‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 81 sur 149 · Voir plus haut, p. 88 à 90; pl. XIX; fig · texte numérisé non relu

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i. Lenokmant et de Witte, Élite des monum. céram., IV, pl. 'i, li, 20, 42, 00, lit). Reinach-Millln, Peintures de vases antiques, I, lii, 66; II, 38, S4 ; Richabd Fôrster, Archaeol. Zeitung, 1871, taf. 55, 2.

5. Avellino, Mus. borb., IX, tav. 14, 3, miroir encadré par seize découpures en forme d'arc. Il porte au musée de Naplcs le n. 7i922 (vitrine LVI) ; des petits trous, pour placer des épingles en os, sonl disposés circulairement autour du disque; Niccolini, Le-case ed i monumenti di Pompei disegnati e descritti, II, descriz . gêner., pl. LXII. Ces miroirs en bronze sont étamés et généralement plus petits que ceux d'argent.

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Musée de Naples, reproduit plus haut (%. 46) et celui du Musée d'Athènes l, sont encadrés de la même façon. Dans les peintures de Pompéi on remarque aussi des miroirs avec cette ornementation extérieure ~. Sur le miroir du Louvre, les découpures suivent une bordure légèrement saillante, constituée par des épines de rosier piquées l'une dans l'autre et semblable aux couronnes que font pour s'amuser les enfants de tous les pays. Ce cercle en petites épines se retrouve employé comme bordure sur deux vases du trésor de Hildesheim, récemment mis en lumière 3.

Le manche, formé de deux baguettes flexibles et entrelacées, sort de la banalité ordinaire (fig. 47). Il y a là une idée originale, empruntée à la nature elle-même. Les baguettes de saule sont frêles, mais l'entrelacement et la torsion du bois leur procurent de la résistance et de la force. En même temps la disposition ajourée donne à cette combinaison un caractère d'élégance très marqué. A mesure que le bois s'amincit, les entrelacements deviennent plus étroits; les parties supérieures des baguettes expirent le long des arcs qui entourent le disque et, en s'éloignànt l'une de l'autre, fournissent au disque un plus solide appui. C'est dans ce détail nouveau que réside la véritable invention de Polygnos : cette inspiration heureuse et simple fait oublier sans peine l'éternel manche en forme de balustre ou même la petite massue des miroirs de Pompéi. Les feuilles en montant le long du bois rompent la monotonie des courbes, habillent les vides et donnent un aspect vivant et frais aux deux baguettes qui, sans feuillage, auraient eu l'apparence du bois mort. L'écorce est rendue par un travail de martelage très soigné 1 .

1. Le bord porte des petites boules réunies pur des lignes un peu concaves, mais la forme en croissant est inoins prononcée que dans le miroir de Boscorcalc. Ce renseignement m'est fourni par Etienne Michon, mon collègue au Musée du Louvre, qui a bien voulu examiner à Athènes, à mon intention, ce miroir d'argent

2. Helbic;, Wandgemàlde, n. 7U et 967u; atlas, taf. IIIb et XL

3. Wlnteu, Uild. Silb.,]}. J18, lig. 2. Le même motif est souvent employé par les mosaïstes romains.

4. La fig . 47 donne le dessin du manche du côté de la face convexe, c'est-à-dire du enté où la femme se regardait dans le miroir; pour le côté de la face concave, voir la pl. XIX.

Le buste d'Ariane convenait à merveille à cet élégant instrument de toilette féminine. La jeune femme, dont la tête est tournée et légèrement inclinée vers la gauche, laisse à découvert du même côté une

Fig. il.

partie de sa poitrine. Le buste semble sortir du miroir : on dirait que la charmante image à traversé la surface polie pour apparaître au revers de l'objet. C'est, en effet, du côté convexe que le miroir était interrogé. Eu réalité, la position d'Ariane est celle d'une femme consultant son miroir. Ce gracieux motif ne parait pas être une invention originale de Polygnos, mais plutôt la copie d'un type déjà en vogue

m MONUMENTS ET MÉMOIRES.

à la basse époque grecque. Au fond d'une coupe d'Olbia1 et au centre d'un grand plat noir campanien delà collection du Louvre2, on le retrouve exactement reproduit en terre cuite. Inventé à l'origine pour une œuvre d'orfèvrerie, il avait été imité en argile certainement avant l'Empire.

L'inscription, d'après L. Havet3, permettrait de faire remonter le miroir au temps d'Auguste ou de Tibère. Elle renferme deux indications précieuses : le nom de l'artiste, M. Domitius Polygnos, et le poids exact qu'avait la pièce au sortir de ses mains. Sur la signature, accompagnée du verbe fece et démontrant ainsi avec évidence que le nom inscrit est bien celui du ciseleur, il ne peut y avoir aucun doute; elle donnait à la pièce d'orfèvrerie sa véritable valeur. La rareté de ces signatures sur les œuvres en métal parvenues jusqu'à nous rend ce miroir particulièrement précieux. L'écart de trente grammes entre le poids de la pièce dans son état actuel et le poids de la pièce immédiatement après son exécution s'explique par l'usage, notamment par la perte de trois boules de l'encadrement.

La découverte de ces trois miroirs, celle des bijoux d'or qui seront décrits plus loin, ne laissent aucun doute sur la présence d'une femme dans la villa de Boscoreale. Le nom Maxima, qui revient au moins quarante-sept fois sur les pièces d'argenterie précédemment décrites, fortifie cette conviction. On a donc d'excellentes raisons pour croire que Maxima était réellement la propriétaire de la maison.

\. Hans Dragendorff, Terra su/Mata, p. 26, fig. 1.

2. Calaloghi de l muse o Campana, sala I, n. 299 ; exposé au Louvre, dans la section de céramique, salie H, vitrine B.

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