‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 101 sur 149 · Pline, H. N , X · texte numérisé non relu

Pline, H. N , X

MONUMENTS ET MÉMOIRES

mort. L'habileté de ces grands oiseaux à découvrir, à tuer les serpents ou d'autres animaux nuisibles les rendait sacrés1.

Les grues sont les hôtes de l'hiver ; les cigognes sont les hôtes de l'été2. Chaque année les cigognes retournent au même nidet lorsque les vieux parents sont devenus incapables de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins, ce sont les jeunes, pleins de piété filiale, qui les nourrissent à leur tour3 :

Ciconia enim grata, peregrina, hospita, Pietaticultrix, gracilipes, crotalistria, Avis, exsul hiemis, titulus tepidi temporis, Nequitia1 nidum in cacabo fecit meo4.

Nous trouvons dans les quatre tableaux de nos vases (n. 13 et 14) la confirmation des qualités spéciales que les auteurs anciens reconnaissent à ces oiseaux '. L'antiquité nous a laissé peu de compositions aussi gracieuses et aussi poétiques ; elles sont tout à fait ravissantes ; elles se distinguent par un caractère de fraîcheur infinie. Ce sont les illustrations d'un conte ou d'une idylle, qui nous initient à la vie la plus intime des cigognes. Arrêtés devant le nid, nous voyons tout ce qui s'y passe, nous saisissons sur le vif les moindres incidents du petit drame de famille dont j'ai développé plus haut le scénario. Le décor,, conçu avec une vérité qui lui donne un grand charme, ne change pas; on le retrouve semblable dans les quatre tableaux.

Le nid, point central de l'action, est construit sur des branches sèches et noueuses : les petits y sont réunis. Chassés d'abord par un crabe aux pinces duquel ils échappent, ils y reviennent bientôt sous l'aile de leurs parents et tendent le bec avec avidité vers le butin que le

1. Plutarque, De Iside et Osiride, LNXIV; Quaest. convie., VIII,", 3 ; Pline, H. N. X, 31.

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