Partie vertirale de l'anse
MONUMENTS ET MÉMOIRES
nues deux à deux par un lien fort mince, semblent être supportées par les anneaux des anses; les feuilles, plaquées sur la panse, sont disposées avec symétrie et modelées avec une délicatesse si parfaite que les moindres détails des veines et des fibres paraissent rendus d'une façon tout à fait précise et naturelle. Cueillies pendant la montée de la sève, les branchettes portent à leurs extrémités des pousses encore très tendres : la séparation du tronc nourricier a tari en elles la source de la vie; à peine détachées de la grosse branche, elles perdent toute force et déjà se flétrissent. Le contraste est heureux avec les feuilles vigoureuses qui garnissent la partie plus forte du rameau.
La même disposition plaquée du feuillage, dont le genre seul varie, existe sur toute une série de vases d'argent, vases de Pompéi aux feuilles de vigne, aux feuilles de platane et aux feuilles de laurier1, vase de Hildesheim aux rameaux de laurier2, etc. Grâce aux canthares du Louvre, qui sont intacts, on peut maintenant reconnaître avec certitude la place des anses sur ceux de ces vases qui les ont perdues. Un vase d'argent provenant de Pompéi, conservé à l'Antiquarium de Munich, a le col entouré d'une guirlande de lierre, également plaquée3. De nombreux vases antiques en marbre sont aussi ornés de feuillages appliqués, notamment sur le col. Les végétaux flexibles, tels que le lierre et la vigne se prêtaient avec tant de bonne grâce à couvrir les contours arrondis, ils y formaient une enveloppe si naturelle, si fraîche, si légère que les orfèvres les ont mis à contribution très fréquemment, et toujours avec un plein succès. Les expressions filicatae lances ou paterae, disci corymbiati argentei, lances pampinatae , patenaè hederaciae , relevées dans les auteurs4, s'appliquent à des vases ornés de fougères, de pampres ou de feuilles de lierre et s'expliquent assez par la vue des canthares d'argent dont il vient d'être question sans qu'il soit besoin d'insister davantage. Au