XXVI PRÉFACE
Avant d'arriver à cette date^ puisque nos registres capituiaires commencent en 1298, nous aurions dû rencontrer la donation des armes de Philippe le Bel en i3o4. Nous nous trouvons malheureusement ici dans des conditions à peu près identiques avec celles qui se produisent au moment où, un siècle plus tard^ Jehan de Berry, vers 1404^ fera ses plus belles donations. Aujourd'hui^ le chapitre est en interdit^ et tout ce qui s'y fait a débet esse secretum » . Par exemple^ pour nous donner une date précise^ nous connaissons la fondation de la messe de la Victoire^ le 7 septembre 1 804 ' ; sans aucun doute^ le don des armes fut fait le même jour.
Le samedi avant la Sainte-Luce, i328^ le chapitre ordonne l'emploi des mille livres* que le roi de France a données pour le rachat de son cheval et de ses armes. Nous verrons dans notre inventaire l'erreur produite par la lecture de cet acte capituiaire. Sans réfléchir qu'en i328 il s'agissait de Philippe de Valois^ vainqueur à Mont-Cassel^ et.non de Philippe le Bel^ vainqueur en i3o4 à Mons en Puelle ^j bien des historiens les ont confondus; et dans les annales de Chartres, plusieurs se demandaient au siècle dernier comment, puisqu'elles avaient été rachetées, ces armures pouvaient se trouver pendues dans le chœur de la cathédrale.
* Arch. d'Eure-et-Loir, fonds du chapitre, caisse 74, G, n» 3, et Biblde la ville de Chartres, Ms. 1014, p. i83.
* Pièces justificatives, p. 102.
PREFACE. xxvii
Ils concluaient à une « représentation ». Mais en examinant la question de plus près, nous voyons que pas plus que Charles V, cinquante-six ans plus tard, ne rachètera les siennes, Philippe le Bel n'a eu la pensée de se dérober au vœu qu'il avait fait à la Vierge *.
Toute la première partie du quatorzième siècle est assez dépourvue d'intérêt artistique au point de vue de notre trésor : les débuts de la guerre de Cent ans ne doivent pas être étrangers au manque presque absolu de donations. En fait de marchés, nous n'avons à signaler que celui passé entre le chapitre et Jehan Duhan, orfèvre, pour l'exécution du chef de saint Matthieu; il nous apprend ce qui fut employé pour le mener à bien *. Nous remarquons dans ce qui lui fut fourni, un faucon d'argent, peut-être offert par un seigneur de Maintenon, qui, ayant droit d'assister à l'office avec un épervier sur le poing, le présentait ensuite à l'offrande*. Quant à la châsse de saint Piat, nous la retrouvons bien des fois, toujours inachevée, subissant les vicissitudes du temps : c'est en quelque sorte elle qui fournira la première l'argent qui fait défaut*. Depuis Ragembod qui fait couvrir d'or son fronton au onzième siècle, depuis Drogon qui la fait réparer au douzième siècle ^ en lui
> V. pi. XIV et XV.
* Pièces justificatives, p. 107.
' SoucHET, Histoire de la ville et du diocèse de Chartres, t. IV, p. m.
5 Gbit du V des kalendes d'août, 28 juillet. {Cartulaire de Notre-Dame, vol. III, p. 144.)