H. N. XXXV
également célèbre et que Pline appelle Amulius1 (plus vraisemblablement Famulus) parait avoir vécu sous Néron. Le travail très poussé et tout à fait soigné des reliefs de nos écuelles prouve que les ciseleurs déployaient dans ce genre autant de talent que les peintres.
L'auteur a d'ailleurs eu soin de signer son œuvre; son nom est gravé sur chaque vase. On a exprimé des doutes sur la personnalité de Sabeinos. Ce nom est-il celui du possesseur des vases ou celui de l'artiste qui les a exécutés -? Malgré l'absence du verbe, la réponse à cette question ne me semble pas douteuse. Je n'hésite pas à croire que Sabeinos est bien le nom de l'artiste, comme Polygnos. Celui du possesseur aurait été mis au génitif et gravé légèrement au trait ou au pointillé sous le pied de l'écuelle, selon l'usage ordinaire, ainsi d'ailleurs que l'établit d'une manière formelle l'exemple fourni par la fig. 16 3 où il ne peut être question que des possesseurs successifs du même vase. Je crois donc que sur les deux écuelles, le ciseleur a gravé son nom lui-même, extérieurement, en belle place, au milieu des reliefs; il l'a gravé même assez profondément. C'est bien la façon de faire d'un artiste. Sur le vase en marbre du Louvre, le sculpteur Sosibios a choisi aussi la base plate d'un petit autel pour y appliquer sa signature '. Parmi tous les objets réunis autour du vase, le ventre de la marmite présentait seul une surface lisse, sans aucun ornement (fig. 50). C'est d'ailleurs une idée drôle et originale de choisir une marmite pour y placer son nom; c'est une idée d'artiste; elle appartient au cercle d'idées dont son imagination pouvait être occupée. Le second vase est signé entre le lièvre et les grives, dans un espace resté disponible.
Sabeinos avait véritablement de l'esprit et une habileté de main peu commune. On en est frappé en voyant la façon dont il a su disposer