TOME V
90 MONUMENTS ET MÉMOIRES
[nscr. — Au revers, c'est-à-dire du côté concave, dans l'angle de l'encadrement le plus voisin du manche, à droite, on lit entre deux arcs (fîg. 20) une signature gravée au pointillé :
Fie. 20.
M(àrcus) Domitius Polygnos* fece (pour fecit). M. Domitius Polygnos a fait (ce miroir).
Dans l'angle suivant est gravée, également au pointillé, une indication pondérale :
P(ondo) I, s(emissem).
(Ce miroir) pèse 1 livre 1/2 (= 491gp,183.)
Restes de dorure sur les feuilles de saule, du côté convexe.
Trois des petites boules de l'encadrement manquent.
Album Rothschild ; Héron de Villefosse B, p. 9; Winter A, lig. 2.
Miroir rond à main (spéculum), muni d'un manche. Au revers, Léda offrant à boire au cygne. Planche XX.
Côté convexe. Entièrement poli et luisant, le disque est simplement entouré d'un cercle en creux.
1. Ce mot est suivi d'un point de forme angulaire. Comme l'a fait remarquer A. Michaelis, p. 23, Polygnos est une forme abrégée de Polygnotos. On rencontre de même Arignos à côté de Arignotos, Aridakrys et Aridakrytos, etc. — On doit rapprocher cette signature des noms incomplets d'un témoin, relevés sur une tablette de cire de Pompéi... DOMITl 'POLV {Corp. inscr. latin., IV, tabulae ceratae, lxxxiv, 7).
Côté concave. Léda s'appuie de la main gauche sur un rocher qui lui sert de siège et, de la main droite, présente au cygne une patère ; elle jette en môme temps sur l'oiseau un regard plein d'intérêt. Elle est presque entièrement nue; sa draperie a glissé et ne couvre plus que le bas des jambes; ses cheveux relevés par devant sont à moitié dénoués par derrière et retombent en longues mèches sur le dos. Le cygne, debout devant elle, ouvre les ailes comme pour l'envelopper; la tète appuyée sur la patère, il contemple amoureusement la jeune fille. Déjà il vient de poser une patte sur ses genoux et se dispose à lui prouver sa flamme. Trois petites rosettes gravées sur le rocher constituent peut-être une marque de fabrique.
Cette scène est traitée avec beaucoup plus de réserve que n'en mettent d'ordinaire les artistes lorsqu'ils abordent le même sujet. Le relief n'est pas exagéré. Le cercle en relief qui encadre l'emblema imite une petite corde roulée. Un groupe de cercles concentriques en creux, disposés dans le champ du disque à 0m,01 de la moulure, donne l'illusion d'un second encadrement. Le disque est entouré d'une bordure d'oves légèrement saillante.
Le manche. Il est arrondi, en forme de balustre, et relié au disque par une sorte de chapiteau plat, au-dessus des volutes duquel s'avance de chaque côté une tète de cygne, dont le bec très exagéré épouse les contours du miroir. Du coté concave, les feuilles d'acanthe du chapiteau et les détails des tètes de cygnes sont indiqués par des traits gravés. Ce chapiteau n'est autre chose qu'un plateau d'anse de la forme décrite plus haut sous les n. 5 et (> (p. 56), avec deux bras en chénisques très allongés l. 11 est surmonté d'une feuille de saule en relief qui s'avance sur le disque. Du coté convexe, les feuilles d'acanthe sont remplacées par une pahnette retournée, également en creux, et, au-dessus du chapiteau, entre les deux chénisques, émerge un gros bouton-support qui correspond à In naissance de la feuille de saule du revers et qui est destiné à isoler le miroir quand il est posé à plat.