TOME V
MONUMENTS ET MÉMOIRES
Pojnpéi - ont fourni déjà des monuments analogues1. La phiale de l'Afrique était donc non seulement un objet d'art destiné à être vu et admiré, mais c'était aussi un talisman dont la présence devait détourner les esprits malfaisants et préserver de tout mal la villa et ses habitants. Ces sortes d'images avaient le pouvoir d'éloigner les maux et d'apporter en toute occasion à celui qui les possédait un secours efficace contre l'adversité. Il faut en rapprocher les statuettes panthées, les pierres gravées et les mains panthées sur lesquelles on. réunissait aussi les attributs de plusieurs divinités de façon à concentrer en un seul point les forces salutaires et curatives de plusieurs dieux 2. On s'explique ainsi pourquoi cette phiale est unique en son genre et pourquoi, dans l'ensemble de cette argenterie, elle se présente sans pendant.
La seconde phiale, ornée d'un buste d'homme avec une physionomie si personnelle (n. 2), présente l'image d'un Romain déjà âgé \ Elle avait un pendant de même forme et de mêmes dimensions, orné d'un buste de femme ; ce buste, comme il a été dit plus haut , fut trouvé , détaché de son support , dans une armoire
mais on les emportait en voyage. Au ive siècle, le philosophe Aselepiades avait l'habitude de porter sur lui, comme talisman, une image en argent de la déesse Céleste, Ammien Marcelle, XXII, xin, 3.
1. Notamment trois feuilles d'argent semblables représentant une femme avec les attributs de la Fortune (gouvernail, corne d'abondance, croissant, étoile et modius), trouvées à Pompéi le 30 août 1760, Fiorelli, Pomp. antiq. historia, I, p. 116; Bronzi <ï Ercolano, I, p. 263.
2. Voir la bibliographie des mains panthées donnée par A. dk Longpérier, Notice des bronzes antiques du Louvre, n. 303, et par Babelon et Blanchei, Catalogue des bronzes antiques de la Bibliothèque nationale, n. 1064. Cf. Otto Jahn, Ueber den Aberglauben des bôsen Biicks bei den Alten, dans Berichte der kônigl. sàchs. Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig ; philol. hist. classe, VII, 1835, p. 28 à 110, pl. III à V; Bonstetten, Indicateur d'antiquités suisses, pl. XX; Chaboltllet, Catal. général des camées et pierres gravées delà Bibliothèque nationale, n. 1720; Babelon et Blanchet, op. cit.,n. 642-643; comtesse E. Caetani Lovatelli, Di una mano votiva in bronzo dans Monumenli antichi délia realc Accad. dei Lincei, I, 1890, reproduit dans Miscellanea archeologica, p. 135 à 168; Vittorio Poggi, La strenna Savonese per fanno 1894, p. 105 et suiv. ; Corp. inscr. latin, VI, 100, « signum aureum pantheum » etc.