‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 80 sur 149 · Voir plus haut, p. 90 à 92; pl. XX · texte numérisé non relu

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favoris de l'époque impériale; l'épisode de Léda, en particulier, était fort en vogue. Les peintres qui décoraient les maisons de Pompéi l'ont reproduit à satiété sur les murs1. Le choix de cet épisode est un hommage à la beauté féminine ; le sujet convenait à un miroir; il appartient en propre au cercle des scènes amoureuses qu'on s'attend à rencontrer sur ces objets.

On peut en dire autant de la tète d'Ariane. Avec Léda, Ariane était considérée comme le type le plus accompli de la beauté 2. Le miroir d'Ariane (n. 21) 3 est incontestablement le plus intéressant des deux. Son ornementation conduite avec autant de précision que de goût, la conception originale du manche, le relief dont il est décoré, la signature du ciseleur lui donnent une valeur singulière. On doit le placer sans conteste en tète de la série des miroirs romains d'argent connus jusqu'à ce jour.

L'origine des découpures en forme de petits croissants bouletés paraît remonter à l'époque hellénistique. Sur les vases peints de l'Italie méridionale, dans presque toutes les scènes d'amour ou de toilette, on voit dés miroirs ornés sur les bords de plusieurs petites boules brillantes, symétriquement disposées4. Probablement on eut l'idée de multiplier ces saillies et de les séparer par une courbe afin d'en alléger l'aspect. De là est né cet encadrement particulier qui devint tout à fait courant, car il entoure aussi des miroirs de bronze, contemporains, recueillis à Pompéi0. Deux autres miroirs d'argent, celui du

1. Helbig, Wandgemàlde, n. 110 et suiv. On le retrouve aussi très fréquemment sur les mosaïques dans toutes les provinces de l'empire.

2. Pétrone, Satijriton, CXXXVIII : « Quid huic forma' aut Ariadnc habuit, aut Leda, similc ? »

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