‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 27 sur 149 · C6AT0N · texte numérisé non relu

C6AT0N

Scène IV : Zenon et Épicure. - - Deux personnages sont placés l'un en face de l'autre ; ce sont deux philosophes reconnaissables à la besace que chacun d'eux porte sur l'épaule et au bâton sur lequel ils s'appuient. Leurs noms,

ZHNWN Zénon l'athénien, eniKOYPOC Epicure F athénien,

AOHNAIOC A0HNAIOC

inscrits près de leur tète, ne laissent aucun doute sur leur identité, ni sur les intentions de l'artiste qui a voulu mettre en présence les fondateurs de deux doctrines philosophiques opposées. Zénon, le corps droit, la tète haute, désigne Épicure d'un mouvement énergique, avec

1. Sur le second gobelet on retrouve un joueur de lyre, tout à fait semblable, placé près de Ménandre et portant le nom d'Archiloque.

2. Pour CEAYTON. Cette forme esl fréquente dans les inscriptions d'Athènes au premier siècle avant notre ère.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

un geste de mépris1. Épicure, sans se préoccuper de l'attitude de Zénon, se penche en avant et allonge tranquillement la main vers un énorme gâteau, posé sur une table ronde à trois pieds qui sépare les deux philosophes. Un petit cochon, placé dans les jambes d'Épicure, lève la patte et le nez vers le gâteau dont il est tout disposé à prendre sa part. Au-dessus du gâteau on lit :

T0T6A0C la jouissance est le bien suprême:

HAONH

Cette scène est certainement la plus frappante et la plus vivante de celles qui ornent le premier gobelet.

Diam. du gobelet à l'orifice, 0"',104; diam. du gobelet sous le fond, 0m,078. Haut,, (T,104.

Poids, 479 gr.

Inscr. — Sous le fond du gobelet (fig. 14) on lit le nom de femme Gavia1 tracé au pointillé. Il est suivi d'une notation pondérale également au pointillé.

Dans l'espace resté vide entre le nom propre et la notation pondérale on a intercalé postérieurement une autre indication tracée à la pointe, vas(a) H(?), afin de bien préciser sans doute que le poids inscrit est celui des deux gobelets (n. 7 et 8) qui forment paire.

Gaviae. P(ondo) II, uncias VIII, scripula II II.

1. Son bras est étendu; sa main est fermée : il désigne Epicure avec l'index de la main droite.

2. Ce nom est celui d'une famille importante de Pompéi, Corp. inscr. latin., X, p. 1064. Une maison de la ville porte le nom de domus M. Gavi Jiufi, G. Fiorelli, Descrizione di Pompei, p. 187. On a même trouvé à Pompéi plusieurs mentions d'une femme désignée, comme sur ce gobelet, par le seul nom de Gavia, G. de Petra, Giornale degliscavi di Pompei, n. s. II, col. 181-182; Ephem. epigr., T. p. 1 7 i - 1 7 .

[Ces gobelets appartiennent «] Gavia. [La paire] pèse 2 Unes, 8 onces, 4 scrupules (= 877gr ,760) l.

Actuellement les deux gobelets pèsent ensemble 889 grammes2.

Sur la même zone, au-dessous de la petite coquille, à la partie supérieure de la fîg. 14, un grafitto a probablement existé; on ne voit plus maintenant que des traces très fugitives en partie cachées par l'oxydation. Il est impossible de reconnaître un nom : vraisemblablement ce devait être celui de Maxima, s'il y en a eu un.

Uanse. Placée entre la seconde scène et la troisième, elle est formée par une petite baguette chargée de feuilles lancéolées, semblables à des feuilles de saule, dont l'une est fixée à la panse du vase par son extrémité, juste au-dessus de la tête du serviteur portant un masque devant Sophocle ; les deux autres sont fixées à droite et à gauche aux lèvres du gobelet. L'anneau, à l'intérieur duquel on remarque une encoche, est formé par le bout recourbé d'une feuille.

Le vase repose sur trois pieds, en forme de coquilles (fîg. 14).

Ce gobelet est très endommagé : deux fragments de l'enveloppe extérieure manquent auprès de l'anse, entre Sophocle et Moschion; plusieurs crânes sont défoncés ; les parties très en relief, comme les roses des guirlandes ou les crânes, ont souffert plus que les autres; la moitié du masque de femme, porté par Moschion, a disparu.

