‹ Le tresor de Chartres: 1310-1793Chapitre 4 sur 70 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

ment attachés à la sainte châsse qui la renfermait * .

Lorsque nous voyons les contributions de guerre que les rois pe cessent d'imposer aux chapitres et aux trésors des églises, nous ne pouvons nous empêcher de les considérer comme des ressources extraordinaires sur lesquelles vainqueurs et vaincus savaient toujours pouvoir compter. Dès que les jfînances de TÉtat ne permettent plus la lutte, un édit est rendu par le Roi en son conseil, qui réclame de la générosité des églises un subside fixé par avance *, auquel il leur est impossible de se soustraire. A leur suite viennent des inventaires détaillés; par eux nous pouvons reconstituer un passé que nous voulons étudier.

Grâce aux actes capitulaires dans lesquels les chanoines, soucieux à juste titre de conserver intact le trésor du chapitre, relevaient soigneusement à des époques fixes* les richesses qui le composaient; grâce à quelques testaments de chanoines *, grâce enfin au nécrologe, où les noms des donateurs étaient consignés avec les présents qu'ils avaient faits au chapitre, il nous est possible de suivre pas à pas, presque depuis son origine, la formation du trésor de la cathédrale. Nous arriverons ainsi jusqu'en 1682, au grand inventaire du chanoine

* Remontrances des habitants faites aux commissaires à propos de l'enlèvement de la sainte Châsse en i562. Ms. 1014, p. 642. Bibl. de Chartres.

' Arch. d'Eure-et-Loir, G 428, G 429.

* Pièces justificatives, Actes capitulaires, i365, p. 102. ^ Ibid., i3i7, i32o, i326, 1327, p. 100.

xii PRÉFACE.

Estienne, celui que nous publions ici; à ce moment, les plus grandes richesses sont accumulées, sous les dômes dus à la munificence de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche, les vides causés par les guerres de religion se sont comblés, le chapitre a pu racheter la plus grande partie des objets précieux qui lui avaient été enlevés ', les tristes campagnes de la fin du dix-septième siècle n'ont pas encore nécessité les édits de Louis XIV *, le trésor est dans tout son éclat : nous le suivrons jusque-là.

Au onzième siècle, en 1020, sous Fulbert, le feu du ciel réduit en cendres la cathédrale : rien ne fut sauvé, excepté toutefois la sainte châsse*. Les fidèles, sous la direction de leur évéque, se mettent coura-r geusement à l'œuvre pour la reconstruire; pendant de longues années tous les dons sont faits pour le relèvement de la basilique, il n'est pas question du trésor, et la première mention que nous en ayons se ' trouve dans les registres capitulaires de i3io^. Si nous voulons savoir ce que contenait au treizième siècle la chambre du chapitre, c'est à l'obituaire qu'il faut le demander; MM. Merlet et de Lespinois, dans l'introduction du Cartulaire de Notre- Dame de Chartres qu'ils ont publié, ont singulièrement simplifié notre tâche, en consacrant un chapitre

» V. le camée de Charles V, p. 36.

* Edits pour transporter à la Monnaye tous les objets d'argent, 1689, 1700, 1710.

3 SoucHET (J. B.), Histoire du diocèse et de la ville de Chartres. Chartres, Garnier, 1867-76. 4 vol. in-8», t. Il, p. 217.

* Pièces justificatives, p. 99.

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