dans le contenu cæcal tient soit à un régime carné excessif, soit à une insuffisance de sucs digestifs, qui sont souvent causes de diarrhée putride. Mais, dans beaucoup de cas de côlites, c'est aux dépens des sécrétions albumineuses de l'intestin malade, ou aux dépens du sang épanché que se font les putréfactions protéolytiques, avec exaltation de virulence de la flore anaérobie.

Là,encore,le régime d'hydrate de carbone et végétarien associé au tréparsol, nous a donné de bons

résultats.

OBSERVATION I

Mlle G... B..., 20 ans. Le 5 janvier 1926 vient à la consultation pour douleurs abdominales avec alternative de constipation et débâcle diarrhéique dysentériforme, anémie consécutive au surmenage, règles irrégulières et douloureuses, leucorrhée légère.

A l'examen : malade amaigrie, subictérique avec implantation dentaire vicieuse, légère sensibilité des côlons, foie sensible à la pression.

Examen des selles : selles molies, pâteuses, fermentation, semi-liquides, et renferment débris d'amidon. |

Examen du sang : 4 370.000 globules rouges.

Tréparsol + régime et traitement pluri-glandulaires.

Le 11 février 1926. — Examen des selles : odeur normale, réaction alcaline, aucun parasite.

Le 27 mars 1926. — Malade revient très améliorée, l’état

De Of 2 anémique s’atténue (repris 2 kgr. 100), la diarrhée a cessé,le foie est redevenu normal.

Par prudence,nous conseillons le tréparsol les quatre premiers jours de la semaine, pendant deux mois.

Nous considérons la malade comme guérie,aucunc rechute

de diarrhée.

Il s’agit d'tne diarrhée de côlite simple avec fermentation, chez une jeune fille à insuffisance glandulaire,

OBSERVATION II

M. L..., 8 ans. Le janvier 1927 vient pour une série de crises diarrhéiques dysentériformes ; jusqu’à 10 à 12 selles par jour, avec fièvre 39 degrés. Il y a cinq ans,légère atteinte de côlite.

Antécédenis personnels. — Né à terme, toujours pâle; coqueluche, pneumonie à 2 ans, oreillons, varicelle. à

Antécédents héréditaires. — Mère, quatre enfants, deux fausses.couches. Père gazé. Réaction W.—; Hecht +.

Examen.— Pâleur, inappétence, dents irrégulières,voûte ogivale, micropoliadénies, abdomen sensible, foie et rate normaux.

Examen sérologique. — B.- W. — ; Hecht +.

Examen des selles. — Sur trois échantillons,selles jaunes, à réaction neutre, quelques débris d'aliments non digérés, aucun parasite.

Nous administrons le tréparsol un comprimé deo,10 quatre jours sur sept; à partir de la troisième semaine, deux com-

primés par jour.

Le 30 mars 1927. — Il va très bien, état général amélioré, a repris du poids ; à l'examen des selles, aucun parasite. Nous conseillons le tréparsol dix jours sur vingt.

Le 1°* juin 1927. — Disparition de l’anémie, bon appétit, selle régulière.

Depuis, le petit malade, revu à plusieurs reprises, va toujours très bien. ;

OBSERVATION III A

Mlle H..., âgée de 9 ans.

Le 12 octobre 1926. — Depuis deux ans présente des poussées fébriles, se plaint du ventre ; trois ou quatre selles par jour, mal digérées et pâteuses, jaunes, glaireuses, d’odeur fétide, pas de sang.

Antécédents personnels. — Née à terme, élevée au sein, développement irrégulier, pas de séjour aux colonies.

Antécédents héréditaires. — Mère nerveuse, père hypertendu.

Examen. — Poids : 16 kgr. 800, nerveuse, points d'ossification normaux, légère saillie frontale, dentition irrégulière, incisives supérieures écartées, voûte ogivale, micropoliadénie, pas de douleur osseuse, thorax en bateau ; examen de l'abdomen : côlon ascendant légèrement sensible, pas de point appendiculaire, foie normal.

Réaction : B.-W.

Examen des selles. — Selle jaune, pâteuses, à réaction ee d’odeur fétide, aucun parasite. Devant ces symptô-

ms, nous avons institué le traitement de côlite simple.

= 92 Le 16 décembre 1926. — Très légère amélioration; à ce moment on administre le tréparsol.

13 avril 1927. — La petite malade va très bien, disparition complète des symptômes fébriles et diarrhées, bon état

général a repris 2 kgr. 650.