La décoration était rehaussée de dorures. On ne remarque aucune trace de ces dorures sur les squelettes, mais il y en a des restes visibles sur les accessoires, notamment sur la guirlande que tient le troisième squelette de la scène I et sur la lyre du musicien de la scène III.

Album Rothschild; Claudius Jacquet, p. .'56.'»; Béron de Villefossc A, pholoL. ; E, p. 461; G, lig. 4: Monceaux, fig. 6; Winter A, fig. 8; B, fig. •">; Wunderer, col. 5o9.

1. Dans la notation pondérale P||S£llll, la lettre S= s(emis), une 1/2 livre ou 6 onces; les deux petits C superposés = 2 onces; total 8 onces.

2. La difîérenee en [tins avec le poids antique s'explique, malgré la détérioration des gobelets, par la présence des croûtes d'oxyde attachées au métal el par La consolidation que les vases ont subie.

(ii

MONUMENTS ET MEMOIRES

Vase à boire (modiolus); forme de gobelet évasé, muni d'une anse : groupe de trois squelettes anonymes ; Ménandre et Archiloque ; Euripide ; Monimus et [Démétrius de Phalère]. Pendant du n. 7. Planche VII , n. / et 2.

Ce gobelet est orné, à la partie supérieure, comme le précédent : quatre scènes se déroulent également sur le pourtour ; il faut commencer la description au même endroit. Une croûte épaisse et dure couvre cette partie du vase; elle n'a pu être entièrement enlevée.

On y retrouve la base avec les deux crânes, la colonnette torse surmontée d'une figure drapée et tendant les bras en avant. Au-dessus du crâne de gauche est placé une bourse surmontée du mot

co4>ia sagesse.

Près du crâne de droite on aperçoit l'extrémité supérieure d'un objet allongé, accompagné du mot

AOZA opinion.

Sans doute une inscription désignait aussi la figure drapée, mais il n'est plus possible de la reconnaître.

Scène I : trois squelettes anonymes. — Cette scène correspond à la première du gobelet précédent ; elle en forme pour ainsi dire la suite. Le squelette principal, celui du milieu, ne se présente plus avec l'apparence de la vie et couronné de roses ; il est inerte, étendu à terre, privé de mouvement. C'est un mort que l'un des deux compagnons regarde tristement et sur lequel il verse le contenu d'un petit flacon en forme de lécythe. Tout en faisant cette libation de la main droite, il porte de la main gauche un plat chargé de gâteaux et deux couronnes de fleurs ornées de bandelettes, offrandes destinées au défunt.

Un petit squelette joue de la lyre à ses côtés. Au-dessus du mort, et devant le pieux camarade, sont écrits ces mots ironiques :

€YC€BOY honore pieusement les ordures.

CKYBAAA

L'autre compagnon, tourné comme le premier vers le défunt, serre une bourse bien garnie dans sa main droite rejetée en arrière. Audessus de la bourse on lit :

4>©ONoi envies.

De la main gauche il soulève un crâne qu'il étudie avec attention, en accompagnant son examen de cette réflexion philosophique,

toytantpoj c'est là V homme !

noc

Scène II : Ménandre et Archiloque. — Un squelette de petite taille, jouant de la double flûte, est tourné du côté de Ménandre; au-dessus de ce squelette est tracée l'inscription suivante :

€Y4>painoy sois gai tant que tu es en vie.

OZHCXPONON

Le poète le plus important de la nouvelle comédie,

M€N anapoc Ménandre t athénien,

A0HNAIOC

tenant de la main droite une torche allumée, désignée comme celle que porte Moschion sur le premier gobelet par le mot

zcoh vie,

est représenté debout, dans une pose élégante, contemplant un masque de jeune femme aux cheveux frisés, mais aux traits vulgaires, qu'il soulève de la main gauche. A ses pieds, sur un tabouret rectangulaire, est posé un masque de jeune Satyre, à la chevelure inculte, avec l'inscription,

catypoi drame satyrique.

TOUK V. !)

