NOTICE SUR WENCESLAS HOLLAR
l'uisque l'occasion s'en présente , nous publierons ici pour la première fois une Notice que nous écrivîmes l'an passé, dans un moment de loisir, aux Touches, en Touraine, à l'aide de documents anglais. La vie de HoUav est d'ailleurs presque aussi intéressante que son œuvre.
Wenceslas Hollar naquit à Prague, en 1607, de parents tUstingués qui le destinèrent à l'étude des lois; mais il avait douze ans à peine, lorsque la guerre de Trente Ans ayant éclaté, son père prit parti contre les Impériaux et fut entièrement ruiné à la suite de la bataille de Prague, livrée en 1619. Hollar, qui ne se sentait aucun goût pour la profession que sa famille avait voulu lui faire embrasser, suivit alors sa vocation naturelle, qui était le dessin. Il alla se mettre pour quelque temps sous la direction de Mathieu Mérian, qui florissait à Francfort-sur-le-Mein et y gra-
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vait assez finemeut des paysages de sa compositi(.)u. A dix-huit ans, HoUar fit ses deux premiers essais, qui furent un ^cce homo et une Vierge, datés, en effet, de 1625. Il copia ensuite la Grande Fortune d'Albert Durer , estampe fameuse dont le paysage et les fonds sont si remarquables, comme s'il eût voulu s'exercer à rendre, par des travaux serrés, les plus menus détails d'une vue lointaine et à faire tenir beaucoup de choses dans un petit espace. Déjà , du reste, la netteté de sa plume, la finesse et le précieux de sa pointe le rendaient parfaitement propre à dessiner et à graver des vues de villes à vol d'oiseau , des monuments d'architecture, des bâtiments environnés de jardins, d'autant plus qu'ayant acquis des notions de géométrie et de perspective, il pouvait cacher l'exactitude d'un plan sous les apparences d'un paysage bien senti.
Dès qu'il put se passer de maître, Hollar se mit à voyager. Il alla de Francfort à Cologne, de Cologne à Anvers, et revint d'Anvers à Cologne, sans doute dans la pensée de s'y établir ; mais il eut • beaucoup de peine à y vivre. Il passa néanmoins quelques années à Cologne, à graver, d'après son dessin, des Vues qui attirèrent l'attention sur lui , notamment la Vue d'Herbipolis ou Wurtzburg au-dessous de laquelle il écrivit : Hollar delineavit in legatione Arundelianâ ad imperatorem. A ce sujet, il faut dire que le comte d'Arundel , ambassadeur de Charles I'^'' auprès de l'empereur d'Allemagne, se trouvait à Cologne en 1035, et qu'ayant vu un grand dessin de Hollar, représentant la ville de Prague, dessin à la plume et au pinceau, il en fut tellement ravi qu'il voulut connaître l'auteur et ses autres ouvrages. Et comme la plupart des vues que Hollar avait dessinées, étaieirt précisémeirt celles des villes que le comte d'Arundel se pniposait de visiter dans son airrbassade, il les regarda avec un double intérêt. Ce lord, a jamais illustre parmi les amateurs, par l'admirable portrait qu'en a peint Van Dyck et que Tardieu a gravé, était lui-même un curieux passionné et le plus grand collecteur d'objets d'art qu'il y eût alors en Europe. Il amena Hollar avec lui et lui promit de le recommander, en Angleterre, à la faveur de Charles I", connu pour aimer les arts et protéger les artistes. En effet, après s'être arrêté quelque temps dans les diverses grandes cités de l'Allemagne, à. Cologne, à Mayence, à Prague, à Nuremberg, à Augsbourg, à Wurtzbourg , à Francfort , à Regensburg oii était la cour impériale, et à Vienne, le comte d'Arundel repartit pour l'Angleterre à la fiii de décembre 1636, et il arriva à Londres au commencement de 1637, ayant avec lui Hollar.