‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 64 sur 149 · Voir p. 42 à · texte numérisé non relu

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La première attire l'attention d'une façon particulière1. Elle sortait des mains de l'orfèvre lorsqu'elle a été déposée dans la cachette du réservoir à vin; elle était neuve. Le nom d'Alexandrie, que j'ai donné à la figure dont elle est ornée, ne lui convient pas. Il sera difficile de lui enlever ce nom sous lequel elle est aujourd'hui connue; je crois pourtant nécessaire d'indiquer les raisons qui me font renoncer à cette désignation.

En réalité, on s'est trompé en identifiant Alexandrie avec une figure analogue coiffée de la dépouille d'un éléphant et gardée par un lion assis à sa droite, figure qui avait été peinte sur les murs d'une maison de Pompéi2; elle représente certainement l'Afrique. Si on pouvait douter de cette erreur, il suffirait de jeter les yeux sur une belle monnaie d'or d'Hadrien (fig. 43) au revers de laquelle apparaît une femme à demi couchée, coiffée d'une trompe d'éléphant, la poitrine nue, la main droite posée sur la tête d'un lion, le bras gauche appuyé sur une corbeille de fruits, avec des épis derrière elle. Le mot africa inscrit en légende ne permet aucune hésitation3. C'est l'Afrique elle-même reconnaissable, comme sur la phiale, à la peau d'éléphant, au lion placé à sa droite, à la corbeille de fruits, aux épis de blé. Cette monnaie, rapprochée de la peinture, ne laisse aucun doute sur l'image que le peintre a voulu représenter; elle fournit en même temps l'explication naturelle du lion placé sur l'épaule droite de la figure de Boscoreale. Si l'artiste qui a inventé la décoration de la phiale a mis l'animal en relief et en évidence à cette place singulière, c'était afin de faire ressortir l'attribut particulier de la figure centrale, c'était pour donner à cet attribut plus d'importance qu'aux autres symboles disséminés autour du buste. La forme donnée, sur la phiale de Bosco-

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