MONUMENTS ET MÉMOIRES

Le second acteur de cette scène, dans une posture un peu contournée et les yeux fixés sur Ménandre, joue de la lyre à sept cordes comme le musicien qui accompagne Moschion sur le premier gobelet. Tl n'est pas resté, comme lui, anonyme. C'est

a px i aoxoc Archiloque de Myrina.

MYPINAIOC

Scène TU : Euripide. - Comme Sophocle, Euripide est représenté seul, debout, appuyé sur un thyrse bachique en guise de sceptre, la jambe droite légèrement avancée, dans une noble et pompeuse attitude,

€ y p i n i a h c Eitripide l'athénien .

AOHN AIOC

Un serviteur lui présente un grand masque tragique vers lequel le poète lève la main, la paume tournée en dehors. Un petit musicien, placé vis-à-vis d'Euripide, et dont la tête dépasse à peine le genou du grand tragique, joue de la double flûte.

Scène IV : Monimus et \Démétrius de P /ta/ère]. — Comme dans la quatrième scène du premier gobelet, deux philosophes, reconnaissables à leur besace posée sur l'épaule et au bâton sur lequel ils s'appuient, sont en présence. Sans aucun doute, ils appartiennent à des sectes philosophiques opposées. Le premier,

mon i M oc Monimus l'athénien,

A0HNAIOC

debout, le bras tendu en avant, montre le second avec l'index, d'un geste analogue au geste de Zénon montrant Épicure. Son adversaire, également debout, porte dans la main droite abaissée un serpent qui dresse vers lui une tète menaçante et qui est désigné par le mot

A[«T]ni[:J' aspic.

Ce second philosophe doit être Démétrius de Phalère : il n'a pas été

1 . La première lettre est 1res visible; la seconde a été enlevée par un trou; la troisième et la quatrième sont assez confuses.

possible d'enlever la croûte épaisse qui surmonte son bâton et qui cache son nom. Entre les deux philosophes, deux chiens se croisent en sens contraire : celui qui s'élance vers Monimus parait disposé à caresser son maître et à lui témoigner son attachement; celui qui s'élance vers Démétrius semble plutôt agressif; la gueule entr'ouverte, il est prêt à aboyer ou à mordre. Peut-être obéit-il au geste de Monimus? Au-dessus des deux chiens, se trouve une inscription d'une dizaine de lettres qu'il est impossible de lire actuellement, l'enveloppe du gobelet étant endommagée en cet endroit; on constate des traces certaines de pointillé. Gomme l'indique la présence des chiens, Monimus est le philosophe cynique, disciple de Diogène et de Cratès1. Démétrius de Phalère est le péripatéticien, disciple de Théophraste, qui, retiré dans la haute Egypte, y mourut de la morsure qu'un aspic lui fit à la main pendant son sommeil 2.

Les dimensions sont les mêmes que celles du u. 7.

Poids, 410 gr.

Sous le fond du vase on ne remarque aucune trace d'inscription.

L'anse. Semblable à celle du n. 7, elle est exactement placée audessus de l'avant-bras du second philosophe.

Les trois pieds sont en forme de petites coquilles (fig. 14).

Ce gobelet est très endommagé : plusieurs fragments de l'enveloppe extérieure, près des guirlandes de roses, manquent; le crâne de Monimus est enlevé; plusieurs autres crânes sont défoncés.

On ne peut constater actuellement aucune trace de dorure, mais comme il est évident que ce second gobelet forme le pen-

1 . Cf. A. MiciiAELis, [i. 14. — Diogems Laertu De clarorum philosophorum vilis, éd. Didot, VI, 82-83.

2. Ibid. V, 78 : xaî itw; Oit/wttwv 6îï' à^jtiôo; ri,-/ yt7.?* or,/'):1.: tov fJCov •j.i-.iUr,y.t . M. Paul I ail-

nery, directeur de la manufacture des tabacs à Pantin, a eu l'obligeance de nie signaler ce texte qui me semble décisif. — Cf. V, 79 : 'AveTXev ïavXc, rôv soepôv Ay,;».y,tv.ov. Dans ces deux passages, aussi bien que sur notre gobelet, le petit serpent qui mordit Démétrius est désigné par le mot àc-l;.

68 MONUMENTS ET MÉMOIRES

dant da n. 7, son relief devait être également réchauffé par des parties dorées.

