SECONDE PARTIE
LE TRÉSOR DE SAINT-MARC
VANT de commencer la description sommaire on plutôt l’inventaire des obiets conservés dans le Trésor de Saint-Marc et reproduits dans les planches, il convient, ainsi que l’a fait Mg.r Pasini, de dire quelques mot de l’endroit oh il est conservé. L’entrée se trouve dans le bras méridional du transept de la basilique et sa construction donne en partie sur la Piazzetta et en partie sur le vestibule qui conduit de la Porta délia Carta à l’Escalier des Géants; sur le côté de cette construction est pratiqué un corridor donnant accès du palais Ducal dans l’église. Dans ce corridor se trouve un petit bas relief de marbre, œuvre italienne du XIIIe ou du XIVe siècle, sur lequel sont représentées assez grossièrement les principales reliques renfermées dans le Trésor: le reliquaire du Saint Sang, les croix des impératrices Irène et Marie, un morceau de la colonne à laquelle fut attaché le Christ, morceau placé dans une cassette, enfin un carquois, auquel il faut sans doute reconnaître un caractère votif. Je n’insisterai pas davantage sur ce bas relief qui est du reste reproduit cidessus.
Après avoir franchi une porte d’un aspect tout à fait oriental, on entre dans V Antitesoro, où est placé maintenant le siège de Saint Marc, la fameuse Cattedra Alesscindrina , puis dans le Sanctuaire obscur où sont conservées les reliques. Je passe sous silence les bas reliefs encastrés au dessus de l’autel !), ainsi qué la belle lampe de bronze provenant de la Cathédrale de Torcello * 2), suspendue à la voûte, pour arriver à la description du Trésor proprement dit, qu’il serait bien désirable de voir installer dans un endroit plus souvent visité par la lumière; car si la véritable salle du Trésor, qui s’ouvre en face du sanctuaire, n’est pas obscure comme ce dernier, elle n’en vaut guère mieux. Nul doute que ce fâcheux état de chose ne prenne d’ailleurs bientôt fin.
Le Trésor de Saint-Marc ne date à proprement parler que de 1204; détruit en partie par un incendie en 1231, en partie caché à une époque indéterminée, en partie volé et heureusement retrouvé en 1449, les plus anciens documents que l’on possède à son sujet sont les inventaires de 1283 et de 1325. En 1617, il s’augmenta de nombreuses reliques découvertes dans l’épaisseur du mur où elles étaient enfouies depuis de longues années; ce fut là la plus belle époque du Trésor; enrichi de dons continuels, il brilla d’un éclat incomparable jusqu’à l’année fatale qui vit la fin de la République de Venise. On a souvent accusé les Français d’avoir dilapidé le Trésor de Saint-Marc: nous avons enlevé les chevaux de bronze, c’est vrai, mais c’est là que se sont arrêtées nos déprédations. Mg.r Pasini, à l’aide de documents authentiques, a pu rétablir les faits et montrer que ce sont bien les Vénitiens eux-mêmes qui ont envoyé à la fonte la plupart des merveilles qui décoraient la basilique.
Ce qui s’ôtait fait sur les ordres du Comité révolutionnaire, se renouvella en 1817, en pleine domination Autrichienne: on vendit pour 109000 francs de perles et de saphirs, arrachés aux œuvres d’art du Trésor: cette vente, il est vrai, avait une excuse; on devait en employer le produit à des restaurations devenues urgentes dans les coupoles et les toitures de la Basilique. Ce ne fut qu’en 1832 que le Trésor fut définitivement remis en ordre.
‘) Tesoro, planche xcm, n.° 199.
2) Ibid., planche lv, n.° 129.
LE TRÉSOR DE S AJ NT MARC DE VENISE
Dans les descriptions suivantes je suis l’ordre adopté par Mg.r Pasini et je passe successivement en revue les reliquaires contenus dans le Tabernacle et les onze niches pratiquées dans le Sanctuaire. On aura ainsi une sorte de catalogue sommaire qui pourra rendre quelque service aux personnes désirant visiter le Trésor d’une façon un peu moins rapide que les étrangers ne le font d’ordinaire.
1) Porte du Trésor de S. Marc. (Planche I, n.° 1).
Celte porte s’ouvre â l’extrémité droite du transept de la Basilique. Elle est surmontée d’une arcade de style moitié gothique moitié oriental, dessinée suivant des courbes et des contre-courbes et décorée de feuillages entrelacés et d’animaux. Cette arcade est dorée. Au tympan deux anges debout, la lance en main, soutiennent une sorte de tableau, chargéd’une croix à triple traverse; en avant de cette mosaïque se dresse une statue du Christ de pitié, statue aujourd’hui mutilée. (Jette statue, moins ancienne que la porte, date du XIV 0 siècle.
2) Couverture d' Eoangéliaire ou tableau en or émaillé. (Planche II, n.° 2).
J’ai déjà parlé plus haut (voyez page 43) de ce monument, l’une des plus belles pièces d’orfèvrerie byzantines que l’on puisse voir. Je n’y reviendrai donc pas longuement. Je me bornerai seulement à insister sur les particularités techniques que présente ce monument: émail cloisonné pratiqué sur un bas-relief d’or (le corps de l’archange Michel), tête également émaillée sur relief et non fabriquée en agate comme ou l’a prétendu. Aucune description, comme aucune reproduction, il faut bien le dire, ne peut donner une idée de la finesse du dessin du fond sur lequel se détache la figure du Saint. On remarquera aussi que l’artiste a employé dans l’exécution de ses émaux les divers procédés en usage chez les byzantins, mais que l’on trouve rarement réunis sur la même pièce. — Xe siècle. — Hauteur 0,460, largeur 0,350.
3) Couverture d’Evangéliaire ou fragment de reliquaire. (Planche III, n.°3).
Que ce monument soit une reliure, un tableau de piété ou, comme l’a supposé Durand (n. 28), en se basant sur l’inscription qu’il porte, un fragment d’un reliquaire de la Vraie Croix, il mérite de fixer l’attention de tous ceux qui voudront se faire une idée exacte de i’émaillerie byzantine. La scène de la Crucifixion exprimée au moyen de personnages exécutés séparément, puis rapportés sur un fond d’or, constitue une véritable dérogation aux usages des orfèvres de Constantinople et peut servir à expliquer l’origine de monuments occidentaux similaires, fabriqués par des artistes qui avaient certainement sous les yeux des modèles de ce genre. Si les émaux sont de facture byzantine, je suis très disposé, comme M.s1' Pasini, à admettre que l’ensemble a subi à Venise des modifications très profondes et que la bordure d’argent doré recouverte de feuillages estampés, est de fabrication Vénitienne; l’influence étrangère s’y trahit toutefois clairement. Quant à l’inscription niellée à la partie supérieure de la plaque, elle fait assez visibilement allusion à une relique de la Vraie Croix, pour que l’on doive se rangera l’opinion de Durand. — Hauteur 0.450, largeur 0.300.
4) Image ou couverture de livre. (Planche IV, n.° 4).
De même que l’image précédente, celle-ci ne nous est pas parvenue intacte, du moins en ce qui concerne son encadrement. Quant à la figure centrale, celle de l’archange Michel, j’en ai déjà parlé plus
haut (voyez page 45) en décrivant les singuliers procédés techniques qu’elle nous révèle au point de vue de la monture des pierreries et de leur alliance avec l’émail et l’or repoussé. Le nimbe et l’encadrement de la figure du Saint nous montre un ornement échiqueté ou cruciforme, exécuté en émailcloisonné, que l’on retrouvera sur un calice du Trésor de Saint-Marc (voyez plus bas, page 46) et dont, d’ailleurs, nombre de monuments byzantins fournissent des exemples. 11 faut aussi signaler les filigranes d’une incomparable finesse dont le fond est comme brodé. Les vingt-deux médaillons qui accompagnent la figure principale ont été disposés sans ordre:
ils ne proviennent du reste pas tous du même monument, puisqu’on y rencontre encore une fois l’archange Michel. Quant aux plaques estampées qui alternent avec les médaillons émaillés, je n’oserais pas affirmer que le travail en soit byzantin. J’y retrouve une disposition, une façon de tourner les rinceaux, qui rapelle beaucoup les filigranes vénitiens. Le revers de ce tableau est recouvert d’argent en partie doré : on y voit des médaillons renfermant des bustes de Saints, rangés autour d’une croix et exécutés par le procédé de l’estampage. — Hauteur 0,480 ; largeur 0,360.
5) Evangëliaire de Saint Marc. (Planche V, n.° 5).
Pour n’être pas l’original de l’évangile écrit par Saint Marc, le fragment manuscrit conservé au trésor de Saint-Marc n’en est pas moins curieux. Il date du VP' siècle. Le manuscrit complet comprenant les quatre Evangiles, écrit sur vélin, se trouvait autrefois à Aquilée; en 1418 il fut transporté à Cividale; à ce moment il n’était déjà plus complet : en 1354 l’empereur Charles IV en avait retiré deux cahiers qui furent envoyés à Prague. En 1420 Cividale devenait partie intégrante du domaine de Venise et grâce aux démarches du doge Tornmaso Mocenigo, ce qui restait de l’ Evangile de Saint Marc était transporté à Venise pendant que les autres Evangiles restaient
à Cividale. Cette petite explication historique au sujet du manuscrit, donc du reste le Trésor de Saint-Marc ne possède plus que des débris informes, est nécessaire pour se rendre un compte exact de la reliure qui lui sert d’enveloppe et qui, à l’origine, était disposée pour contenir le manuscrit complet. Je regrette, à ce propos, de me voir contraint de m’éloigner complètement du sentiment de M.tn’ Pasini. Dans les deux plats de cette reliure, il distingue deux parties qu’ il attribue à des époques très différentes. Suivant lui les deux plaques centrales, d’argent repoussé, dateraient du VIIIe ou du IXe siècle, tandisque les bordures estampées, dateraient de l’époque du transport du manuscrit à Venise, c’est-à-dire du XVe siècle. Je considère au contraire l’œuvre comme bien homogène et du XIIIe siècle. Durand (n.° 22) pensait du reste que c’était un ouvrage latin du XIIe siècle. Voici l’indication des scènes représentées: Saint Pierre établissant Saint Marc évêque d’Alexandrie; La Crucifixion ; Saint Marc tenant en main un style et un grattoir et écrivant son Evangile; Saint Marc présentant à Saint Pierre Saint Hermagoras que le prince des apôtres établit sur le siège épiscopal d’Aquilée. Les éléments de dates ne manquent pas dans ces bas-reliefs : nous avons d’abord le style de la Crucifixion, le costume épiscopal et la forme de la crosse que tient Saint Pierre. Tous ces détails appartiennent précisément à l’art du XIIIe siècle. J’ajouterai que les armoiries qui se voient sur les encadrements sont celles de la ville d’Aquilée et de la familledes délia Torre : Or tous les patriarches d’Aquilée de 1272 à 1348 appartinrent à cette famille. S’il est vrai que la reliure telle qu’elle est aujourd’hui ne pourrait contenir le manuscrit complet tel qu’il existait antérieurement à 1354, je ne crois pas cependant que l’on puisse en faire un argument pour en conclure qu’au XVe siècle à Venise elle a subi un remaniement bien profond: on a supprimé le dos devenu trop large et voilà tout: il est du reste aussi impossible d’attribuer les bordures au XVe siècle, que de faire des bas-reliefs des mo-
numents de l’époque carlovingienne. Il ne faut pas s’étonner, en outre, de trouver, dans certain détails, des traces d’un art antérieur au XIIIe siècle, par exemple dans les arcatures du siège de Saint Pierre. Ne voyons-nous pas la même chose se produire dans des monuments du Midi de la France où le style gothique coudoie les traditions romanes. Il n’y a rien de surprenant à ce que nous retrouvions le même fait à Aquilée où l’art au XIIIe siècle était sensiblement arriéré. — Hauteur: 0,320; largeur: 270; Epaisseur:
6) Reliure en argent doré et émaillé et en verroterie cloisonnée. (Planche VI, n.° 6 et VII, n.° 8).
J’ai déjà parlé (page 46) de cette curieuse reliure byzantine qui nous montre l’alliance sur un même monument de l’émaillerie cloisonnée et de la verroterie. J’ai donné aussi la raison qui me faisait pencher à le considérer comme antérieur au XIIe siècle, âge qu’on lui assigne généralement; J’ai basé ce jugement sur le colobium dont le Christ est vêtu. Il convient également de remarquer les fils de perle, très caractéristiques de l’orfèvrerie byzantine, qui entourent les différentes parties de cette reliure. Quant à la bordure, elle se compose de tables de verre bleu lapis, vert foncé et pourpre, taillées eu forme de trapèze, de triangles et de disques, serties d’argent doré. — Hauteur 0,260, largeur 0,175 — Conservé dans la Bibliothèque de Saint- Marc.
7) Image ou couverture de livre. (Planche VII, n.° 7 et VIII, n.° 9).
La partie la plus remarquable et la seule byzantine de ce grand tableau est, outre les quelques médaillons émaillés fixés sur les bords, un grand disque de lapis qui en occupe le centre. Ce disque qui a quinze centimètres de diamètre, est décoré de trois figurines d’or accompagnées d’inscriptions et figurant la scène de la Crucifixion. J’ai déjà indiqué plus haut (page 46) un autre monument byzantin présentant le même procédé d’incrustation. Si le fil
de grosses perles qui entoure ce médaillon est dans les traditions byzantines, en revanche les compartiments de filigranes sont bien l’oeuvre d’artistes vénitiens du XIII.0 siècle. La bordure extérieure en argent estampé date de la Renaissance.
— Hauteur 0,420, largeur 0,310.
8) Reliure en argent doré et émaillé.
(Planche IX, n.° 10 et XI, n.° 12).
