Pekcy Gardner, op. cit.. p. 47-81, pl. V
(i. .1. Strzygowski, Der Calenderbilder des Chronographen von Jahre 354, p. 29, pl. Y.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
Il n'y a donc aucune raison pour penser que la Tyché d'Alexandrie ait été jamais représentée avec une dépouille d'éléphant pour coiffure et avec un lion à ses côtés; il y a, au contraire, de fortes présomptions pour croire qu'elle était ordinairement figurée portant sur la tête une couronne tourelée. Il faut en tirer cette conclusion que la phiale reproduite sur la planche 1 est ornée du buste de l'Afrique et non du buste de la ville d'Alexandrie d'Egypte.
Les nombreux symboles de divinités gréco -égyptiennes dont ce buste de l'Afrique est entouré, ramènent la pensée vers l'Egypte, vers la ville fameuse par ses temples, par ses richesses, par la protection qu'elle accordait aux artistes, aux philosophes, aux savants, en un mot vers la capitale industrielle, commerciale et intellectuelle du inonde au commencement de notre ère. Mais ces symboles divins paraissent n'avoir ici qu'un rôle secondaire ; ils sont d'ailleurs exprimés avec une discrétion remarquable qui laisse à la figure de l'Afrique toute son importance. Ils apportent toutefois une preuve nouvelle de la diffusion des idées de syncrétisme, venues précisément de l'Egypte et qui avaient envahi la pensée romaine. En Campanie notamment, et dans toute l'Italie méridionale, ces idées avaient pénétré partout. Cette région a fourni une série de monuments intéressants à rappeler ici. Ce sont des disques panthées en terre cuite, couverts d'attributs divers et dC apotropaia connus, qui selon la croyance des anciens garantissaient du mal la maison où ils étaient conservés1. Une lampe de l'ancienne collection Barone, trouvée dans la même contrée, est ornée d'une ligure divine entourée tic symboles offrant une telle affinité avec ceux de la phiale d'argent de Boscorealc qu'elle mérite assurément d'en être rapprochée (fig. 44).
On y voit une divinité assise, vêtue d'une longue tunique et coiffée d'un casque à panache ; elle est ailée et porte au bras gauche une corne d'abondance; de la main droite, elle présente une phiale à un serpent enroulé autour d'un autel. Les attributs divins réunis autour de cette
1. H. Heydema.nn, Remarques sur un moule en terre cuite, dans la Gazette archéologique, VIII, 1883, p. 7 à 10, pl. 3, n. 2; cf. p. (39, le moule trouvé à Métaponte, et VII, p. 95, le moule trouvé à Tarente et conservé au Louvre.