MONUMENTS ET MÉMOIRES
tient à celte catégorie. A l'extrémité trilobée du manche, sous le lobe central, apparaît une petite coquille encadrée par deux têtes de cygnes au col flexible ; des fleurettes et d'autres ornements végétaux couvrent la partie plate. Ces patères à la coquille ne se rencontrent pas seulement dans l'argenterie pompéienne conservée à Naples 1 ; FAntiquarium de Munich en possède aussi une paire de même provenance 2. Quelquefois la coquille est remplacée par un masque ' ou par une fleurette sortant d'une feuille4, mais toutes ces pièces ont un air de famille qui s'explique facilement par leur origine commune.
La seconde paire est différente d'aspect et d'un modèle plus élégant (n. 47-48) b. Au lieu d'être uni et tout à fait arrondi, le corps du récipient se développe suivant une courbe et une contre-courbe gracieusement combinées ; il est enveloppé d'un motif ornemental, fort simple mais d'un effet heureux, dont le relief, constamment égal, double l'épaisseur du vase et lui procure ainsi plus de solidité. Contrairement à la façon ordinaire, c'est la décoration de la panse qui offre la plus grande importance ; l'orfèvre s'est, pour le manche, contenté d'un sobre et vigoureux ornement qui n'a rien de commun avec les fleurettes un peu mièvres de la première paire : il l'a décoré d'un thyrse à double tète garnie d'une bandelette au milieu delà tige. On conserve, au Musée de Naples, deux patères assez semblables aux nôtres pour la décoration extérieure; elles sont un peu plus petites et les manches ont disparu; elles ressemblent ainsi à des tasses sans anses0. Ce fâcheux accident les dénature : il a égaré Quaranta qui les prenait
1. Inv. du Musée de Naples, n. 25351. Schreiber en mentionne plus de dix à Naples.
2. Schreiber, Alex. Tor., p. 326, fig. 65; il s'agit certainement de la paire découverte le 26 mai 1813, Glarac, Fouille faite à Pompéi, p. 56 et 58, n. 53, pl. XII ; cf. le moule du Musée de Turin, Alex. Tor., pl. I, A.
3. Inv. du Musée de Naples, n. 25340, 2534445. ï. Ibid., 111118-19.