Cette reliure, qui contient un missel romain du XIV e siècle, est un travail byzantin que l’on peut rapporter approximativement au XIIe siècle. Chacun des plats est décoré de onze plaques émaillées séparées par des bandeaux gemmés, bordés de fils de perle. Le centre de chacun des plats est occupé par une figure du Christ debout et bénissant et une figure de la Vierge également debout, les mains ouvertes, dans l’attitude de crantes ; tout autoursontreprésentés des Saints, en buste, accompagnés de leurs noms. Lesquatre plaques garnissant les angles du plat inférieur et représentant les Evangélistes sont une restauration italienne du commencement du XV e siècle. — Hauteur 0,350; largeur 0,255 — Conservé dans la Bibliothèque de Saint-Marc.
9) Reliure en argent doré et émaillé.
(Planche X, n.° 11 et XI, n.° 13).
Cette reliure recouvre un Evangéliaire latin écrit au XIV e siècle. Chacun des plats est orné de treize plaques émaillées, une grande rectangulaire et douze circulaires rangées autour de la première. Les petites plaques renferment des bustes de saints ou de saintes, le deuxgrandes, les figure du Christ et de la Vierge. Des fils de perles les entourent et dessinent la bordure, sur laquelle sont rapportés des chatons sertissant des pierreries. Travail byzantin du Xe ou du XIe siècle. — Hauteur 0,300 ; largeur 0,215. — Conservé à la Bibliothèque de Saint-Marc.
10) Reliure en argent doré. (PI. XII,
Cette reliure recouvre un Evangéliaire grec écrit en 1439 à Ferrare par un copiste nommé Sophronius. Elle est entiè-
rement en argent repoussé, estampé et doré. Au centre de l’un des plats est figurée la Crucifixion, sur l’autre la Résurrection ou plutôt la descente du Christ aux limbes. Autour de ces deux grandes scènes sont disposés des médaillons rectangulaires, renfermant des bustes de saints, de prophètes ou d’anges, alternant avec des compartiments ornés d’arabesques de la plus grande finesse. Sur le dos de la reliure sont fixés quatorze rectangles d’argent, chargés de croix ou d’ornements, réunis par des frettes formant chaînettes. Travail byzantin du Xe ou du XIe siècle — Hauteur 0,330 largeur 0,255 — Conservé à la Bibliothèque de Saint-Marc.
11) Reliure en argent doré et émaillé.
(Planche XIII, n.° 15).
Cette reliure renferme un Evangéliaire grec du XI e siècle. Elle se compose de plaques d’argent repoussé et doré alternant avec des médaillons émaillés. Au centre des plats sont figurées la Crucifixion et la descente du Christ aux limbes ; dans dix plaques rectangulaires sont représentées, en bas-relief, l’Annonciation, la Nativité, le Baptême du Christ, la présentation au Temple, la Transfiguration, la résurrection de Lazare, l’entrée à Jérusalem, la déposition de la Croix, l’Ascension , la Pentecôte, la mort de la Vierge et l’entrée de la Vierge dans le Temple. Entre ces plaques, dans d’autres plaques rectangulaires, sont enchâssés douze médaillons circulaires émaillés dans l’un desquels est représentée Vétimasia. Travail byzantin du XIe siècle. — Hauteur 0,300 ; largeur 0,220. — Conservé à la Bibliothèque de Saint-Marc.
12) Couverture d' E van g éliaire. (Planche XIV, n.° IG).
De cette couverture, il ne subsiste que le plat supérieur, encore est-il très mutilé. Sur une âme de bois est rapportée au centre une image du Christ de Majesté, en argent repoussé et doré, d’une admirable exécution ; la tête est superbe et les draperies sont d’une grande simplicité ; aux angles étaient figurés de la même manière les symboles des quatre Evangélis-
tes: ceux de saint Marc et de Saint Luc subsistent seuls. La bordure se compose de plaques estampées, représentant des feuillages. Travail italien ou français du XIII e siècle. — Hauteur 0,435 ; largeur 0,310.
13) Reliure du Bréviaire Grimani. (Planche XIV, n.° 17).
Ce n’est pas ici le lieu de faire la description du magnifique manuscrit légué à Sant-Marc pas le Cardinal Domenico Grimani, patriarche d’Aquilée (-f- 1523); il est bon toutefois de mentionner parmi les oeuvres d’orfèvrerie la reliure qui recouvre ce volume. Exécutée sur le dessin d’Alessandro Vittoria, elle est en argent ciselé et doré et ses principaux motifs d’ ornementation se détachent sur un fond de velours rouge. Sur l’une des faces, un médaillon retrace les traits du Cardinal, sur l’autre, dans un second médaillon, on voit le portrait de son père, le doge Antonio Grimani. Bordure ornée de feuillages, interrompus par des médaillons renfermant des palmes et des oiseaux affrontés. Conservé depuis 1797 dans la Bibliothèque de Saint-Marc.
14) La Pala d'oro. (Planche XIV à XXI, nos 17 a à 25.
Au sujet de ce monument, l’un des plus célèbres morceaux d’ orfèvrerie que Ton connaisse et à coup sur le plus somptueux monument d’orfèvrerie byzantine qui existe, je n'ai rien à ajouter à l’excellente dissertation deM. Veludo je me bornerai donc à résumer ici cette dissertation, sans vouloir faire du monument une description complète que l’on trouvera et dans Labarte (Histoire des arts industriels) et dans Durand ( Trésor de Saint- Marc) et enfin dans le travail de M. Veludo, où tous les détails sont mentionnés, avec la plus grande précision. Je rappellerai toutefois que la Pala a suivi le sort de presque tous les monuments du même genre : primitivement destinée à servir de devant d’autel, elle a fini, grâce à de nombreux remaniements et à des restaurations opérées à diverses époques, par devenir un retable; la dernière restauration
LE TEÉSOE DE SAINT MAEC DE VENISE
date de 1847 et c’est à ce moment que la partie supérieure de la Palet, quise repliait sur la partie inférieure, fut définitivement fixée et employée comme couronnement du monument tout entier.
Ce fut le doge Pietro Orseolo (976-978) qui commanda à Constantinople la Pala primitive. Que subsiste-t-il aujourd’hui de ce monument? il est fort difficile de le dire ; en 1105, sous le doge Ordelaffo Falier, la Pcda fut amplifiée par des artistes grecs venus à Venise : elle fut restaurée et augmentée sous Pietro Ziani (1205-1229); enfin au XIVe siècle, sous Andrea Dandolo, un remaniement complet, P addition d’ une décoration architectonique de style gothique, lui donna l’aspect qu’elle a aujourd’hui. C’est aussi à cette époque certainement que les artistes Vénitiens gravèrent sur l’une des plaques qui accompagnent l’ image de la Vierge, au bas de la Pala , le nom d’Ordelaffo Falier, alors que l’émail qui accompagne cette inscription est en réalité le portrait de Jean Comnène (1118-1143) ; cette hypothèse est d’autant plus acceptable que la plaque qui fait pendant à cette dernière, représente la femme de Jean Comnène, l’impératrice Irène, fille de Ladislas I.er, roi de Hongrie.
Je crois utile de transcrire ici les deux inscriptions émaillées au bas de la Pala et qui constituent à coup sûr le document le plus certain que nous possédions, sur la série des travaux dont ce monument a été l’objet à travers les siècles; voici ces inscriptions, abstraction faite des abréviations qu’elles contiennent :
Anno milleno centeno jungito quinto Tune Ordelaphus Faledrus in urbe du cabat
ITaec nova facta fuit gémis ditissima pala
Quae renovatafuit tePetre ducante Ziani.
Et procurabat tune Angélus acta. Faledrus
Anno Milleno bis centenoque noveno.
Post quadrageno quinto post mille trecentos
Dandulus Andréas praeclarus honore ducabat
Nobilibusque viris tune procurantibus almam
Ecclesiam Marci venerandam jure beati De Lauredanis Marco Freseoque Quirino
Tune vêtus haec pala gémis preciosa nooatur.
Quant à la partie supérieure de la Pala, Durand avait déjà soupçonné qu’elle provenait d’un autre monument du même genre. Avec beaucoup de sagacité M.
Veludo a établi qu’elle a fait partie de la décoration de la paroi (templon), qui séparait le Sanctuaire de l’église du Tout- Puissant, à Constantinople. Le souvenir de cette table d’or enlevée par les Vénitiens en 1204 ne s’était pas perdu à Constantinople et lors d’une visite que fit en 1438 le patriarche grec à Saint-Marc, il reconnut parfaitement à certains signes la provenance d’un monument offert par Jean Comnène.
Sous Andrea Dandolo, en même temps que l’on restaurait la Pala, on la renferma sous un panneau peint par trois artistes: Paolo et ses fils Luca et Giovanni. Quant à l’artiste qui au XIVe siècle fut chargé de la restauration de la Pala, ce fut un orfèvre, qui m’a tout l’air d’un Siennois: Giovanni Boninsegna a pris soin de signer et de dater son oeuvre (1342) au revers de l’un des panneaux de bois qui soutiennent les plaques d’orfèvrerie.— Hauteur 1,400; longueur 3,48.
15) Image de la Madone de Saint Marc.
(Planches XXII et XXII a).
L’image de la Vierge désignée sous le nom de Madone de Saint-Marc fut, selon toute vraisemblance, apportéedeConstantinople à Venise dans les premières années du XIIIe siècle. M. Veludo, après un certain nombre d’auteurs qui s’étaient déjà occupés de la question avant lui, a eu à rechercher sous quel nom le tableau possédé par les Vénitiens était vénéré à Constantinople, dans quel sanctuaire de la capitale de l’Empire d’Orient il était conservé; était-ce la Vierge connue sous le nom d cNicopea ou celle que la piété des fidèles désignait sous le nom
d’odegetria ? Ce sont des questions assez compliquées auxquelle l’auteur me parait avoir très clairement répondu.
La Madone de Saint-Marc ne parait être ni l’une ni l’autre de ces deux images, mais très probablement une copie ancienne de Y odegetria qui avait été donnée par Eudoxie, veuve de Théodose le jeune à l’impératrice Pulchérie. Cette image existait encore à Constantinople, lors de la prise de la ville par les Turcs ; elle fut alors coupée en quatre morceaux qui furent tirés au sort. LaViergedeSaint- Marc ne peut donc être cet original, mais c’est peut-être une copie qui remonte au Xe ou au XIe siècle. M. Veludo a supposé que cet exemplaire, apporté à Venise entre les années 1204 et 1207, pouvait provenir de VApostoleon ; il s’appuie sur les noms des Saints représentés sur la bordure de l’image; je ne puisque m’associer à cette ingénieuse hypothèse.
Telle qu’elle est aujourd’hui la Madone de Saint-Marc consiste en un tableau peint sur panneau (Hauteur : 0,480, Largeur : 0,300) représentant la Vierge à micorps portant devant elle l’Enfant Jésus. Tout le fond du tableau est recouvert d’une plaque d’or et les nimbes sont décorés d’émaux cloisonnés ou de filigranes alternant avec des pierreries. Une partie de l’image est recouverte par des chaines, des colliers et des bijoux de tout genre qu’on y a suspendus en ex-votos.
La peinture, à n’en pas douter, a été plusieurs fois restaurée; d’abord au XIVe siècle quand on a modifié la position de la main bénissante de l’enfant Jésus, qui maintenant bénit à la latine. Au XVIe siècle les procurateurs de Saint-Marc firent refaire le cadre qui est d’or et décoré de seize plaques d’émaux cloisonnés représentant le Christ, la Vierge, Saint, Jean Baptiste, Saint Jean Evangéliste, Saint Oreste, Saint Mardarius, Saint Eugène, Saint Damien, Saint Auxentius, Saint Eustrasius, Saint Nicolas, Saint Paul, Saint Jean Chrysostôme, Saint Basile. Saint Pierre, et une seconde fois Saint Nicolas. Ces émaux datent du Xe ou du XIe siècle et décoraient sans doute le cadre primitif; quant au soubassement
orné de bas-reliefs et de feuillages, flanqué de deux figures d’anges de hautrelief, il est, ainsi que le couronnement, exécuté en argent; c’est un travail Vénitien du commencement du XVIIe siècle.
16) Reliquaire de la vraie Croix. (Planche XXIII, n.° 26).
Ce objet appartient encore à la classe des tableaux reliquaires si fréquent à Byzance. Bien que Selvatico et Lazzari aient pensé qu’il datait du IXe siècle, je crois que c’est une œuvre beaucoup plus récente et je serais disposé à l’attribuer au XIIe siècle seulement. D’argent doré, ce tableau présente sur la face postérieure une croix et une bordure de rinceaux exécutés par le procédé de l’estampage; la face supérieure, qui, glissant entre des rainures, forme couvercle et protège la relique, offre une représentation de la Crucifixion exécutée en émail cloisonné. Des médaillons offrant des bustes de Saints exécutés par le même procédé alternent sur la bordure avecdescabochons.
Ce reliquaire est décrit dans l’inventaire du Trésor de Saint-Marc de 1325, sous le n.°18. Hauteur: 0,270; Largeur: 0,225.
17) Reliquaire en forme d’église. (Planche XXIV, n.° 27).
Ce reliquaire sert d’enveloppe à un autre reliquaire celui du Saint Sang de Beyrouth, décrit sous le n.° 36. Cette église à coupole en argent ciselé, ornée de bas-reliefs représentant la Force, la Prudence, désignées par des inscriptions grecques, ou des animaux de style oriental, est de fabrication byzantine et date probablement du XIIe siècle. A Venise on en a fait un reliquaire, mais dans l’église grecque, ce genre d’édicule a une destination particulière: il sert à conserver la réserve eucharistique et porte le nom d’ccQvocpoQOV. On voit au trésor du dôme d’Aix-la-Chapelle une église du même genre dont on a fait également un reliquaire, nom que les savants qui ont étudié ce monument continuent du reste, à tort, à lui donner. Le monument d’Aixla-Chapelle qui contient le chef de Saint Anastase, porte du reste des inscriptions
grecques relatives à l’Eucharistie (Publié clans Bock, Karl’ s des Grossen Pfalzkapelle, page 93), j’ai moi-même publié un autre monument de ce genre, mais beaucoup plus moderne et provenant de Serbie dans les Chefs d’œuvre de V orfèvrerie hongroise à l’ Exposition de Budapest. — Largeur : 0,300.
