XXII PRÉFACE
Aignan échappées miraculeusement à un formidable incendie.
Le fond de ce tabernacle est occupé par une Crucifixion qu'il est intéressant de comparer avec l'œuvre des verriers limousiAs de la même époque. Mgr Barbier de Montault, grâce à son article sur le vitrail de la Crucifixion de Poitiers^ dans le Bulletin monumental \ nous permet de juger du lien étroit qui unit les arts du feu à ce moment. Là aussi, nous avons de chaque côté de la croix le soleil et la lune portés par des anges; autour du Christ, la Sainte Vierge et saint Jean, accompagnés, comme dans la Crucifixion d'Angers, de l'Église et de la Synagogue, et sur les bas côtés, l'incrédulité de saint Thomas et le renoncement de saint Pierre; tandis que sur les volets extérieurs les deux mains de Dieu répandent en langues de feu, sur les douze apôtres, TEsprit-Saint qui doit leur permettre de convertir le monde.
Assurément nous trouvons là un des plus beaux morceaux de Témaillerie occidentale du treizième siècle, et nous n'avons pas cru qu'il fut superflu de le reproduire sous deux aspects différents.
Avec le quatorzième siècle nous allons marcher un peu plus sûrement. Ce ne sont plus de simples mentions faites dans un nécrologe, bien qu'au point de vue des donations ces dernières ne puissent être discutées; mais à partir de cette époque, le chapitre
* Bulletin monumental, février et avril i885.
constate la présence d'un trésor lui appartenant en propre; l'inventaire deRobertde Joigny '.évêquede Chartres, nous montrera dès i327 ia distinction bien
tranchée qui existe entre les biens et trésors de l'évêque et ceux du chapitre.
Aussi avons-nous soigneusement relevé dans les
' Inventaire des biens, reliques et chapelle d'un certain évesque de céans (Robert de Joigny) estant pour lors de son décès au Décembre 1317, {Carialaire de Notre-Dame, t. II, p. 263.)