Album Rothschild; Claudius Jacquet, p. 365; Héron de Villefosse A, photot. ; Winter A, fig. 9; Wunderer, col. 560.

Vase à boire (cantharus) 1 ; forme ovoïde, avec deux anses et un pied tourné : rinceaux de feuillage peuplés d'animaux et d'oiseaux.

Planche IX2.

La décoration de ce vase et celle de son pendant sont assez difficiles à décrire. Cet ensemble élégant d'arabesques et de rinceaux, au milieu desquels des animaux se poursuivent, des oiseaux chantent ou voltigent, échappe à la précision. L'œil ébloui aperçoit comme une fusée dont les jets capricieux s'étendent à l'infini et forment des enroulements multiples, d'une délicatesse rare, d'une liberté pleine de grâce qui étonne autant qu'elle charme. C'est une floraison gigantesque qui, dans sa fécondité luxuriante, enveloppe le vase d'un .réseau sans fin. Une grande corolle à huit pétales, posée comme une collerette au-dessus du pied, donne naissance à deux tiges centrales qui paraissent sortir elles-mêmes des profondeurs du vase et dont les ramifications couvrent les deux côtés de la panse.

A. — La tige centrale d'où partent les rinceaux garnis de feuilles légères et de fleurs diverses , tantôt découpées , tantôt ondulées ou arrondies, tantôt en forme de cornets élégants, est caractérisée à sa base par un cercle de feuilles découpées. Au-dessus de ce cercle s'ouvrent deux pétales inclinés : entre les deux pétales s'élancent, à droite et à gauche, deux pistils dont le développement infini constitue les enroulements dont il sera question plus loin. Du milieu des deux

1 . Il a la forme ovoïde du canthare et les anses du scyphus. "1. Le côté A du vase est seul reproduit sur la planche IX.

pétales sort à son tour une fleur en forme de cornet, servant de support à un groupe d'animaux. Un cerf haletant, le cou tendu, les jambes fléchissantes, vient d'être forcé par les chiens; l'un d'eux, monté sur le dos de la bète aux abois, la mord avec rage à l'épaule, tandis qu'un autre lui enfonce ses crocs dans la cuisse ; le cerf, harassé de fatigue, est prêt à succomber; il va tomber à terre; les mouvements de ranimai à bout de forces et ceux des chiens vainqueurs sont rendus avec un véritable réalisme. Deux fleurs superposées, également en forme de cornets, mais de dimensions plus petites, s'élèvent au-dessus de ce premier groupe; elles sont surmontées d'un aigle aux ailes entr'ouvertes, portant un lièvre dans ses serres redoutables, groupe qui rappelle le type des monnaies d'Agrigente. Le lièvre est représenté le ventre en l'air; l'aigle le tient solidement par les cuisses, tandis que son bec crochu scrute la poitrine de cette proie qu'il s'apprête à déchiqueter. Ces deux groupes forment le centre de la composition.

Les enroulements signalés plus haut, et qui commencent dans la partie basse de la tige centrale, sont symétriques mais non semblables. De chaque côté, six fleurs différentes égayent les rinceaux aux feuilles minces et légères, au relief discret, et animent la décoration sans l'alourdir. La forme de ces fleurs est d'une variété étonnante. On y voit tous les genres et toutes les formes : les unes s'épanouissent comme des roses ou des fleurs de myrte, les autres sont terminées en épi ou bien ouvertes en cornet, comme la fleur du grenadier; toutes se présentent avec une grâce, une légèreté, un naturel qui dénotent l'habileté de main de l'orfèvre, son entente particulière du modelé et de la composition. L'air circule librement au milieu de ce dédale fleuri, où l'imagination de l'artiste a jeté çà et là des animaux en course, touchant à peine les tiges flexibles sur lesquelles ils posent leurs pieds. A droite, s'élance un bouquetin au galop, serré de près par un chien; à gauche, un sanglier également poursuivi par un chien. Un merle siffle dans le feuillage; une pie, penchée en avant, crie en apercevant le cerf aux abois; un héron se dispose à prendre son vol.