18) Croix de V empereur Henri de Flandre. (Planche XXV, n.° 28).
Ce reliquaire de la Vraie Croix forme une sorte de tableau à jour, octogonal, serti et monté sur un pied en argent doré. Cette monture date du XVIIe siècle ou de la fin du XVIe. La relique consiste en une croix à double croisillon formée du bois de la Vraie Croix ; sur la croix est fixé un Christ d’or, maintenu par trois clous; il est accompagné des figures de la Vierge et de Saint Jean, également en or. Au revers de la croix se lit, une inscription latine consistant en quatre vers léonins qui nous donnent le nom de l’orfèvre, Gérard, sans doute un flamand, et le nom de l’empereur pour lequel le joyau a été fait: Henri de Flandre, empereur latin de Constantinople (1206-1216).
C’est là un intéressant spécimen de l’orfèvrerie exécutée en Orient par des artistes occidentaux. — Hauteur: 0,570.
19) Croix de l’impératrice Irène. (Planche XXV, n.° 29).
La relique de la V raie Croix, placée sous des plaques de cristal, forme une croix dont les extrémités sont coiffées de capsules d’argent doré portant une longue inscription grecque niellée, qui nous apprend que cette croix a appartenu à l’impératrice Irène Ducas (■£{+■ après 1118), femme d’Alexis Comnène, et fut montée après la mort de l’empereur. La monture extérieure en forme de croix et le pied d’argent doré sont l’œuvre d’un orfèvre vénitien du commencement du XVIe siècle. — Hauteur: 0,700.
20) Reliquaire de la pourpre du Christ.
(Planche XXV, n.° 30).
Ce reliquaire en forme de monstrance se compose d’un édicule surmonté d’une
croix et percé d’une arcade sous laquelle deux figures d’anges debout soutiennent la relique donnée en 14< 3 à la Confrérie de la Charité par le Cardinal Bessarion. Le pied du reliquaire se compose d'une base circulaire, d’une tige en balustre et d’une plate-forme ornée de feuillages ciselés. Argent doré. Travail vénitien, XVIe siècle. — Hauteur: 0,500.
21) Reliquaire du Saint Clou. ( Planche XXVI , n.° 31).
Le reliquaire consiste en un tableau d’argent doré au milieu duquel est enchâssée la relique; il est monté sur un pied et décoré de figures de chérubins et de bordures repoussées. Travail vénitien, XVIe siècle. Hauteur: 0,720.
22) Fragment de la colonne de la flagellation. (Planche XXVI, n.° 32).
Cette relique fut apportée de Constantinople en 1125 par le doge Domenico Michiel. Le reliquaire est formé d’un groupe de trois personnages: le Christ et deux bourreaux, de haut-relief, placés sur une terrasse de style gothique. Au dessus de la colonne à laquelle est attaché le Christ est fixée la relique que surmonte une croix. Une inscription gravée et réservée sur champ d’émail bleu, contourne l’abaque du chapiteau : elle nous apprend que cet important reliquaire fut exéculé en 1375 par les soins de Michel Morosini et de Pietro Corner, procurateurs de Saint-Marc. Argent doré. — Hauteur 0,760.
23) Reliquaire de l’impératrice Marie.
(Planche XXVI, n.° 33).
Ce reliquaire, en forme de tableau, renferme des reliques du Sang du Christ et du bois de la Vraie Croix. De chaque côté de la croix à double croisillon sont exécutées au repoussé les figures de l’Empereur Constantin et de Sainte Hélène, ainsi qu’on les trouve sur un grand nombre de tableaux du même genre.
L’impératrice Marie mentionnée dans l’inscription grecque serait, d’après Tiepolo, la femme de l’empereur Andronic Ier; d’après Montfaucon, la femme de
Nicéphore Botoniate. Ce reliquaire est monté sur un pied en argent doré qui date du XVIe siècle. — Hauteur: 0,720.
24) Reliquaire du précieux Sang du
Christ. (Planche XXVII).
La relique se compose de fils de coton imprégnés du sang et de l’eau qui s’échappèrent du flanc du Christ quand Longin le perça de sa lance; le reliquaire expédié en 1204 à Venise par Enrico Dandolo consiste en un petit vase cylindrique de cristal de roche fermé par un disque de jaspe oriental, serti d’or émaillé, orné d’une figure du Christ en croix, accompagné des représentations du Soleil et de la Lune et d’une inscription grecque indiquant la nature de la relique. Ce vase est lui même enfermé dans une petite boite circulaire en argent doré. Dépouillé de cette seconde enveloppe, le reliquaire est placé au centre d’un disque d’argent doré, sorte d’ostensoir entouré de figures d’anges de haut-relief, porté par une tige ornée de motifs d’architect ure et un pied à huit lobes. — XVe siècle. — Haut.: 0,415.
25) Reliquaire de la terre imprégnée du
sang du Christ. (Planche XXVIII,
En forme de monstrance, ce reliquaire est d’argent ciselé en partie doré. Le pied est ornédefeuillages, etd’autres feuillages découpés décorent les branches qui encadrent latéralement la monstrance. Sur la coupole qui surmonte le reliquaire est fixée une figurine du Christ de pitié. Bien que ce reliquaire n’ait été apporté de Candie qu’en 1669, il peut être considéré comme une œuvre vénitienne du XVIe siècle. — Hauteur: 0,300.
26) Reliquaire du Sang miraculeux du
Christ. (Planche XXVIII, n.° 36).
Ce reliquaire, qui contient du sang du Crucifix percé à coups de couteaux par les Juifs de Beyrouth en l’an 320, se compose de deux parties; la première, qui a été apportée de Constantinople, consiste en un vase cylindrique de verre, orné de rinceaux ; sur le col du vase on lit une inscription arabe en caractères coufi-
ques : Gloire à Dieu éternellement. La seconde, de fabrication vénitienne, date du XIIIe siècle: elle est en or et consiste en un pied polylobé, repercé à jour sur ses bords et muni d’un nœud sphérique.
De ce pied partent des frettes d’or qui maintiennent le reliquaire proprement dit. — Hauteur: 0,245.
27) Reliquaire du Sang miraculeux du Christ. (Planche XXVIII, n.° 37).
La relique fut donnée en 1630 par le
doge NiccolôContarini à l’église de Santa Maria Nuova, sa paroisse, lors d’une peste. Quant au reliquaire d’argent doré avec son pied en balustre et ses têtes de chérubins, il date bien du XVIIe siècle, mais on ne sait au juste si c’est celui qui fut donné par Contarini. - — Hauteur: 0,280.
28) Reliquaire du roseau de la Passion. (Planche XXIX, n.° 38).
Monstrance composée d’un cylindre
vertical et d’une coupole de cristal surmonteé d’une figure d’ange en argent doré, le tout étant porté sur un pied à six lobes et une tige interrompue par un nœud d’architecture gothique. La relique est un fragment du roseau dont on se servit pour présenter au Christ une éponge imbibée de vinaigre. Argent ciselé, gravé et doré. Travail vénitien, XVe siècle. — Hauteur: 0,420.
29) Croix reliquaire. (Planche XXIX, n.° 39).
Les bras de la croix sont évidés, garnis de plaques de cristal qui abritent la relique et terminés par des trèfles pommetés; des rinceaux entourant des figures d’anges flanquent la partie médiane de la croix placée sur un pied élevé dont la tige reproduit un édifice gothique à plusieurs étages. Travail vénitien de la fin du XVe siècle. Argent doré, orné de menues perles. — Hauteur: 0,345.
30) Croix reliquaire. (Planche XXIX, n.° 40).
Croix d’argent repoussé à double croisillon contenant des reliques de la Passion. XVIIe siècle.
31) Reliquaire de la Sainte Epine. (Planche XXIX, n.° 41).
Cette monstrance se compose d’un cylindre de cristal de roche placé verticalement et d’une coupole de même matière surmontée d’un petit crucifix; elle repose sur un pied à huit lobes repercé à jour et décoré de médaillons ciselés et une tige dont le nœud affecte la forme d’un édifice gothique. On sait que Saint Louis quand il racheta des Vénitiens la couronne d’épines mise en gage par Jean, roi de Jérusalem, fit présent de quelques fragments de la relique au doge de Venise. Travail vénitien du XVe siècle. Argent doré. — Hauteur: 0,365.
32) Reliquaire de Saint Jean Baptiste.
(Planche XXIX, n.° 42).
Ce reliquaire en argent repoussé et doré affecte la forme d’une petite boite barlongue. Sur le couvercle est représenté le Saint, debout, accompagné de son nom en grec; bien que le Saint bénisse à la grecque, il est cependant douteux que ce monument soit purement byzantin; il a pu être fait à Venise au XIIIe siècle par desouvriers grecs ou travaillant à la manière des Grecs. — Longueur:
0,140; Largeur: 0,045; Hauteur: 0,045.
33) Devant d’autel byzantin. ( Planche XXIX, n.° 423.
La broderie est exécutée sur un fond de soie violacée. Au centre sont figurés debout les archanges Gabriel et Michel, tenant en main un sceptre ou férule. Au dessous est brodée une inscription en six lignes qui nous apprend que ce devant d’autel fut donné par Constantin Comnène, cousin de l’empereur Manuel Comnène (XII e siècle). — Largeur 0,80, longueur 2,060.
34) Reliquaire de Saint Julien et de Saint Florien. (Planche XXX, n.° 43).
Composé de deux monstrances séparées par une tige végétale, terminée par une statuette de martyr, ce reliquaire repose sur un pied polylobé, découpé sur ses bords, chargé de feuillages et de
fleurs ; le noeud représente, comme d’ordinaire un édifice d’architecture gothique. Argentdoré. Travail vénitien du XV e siècle. Hauteur 0,450.
35) Reliquaire du bras de Saint Georges. (Planche XXX, n.° 45 et XXXI,
L’une des plus curieuses pièce du Trésor deSaint-Marcestcertainement ce monument, sorte de cône renversé reposant sur un pied formé de branchages et de feuillages entrelacés; il est d’argent doré et ses bancs sont décorés de bandes d’ornements alternativement remplies par des feuillages, des bustes de Saints et des plaques d’émaux translucides sur relief.
D’autres branchages, supportant aussi des bustes de Saints s’étagent sur les côtés du reliquaire qui malheureusement n’est pas intact et a subi de nombreuses restaurations. Il appartient à l’art vénitien du commencement du XV e siècle, mais je ne saurais assigner la même date à la figure de Saint Georges a chevai qui le surmonte : cette statuette me parait être du XVIe siècle. Une lame d’argent, portant une inscription grecque, enveloppe la relique contenue à l’intérieur du reliquaire. Tel qu’il est, ce monument me parait avoir subi des modifications très profondes. — Hauteur 0,520.
36) Reliquaire de la côte de S. Etienne.
(Planche XXXII, n.° 47).
En forme de monstrance, ce reliquaire offre encore un bel échantillon de l’ industrie vénitienne du XVe siècle. 11 est d’argent doré ; b ornementation du pied et du noeud, tout est de style gothique, sauf la coupole surmontée d’une statuette qui termine le monument. — Hauteur 0, 480.
37) Reliquaire d’une dent de Saint Marc.
(Planche XXXII, n. 48).
Sur un pied à dix pans se dresse une longue tige, interrompue par un noeud méplat, supportant une monstrance en forme de tour coiffée d’ un toit conique que surmonte une croix. Le pied est décoré de feuillages ciselés et les lobes semi-
circulaires sont fixés par cinq disques émaillé, offrant les figures du Christ, de la Vierge et de saints. Argent doré. Travail vénitien du XVe siècle. — Haut. 0,325.
38) Reliquaire du pouce de Saint Marc.
(Planche XXXII, n. 49).
Monstrance de forme analogue à la précédente, surmontée également d’une coupole. Le support de la relique, petit monument d’architecture gothique est à signaler. Argent doré. Travail vénitien du XVe siècle. — Hauteur 0,370.
39) Reliquaire du chef de S. Jean Baptiste. (Planche XXXIII, n. 50).
La relique, un fragment du chef de Saint Jean, provient du sac de Constantinople en 1204 ; mais l’on ne sait à quelle date elle a été placée dans le reliquaire qu’elle occupe actuellement, calice byzantin de jaspe, le seul de tous ceux que contient le Trésor de Saint-Marc qui possède sa patène. Une partie de la monture a été refaite à Venise au XVI e siècle, mais les inscriptions grecques qui sont tracées sur les parties anciennes et qui mentionnent un certain Basile, enterré près de l’église où se trouvait ce calice, peuvent servir à lui assigner une date. Il s’agit sans doute, soit de l’empereur Basile le Macédonien (8G7-886), soit de Basile le jeune (-}- 1025). C’est donc là, sinon un des plus beaux, du moins un des plus anciens monuments byzantins du Trésor de Saint-Marc. — Hauteur 0,260.
40) Bras reliquaire de Saint Pantaléon.
(Planches XXXIII n. 51 et XXVIII
n. 51 bis).
Le reliquaire se compose de trois parties d’origine et d’époques différentes: Un pied hémisphérique en cuivre argenté portant sur trois griffes de lion : ce fragment recouvert d’arabesques et de feuillages gravés est d’origine orientale ou fabriqué à Venise à l’ imitation des cuivres travaillés en Orient. Le bras, de forme cylindrique, est divisé en zones par des filigranes et entièrement décoré d’émaux cloisonnés (?) et de pierreries montées dans des chatons en forme de losanges
ou de quadrilobes. Une restauration amalheureusement fait disparaître l’inscription grecque de ce reliquaire que, dans son état actuel, il est à peu près impossible de dater d’ une façon exacte. La main est d’argent doré et beaucoup plus récente que le bras. — Hauteur 0,740.
