‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 10 sur 149 · Pasqui, fig · texte numérisé non relu

Pasqui, fig

3. Mon observation ne porte que sur les pièces d'argenterie. Je ne conteste en aucune façon L'exactitude des indications de M. Pasqui en ce qui concerne les autres objets contenus dans cette armoire; mais pour les pièces d'argenterie ses renseignements sont inexacts. Il indique à tort (col. 418;, comme provenant de l'armoire, le miroir d'Ariane, la phiale d'Alexandrie et la phiale à la tète d'homme qui ont été recueillis dans le réservoir ;i vin. La ligure d'Alexandrie ''si par lui qualifiée • donna galeata e coperta di corazza <

i. Notizie dor/li scavi, 1895, p. 213.

MONUMENTS ET MEMOIRES

vrait et dont les traces sont restées très visibles, malgré les efforts tentés pour les faire disparaître, en est la preuve. Dans la cachette du réservoir, au contraire, le contact, s'il a eu lieu, n'a pu s'opérer ni aussi complètement, ni aussi vite, puisque les objets y étaient protégés par une voûte en maçonnerie et que la disposition même de ce réservoir à vin formait un obstacle à la pénétration directe des matières volcaniques. Ainsi l'aspect seul de ces quelques pièces est probant; il ne peut y avoir aucun doute sur leur identification 1 .

Il est temps de reprendre la visite de la villa . A côté de cette armoire s'ouvre la porte d'une dernière chambre (G) encombrée d'instruments agricoles de tous genres2. Près du seuil, on trouve à terre un sceau en bronze portant le nom de L. Brittius Bros3.

A la porte de la cuisine (H), un second chien est attaché; dans l'écurie (K) sont plusieurs chevaux; l'un d'eux est parvenu à briser sa longe; on y remarque aussi un porc, des poulets et un troisième chien.

Mais un spectacle particulièrement saisissant s'offre à la vue dans la cour intérieure des pressoirs à vin (L) ; trois cadavres y sont couchés l'un contre l'autre4. Sur la banquette en maçonnerie un homme gît étendu : la tête renversée en arrière est appuyée sur le bord d'une grande jarre ; le coude droit repose sur le sol ; le bras gauche s'allonge le long du corps; les pieds et les mains sont raidis par la souffrance.

1 . Ces objets furent découverts au moins deux mois avant le reste du trésor. M. P. Janniello, de Naples, m'annonçait dos le 13 février 1895 que les deux pièces les plus importantes, la tète de femme (a) et le miroir (f), avaient été vendues au comte Michel Tyszkiewiez qui était venu visiter les fouilles; elles ne faisaient donc pas partie de l'ensemble d'argenterie apporté plus tard à Paris.

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