B. — Le côté opposé de la panse présente le même aspect, le même

MONUMENTS ET iM EMOI R ES.

arrangement, la même répartition symétrique ; mais les fleurs sont absolument différentes et les animaux s'y montrent, pour la plupart, dans une autre posture. Sur la tige centrale, le premier groupe d'animaux se compose d'un cerf terrassé par un ours : le cerf, la tète encore haute, essaye de reprendre pied sur ses jambes de devant tandis que l'ours, monté sur son dos, l'empêche de se relever et lui enfonce ses crocs au défaut de l'épaule. Au-dessus de ce premier groupe sort une fleur à double pétale dont le cœur donne naissance à une autre fleur en forme de cornet. On retrouve à cette place l'aigle de la face opposée. Ce n'est pas une reproduction absolument exacte du groupe déjà décrit; le corps de la victime est plus allongé1 et les ailes de l'aigle s'ouvrent avec plus d'ampleur et de majesté.

Dans les rinceaux, à droite, un bouquetin arrêté tourne la tète du côté du cerf et de l'ours, une jeune cigogne, au repos, ouvre le bec, un merle regarde et persifle un lézard qui circule entre les tiges. A gauche, on remarque un cerf lancé au galop et semblant fuir devant l'ours, un ibis tournant la tête, un pigeon accouvé sur une branche 2.

Diam. avec les anses, 0,u,232; diam. sans les anses, 0m,13o. Haut, totale, 0m,155; haut, du pied, 0m,035.

Poids, 824 gr.

Sous le fond du vase, il n'y a pas trace d'inscription.

Monceaux, fi g. 2.

1. 11 est difficile d'affirmer que c'est un lièvre. Le corps est plus long que celui du lièvre de la face précédente; les pieds de derrière ressemblent à ceux d'un chevreau; la tète de l'animal n'est pas distincte, le relief étant usé en cet endroit.

2. La date de la fabrication de ce vase et de son pendant peut être fixée approximativement. Le registre inférieur des sculptures qui ornaient le mur d'enceinte de Y Ara Pacis dont la dédicace eut lieu, sous Auguste, en l'an 9 avant l'ère chrétienne (Corp. inscr. latin., I, ed. ait., p. 320), offre le même genre de composition. On y retrouve ces rinceaux d'un beau style et ce détail si caractéristique des fleurs en forme de cornet servant de supports à des cygnes : F. von Dlhn, Annali delï Instituto, 1881, tav. d'agg. v et w; E. Petiïrsen, Ballet, dell' Istiluto germanico, IX, 1 894, p. 176, fig. 2; Mans Dragendoukf, Bonner Jahrbiieher, 18<J8, p. 93, fig. 1, cf. pl. V.

Vase à boire (cantharns) ; forme ovoïde : rinceaux de feuillages peuplés d'animaux et d'oiseaux. Pendant du n. 9. Planche X1.

La même enveloppe de rinceaux, la même disposition de tiges et d'enroulements, agrémentée de fleurs variées et d'animaux, se retrouve sur ce vase.

A. — Le premier groupe de la tige centrale offre le combat d'un lion et d'un jeune taureau. C'est le lion, naturellement, qui est vainqueur : à demi dressé sur ses pattes de derrière, il enfonce dans le dos du taureau l'une de ses griffes de devant, tandis qu'avec l'autre il lui maintient la tête, l'empêchant ainsi de jouer des cornes pour se défendre. Le second groupe représente une cigogne, battant des ailes, le bec ouvert, en face d'un serpent qu'elle se dispose à tuer. A droite, un merle perché sur une branche, regarde, avec une certaine ironie, le combat du lion et du taureau et semble siffler pour les exciter. Plus loin, un ours et un chien se rencontrent nez à nez : le chien est lancé au galop ; l'ours, accroupi sur son train de derrière, la tête tendue, le guette et l'attend avec une placidité calculée; il a conscience de sa force ; une colombe tourne la tête en arrière pour observer cette scène. A gauche, la rencontre d'un ours et d'un renard fait pendant à celle de l'ours et du chien, mais quelle différence d'attitudes! Les deux animaux sont aussi nez à nez : le renard, plein de défiance, se garde de courir ; s'avançant avec prudence, le museau en avant, il lève le pied lentement, prêt à fuir par un détour habile si le danger devient pressant; l'ours se balance sur ses pattes et l'examine en grognant.

B. — Le côté opposé est couvert en partie par un fragment de tissu à mailles serrées, attaché au métal et qui a fini par faire corps avec

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