41) Reliquaire du doigt de S. Marie
Madeleine. (Planche XXXIII, n. 52).
Ce reliquaire en argent doré, affecte la forme d’une monstrance. Le cylindre de cristal est surmonté d’une coupole à côtes et d’une statuette de la Sainte ; cette monture, ainsi que le pied de style gothique, appartiennent à l’art italien de la seconde moitié du XVe siècle.
42) Bras reliquaire de Saint Magnus.
(Planche XXXIII, n. 53).
Le bras reliquaire en argent est de travail vénitien et date du XVIIe siècle. 11 est muni, comme les anciens bras reliquaires,d’une ouverture qui permet de voir la relique. Ce qu’il faut remarquer dans cet objet, d’ailleurs peu artistique, c’est la forme du bras tout à fait cylindrique comme celui de Saint Pantaléon. — Hauteur 0,620.
43) Reliquaire de la Jambe de S. Théodore. (Planche XXXIII, n. 55).
Les reliquaires topiques en forme de jambe sont extrêmement rares ; il en existait encore un au siècle dernier dans le trésor de l’abbaye de Saint Germain des-Prés, à Paris; il était tout à fait dans le genre de celui-ci. La forme du pied et le style des bandes defeuillages quiornent ce reliquaire d’ argent indiquent assez qu’ il appartient au XVe siècle. Sur la partie supérieure, sur la section de la cuisse, est représenté le Ch rist en eroixaccompagné de deux anges. On aperçoit la relique de l’ancien patron de Venise par un petite porte qui s’ouvre au dessous du genou.
44) Reliquaire de l'anneau de S. Marc.
(Planche XXXIII, n. 56).
Les traditions au sujet de la provenance de cet anneau sont loin de con-
corder : les uns pensent qu’il fut mis au doigt de l’évangéliste lors de la translation de son corps à Venise; les autres le croient beaucoup plus moderne; Cette dernière opinion me parait la plus probable mais, n’ayant pas pu examiner la pièce de très près, je ne saurais donner un jugement bien motivé. Le reliquaire en forme de monstrance est d’argent doré et de style gothique. Il appartient au XVe siècle italien ; un inventaire de 1563 eu fait mention. — Hauteur 0,300.
45) Bras reliquaire de Saint Serge.
(Planche XXXIII, n.° 58).
Ce reliquaire en argent doré, de travail vénitien, porte la date de 1463 qui s’accorde du reste parfaitement avec le dessin diapré gravé sur la manche qui recouvre le bras et la base décorée de motifs d’ architecture gothique sur laquelle il repose. Une inscription relative à la relique est gravée sur les bords de l’ouverture pratiquée sur le côté du bras.
46) Reliquaire de Saint Pierre Orseolo.
(Planche XXXIV et XXXIV a, n.° 59 et 60).
Pierre Orseolo, doge de Venise, mourut moine à l’abbaye de Saint Michel de Cuxa en Roussillon en 997. Canonisé en 1732, la République de Venise demanda et obtint de Louis XV que quelques unes de ses reliques fussent déposées à Saint- Marc. La translation eut lieu en 1733 et c’est à cette occasion que le procurateur de Saint Marc fit fabriquer le monument de style assez lourd destiné à contenir les reliquesapportées par les moines deCuxa.
Cette châsse, sorte de sarcophage supporté par le lion de Venise surmonté du bonnet ducal et du Saint Esprit, est tout en argent. — Hauteur 1,090 ; largeur 0,720.
47) Tabernacle en ébène et en argent doré. (Planche XXXIV a, n,° 60).
Ce tabernacle est analogue par sa forme et sa décoration aux cabinets que l’on a fabriqués en si grand nombre au XVIIe siècle. Le devant reproduit un monument d’architecture orné de statuettes et de
bas-reliefs en argent. Les pieds sont formés par des têtes de chérubins. Il provient de l’ancienne paroisse de San Giuliano où il servait à renfermer le Jeudi Saint la réserve eucharistique. Travail vénitien du XVIIe siècle. — Hauteur 0,670; largeur 0,850.
48) Ciborium en marbre. (PI. XXXIV a, n.° 60 a).
Ce ciborium monolithe se compose d’une base rectangulaire et de quatre colonnes supportant quatre archivoltes qui soutiennent une coupole. Les chapiteaux sont ornés de feuillages et ont encore quelque chose du galbe antique. Sur les archivoltes est gravée une inscription ainsi conçue :
+ vnep evxHC k, coothpiac
THC 6NAOIOTATHC ANACTACV.
» Pour la prière et le salut de la très-glorieuse Anastasie. »
Ce monument peut dater du VIe ou du VIIe siècle. — Hauteur 0,630; largeur 0,430.
49) Calice byzantin en sardonyx. (Planche XXXV, n. 61).
La coupe de forme hémisphérique est supportée par un pied de forme conique en argent doré ; les montures de la coupe sont également en aigent doré. Sur le pied et sur la coupe sont représentés, des bustes de Saints, des rosaces et des feuillages, de style oriental, exécutés en émail cloisonné. Bordures composéesde menues perles. Sur le bord est tracée en grandes lettres émaillées en bleu la formule de la consécration du vin. Au fond de la coupe un médaillon émaillé représentant le Sauveur. Xe siècle (?). — Hauteur 0.235; diamètre 0,180
50) Calice byzantin en serpentine. (Planche XXXV, n.° 62).
La coupe est hémisphérique vers son fond, à huit lobes vers son ouverture ; elle est munie de deux anses prises dans la masse en forme de guépards. Sur le bord de ce vase de fabrication orientale, on a plus tard à Byzance gravé la for-
ÔO
mule de la consécration du vin et les figures du Christ, de la Vierge et de plusieurs Saints. (Voyez plus haut, page 89). Le pied en argent repoussé et doré, décoré de médaillons en émail translucide sur relief, est de fabrication vénitienne et du XIVe siècle. — Hauteur 0,22 ; diamètre 0,170.
51) Grand vase en granit oriental. (Planche XXXVI, n.° 63).
On trouvera plus haut (page 30) la description et la lecture de l’inscription bilingue qui orne ce beau vase ; j’ai indiqué également les travaux auxquels il a donné lieu. Je n’y reviendrai donc pas. Il me suffira d’ajouter qu’on ne sait point à quelle époque il est entré dans le Trésor de Saint-Marc. — Hauteur 0,68 ; grand diamètre 0,210.
52) Aiguière en onyx et en argent doré.
(Planche XXXVI, n.° 64).
Ce vase est un spécimen de ces transformations devant lesquelles les orfèvres du moyen âge ne reculaient pas quand on leur mettait entre les mains un monument dont il fallait tirer parti. D’ une coupe antique à deux anses, par l’addition d’un pied conique et d’un long col, l’artiste vénitien du XIIIe siècle a fait une aiguière: un bec long et recourbé, terminé par une tête de serpent, une anse en S, ont concouru à donner à la pièce complète un galbe des plus élégants et qui s’accorde admirablement avec la gemme antique. — Hauteur 0,200.
53) Vase en verre monté en argent doré .
(Planche XXXVI, n.° 65).
La panse de verre incolore est de forme ovoïde et allongée. Elle repose sur un pied en forme de tronc de cône d’où partent des frettes qui entourent le vase comme un réseau et viennent rejoindre le col formé d’un bandeau d’ orfèvrerie ; Le couvercle, sorte de calotte hémisphérique, terminée par un bouton, et l’anse sont également d’argent doré. Toutes les parties de cette monture, qui est vraisemblablement une œuvre vénitienne du XII 1 ° siècle,. sont recouvertes de filigra-
nes semés de pierreries. Le vase est de fabrication antique ou orientale. — Hauteur 0,500.
54) Vase en albâtre oriental monté en argent doré. (Planche XXVII, n.° 66).
Sur une panse sphérique légèrement aplatie, se dresse un goulot tout droit. La monture de ce vase, de fabrication antique ou byzantine, consiste en un pied, un large bandeau et des listels d’argent doré filigrané et gemmé. Cette monture est vénitienne et du XIIIe siècle. Le goulot est fermé par une plaque de métal percée de trous. Msr Pasini suppose que ce vase était destiné à contenir des fleurs dont les tiges se fichaient dans les trous; je serais plus disposé à y voir un vase transformé en reliquaire et dans ce cas cette plaque ajourée aurait laissé voir la relique. — Hauteur 0,170.
55) Coupe en verre montée en argent doré. (Planche XXXVII, n.° 67).
Cette coupe de forme hémisphérique est ornée de godrons disposés en hélice. La monture se compose d’un large bandeau et d’un pied en argent doré. Je doute beaucoup que le verre soit antique ; quant à la monture, elle est vénitienne et du XVe siècle. — Hauteur 0,135 ; diamètre 0,200.
56) Vase en onyx. (Planche XXXVII, n.° 68).
Ce vase monté en argent doré, composé de deux récipients octogonaux superposés, l’un formant la panse, 1’ autre le goulot, se compose de vingt cinq tablettes d’onyx, ajustées au moyen de bandes de métal perlé. Il repose sur des pieds en forme de griffes ; l’anse recourbée est d’argent doré et ornée de feuillages ciselés ; les mêmes feuillages se retrouvent à la monture du couvercle. J’incline à croire que cette monture est de fabrication byzantine. — Hauteur 0,370.
57) Calice byzantin en agate onyx. (Planche XXXVII, n.° 69).
La coupe hémisphérique repose sur un pied tout uni dont la patte est garnie
sur ses bords de chatons et d’un perlé. Les frettes et la bordure de la coupe sont décorées de menues perles. Au dessous de l’inscription de la consécration du vin tracée en émail bleu sur le bord, se voient des anneaux de suspension. — Hauteur 0,190, diamètre 0,120.
58) Calice byzantin en argent doré et émaillé. (Planche XXXV1I1, n.° 70).
Ce calice est donné dans la planche tel qu’ il était autrefois, mais non tel qu’il est aujourd’hui, car il a perdu presque tous ses émaux. 11 est cependant encore fort intéressant, car il nous montre dans les fonds une décoration émaillée, à motifs cruciformes, analogue à celle que l’on rencontre sur le reliquaire de la Vraie Croix au Trésor de Limbourg-sur-la-Lahn (Xe siècle). Les anses ou demi anneaux qui garnissent le bord du vase, sont aussi à signaler. Quant au pied filigrané et gemmé, j’y reconnaîtrais volontiers un travail vénitien du XIIIe siècle; en tout cas je ne le crois point de fabrication byzantine. Hauteur 0,180 ; diamètre 0,120.
59) Aiguière en onyx. (PI. XXXVIII, n.° 71.
De galbe piriforme elle est munie d’une anse prise dans la masse représentant un guépard. Travail oriental. Voyez plus haut, page 37. — Hauteur 0,260.
60) Calice byzantin en calcédoine. (Planche XXXVIII, n. 72 et XXXVIII «, n.° 72 a).
Comme dans un certain nombre d’autres calices (voyez notamment le n. 98) les pierreries disposées symétriquement alternent avec les médaillons émaillés bordés de perles sur toute la monture. Les anneaux de suspension qui bordent la coupe servent ici de supports à des perles fines. — Hauteur 0,210 ; diamètre 0,170.
61) Calice byzantin en jaspe vert. (Planche XXXIX, n.° 73).'
La coupe, de forme plus qu’hémisphérique, est garnie d’un bord renversé en argent doré; on y voit des chatons enchâssant des pierreries, comme sur le
pied ; les parties verticales de la monture sont décorées de fils de perles. — Hauteur 0,175.
62) Calice byzantin en albâtre oriental. (Planche XXXIX, n.° 74).
La coupe hémisphérique est munie d’une armature en argent doré et gemmé; au dessous du bandeau supérieur des anneaux de suspension. Le pied manque. — Hauteur: 0,095; diamètre: 0,150.
63) Calice byzantin en basalte verdâtre. (Planche XXXIX, n.° 75).
Coupe hémisphérique; monture et pied tout unis en argent doré. — Hauteur :
0,100; diamètre: 0,085.
64) Calice byzantin en verre. ( Planche XXXIX, n.° 76).
La coupe, de verre incolore, est décorée d’un rang de feuillages en relief sommairement traités. La monture et les anses en forme d’S sont d’argent doré; sur le bandeau qui contourne le bord est gravée la formule de la bénédiction du vin. — Hauteur: 0,155; diamètre: 0,290.
65) Calice byzantin en verre. (Planche XXXIX, n.° 77).
La coupe, de verre incolore, est ornée extérieurement de quatre rangs de perles en relief. Le pied bas, le cercle qui garnit l’orifice et sur lequel est gravée la formule de la bénédiction du vin, ainsi que les deux anses recourbées en volutes et gravées, sont d’argent. — Hauteur: 0,110; diamètre : 0,100.
66) Coupe en verre peint et doré. (Planche XL, n.° 78 et XLI n.° 82).
Je crois qu’il est inutile de revenir ici sur ce vase dont on trouvera plus haut la description détaillée (page 58). — Hauteur : 0,080; diamètre: 0,120.
67) Galice byzantin en verre incolore.
(Planche XL, n.° 79).
La coupe est décorée de disques en relief encadrant des disques plus petits. La monture en argent doré était complétée par des anses recourbées en S. L’une
des anses a disparu. — Hauteur : 0,150; diamètre : 0,160.
68) Coupe orientale en verre. (Planche XL, n.° 80).
Cette coupe légèrement évasée a perdu sa monture; sur la panse sont figurés en relief trois animaux accroupis ressemblant à des guépards. — Hauteur: 0,130; diamètre: 0,150.
