‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 65 sur 149 · Voir plus haut, p. 39 ;i 43; pl. I; fig. G · texte numérisé non relu

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2. W. Helbig, Wandgemaldr, n. 1116, a donné le nom d'Alexandrie ;ï cette figure prise avant lui pour Dionysos.

3. Cohen, Monn. imp., 2° édit., Adrien, n. 149. Le Gabinel de France possède un exemplaire 1res bien conservé de cette monnaie d'or, d'après lequel a été exécuté le dessin que nous en donnons (fig-. 43).

MONUMENTS ET MÉMOIRES

reale, à la représentation de l'Afrique ne permettait pas de mettre le lion à ses pieds, comme on l'a fait sur les monuments où l'Afrique se montre sous l'apparence d'une femme debout ou à demi couchée. Mais on a eu soin de laisser l'animal à sa droite et dans une situation indiquant nettement qu'il ne peut en être séparé.

La dépouille d'éléphant est un des attributs les plus caractéristiques de l'Afrique1. On remarque, il est vrai, cette coiffure sur des monnaies d'Alexandrie, frappées immédiatement après la mort d'Alexandre, mais la tête juvénile que portent ces monnaies n'est probablement pas celle de la déesse tutélaire de la ville.

Sous le nom de Tyché, les cités grecques avaient des divinités protectrices dont l'apparition ne remonte pas plus ha ut que F époque d'Alexandre ; on en constate l'existence pendant la dernière période de l'indépendance grecque. Les attributs classiques des divinités qui présidaient aux destinées des villes, Tyché ou Fortuna, sont la couronne tourelée et la corne d'abondance, ensemble ou séparément 2. C'est dans le chef-d'œuvre du Sicyonien Eutychidès, la Tyché d'Antioche sur l'Oronte, qu'on trouve pour la première fois la traduction plastique de la personnification d'une cité3. Dans chaque ville importante s'élevait un temple consacré à cette divinité locale, et, pour Alexandrie, Libanius nous a laissé la description du Tychaion, c'est-à-dire de l'édifice où la déesse protectrice de la cité (Hait officiellement honorée. Il s'élevait au centre de la ville. La statue de la Tyché était placée au milieu du temple, entourée d'autres statues divines, de Victoires, d'images en bronze des Ptolémées; mais, dans le texte de Libanius, rien n'autorise à

1. V. Waille, Note sur l'éléphant, symbole de l'Afrique, à propos d'un bronze récemment découvert à Berrouaghia [Algérie), dans la Rev. archéol., 1891, 1, p. 380; Cavaceppi, Raceolta d'antiche statue, l, pl. 49; Ad. Michaelis, Ancient marbles in Great Britain, p. 222, n. 19; Ballet, arch. com., 1877, pl. XVIII; Corp. inscr. lat., VI, n. 29 809. Sur le sarcophage de la vigna Aquari, la femme coiffée d'une dépouille d'éléphant el tenant des épis de la main droite, est clairement désignée par le mot aFricA .

2. Percy Gardner, Coun/ries and cities in ancient art, dans Journal of hellenic shulies, XI, p. 73.

3. Cullignon, Hist. de la sculpture grecque, II, p. 486, fig. 253.

penser que la Tyché d'Alexandrie ait été représentée avec une dépouille d'éléphant pour coiffure1.

Les monnaies d'Hadrien nous montrent la ville d'Alexandrie tantôt debout, tantôt couchée, avec des épis et des raisins; sa coiffure est toujours la même, trois tresses de cheveux tombant sur le cou, comme dans les figures féminines archaïsantes 2. Deux monuments également romains, dont l'un est d'une époque assez basse, nous ont conservé une représentation absolument certaine de la même ville puisque sur l'un et sur l'autre le nom d'Alexandrie est inscrit à côté d'une figure féminine. Le premier est une mosaïque trouvée à Budrum : malheureusement le médaillon, intéressant pour la question, n'a pas été transporté au Musée britannique avec le médaillon d'Halicarnasse; il est fort à craindre qu'il ne soit détruit; mais, dans sa courte description, Newton a noté que la ville d'Alexandrie était vêtue d'une tunique et portait une couronne tourelée3. Cette constatation vient confirmer l'opinion émise par Percy Gardner au sujet de l'une des quatre statuettes de villes qui faisaient partie d'un trésor d'argenterie découvert à Rome, sur l'Esquilin, en 1793 '. Il reconnaît dans ces statuettes les quatre grandes villes du inonde romain : Rome, Constantinoplc, Antioche et Alexandrie5. Or cette dernière ville est coiffée d'une couronne de tours comme la tête de la mosaïque de Budrum. Le second monument offrant une image certaine de la ville d'Alexandrie se trouve dans le manuscrit du Ghronographe de l'an 354 ; sur une des miniatures, le peintre a figuré la mer avec deux navires; en avant, la ville d'Alexandrie est représentée debout, couronnée d'épis, tenant une branche d'olivier, un bouquet d'épis et des grenades11.

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