Il s’agit d’une côlite simple sur un terrain hérédo-

spécifique ; améliorée par le tréparsol.

# L'’Action du tréparsol sur les diarrhées

dans les côlites simples.

Si l’action du tréparsol sur les diarrhées des côlites simples, du moins n’est passcientifiquement établie, elle est cliniquement indiscutable.

En effet, ce remède précieux arrête la série des accidents résultant des fermentations et putréfactions intestinales ; s’il ne fait pas disparaitre les lésions constituées, du moins il les empêche de s'évoluer.

Une dose de 0,25 de tréparsol, prise quatre jours sur sept, arrête la diarrhée, calme les coliques et le péristaltisme excessif, supprime les névralgies, rétablit la nutrition normale, relève l’état général.

Le tréparsol agit comme antiseptique puissant et suspend les auto-intoxications, ou peut-être il est un poison pour les diastases digestives, ou encore peut-être il rend imputrescibles les déchets qui ne sont plus transformés par les microbes ?

Ce serait donc peut-être par l’action sur les

déchets qu'’interviendrait le tréparsol ; car il y a bien fixation de l’arsenice sur les matières alimentaires non attaquées par les diastases.

En présence de ces faits constatés, mais pas encore établis définitivement d’une manière scientifique, il est indiscutable que le tréparsol agit admiräblement sur les diarrhées des côlites simples, mais ne constitue, à vraiment parler, qu'un traitement à peu près exceptionnel, et uniquement dirigé con-

tre la diarrhée,

Le tréparsol n'est pas un agent de diagnostic

étiologique des colites et des diarrhées.

M. G..., 30 ans, infirmier.

Vient à la consultation le 23 mars 1926 pour alternative de diarrhée et de constipation, avec colique et amaigrissement.

Get état s’est aggravé depuis deux mois avec irrégularité des selles, douleur au niveau de l’ombilic, survenant surtout cinq ou six heures après les repas et s'accompagnant de régurgitation de gaz à odeur fétide.

Antécédents héréditaires. — Père mort à l’âge de 4o ans de bronchite chronique ? Mère cardiaque, a eu six enfants, un mort de péritonite en bas-âge.

Antécédents personnels. — Marié, pas d'enfant

Examen. — Le malade est pâle, amaigri,avec un lupus étendu de la face, langue saburrale, dents irrégulières, voûte ogivale. L'abdomen est souple, le foie normal, légère sensi<:

bilité péri-ombilicale, et plexalgie droite.

Au tabage : suc gastrique normal.

A l'examen radioscopique de l’appareil digestif : estomac normal, douleur nette au niveau du bulbe duodénal, et stagnation de la troisième portion duodénale.

À l'examen des poumons : aucun signe clinique ; seule la radioscopie fournit un renseignement : léger voile au som-

metgauche. : *

dd

L'examen microscopique des selles, portant sur trois échantillons, ne décèle aucun parasite.

Le malade est mis au tréparsol et au régime.

: Le 4 août 1926. — Il va bien, selle normale, régulière, plus de colique, ni de diarrhée ; il continue le régime, mais cesse le tréparsol.

Le 22 novembre 1926.— Il revient avec colique ; selle liquide et amaigrissement. Reprise du tréparsol.

Le 25 mai 1927. — Le malade va bien, selle régulière, a repris 4 kilos.

Cette amélioration se prolonge pendant un mois ; on arrête le traitement, la diarrhée réapparaît pour céder encore

devant l'administration de tréparsol.

En résumé, il s’agit d’un malade avec lupus étendu de la face, sommet gauche suspect, sclérose périduodénale, hérédo-spécifique ? et qui présente un état, dont le symptôme prédominant ; la diarrhée, cède à plusieurs reprises au tréparsol et à lui seul.

À quelle cause faut-il attribuer cette diarrhée ? S'agit-il d’une diarrhée simple chez un tuberculeux ? d’une diarrhée spécifique ? ou d’une côlite simple ?

Malgré la tendance de certains cliniciens de por-

ro

ter un diagnostic par l'épreuve thérapeutique, il ne semble pas que nous soyons toujours en droit de le faire, puisque nous pouvons nous trouver en présence d’un médicament, tel que le tréparsol, qui agit sur les différents agents pathogènes que nous pouvons considérer, tour à tour, comme cause initiale de l’affection.

P. Nazarian

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