69) Calice byzantin en cristal de roche. (Planche XL, n.° 81).
La coupe est taillée à gros godrons et la base ainsi que le bandeau supérieur en suivent les contours; cette monture, en argent doré et gemmé bordé d’un fil de métal strié comme un filigrane, est complétée par deux anses en S de même métal. — Hauteur: 0,100; diamètre : 0,140.
70) Calice byzantin en onyx. (Planche XLI, n.° 83).
Ce calice, dont la coupe est munie de deux anses prises dans la masse, est certainement un des plus importants de tout le Trésor de Saint-Marc. Il a été restauré il y a une trentaine d’années, mais le restaurateur s’est borné à remettre en place les émaux qui s’étaient détachés.
Le pied et le bord du vase sont garnis d’un bandeau d’or décoré d’émaux cloisonnés, représentant des bustes de Saints disposés deux par deux; des anneaux de suspension se voient au dessous du bandeau supérieur; et sur le plateau de métal qui soutient la coupe, se trouve une inscription recommandant à Dieu l’Empereur Romain (peut-être Romain IV ; voyez plus bas le n.° 113). Par exception la tige du pied est recouverte d’ornements repoussés, croix et iieurons inscrits dans des cercles. — Hauteur: 0,250; diamètre : 0,280.
71) Calice byzantin en sardonyx. (Planche XLII, n.° 84).
La coupe, montée sur un pied très bas en argent doré, munie de deux grandes anses de même métal, affecte la forme d’un tronc de cône renversé. Des chatons
enchâssant des pierreries sont fixés sur la monture que complète un cercle bordé de perles sur lequel est émaillée la formule de la consécration du vin. — Hauteur: 0,115; diamètre: 0,115.
72) Calice byzantin en calcédoine. (Planche XLII, n.° 85).
En forme de gobelet à fond hémisphérique, sa monture se compose de deux cercles d’argent doré contournant la base et l’orifice du vase; à ces cercles se rattachent deux anses d’une élégance parfaite, en forme de volutes. Sur le cercle supérieur est gravée une inscription liturgique; sur l’inférieur un vœu en faveur du donateur: « Seigneur protège le patrice Sisinnius, logothète général ». — Hauteur: 0,110; diamètre 0,090.
73) Calice byzantin en sardonyx. (Planche XLII, n.° 86).
Il est de forme presque cylindrique et sa monture se compose d’un pied bas, de deux anses et d’un bandeau d’argent doré; il importe de remarquer la décoration d’imbrications gravées que porte cette monture. — Hauteur: 0,140; diamètre:
74) Coupe en verre incolore. (Planche XLII, n.° 87).
Cette coupe, qui a dû servir de calice, est de fabrication antique ou byzantine ; elle est godronnée ; le fond est orné de quatre disques en relief munis d’une pointe en leur centre. Le bord de la coupe est serti d’argent doré. — Hauteur: 0,140; diamètre: 0,190.
75) Calice byzantin en albâtre oriental. (Planche XLIII, n.° 88).
La coupe de forme hémisphérique aplatie; le pied, déformé peu gracieuse, à tige toute droite, interrompue par un nœud méplat est, ainsi que les montures du vase, en argent doré. L’inscription de la consécration du vin, niellée sur le bord de la monture, est interrompue par six chatons bordés d’un perlé et accompagnés d’anneaux de suspension. — Hauteur: 0,160.
diamètre : 0,140.
76) Calice byzantin en onyx. (PI. XLIII, n.° 89).
La coupe est hémisphérique et ses bords rentrent légèrement vers l’intérieur. Au fond est fixé un disque émaillé représentant le Sauveur. Le pied, d’argent doré, est de forme conique; il est bordé de chatons rapportés et on y voit gravée la formule de la bénédiction du vin. — Hauteur: 0,160.
77) Calice byzantin en onyx. (PI. XLIII, n.° 90).
De forme hémisphérique, il repose sur un pied tout uni en argent doré. La partie la plus remarquable de la monture consiste en quatre bandes émaillées qui relient le cercle qui borde la coupe, au pied : on y voit des ornements cordiformes superposés, interrompus par des médaillons en forme de quadrilobes ; ce bandes sont bordées d’un perlé. — Hauteur: 0,270.
diamètre : 0,190.
78) Calice byzantin en albâtre oriental. (Planche XLIII, n.° 91).
La coupe, en forme de tronc de cône, repose sur un pied d’argent doré de la forme ordinaire; ses bords sont gemmés et garnis d’anneaux de suspension. — Hauteur: 0,190; diamètre: 0,130.
79) Calice byzantin en onyx. (PI. XLIV,
De ce calice il ne subsiste plus que la coupe, sorte de tasse évasée munie d’une anse prise dans la masse ; la seconde anse était sans doute en argent doré et se rattachait au pied. Cette gemme est de travail antique comme presque tous les calices du Trésor de Saint-Marc. — diamètre: 0,210.
80) Calice byzantin en onyx. (PL XLIV, n.° 93).
Le pied bas et en forme de tronc de cône, la monture de la coupe et les anses recourbées en S sont d’argent doré; des fils de perles fines et des pierreries le décorent de distance en distance; de menues perles sont suspendues au bord du vase. — Hauteur: 0,200; diarn. 0,180.
81) Calice en onyx. (PI. XLIV, n.° 94). 11 affecte la forme d’une coupe à deux
anses. La monture se compose de bandeaux d’argent doré ornés de filigranes, de turquoises et de grenats; le vase est antique; la monture est vénitienne et du XIIIe siècle. — Hauteur: 0,150; diamètre : 0,220.
82) Navette en sarclonyx. (PI. XLIV, n.° 95).
Ce charmant monument est malheureusement fort mutilé; mais on peut encore toutefois apprécier la forme excellente du pied et de la bordure sur lesquels sont rapportés des filigranes et des pierreries. Venise, XIIIe siècle. — Hauteur: 0,125, longueur: 0,200.
83) Calice byzantin en agate. (PI. XLV,
Sur la monture en argent doré alternent les pierres, les perles fines et les émaux cloisonnés; les bandes verticales qui rattachent la coupe au pied, extrêmement étroites, sont aussi décorées d’un fil de perles. — Hauteur: 0,200; diam. 0,130.
84) Calice byzantin en cristal de roche. (Planche XLV, n.° 97).
Ce vase, s’il n’est pas un des plus somptueux, est certainement au point de vue de la technique, un des plus curieux de la série des calices. Sur un pied circulaire en cristal de roche, orné de feuillages en relief, est placé un gobelet composé de six plaques de cristal de roche serti dans des bandeaux d’argent doré.
Ces bandeaux sont décorés de losanges alternant avec des points, émaux cloisonnés ou pâtes incrustées à froid. Cette ornementation de bandes de métal disposées verticalement, n’est pas sans présenter, comme parti pris, une certaine analogie avec un reliquaire byzantin conservé à Beaulieu (Corrèze). — [Hauteur:
0,200; diamètre: 0,110.
85) Calice byzantin en onyx. (PL XLV, n.° 98).
La monture de la coupe est des plus somptueuses: le bandeau qui la borde,
d’argent doré, est décoré de huit médaillons émaillés, enlourés de perle fines, alternant avec des pierreries disposées symétriquement par cinq et serties au rabattu. D’autres médaillons sont fixés sur le pied et sur les bandes verticales de la monture. — Hauteur: 0,240; diamètre:
86) Calice byzantin en verre. (PI. XLV, n.° 99).
La coupe, de verre verdâtre, est ornée de quatre figures de quadrupèdes grossièrement exécutées en relief; ce verre est peut-être de fabrication orientale. La monture, décorée de fils de perles, d’un ornement perlé et de chatons rapportés, enchâsse au bord du vase des plaques d’argent sur lesquelles est émaillée la formule de la consécration du vin; une partie de cette inscription manque. Au dessous sont disposés des anneaux de suspension. — Hauteur: 0,180; diamètre:
87) Calice en cuivre doré et en argent. (Planche XLVI, n.° 100).
Il est impossible d’assigner un âge exact à ce calice composé d’éléments disparates à une époque toute moderne: la base gemmée est de style gothique et vénitienne; le nœud date du XVIe siècle:
la fausse coupe pourrait être du XVIIe siècle, si certains feuillages ne trahissaient une main complètement moderne.
88) Calice en argent doré. (PI. XLVI, n.° 101).
Ce calice, qui autrefois se trouvait à l’église de San Moisè, appartient à l’art vénitien du XVe siècle. Il est de style entièrement gothique. Le pied àsix lobes, ainsi que la fausse coupe, sont recouverts de feuillages et de rosaces d’une riche composition, mais un peu tourmentés, tandis qu’un monument d’architecture forme le nœud. — Hauteur: 0,400; diamètre : 0,125.
89) Rose d’or. (PI. LXI, n.° 101 bis). Cette rose, ou plutôt ce rosier d’or placé
dans un vase à deux anses, en or, posé
lui-même sur un socle en bronze doré, fut envoyé au chapitre de Saint-Marc en 1833 par Grégoire XVI. Ce travail est l’œuvre d’un orfèvre romain, Filippo Borgognoni qui l’a signé de son nom. — Hauteur : 1,020.
90) Calice en argent doré. (PI. XLVII, n.° 102).
Ce monument appartient au même art que le précédent, mais il est peut-être un peu plus ancien. Sur le pied, divisé en six lobes par des redents en angle aigu, sont fixés des quadrilobes renfermant des figurines et des feuillages. Le noeud à six pans affecte, comme toujours, une forme architectonique ; quant à la fausse coupe elle est très peu développée et decorée de figures des chérubins. — Diamètre de la coupe 0,120.
91) Calice en argent doré. (PI. XLVII, n.° 103).
Ce petit calice, légué en 1869 au Trésor de Saint-Marc est un bon spécimen d’orfèvrerie italienne de la seconde moitié du XVe siècle. Sur la base ornée de feuillages repoussés, sont fixés trois médaillons niellés. Quant au noeud sphérique, il rompt complètement avec les traditions gothiques. Sous le pied est gravé un nom de possesseur et la date de 1477.
92) Calice en argent doré. (PI. XLVII, n.° 104).
Saint Marc et la scène de l’Annonciation sont représentés sur le noeud de ce calice, offert en don au XVII e siècle, par quelque procurateur de Saint-Marc. Des bustes de Saints et des chérubins, exécutés au repoussé, décorent la base ; des anges figurés sur la fausse coupe, semblent soutenir le calice.
93) Coupe en turquoise. (PI. XLVI II, n.° 150).
Je ne reviendrai pas sur la nature de la matière dont cette coupe est composée. (Voyez plus haut page 40), ni sur son origine; mais j’avoue que j’ai encore des doutes sur la nationalité de la monture; faute c'e terme de comparaison nous de-
vous la croire persane, mais ce n’est là qu’une simple hypothèse. — Longueur 0,470; hauteur Ô, 100.
94) Patène en albâtre oriental. (Planche XLVIII, n.° 106).
Cette patène, de grandeur insolite, est de forme circulaire, le fond étant creusé à six lobes. Bordée d’un large bandeau d’argent, doré semé de pierreries serties au rabattu, placées entre deux fils de perles, elle repose sur un pied bas également en argent. Au centre est rapporté un médaillon en émail cloisonné représentant le Christ à mi corps et bénissant. L’inscription relative à la consécration du pain entoure ce médaillon. — Diamètre 0,340.
95) Patène en verre. (PI. XLIX, n.°107).
Cette patène de verre incolore, taillée
à facettes extérieurement, a ceci de curieux qu’elle est munie d’ un manche en argent doré, décoré d’ une quantité de pierreries comme le reste de la monture. Sur le bord, à l’endroit où le manche s’ajuste au disque, est placé un oiseau en relief.
11 est probable que cette patène n’était pas du genre de celles qui servaient à la célébration de la Messe, mais simplement à mettre le pain bénit distribué aux fidèles à l’issue de la messe.
Diamètre 0,250 ; longueur du manche 0,170.
96) Patène en albâtre , orientale. (Planche XLIX, n.° 108).
Elle est bordée d’un bandeau d’argent doré, orné de pierreries et de deux fils de perles fines. Elle repose sur un pied bas, réuni au bord par quatre bandes de métal sur lesquelles on lit l’inscription suivante:
®£orox£ MciQia jiorjd-u BuChIhç,
Marie, Mère de Dieu, protège les Pois.
De ce pluriel on a conclu que cette patène datait du règne de Romain I.er Lécapène, qui en 928 associa à l’Empire ses trois fils. C’est là une bypotèse très vraisemblable et le monument peut parfaitement dater du Xe siècle. — Diamètre 0,230.
97) Patène en verre. (PI. XLIX, n.° 109). Elle est. de teinte vert clair et taillée
à facettes extérieurement. Elle est bordée d’un bandeau d’argent doré, orné de pierreries et de perles ; pied en argent. — Diamètre 0,170.
98) Patène enverre.( PI. XLIX, n.°110«).
Cette patène a perdu sa monture; elle
est de verre incolore et décorée extérieurement de disques et de pointes saillantes. — Diamètre 0,360.
99) Bénitier portatif. (PI. XLIX, n.°110). Il est en verre incolore et en forme de
tronc de cône renversé ; monture et anse mobile, munie d’un anneau en argent doré. Fabrication byzantine. — Diamètre 0.110.
