XXXVI PRÉFACE
élevées tout le long, qui en font l'assemblage dans les chapiteaux. » A ce moment le maître-autel avait pour surmonter la contre-table, la superbe Vierge de Pierre de Bordeaux; avec les anges d'Alexandre de Vannes, le grand crucifix ', l'ensemble devait être imposant.
Le trésor renfermait parfois aussi des pièces d'argenterie précieuses que les grands seigneurs confiaient à la garde du chapitre *. C'est ainsi que nous nous sommes trouvé amené à donner aux Pièces justificatives ' les deux tasses d'émail du comte de Dunois, réclamées à Regnault de Paris par Catherine d'Angenne.
Surviennent les guerres d'Italie. Charles VIII entraîne avec lui ses seigneurs, et les églises de France semblent avoir tort pendant quelques années. Aussi faut-il aller jusqu'en i5o5 pour voir entrer au trésor le chef de sainte ApoUonie, qui du reste ne fut enchâssé qu'en i536 *. C'est aussi au commencement du seizième siècle que la reine Anne de Bretagne vient en pèlerinage à Chartres* en i5io, et qu'elle offre la grosse cloche, qui porte son nom, en échange d'un petit enfant de chœur dont la voix l'avait charmée ® : l'obif de Jehan Fabri nous l'apprendra du reste. Probablement elle accroche ce
* Suivant M. Darcel,rargenterie tenait lieu de numéraire au moyen âge. 3 Pièces justificatives, p. 109.
^L'Entrée de la royne de France en la ville et cité de Chartres, i532. Bibl. nat., L6 \\ 2\
• MÉLY, Chemises de la Vierge, Chartres, Garnier, i885, in-4'», p. 12, et Cartulaire de Notre-Dame, t. III, p. 94.