Voir p. 93, nota
Ces sept pièces, offertes au Musée du Louvre par M.-.E.-P. Warren, le comte Michel Tyszkiewicz, MM. Cesare et Ercole Cauessa, s'ajoutent de la manière la plus heureuse à la donation du baron Edmond de Rothschild. Cinq d'entre elles viennent compléter des pendants ou des ensembles : on peut constater ainsi que la plupart du temps les ustensiles, aussi bien que les vases à boire ornés de reliefs, étaient fabriqués en nombre pair1.
Aux descriptions qui précèdent sont jointes des planches en héliogravure, exécutées par M. Dujardin avec son habileté ordinaire. Elles rendent d'une manière excellente l'aspect et la décoration des pièces d'argenterie de Boscoreale; elles mettent en pleine lumière l'élégance des vases et des ustensiles, l'inépuisable richesse d'invention qui a présidé à leur ornementation. Mais une reproduction photographique, malgré son exactitude, ne peut triompher de tous les obstacles : la forme arrondie des récipients s'oppose parfois à la mise en valeur et même à l'intelligence de certains détails. C'est là un des motifs qui m'ont déterminé à décrire les reliefs avec la plus scrupuleuse minutie et la plus grande précision.
L'étude de ce trésor soulève des questions nombreuses et intéressantes. Désormais, pour les traiter utilement on a entre les mains des renseignements sûrs.
Quelques ustensiles, sans intérêt artistique, ont été seulement dessinés; ils sont figurés dans le texte à la dimension des originaux. Il en est de même des inscriptions gravées la plupart du temps audessous des pièces d'argenterie, tantôt au pointillé, tantôt au trait, quelquefois les unes par-dessus les autres. Elles ont été reproduites à leur place, en fac-similé avec la partie même du vase qui les a reçues, de façon à fixer exactement leur position. Plusieurs sont données dans le texte, simplement en caractères épigraphiques, parce qu'elles
1. Au sujet des paires de vases précieux, voir les textes réunis par Ericb Pernice, Hellenistiche Silbergefàsse im Antiquarium der kôniglichen Museen (58e programme pour la fête de Winckelmann, LS98), p. 20.
n'offrent aucune difficulté de lecture, ou parce qu'elles ne sont que la reproduction de grafitti déjà signalés.
Toutes ces inscriptions seront classées et étudiées plus loin avec détail. Il suffira pour le moment de faire observer que le nom de femme, Maxima, revient quarante-cinq fois sur ces pièces d'argenterie, quatre fois en toutes lettres (n. 2, 25, 26, 49) et quarante et une fois en abrégé. Si, d'autre part, on remarque que trois élégants miroirs d'argent (n. 21, 22, 98) sont compris dans notre inventaire et que les bijoux de femme en or ont été recueillis dans le réservoir à vin à côté de l'argenterie1, il paraîtra sans doute très vraisemblable d'admettre que la propriétaire de la villa rustique de Boscoreale, au moment de l'éruption du Vésuve de l'année 79, était une femme.
Cette femme, appelée habituellement Maxirna, mais dont le nom de famille n'est pas parvenu jusqu'à nous, est sans doute celle dont le cadavre, encore paré de boucles d'oreilles d'or garnies de topazes, a été retrouvé dans la cour intérieure des pressoirs à vin 2.
\ . Voir plus haut, p. 30.
2. Voir plus haut, p. 2i. — Le nom d'une KaotilCa Ma;îaa a été relevé sur le mur d'une maison de Pompéi, Corp. inscr. latin., IV, n. 1519. Celui d'une Vinullia Maxima apparaît dans un texte funéraire de la même localité, Ibid., X, n. 1951. Toutefois rien n'autorise à identifier l'une ou l'autre de ces femmes avec la dame de Boscoreale.
DESCRIPTION DES PIÈCES D'ARGENTERIE CONSERVÉES DANS LE CABINET DU RARON EDMOND DE ROTHSCHILD (n. 103 à 108). ■ — DEUX VASES HISTO- RIQUES, ORNÉS DE RELIEFS EN L'HONNEUR d'aUGUSTE ET DE TIRÈRE 1° AUGUSTE MAITRE ET PACIFICATEUR DE l'uNIVERS", AUGUSTE RECEVANT LA SOUMISSION DES RARBARES AMENÉS A SES PIEDS PAR DRUSUS ; 2° CORTÈGE CONSULAIRE DE TIRÈRE EN l'an 13 AV. J. C. ; SACRIFICE OFFERT AU CAPI- TOLE PAR TIRÈRE AVANT SON DÉPART POUR LA PANNONIE EN l'an 12 AV. J. C.
Le catalogue des pièces d'argenterie de Boscoreale conservées au Louvre était déjà publié, lorsque M. le baron Edmond de Rothschild voulut bien m'engager à compléter mon travail en faisant connaître au public les six pièces de même provenance qui font partie de son cabinet. Ce généreux désir méritait d'être réalisé. Je me suis empressé de me rendre à son invitation, bien certain de fournir ainsi aux hommes de goût et d'étude une occasion nouvelle de reconnaître la bonne grâce et la libéralité du noble amateur1.
Les six pièces, appartenant au cabinet de M. le baron Edmond de Rothschild, ont été recueillies en même temps et au même endroit 2 que celles qui sont conservées dans nos collections nationales; elles faisaient partie du même ensemble : je les désigne donc par des numéros à la suite. En comptant la tête de femme dont il a été question plus haut3, le Trésor d'argenterie découvert à Boscoreale se compose actuellement de 109 pièces connues, dont 102 appartiennent au Louvre, 6 à M. le baron Edmond de Rothschild, et 1 au Musée britannique.
1. La première partie de ce travail, comprenant les trois premiers chapitres, a paru en 1899; la seconde n'a été terminée qu'en 1901 .