100) Image de la Vierge. { PI. L, n.°lll). Voici un monument au sujet duquel,
pour ma part, je me sens pris de doutes. J’ai peine à croire qu’ il soit venu au monde tel que nous le voyons aujourd’hui. Au milieu d’une sorte de niche en cristal de roche gravé, dont la disposition est déjà passablement bizarre, se dresse une figure de la Panagia, nimbée, les mains étendues à la façon des orantes. Cette statuette est en argent doré. Ce monument était destiné à être suspendu, ainsi que l’ indiquent les trous pratiqués dans le bord du cristal. L’ensemble repose sur une couronne, également en argent doré, décorée de médaillons en émail cloisonné, offrant des bustes de saints et aussi le portrait d’un personnage, Léon, qualifié d’empereur. Des perles sont désposées en file autour des médaillons ou pendues au bord de la couronne que surmontent des paons, qui eux aussi sont munis d’anneaux de suspension. Mgr Pasini reconnaît dans ce monument un présent fait à une église par Léon Ier (457-474), et il en donne des raisons qui ne manquent pas d’ un certain poids. Néanmoins je ne crois pas pouvoir admettre cette opinion ; ce monument me paraît composé de trois parties, qui plus tard ont été réunies dans le Trésor de Saint Marc : une couronne votive, que des motifs tirés de la technique, tout à fait analogue à celle que l’on re-
marque sur les calices, doivent faire attribuer à Léon VI (886-911); un fragment de monument en cristal de roche de destination inconnue et d’époque indéterminée; enfin une figure de la Panagia, exécutée probablement à Venise à l’ imitation des images byzantines. Ce qui me fait adopter cette opinion, c’est que cette figure n’est nullement à l’échelle du monument qui la contient. En tout cas j’admettrais difficilement qui ces trois pièces aient été primitivement destinées à former un ensemble. — Hauteur 0,200.
101) Calice en verve. (Planche L, n.°112).
La forme du vase rappelle un peu la
forme des lampes arabes ; il est de verre incolore, à large panse, à ouverture largement épanouie ; Il est difficile de dire si c’est là un verre antique ou un verre byzantin. Quant à la monture en argent doré, filigrané et gemmé, composée d’un pied, d’un large bandeau et de deux anses, c’est un travail vénitien du XIII c siècle; ce qui me ferait croire, qu’à Venise ce vase n’ a jamais servi de calice, car les calices à anses n’ étaient plus guère en usage au XIIIe siècle. — • Hauteur 0,177 ; diamètre 0,190.
102) Calice byzantin en sardonyx. (Planche L, n.° 113).
La coupe hémisphérique de ce calice est taillée àgodrons. Une riche bordure d’argent, doré enchâssant quinze médaillons rectangulaires en émail cloisonné, bordés de perles, garnit l’orifice du vase. Des perles sont rattachées à ce bandeau par des anneaux de suspension. Tout autour du pied, sur des plaques d’or émaillé, on lit l’inscription suivante: Kvqu , /ioij- Qsl Pcofiâva bpffoôoÇço Ôeôcoét ij; Seigneur protège Romain, empereur orthodoxe. Quatre empereurs du nom de Romain ont régné au Xe et au XIe siècle ; c’est dire qu’il est impossible d’assigner une date exacte à ce monument. Ce n’est que par des considérations extérieures que l’on peut décider entre ces quatre souverains. Peut-être s’agit-il de Romain IV Diogène, qui figure avec sa femme Eudoxie sur un ivoire conservé au Cabinet de
France, à la Bibliothèque Nationale. Ce prince fit de nombreuses largesses aux églises, et en particulier à l’église de S. Michel. Si l’on acceptait cette attribution, la fabrication de ce calice serait limitée entre les années 1067 et 1071.
— Hauteur 0,225 ; diamètre 0,185.
103) Vase arabe en cristal de roche monté en argent doré. (Planche Lia, n.°114).
Ce grand vase de forme cylindrique est orné sur le culot d’un rang de feuilles d’eau en relief ; une inscription en caractères coufiques contourne le bord supérieur : « Long bonheur, faveur et santé complète à notre seigneur » dit cette inscription. Ce vase arabe peut dater du Xe siècle environ. Le pied, les deux anses et le couvercle en argent doré, filigrané et gemmé, sont de travail vénitien et du XIII e siècle. Voyez plus haut, page 40.
— Hauteur 0,455.
104) Aiguière en verre montée en argent doré. (Planche Ll, n.° 115).
Cette aiguière piriforme, que l’on a cru pendant longtemps être de cristal de roche, est de verre et de fabrication orientale : la panse est ornée de deux béliers accroupis de chaque côté d’un bouquet de feuillages. L’anse ayant été brisée, l’aiguière a dû être montée à nouveau. L’artiste s’en est tiré en surélevant le col et en ajoutant un goulot très long, terminé par une tète de serpent. L’anse affecte la forme d’un dragon ; des dragons se voient également sur le pied repoussé et ciselé; des hommes, dont l’un est arméd’un arc, les y poursuivent au milieu de feuillages entrelacés ; d’autres feuillages ornent le col. Cette monture, dans laquelle je ne reconnais nullement le faire oriental, me paraît avoir été exécutée à Venise au XIIIe siècle. — Hauteur 0,280.
105) Ampoule en forme de grappe de raisin en cristal de roche. (Planche LI, n.° 116).
Je n’ai pas à revenir ici sur ce charmant monument, peut-être antique, monté à la Renaissance en or émaillé. Voyez plus haut, page 34. — Hauteur 0,175.
106) Aiguière en onyx et en argent doré. (Planche LI, n.° 117).
La panse et le pied sont taillés dans un superbe morceau d’onyx d’origine antique. Le haut de la panse, le col, l’anse et le goulot en argent doré, sont de facture vénitienne etdu XIIIe siècle. Les compartiments filigranés et gemmés qu’on y remarque équivalent à une signature. — Hauteur 0,230.
107) Aiguière en cristal de roche gravé. (Planche LII, n.° 118).
J’ ai parlé plus haut de cette admirable pièce et j’en ai rapproché un certain nombre de monuments. L’anse prise dans la masse est surmontée d’ un bouquetin de haut relief; sur la panse se détachent en relief deux guépards accroupis et affrontés, séparés par un bouquet de feuillages. Au dessous du col est gravée en relief l’inscription suivante, en caractères coufiques : Bénédiction de Dieu pour V iman Azyz-Bïllah. Ce calife fatimite régna en Egypte de l’an 975 à 996.
Pied en or de la Renaissance reposant sur trois griffes de lion accompagnées d’ailettes. — Hauteur 0,230 ; grand diamètre 0,100.
108) Calice byzantin en onyx. (Planche LU, n.° 119).
La coupe très profonde, en forme de tronc de cône renversé, repose sur un pied tout uni en argent doré de forme conique; sur le bandeau de métal qui borde le calice est gravée la formule de la bénédiction du vin. — Hauteur 0,200 ; diamètre 0,110.
109) Aiguière en onyx. (Planche LU, n.° 120).
De même forme que le numéro 71.
mais munie d’un goulot plus prononcé, l’anse en forme de guépard est prise dans la masse. Travail oriental. — Hauteur 0,260.
110) Seau antique en verre gravé. (Planche LUI, n.° 121).
On trouvera plus haut (page 32) quelques indications sur ce seau en verre violet très foncé qui a passé longtemps pour
être taillé dans une pierre précieuse. Sur les parois sont gravés en creux les personnages suivants : un homme demi nu, debout, appuyé à une colonne au pied de laquelle est couché un chien ; de la main gauche il tient un thyrse et de la droite une coupe ; — une femme debout, les cheveux noués sur le sommet de la tête, vêtue d’une longue tunique ; d’une main elle s’appuie sur un thyrse, de l’autre elle présente une coupe à 1’ homme debout près d’elle; — un homme presque nu, tenant un thyrse et des fruits ; — une femme nue, portant une patère; une draperie [est jetée sur son bras gauche ; — Un satyre tenant une lyre; — une femme debout, vêtue d’une tunique, le tête couverte d’une sorte de bonnet, tenant en main une faucille. — Sur le bord supérieur sont gravés un rang d’oves et des festons ; à la partie inférieure on voit des feuillages entrelacés, encadrant des oiseaux. Le fond du seau manque. Anse en argent doré. — Hauteur 0,200.
111) Seau antique en verre. (PI. LUI, u.° 122).
J’ ai parlé plus haut (page 33) de ce vase, un des plus beaux de ce genre que l’on connaisse; je ne reviendrai donc pas sur les vasa diatreia à la classe desquels il appartient ; il me suffira d’indiquer que sur le haut de la panse sont représentés deux cavaliers au galop, un arbre, un chien attaquant un tigre et deux autres bêtes féroces. La partie inférieure est recouverte d’ une résille à mailles octogonales, dont une partie a malheureusement disparu. Au fond du vase, à l’extérieur, est gravée une étoile à treize pointes.
Anse en bronze doré. — Hauteur 0,270 ; grand diamètre 0.210.
112) Lampe byzantine en verre. (Planche LIV, u.° 123).
Cette lampe de verre incolore est ornée extérieurement de poissons et de coquillages en relief; il est fort probable qu’ il y a là une allusion au poisson symbolique (voyez plus bas n. 127). Monture d’argent doré, munie de quatre anneaux de suspension et de petits cylindres de
métal, destinés à recevoir le luminaire.
— Diamètre 0,210 ; hauteur 0,080,
113) Lampe byzantine en verre. (Planche LIV, n.° 124).
De verre incolore, elle affecte la forme d’un seau posé sur un pied et muni d’un bourrelet destiné à faciliter la pose d’une armature métallique. Monture en argent munie de trois anneaux de suspension.
— Hauteur 0,140 ; diamètre 0,120.
114) Lampe byzantine en verre. (Planche LIV, n.° 125).
Cette lampe est formée d’une coupe de verre incolore, décorée extérieurement de disques et de pointes en relief, ornementation que nous avons déjà rencontrée sur beaucoup d’objets byzantins du Trésor de Saint-Marc. Cette coupeestsertie d’un cercle d’argent doré, muni de trois anneaux de suspension, sur lequel est gravée en grec une inscription donc voici la traduction « Saint Pantaléon, secours ton serviteur Zaccliarie, archevêque d' Ibérie.
Ainsi soit-il. » Par Ibérie il faut entendre la Géorgie qui fut évangélisée au IV e siècle. — Diamètre 0,270; hauteur 0,080.
115) Lampe byzantine en ivoire. (Planche LIV, n.° 126).
C’est à coup sûr un non sens que d’employer une matière opaque pour faire une lampe, puisque l’éclat de la lumière est ainsi aux trois quarts perdu. Celle-ci est montée en argent doré, ornée de pierreries et sur ses bords sont disposés quatre petits tubes de métal destinés à recevoir le luminaire.-Longueur 0,180; largeur 0,100.
116) Lampe byzantine en cristal de roche. (Planche LIV, n.° 127).
Celle-ci a une forme symbolique qui date des premiers siècles du christianisme et n’est d’ailleurs pas difficile à expliquer : elle est en forme de poisson et l’on sait que le poisson a été longtemps l' image symbolique du Sauveur, dont le nom et les titres en grec formaient exactement le mot l%&vç. Suspendue par quatre anneaux d’argent, cette lampe est munie sur ses bords de neuf trous ronds destinés à
recevoir le luminaire. — Longueur 0,31 ; largeur 0,180.
117) Navette en serpentine. (PI. LIV, n.° 128).
De forme allongée et à huit godrons, au fond est taillée en relief une image de Saint Démétrius. Si la pierre est de travail byzantin, la monture en argent doré avec ses médaillons et ses feuillages repoussés est du XIV e siècle vénitien. — Longueur 0,220 ; largeur 0,100.
118) Lampe en cuivre. (PI. LV, n.°129). Cette lampe soutenue par quatre chaînes, se compose d’une panse hémisphérique aplatie, portée par un pied conique à huit pans ; le col très évasé est également à huit pans ; Toute la surface de cet ustensile est décorée de percements à jours de style gothique ; sur la panse sont appliquées quatre figurines d’anges en ronde bosse. Travail français ou flamand du commencement du XVe siècle.
119) Lampe en bronze. (PI. LV, n.°130). La panse, renflée à sa partie médiane,
est entièrement décorée de rinceaux repercés à jour. Quatre termes de femmes de haut relief y sont appliqués et servent à accrocher les chaînes en forme de balust res, interrom pues par des boules aplaties. Travail vénitien, milieu du XVIe siècle.
120) Lampe en bronze. (PI. LVI, n.° 131). Elle est piriforme ; sur la panse tout
unie se relèvent en bosse trois termes de femmes où viennent s’accrocher les chaînes en forme de balustre. Travail vénitien, XVI e siècle.
121) Lampe en bronze. (PI. LVI, n.° 132). Cette lampe piriforme est complètement découpée à jour et gravée ; sur la partie la plus renflée de la panse se relèvent en bosse trois figures de femmes, auxquelles viennent se rattacher les chaînes de suspension. Travail vénitien du XVI c siècle.
122) Lampe en bronze. (PI. LVI, n.° 133). Elle affecte la forme d’un oeuf, termi-
né à sa partie inférieure par un bouton, elle est entièrement découpée à jour et les chaînes de suspension, formées de tiges de métal tordues, se rattachent à des têtes des chérubins. Travail vénitien du XVIe siècle.
123) Lampe en bronze. (PI. LVI, n.° 134).
Cette lampe est semblable àl a précédente, mais la forme ovoïde est moins prononcée et la partie supérieure est munie d’un bord plat découpé à jour. Travail vénitien du XVIe siècle.
124) Lampe en bronze. (PI. LVI, n.°135).
Piriforme et entièrement repercée à
jour, elle est munie sur ses flancs de trois bustes de femmes de haut relief, auxquels viennent se rattacher les chaînes de suspension. Travail vénitien du XVI e siècle.
125) Baiser de paix. (PI. LVII, n.° 13G).
Cette paix fut léguée à Saint-Marc en
1546 par le Cardinal Marino Grimani.
