‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 2 sur 149 · TOME Y · texte numérisé non relu

TOME Y

vers le nord-est, puis venait aboutir sur un des petits côtés de la villa à peu près au milieu. La villa était isolée.

Le plan d'ensemble ffig. 1, p. 13) en fait facilement comprendre la forme et les dispositions; il a été publié pour la première fois en 1890 par M. A. Mau1. Pour l'intelligence des explications qui suivent, nous l'avons fait reproduire, en y ajoutant quelques détails complémentaires empruntés au plan définitif qui accompagne le mémoire de M. A. Pasqui, inspecteur du gouverneur italien, chargé en cette qualité de la surveillance des fouilles2.

La villa forme deux parties bien distinctes : 1 " les bâtiments d'habitation qui s'étendent à gauche de l'entrée jusqu'à la strada Settetermini ; 2° les bâtiments d'exploitation qui comprennent toute la partie située à droite de l'entrée, avec un retour vers la maison d'habitation, dans le fond, sur la partie opposée à la façade principale. Conformément à cette division, les matériaux employés sont variés. Dans la partie réservée à l'habitation, les murs sont construits en lave appareillée, alternant avec des chaînes de briques ; dans le quartier de l'exploitation agricole, on a employé pour la bâtisse des galets, de la pierre spongieuse du Sarno et même d'anciens matériaux au milieu desquels se trouvent des débris de marbres travaillés. Extérieurement, devant l'entrée, le terrain a été nivelé et consolidé sur une largeur de 4 mètres afin d'assainir les fondations et d'en éloigner l'humidité. Des traces de roues très apparentes conduisent, ainsi qu'on a pu le constater, dans la direction d'un chemin public qui ne peut être que la route antique se dirigeant de Pompéi vers le Vésuve. A gauche de l'entrée se trouvait le potager.

Après avoir franchi l'entrée (A), on pénètre immédiatement dans

1. ANsr/rakit/îf/e/i von Boscoreale, dans Rom. Mittheil., XI, 1896, p. 131, taf. III. "2. La villa Pompeiana délia Pisanella presso Boscoreale, dans Monument/ antichi pubblicali per cura délia reale Accademia dei Lincei, vol. VII (1897), col. 398 à 554, avec une pl. I av. XIV i el Tli lig. — ■ Les ruines sont situées sur le bord du chemin moderne dit strada Settetermini qui passe sur un des angles de la construction antique.

le péristyle (B). C'est un assez vaste espace, rectangulaire, limité sur ses grands côtés par la maison d'habitation et par un cellier (N), sur ses petits côtés par le mur de façade dans lequel est percée la porte d'entrée, et vis-à-vis par le mur des pressoirs à vin (L). Sur trois côtés de ce péristyle on pouvait circuler à pied, à l'abri, sous un portique couvert, et pénétrer ainsi dans la maison ou dans les bâtiments agricoles. Seule la partie placée dans le prolongement de la porte d'entrée, le long du mur du cellier, restait à découvert. Ce passage était réservé aux charrettes et aux bêtes de somme qui apportaient à la villa les produits du sol ou qui venaient chercher ces produits transformés en vin ou en huile. A droite de la porte d'entrée, un chasseroue protégeait le mur contre les dégradations de ces charrettes qui pouvaient de là s'avancer, ainsi que les bêtes de somme, jusqu'à la cour intérieure des pressoirs située vis-à-vis l'entrée.

Il n'existait aucune source dans le voisinage de la villa; aucun aqueduc n'y amenait l'eau nécessaire aux besoins de la vie : aussi les constructeurs avaient-ils organisé un système spécial pour recueillir la plus grande quantité possible d'eau de pluie. Sur le côté le plus long du péristyle court un canal («), maçonné et cimenté, où étaient amenées à l'aide de conduits et de gouttières les eaux pluviales venant du toit ; ces eaux se déversaient par un tuyau de décharge dans une espèce de vasque (/>), en forme de quart de cercle, où arrivaient aussi d'autres eaux provenant des toits voisins. Toutes ces eaux, après s'être épurées, passaient de la vasque dans une citerne (n) couverte et assez profonde, à ouverture arrondie, placée de l'autre côté du portique en face la chambre G L. Deux conduits amenaient encore des eaux de pluie dans la citerne : Fun venait d'un petit réservoir (c) placé près du passage des charrettes, contre le mur du cellier, dans l'angle voisin des pressoirs; l'autre arrivait du fond de la cuisine et avait son origine en dehors de la villa. Près de l'orifice de la citerne, sont placés

t. Une seconde citerne, abandonnée et à moitié comblée, se trouve à peu près en face la cbainbre I).

VILLA DE BOSCOREALE

(légende du plan ci-contre)

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