Voir plus haut, p. 58 à 68 ; pl. VII et VIII ; fig
6. Voir G. Treu, De ossium humanorum larvarumque apud antiquos imaginibus, Berlin, 1874; .1. A. Hild, \° larvœ, dans le Dictionn. des antiquités gr. et rom. de Saglio.
la représentation, caricaturale et peu décente, d'une danse des morts1. Il existe une série nombreuse de ces monuments sur lesquels apparaissent des squelettes ou des crânes : sarcophages et bas-reliefs funéraires2, mosaïques3, intailles', lampes en terre cuite'; on trouve aussi dans les collections des petites figures, en ronde bosse, de bronze, d'argent ou d'ivoire, représentant des squelettes quelquefois articulés 6. Les lampes sont particulièrement intéressantes cà rapprocher de nos gobelets parce que, dans les scènes qui les décorent, les squelettes sont ordinairement groupés et en rapport entre eux. J'ai eu l'occasion d'en examiner quelques-unes : la plupart du temps ces lampes à squelettes portent sous le fond une légende explicative en grec, tracée très légèrement à la pointe. D'après leur ornementation uniforme elles
1 . Andréa de Jorio, Scheletri cumani dilucidati, Napoli, 1810, avec 5 pl.; F. G. L. • Sickler, De monument is aliquot grsecis e sepulcro Cumseo, récente/' effosso, erutis, Wi maria.',
1812, avec 3 pi.. Von Olfers, Ûber ein merkw&rdiges Grab bei Kumse, dans Abhandl. d. Berl. Akad., ph. hist. ci., 1830.
2. Je dois à Paul Perdrizet la photographie d'un grand sarcophage conservé à Candie sur le parvis d'une église, photographie exécutée par MM. Karo et Wollgraff. Il porte l'inscription nOATBOS; il a la forme d'un lit funèbre couvert d'une draperie; une table colossale chargée de fruits est posée en avant avec une corbeille entourée d'une ténie ; à gauche de la table un squelette est debout, de face; un personnage drapé, tourné vers le squelette, semble l'interpeller; derrière le personnage drapé est placé un joueur de flûte nu; à droite de la table se trouve un autre homme nu. — Un squelette joueur de llûte se voit sur un fragment de relief publié par Le Blant, Mélanges de Rome, 1887, p. 252, pl. VIII. — Dans les caves du Tchinli-Kiosk, à Constantinople, P. Perdrizet a remarqué un crâne, de grandeur naturelle, en marbre blanc, qui lui a paru antique. — Je rappelle ici le fragment du Louvre (relief en marbre blanc) représentant une femme assise, tressant une guirlande de roses, devant un petit squelette debout auprès d'elle, Clarac, Musée de sculpture, pl. 180, n. 335; cf. Treu, op. cit.
3. Bull. arch. napoi, 1855, tav. IV, 2; Giornale degli scavi, III, p. 9; De Petra, Giornale degli scavi di Pompei, n. s. II, col. 181-182; III, col. 19, tav. 2; Niccolini, Descriz. gêner., tav. 43.
4. Le Blant. 750 inscriptions ou pierres gravées inédites ou peu connues, n. 290-291 ; E. Caëtani Lovatelli, Scritti vari, p. 23, fig, 12; Babelon, Collection Paiivert de la Chapelle, p. 57-58, n. 160, pl. IX.
5. Le Blant, De quelques oh je/s antiques représentant des squelettes, dans les Mélanges de Rome, 1887, p. 251 à 257, pl. VII-VIII.
0. E. Caëtani Lovatelli, Scritti vari, p. 10-11, fig. 1 à 3; Su.. Reinach, Répertoire de la statuaire, p. 091 ; voir en particulier, au Musée de Naples, le squelette articulé, en argent, trouvé le 28 avril 1873, L. Viola. Gli scav i di Pompei dal 187:] al 187 S. |». 72, n. :>,.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
paraissent sorties d'une fabrique spéciale qui avait son siège dans un pays de tangue grecque, selon toutes probabilités à Alexandrie.
Des vases à boire, ornés de squelettes, ont été également signalés, mais aucun de ceux connus jusqu'à ce jour ne présente un développement figuré aussi important que les deux gobelets de Boseoreale, aucun ne porte de légendes explicatives, aucun n'est en argent.
En 1866, le baron de Witte faisait connaître un gobelet de terre cuite, trouvé l'année précédente à Heudebouville (Eure) 1 et décoré de quatre squelettes en joyeuse posture : l'un d'eux porte une bourse et un vase à verser le vin ; des masques comiques sont suspendus au-dessus de ces figures; des attributs sont groupés sur un autel; une couronne de feuillage entoure le haut du vase 2. Quelques années plus tard, en 1883, on découvrait à Arezzo, près de l'église Santa Maria in Gradi une quantité considérable de fragments de vases, provenant des célèbres fabriques de cette ville \ (ïamurrini signala de suite, h l'Institut archéologique de Rome, l'intérêt de cette découverte en appelant surtout l'attention sur plusieurs de ces fragments qui représentaient des squelettes ; il insista en même temps sur cette idée que les poteries d'Arezzo, nous transmettaient certainement des reproductions de vases en argent, œuvres de l'art hellénique dans son expression la plus parfaite4. Le catalogue de ces curieux fragments fut publié l'année suivante : beaucoup sont ornés de scènes bachiques, de scènes de festin inspirées évidemment par une interprétation plus ou moins juste des doctrines épicuriennes. C'est dans cette catégorie que prennent place les morceaux sur lesquels on remarque des squelettes 6. Les compositions y