Elle affecte la forme d’un petit monument flanqué de colonnettes et de pilastres. Au centre est fixée une énorme perle baroque qui sert de support à des figurines d’or : on y voit le Christ priant au jardin des oliviers, entouré des apôtres endormis. Au tympan sont encore fixées des perles baroques et une figure du Père Eternel. Au revers enfin sont gravés des arabesques et la scène de la Résurrection. Travail italien, XVIe siècle. — Hauteur 0,180.
126) Baiser de paix. (PI. LVII, n.° 137).
Ce baiser de paix en argent doré, porte les armes et le nom du pape Grégoire XIV (Nicolô Sfondrati) + en 1591. Le monument, dont le centre est occupé par une miniature sur ivoire représentant la déposition de la Croix, repose sur quatre tortues d’argent. Les côtés sont flanqués de deux cornes d’abondance finement ciselées. Deux figures d’anges et une statuette de Jésus enfant, surmontent le baiser de paix, dont le revers porte gravée en creux la représentation de l’Annonciation. Travail italien, XVIe siècle — Hauteur 0,220.
127) Candélabres enbronze. (PI. LV III,
Ces candélabres, au nombre de six, décorent le maître-autel de la basilique de Saint-Marc; ils proviennent de l’église de la Madonna dell’Orto. A base triangulaire décorée de figures de chérubins, la tige est en forme de balustre, accompagnée de feuillages et de petits anges. La bobèche est garnie d’un rang de feuilles découpées. Travail vénitien du XVIe siècle. — La hauteur de ces candélabres varie de 0,830 à 0,860 centimètres.
128) Candélabres (Deux) en argent et en cristal de roche. (PI. LVIII, n.° 139).
Le noeud est composé de deux beaux morceaux de cristal de roche dont la facture paraît beaucoup plus ancienne que la monture en argent doré. La bobèche à godrons, la tige en forme de vase et la patte ornée de feuillages repoussés et ciselés, appartiennent aux débuts du XVIe siècle. — Hauteur 0,470.
129) Candélabres en bronze. (PI. LVIII, n.° 140).
Cette paire de candélabres, fondus en 1520 par Camillo Alberti, est placée devant la chapelle de la Vierge. La base est octagonale et la tige est composée de balustres superposés, décorés de feuillages et de mascarons d’une très grande finesse. — Hauteur 1,800.
130) Candélabres en bronze. (PI. L1X, n.° 141).
Ces deux beaux candélabres de bronze sont 1’ oeuvre de Maffeo Olivieri de Brescia, sculpteur du commencement du XVIe siècle, qui les a signés ; ils furent donnés en 1527 par l’évêque de Pola, Altobello de Averoldi. La base se compose de quatre griffes ornées de mascarons ; au dessus s’élève une sorte de colonne décorée de mufles de lions, de dragons, de figures de femmes assises dans des niches et enfin d’un série de figures d’ hommes nus qui semblent supporter la partie supérieure du candélabre. — Hauteur 1,90.
131) Flambeaux [deux) en argent doré.
(Planche LIX, et LIX a).
Parmi les guides , les uns prétendent que ces flambeaux sont l’oeuvre de Benvenuto Cellini, les autres qu’ils ont été fabriqués en Allemagne : l’une et l’autre de ces attributions me paraissent également fausses. La première, comme le remarque avec juste raison Mg.1' Pasini, est purement stupide, car le style de ces flambeaux est absolument gothique et que d’ ailleurs ils ont été offerts par le doge Cristoforo Moro (+ 1471) ; la seconde, quand on a quelque teinture de l’histoire cïe l’art vénitien, me parait peu probable. Il est très vrai qu’ à Venise, grâce au voisinage de l’Allemagne, grâce aussi a des rapports fréquents avec le nord de l’Europe, le style gothique s’est conservé plus longtemps qu’ailleurs en Italie.
Cependant quand on connaît un peu l’orfèvrerie de l’Allemagne du Sud et ses procédés, il est assez aisé de la distinguer de l’orfèvrerie vénitienne où aparaissent presque toujours d’autres tendances. Le style des figures surtout est différent, même quand on y retrouve des ressemblances de détail ; les moulures ne sont pas profilées de la même manière et pour moi, jusqu’à preuve du contraire, je considérerai comme une œuvre vénitienne, les flambeaux du doge Moro. Ce n’ est point d’ ailleurs que je pense que l’on doive les admirer outre mesure : la composition en est assez pauvre, bien que surchargée, la base trop étroite pour la hauteur : l’orfèvre s’est contenté de développer un motif très usité à la fin de la période gothique et en superposant trois lanternes d’architecture il n’à pas fait preuve d’une imagination bien féconde.
— Hauteur 1,240.
132) Flambeaux en bronze. (PI. LX, n.° 144).
Ces flambeaux, au nombre de quatre, servent pour le maître-autel de Saint- Marc. La base triangulaire, portée sur des griffes, est ornée de têtes de chérubins ; d’autres têtes, des mascarons et des feuillages décorent la tige en balustre. Tra-
vail vénitien du XVIe siècle. — Hauteur 0,400.
133) Flambeaux en bronze. ( PI. LX, n.° 145).
Ces flambeaux au nombre de six sont semblables, aux précédents ; mais à la base a été ajouté un socle triangulaire. — Hauteur 0,480.
134) Porte-Cierge en bronze. (PI. LX, n.° 146).
Ce porte-cierge a la forme d’un balustre légèrement écrasé, flanqué de figures d’anges de haut relief, sur les faces, dans des médaillons ovales, les armoiries de Venise. Travail vénitien, XVIe siècle. — Hauteur 0,340.
135) Flambeaux en bronze. ( PI. LX, n.° 147).
Ces flambeaux, qui servent à 1’ autel de la chapelle Zen, reposent sur une base triangulaire dont les angles sont occupés par trois figures de centauresses ; la tige en forme de balustre, très élégante, est ornée de festons et de mascarons et flanquée de petites figures d’anges. Travail vénitien du XVIe siècle. — Hauteur 0,570.
136) Flambeaux (Deux) en cristal de roche, montés en argent. (PI. LX, n.°148).
Composés de pièces de cristal de roche taillées à facettes, percées et maintenues par une tige et une monture d’ argent, ces flambeaux reposer] t su r une base triangulaire, dont les angles sont garnis de figures de lions. Chaque côté de la base est décoré de fines gravures, rinceaux et oiseaux qui font soupçonner une imitation orientale, sans que cependant 1’ on puisse affirmer que les pieds de ces flambeaux aient été fabriqués à Venise. — Hauteur 0,500.
137) Crucifix. (Planche LXI, n.° 149).
Ce crucifix qui peut servir à la fois de
croix stationnale et de croix processionnelle, est un bel échantillon de l’orfèvrerie du nord de l’Italie à la fin du XV e siècle. Sauf la croix centrale en cristal de roche
LE TRESOR DE S AJ NT MARC DE VENISE
sur laquelle est fixé le Christ, tout le reste est en argent ciselé et doré ; c’est un travail simple mais d’un goût très pur. Sur le socle hémisphérique est gravée la signature suivante qui donne le nom de l’auteur et la date de l’objet :
IACHOBI P ATA VI NI FILIPI ÜPVS ANC MCCCCLXXXIIII.
— Hauteur 1,900.
138) Porte-cierges en argent. (PI. LXI,
Ces porte-cierges sont au nombre de quatre. Ils se composent d’une hampe recouverte d’argent ciselé, terminée par une grande coquille ou bobèche également ciselée. — XVIIe siècle.
139) Lutrin en laiton. (PL LXI, n.° 151).
Ce lutrin en dinanderie, ouvrage flamand du XVe siècle, se compose d’un pied reposant sur trois figures de lions assis, et d’une tige moulurée terminée par une sphère aplatie. Sur cette sphère se dresse un aigle les ailes éployées. — On a parfois considéré bien à tort cette pièce comme byzantine: il en existe deux autres à Venise : l’une se trouve à San Stefano; l’autre, provenant de San Giovanni e Paolo, est actuellement au Musée Correr. Toutes deux sont également des œuvres flamandes. — Hauteur 1,900.
140) Crosse. (Planche LXI, n.° 152).
Le bâton de cette crosse, qui autrefois était portée par les primiciers de Saint- Marc et maintenant par le patriarche de Venise, est recouvert de lames d’argent découpées à jour et appliquées, sur du mica. Le noeud et la volute offrent un singulier mélange de style gothique et de style de la Renaissance ; le noeud surtout fait songer à certaines pièces d’orfèvrerie allemande du début du XVIe siècle. On n’ a cependant aucun motif d- supposer que cet objet ne soit pas de fabrication Vénitienne. On sait du reste qu’à Venise les traditions gothiques ont été conservées beaucoup plus longtemps que pai tout ailleurs en Italie et cette cr^«se me parait être, soit de la fin du XVe, soit du
commencement du XVIe siècle. — Hauteur 1,940.
141) Croix processionnelle en argent.
(Planche LXI, n.° 153).
Cette croix, du XVIIe siècle, est destinée à accompagner les porte-cierges mentionnés plus haut sous le n. 150; elle n’a pas moins de lm ,900 de haut et pèse plus de 10 kilogrammes. Le Christ qui y est fixé ainsi que les plaques repoussées qui terminent les bras, sont d’un travail assez fin, bien que l’ensemble n’appartienne pas à une bonne époque.
142) Statue de V Evangéliste Saint Marc . (Planche LXII, n.° 154).
Cette statue est moderne ; elle a été exécutée, en 1804, par un orfèvre de Venise, Francesco Francesconi, pour remplacer une statue de Saint Marc fondue en 1797 ; elle pèse 20 kilogrammes. — Hauteur 1,090.
143) Epéepapale du doge Morosini. (P\anche LXI II, n.° 155).
Cette épée, envoyée en 1689 par Alexandre VIII au doge Francesco Morosini, dit le Péloponnésiaque, est montée en argent doré. Les quillons recourbés en forme de volutes sont surmontés de deux figures d’ anges entre lesquels jaillit la fusée terminée par un pommeau aux armes papales. Des ornements d’argent ciselé décorent le ceinturon de soie rouge et recouvrent le fourreau. — Longueur 1,730.
144 ) Reliquaire en forme de cassette.
(Planche LXIV, n.°156).
Le couvercle est divisé dans sa longueur en trois parties ; les deux latérales sont décorées de feuillages repoussés ; la partie centrale qui s’ouvre à charnière porte une inscription gravée : Reliquie sanctorum. Quant aux côtés on y voit une large course de euillages repoussés à laquelle se superpose une série d’arcatures trilobées, découpées à jour et se détachant sur une plaque de verre bleu, qui peut-être a remplacé une plaque de lapis. Tout le reliquaire est en argent doré. Tra-
vail vénitien du XIV e siècle. — Longueur 0,300; largeur 0,130 ; Hauteur 0,145.
145) Reliquaire des Saints de Trebizonde. (Planche LXIV, n.° 157).
Ce reliquaire, d’argent repoussé et doré, affecte la forme d’un coffret barlong, muni d’un couvercle à charnière. Sur les côtés est niellé une inscription composée de douze vers grecs à la louange des quatre martyrs de Trebizonde, Eugène, Valérien, Candide et Aquila. Le couvercle est divisé en cinq parties par des arcatures soutenues par des colonnettes à fût double et noué, qui par leur ténuité, ressemblent plutôt à des galons qu’à des supports d’architecture. Au centre est représenté le Christ assis sur un trône, présentant des couronnes aux quatre Saints qui s’avancent vers lui dans une attitude d’adoration. Travail byzantin du XIe ou du XII0 siècle. — Longueur 0,285 ; largeur 0,140; hauteur 0,090.
146) Reliquaire en forme de coffret. (Planche LXIV, n.° 158).
Le couvercle de ce reliquaire en argent repoussé et doré, muni d’une plaque de cristal de roche, destinée à permettre de voir les reliques contenues à 1’ intérieur, est monté à charnière. Sur les grands côtés sont représentés en buste, sous des arcature trilobées, douze bustes de saints ou de saintes. Les extrémités sont décorées de feuillages. Des inscriptions niéllées désignent les douze personnages qui tous sont des saints d’Orient. Art vénitien du XIVe siècle — Longueur 0,340; largeur 0,155; hauteur 0,100.
147) Couteau damasquiné . ( PI. LXV, n.° 159).
Ce couteau pointu à lame à double tranchant et légèrement recourbée, est en fer le manche cylindrique, orné d’une inscription incrustée d’argent, fait corps avec la lame. Aujourd’hui il n’est plus considéré comme relique; mais autrefois il a passé successivement pour être le couteau dont Notre Seigneur aurait fait usage pendant la Cène, puis pour l’arme dont Saint Pierre se serait servi pour
trancher l’oreille de Malchus. Une tradition veut que ce couteau ait été donné par Juvenal, évêque de Jérusalem à l’impératrice Eudoxie, femme de Léon le Philosophe, qui épousa en 421 Théodose IL Ce qui est certain c’est qu’ il fut offert par Paolo Foscari, évêque de Patras, à son parent Polydore, évêque de Bergame. Légué par la famille Foscari aux Capucins de Venise, ces derniers, au commencement du XVIIe siècle, en firent présent au Trésor de Saint-Marc. L’inscription en caractères syro-arméniens voudrait dire:
« Le Seigneur tout puissant notre seul défenseur et protecteur » (Voyez plus haut, page 42). Ce couteau repose sur un support en argent doré du XVIIIe siècle. — Longueur 0,400.
148) Coffret en argent niellé et dore. (Planche LXV, n.° 160).
Ce coffret, de forme rectangulaire, est orné à sa base d’une frise d’animaux fantastiques, estampés et découpés àjour. Sur les côtés sont gravées des rosaces renfermant des arabesques disposées en croix et deux autres rosaces où sont représentées des sirènes ou oiseaux à têtes de femme. Sur le dessus enfin sont représentés, un homme et une femme assis et faisant de la musique. Des arabesques et deux bandes d’ornements imitant des caractère coufiques, forment la bordure de ce tableau. Travail persan. — Hauteur 0,080: longueur 0,1 40.
149) Coffret monté en argent doré. (Planche LXV, n.° 161).
Ce coffret, de forme rectangulaire, est par lui-même un objet de peu de valeur, mais il a une origine assez curieuse. Il fut pris par un soldat vénitien des mains d’ un des serviteurs de Charles VIII à la bataille de Fornoue (1495); et ce soldat, un certain Cristoforo Viscallo, le remit au doge Agostino Barbarigo qui l’envoya au Trésor de Saint-Marc. Il contenait en effet des reliques de la Passion que Charles VIII portait partout avec lui. II est de bois, recouvert de velours bleu ; toute la monture, de style gothique, est en argent. Sur le devant sont représen-
tés sous trois niches, l’Ange Gabriel annonçant à la Vierge qu’elle sera la mère de Jésus et entre eux Saint Louis, roi de France. A l’intérieur du coffret, sur une bande de parchemin on lit : De veste purpurea. Travail français du XVe siècle.
— Longueur 0,145 ; hauteur 0,085.
150) Devant d’ autel en arpent doré. (Planche LXVI, n.° 162).
Ce devant d’autel fut offert en 1408 par le pape Grégoire XII ( Angelo Correr) à la cathédrale de San Pietro, à Venise.
Quand Saint-Marc devint église cathédrale il y fut transporté. Mgr Pasini suppose que ce monument est antérieur à cette date de 1408 et qu’ il a pu être exécuté vers la fin du XIVe siècle sur la commande de quelque pape ; Grégoire XII n’aurait fait que l’acquérir et lui donner une destination définitive. Je regrette de ne pouvoir partager ce sentiment. Pour moi l’oeuvre est bien contemporaine du pape qui l’a donnée et qui plus est, elle est vénitienne. On peut être assuré que, à supposer qu’elle ait été exécutée à Rome, c’est un orfèvre vénitien qui en a donné le patron. Je ne pense pas qu’il puisse^ avoir de doute là-dessus. Les types des physionomies des apôtres et des Saints qui, dans les deux séries d’arcades, accompagnent le Christ et les Apôtres, les formes architectoniques, la décoration des bordures ne me laissent aucun doute à cet égard. L’oeuvre entière n’est pas de la plus grande finesse, mais elle est bien conçue et habilement exécutée. Elle est dans tous les cas supérieure au devant d’autel décrit ci-dessous et l’on y retrouve des accents bien personnels à l’art vénitien. — Hauteur 1,00 ; longueur 3,27.
151) Devant d’ autel en argent doré. (Planche LXVI, n.° 163.
Voici un monument fort intéressant pour l’histoire de l’orfèvrerie vénitienne, mais dont 1’ on ne peut vraiment recommander 1’ étude aux commençants.
Il a subi, anciennement déjà, des restaurations nombreuses, et je veux bien croire que ces restaurations avaient été faites d’une façon intelligente: Je n’en
dirai pas autant de la dernière, exécutée en 1880; c’est alors que neuf des plaques disposées sous les arcades ont été refaites, que les émaux garnissant les écoinçons ont été remplacés par des médaillons sans style et que l’oeuvre de destruction a été complétée en redorant le tout à la pile. Ce n’est donc qu’ avec une défiance extrême que l’archéologue doit étudier ce monument ainsi falsifié : il n’en reste en somme que l’architecture et un certain nombre de figures qui permettent de l’attribuer au XIII e siècle. Je n’aurais pas une confiance illimitée dans la bordure semée d’anges et de lions de Saint Marc qui sépare les arcades et les médaillons de la partie supérieure. Ce qu’il convient de remarquer, c’est la dispo sition assez insolite des personnages de la première rangée : grâce à la présence de la Vierge, le Christ n’occupe plus le milieu de la composition. Les noms des apôtres sont inscrit en latin sur les archivoltes de même que les sujets tirés de la vie de Saint Marc qui ornent la partie inférieure. De ces derniers il vaut mieux ne rien dire : la part de l’ancien et du neuf n’est plus possible à faire. En somme ce devant d’autel est encore imposant, mais au point de vue historique, c’est un monument perdu. — Hauteur 1,00 ; longueur 3,220.
152) Devant d’autel. (Planche LXVI II, n.° 165).
Il est de brocart d’or à fond de velours noir. Travail vénitien du XVIIe siècle.
153) Devant d’ autel byzantin. (Planche LXVI II, n.° 166).'
Ce tissu de soie, de fabrication byzantine, est de couleur jaune. Au centre est étendu le Christ mort, près duquel se tiennent deux anges, vêtus de tunioues, tenant en main des Jlabella ornés de chérubins. Le fond est semé de croisettes inscrites deux dans des cercles, tandis que dans les angles sont figurés les symboles des quatre Evangélistes. Bordure de feuillages et de croisettes plus grandes. — Longueur 2,00 ; Largeur 1,520.
154) Chaire cV Alexandrie. (PI. LXIX,
J’ai donné plus haut (page 67) la description de ce siège monolithe en cipolin que la tradition considère comme la chaire de 1’ évangéliste Saint Marc. J’ai dit aussi quels doutes s’élevaient au sujet de l’ interprétation de 1’ inscription qu’ elle offre. Cette inscription a été successivement interprétée par Pietro Pasini (1833); le P. Secchi (1853); L. Biraghi (1853); Ascoli (1855) Lanci (1858); l’abbé Le Hir (1870) ; le P. Tarquini (1870) ; l’ abbé Bargès (1880); on trouvera dans l’ouvrage de Msr Pasini le détail de toutes ces interprétation assez différentes les unes des autres. — Hauteur 1,470; largeur 0,550.
155) Trône ducal. (Planche LXX,n.°168).
Cette chaire, en noyer sculpté, est ornée
sur son dossier d’un bas-relief représentant deux anges musiciens, debout de chaque côté d’un candélabre ; deux élégants pilastres soutiennent un fronton surbaissé, au tympan duquel est représenté le lion de Saint Marc. La tradition veut que ce siège soit celui où prenaient place les doges, quand ils assistaient aux offices à Saint-Marc ; mais il se peut très bien que ce beau meuble italien du XVIe siècle, entré depuis peu d’années seulement au Trésor, fit partie du mobilier du palais ducal.
156) Chasuble. (Planche LXXI, n.° 169).
Elle est entièrement tissue d’or et d’argent et porte les armes du pape Alexandre VIII, Pierre Ottoboni (1689-1691).
157) Chasuble. (Planche LXXII, n.°170).
Elle est en damas de soie blanche et
verte tissue d’ or, à très grands dessins formant compartiments. Travail vénitien, XVII e siècle.
158) Chasuble. ( Planche LXXII I, n.° 171). Elle est de brocart d’or et d’ argent à
grosses fleurs, entourées de feuillages formant compartiments. Travail vénitien.
XVIIe siècle.
159) Guipure. (Planche LXXIV, n.°172).
Cette guipure vénitienne du genre de
celles que l’on appelle punto rosa, n’ a pas moins de 46 centimètres de haut ; elle est accompagnée d’autres bandes de guipure semblable, destinées à garnir des vêtements écclésiastiques. L’ensemble, de la plus grande finesse et de la plus admirable conservation, mesure environ 30 mètres de long — XVIIe siècle.
160) Guipure. (Planche LXXV, n.° 173).
Cette guipure ( punto rosa) est destinée
à border une nappe d’autel. Travail vénitien, XVII e siècle — Hauteur 0,160 ; longueur 3,500.
161) Guipure. (Planche LXXV, n.° 174).
Cette guipure, destinée à border un
vêtement écclésiastique est décorée de fleurs et de grands rinceaux; elle mesure 21 centimètres de haut. Travail vénitien, XVII e siècle.
162) Devant d’autel en tapisserie. ( PI. LXXVI, n.° 175 et LXXVII, n.° 176).
Saint Pierre guérissant un infirme à la porte du temple de Jérusalem, tel est le sujet de cette tapisserie vraisemblablement florentine et du XVIe siècle. Il se pourrait que ce ne fut pas à proprement parler un devant d’autel, car elle a environ lr",500 de haut : ce pourrait être un simple tableau votif.
163) Dossiers de stalles en tapisserie.
(Planches LXXVII I, LXXIX, LXXX, LXXXI, n.° 177, 178, 179, 180).
Ces deux tapisseries, destinées à orner les dossiers des stalles du choeur de la basilique de Saint-Marc, mesurent chacune un mètre de haut sur 5m,900 de long : elles ont été exécutées, en 1550, dans l’atelier de Florence par le tapissier Flamand Jean Rost, d’après les carions de Jacopo Sansovino. C’est ce qui résulte d’ un contrat conservé dans les archives des Procurateurs de supra.
Au centre de la première de ces tapisseries, on voit Saint Marc baptisant et guérissant des malades ; à gauche une femme, symbolisant sans doute Venise, et
au fond une vue de la ville ; sur la mer, trois personnes dans une barque; peut-être est-ce une allusion au miracle de l’anneau de Saint Marc, arrivé en 1342? Dans la seconde pièce on voit Saint Marc trainé par les rues d’Alexandrie par les païens, après avoir guéri un possédé. Sur une pierre, vers la droite on lit, à côté de la marque de l’atelier de Florence, les dates de 1551 et de 1730; cette dernière doit indiquer l’époque d’une restauration.
164) Devant d'autel en tapisserie. (Planche LXXXII, n.° 181).
Comme dans toutes ces tapisseries offertés par les doges, le sujet représenté est le couronnement du doge lui-même. Ici c’ est Saint Marin qui reçoit de l’entant Jésus le bonnet ducal pour le remettre au doge Marino Grimaui, désigné par ses armoiries et 1’ inscription : MARINVS GRIMANVS VENETIARVM DVX MDXCV. A gauche, près de la Vierge, sont représentés l’Evangéliste Saint Marc et Saint Joseph appuyé sur un bâton.
Cette tapisserie d’or et de soie aurait, été exécutée à Florence par Marco Argimoni d’après un carton d’Alessandro Allori, dit le Bronzino.
165) Devant d’autel en tapisserie. (Planches LXXXII, n.° 182 et LXXXII a).
Ce devant d’autel, présent du doge Alvise Mocenigo, est en quelque sorte un mo* nument commémoratif de la bataille de Lépante dont il portela date «M.D.L.XXI.»
Le Christ bénit le doge, sur la tête duquel un ange pose une couronne de laurier, pendant qu’une femme, debout près de lui et symbolisant Venise, tient en mains l’étendard de la République. A gauche on voit Saint Marc, un Saint Evêque et Sainte Justine ; ce fut le jour de la fête de cette Sainte que fut livrée la grande bataille contre les Turcs. Cette tapisserie d’or et de soie est peut-être sortie comme la précédente des ateliers florentins.
166) Tapisserie. (PI. LXXXIII, n.° 183).
De même fabrication que les précédentes, elle représente Saint Marc guérissant un aveugle; elle est entièrement
composée de soie et d’or. — Longueur 2,80; hauteur 1,50.
167) Tapisseries de la Passion. (PI.
LXXXIVLàXXXVIII, n.° 184 à 193).
Ces dix pièces de tapisseries, mesurant chacune 1,85 sur 2,40, sont de laine et de fabrication flamande de la fin du XVc ou du commencement du XVI «siècle.
Les cartons ont été dessinés par un artiste flamand, mais ainsi que l’indiquent les lions ailés des bordures, ces tapisseries ont été fabriquées spécialement pour l’église de Saint-Marc. Voici les scènes qui y sont représentées : La Cène; Le Christ au Jardin de Oliviers et le baiser de Judas; Jésus devant Anne et Caïphe et la flagellation; Le Christ devant Ponce Pilate; le Christ portant la Croix; la Crucifixion; la déposition de la Croix ; la Résurrection; les Saintes femmes au tombeau et le Noli me tangere ; V incrédulité de S. Thomas.
168) Tapis persan. (Planches LXXXIX, et XC, n.° 194, 195).
Ce tapis est à fond d’argent; les fleurs et les rinceaux qui décorent le centre et la bordure sont d’or et de soie multicolore. C’est peut-être l’un des tapis envoyés par le Schah de Perse en 1603. Il sert, dans les grandes fêtes, à recouvrir la table sur laquelle on expose les reliques dans le Choeur de Saint-Marc. — Longueur 2,600; largeur 1.800.
169) Tapis persans. (Planches XCI, n. 196, et XCII, n.° 197, 198).
Ces tapis, à rosaces polychromes sur fond d’argent, travail ressemblent assez au précédent; ils font très probablement partie des quatre comme qui furent offerts à la République de Venise en 1622 par l’ambassadeur de Perse Sassuar; par décret du Sénat, ils furent aussitôt déposés dans le Trésor de Saint-Marc. — Longueur 2,00 et 2,990 ; largeur 1,50 et 1,400.
170) Bas-relief en marbre. (PI. XCIII, n.° 199).
Ce bas relief en marbre, placé au dessus de l’autel de la chapelle du Trésor, peut avoir été sculpté à Byzance ou en Italie
au VIe siècle. Son architecture fait penser aux momuments de Ravenne et aux sculptures en ivoire exécutées en Italie sous l’influence byzantine. Au centre, sous une arcade dont deux colonnes forment les pieds droits, se tient debout le Christ, bénissant à la grecque ; à droite et à gauche se tiennent les Apôtres ; les attitudes des personnages, les plis des vêtements sont encore tout à fait antiques. — Hauteur 1,110; largeur 2,00.
171) Grille en fer forgé. (Planche XCIII, n.° 200).
Cette grille en fer forgé et doré ferme l’entrée du Trésor: elle se compose de motifs ayant la forme de quatrefeuilles cantonnés de clous et assemblés ensemble.
Cette grille ne parait pas avoir été faite exprès pour la baie qu’elle ferme et on peut l’attribuer au XIIIe ou au XIV e siècle.