LE TRESOR DE PENSEE
Les maximes de la morale sont comme des masses de rochers qui servent à traverser le torrent des passions.
La lecture des pensées est comme un voyage dans les montagnes où tout change à chaque pas.
Les bons préceptes sont des graines dispersées par le vent ; il y en a toujours quelques unes qui prennent racine.
La raison et la santé, le savoir et la vertu sont les vrais trésors de Thomme.
Le plus riche des hommes est celui dont l'âme est le mieux remplie de bons sentiments et resprît de bonnes pensées.
Plus rhomme s'élève, plus ses vues s'étendent.
La première des qualités sociales est l'abnè • gation de soi même.
La bonté est la première des vertus. •
L'abandon dans la vieillesse est le sort de l'égoïste.
Les actions sont plus sincères que les paroles.
Il y a deux morales, Tune passive, qui défend de faire le mal, l'autre active qui commande de faire le bien.
On ne s'acquitte pas envers les malheureux par une vaine exclamation de pitié.
La vertu trouve plus d'admirateurs que d' imitateurs.
Celui qui n'admire rien n'ofire rien à admirer.
De tous les admirateurs d'idoles, il n'y en a pas de plus insensé que celui qui s'adore lui-même.
Il ne faut désirer que ce que l'on peut acquérir.
Il n'y a point de gloire à vaincre des ennemis abjects.
L'homme abruti par la superstition est le plus vil des hommes.
Le vrai moyen d'adoucir ses peines est de soulager celles d'autrui.
La modestie aflfectée est plus insupportable que la vanité.
L'agitation du corps calme celle de l'âme.
Le sommeil est le paradis de l'esclave.
La peur aggrave le mal sans y remédier.
Les longs discours n'avancent pas les affaires.
Il est plus aisé d'être sage pour les autres que pour soi même.
Los sciences ont des racines amères mais les fruits en sont doux.
Les amusements puérils rapetissent l'esprit.
Tout ce qui est ancien a été nouveau.
Ce que nous nomtnons l'antiquité était la jeunesse du monde.
Les bons cœurs ne vieillissent jamais.
L'inaction est une mort anticipée.
Les hommes sentent plus qu'ils ne réfléchissent.
n est aussi facile de se tromper sans s'en apercevoir, qu41 est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.
Le plus grand art est de cacher Tart.
La nature est le premier des artistes.
Le mal le plus difficile à détruire est celui qui prend l'apparence du bien.
L'arbitraire est une arme à deux tranchants.
Bien des riches emploient leur argent à perdre leur temps.
N'employez pas votre temps à perdre votre argent.
.Le ridicule est l'arme favorite du vice.
Un sot a toujours assez d'esprit pour être méchant. ^
Rien n'assure mieux le repos du cœur que le travail de l'esprit.
L'attente du bonheur toujours renouvelée soutient la vie.
L'attention est le burin de la mémoire.
Le charlatanisme n'attrape que l'ignorance et la sottise.
L'aumône est la prière par excellence.
La vraie dévotion est la charité.
Le plus sûr dans la peur est d'avancer.
On est quelquefois un sot avec de l'esprit on ne l'est jamais avec du jugement.
Envier quelqu'un c'est s'avouer son inférieur.
L'opinion est le balancier d'un gouvernement libre et doit régler ses mouvements.
La béquille du temps fait plus de besogne que la massue de fer d'Hercule.
La fermeté unie à la douceur est une barre de fer entourée de velours.
La morale est la base du bonheur.
Le plus beau titre de l'homme est celui d'homme.
Les meilleurs fruits sont ceux qui ont été béquetés par les oiseaux, et les plus honnêtes gens sont souvent ceux que déchire la calomnie.
Les peuples sont comme les petits enfans, il ne faut que les bercer un peu pour les endormir.
La nature nous a fait un besoin de l'occupation ; la société nous en fait un devoir ; l'habitude nous en fait un plaisir.
Il importe plus de bien savoir que de savoir beaucoup.
Une belle femme plait aux yeux, un bonne femme plait au cœur ; l'une est un bijou, l'autre est un trésor.
Les cheveux blancs du vieillard vertueux sont une couronne dont le temps a orné sa tête.
Les blessures les plus sensibles sont celles du cœur.
La nature nous a donné deux oreilles, et une
seule bouche, pour nous apprendre qu'il faut plus écouter que parler.
C'est la dernière goutte de trop, qui fait répandre le vase.
Le méchant porte son bourreau dans son cœur.
Celui qui ouvre sa bourse aux malheureux, y renferme d'agréables souvenirs,
Les hommes faibles hurlent avec les loups, braient avec les ânes et bêlent avec les moutons.
Le désir de briller nuit au talent de plaire.
Faire grand bruit d'un petit succès, c'est avouer sa faiblesse.
Le monde paraît dans le lointain, comme un &isceau de fleurs ; de près ce n'est plus qu'un buisson d'épines.
Celui qui passe le but le manque aussi bien que celui qui n'y arrive pas.
n se fait plus de mal dans les cabinets qtie sur les champs de bataille.
Trop de magnificence est un défaut ; la richesse cache la beauté.
Le caissier est le meilleur juge d'une pièce de théâtre.
Les bons cœurs ne calculent jamais.
L'amour est une goutte céleste que Dieu a versée dans le calice de la vie pour en corriger Tamertume.
Les calomnies s'étendent comme les taches d'huile ; on s'efforce de les oter mais la marque reste.
Celui qui capitule avec sa conscience est sur le point de la trahir.
n faut se mettre à l'abri de tout reproche avant de se permettre la censure.
Le sage se censure lui même.
Ceux dont nous médisons valent ordinairement mieux que nous.
Chacun bâtit dans son cerveau un petit univers dont il est le centre.
Un cimetière est le champ de l'égalité.
Etre très content de soi-même est la preuve d'un mauvais goût.
On pread plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre.
Ceux qui ont toujours quelque chose à fidre doivent fuir ceux qui ont toujours quelque chose à dire.
La religion est la chaine d'or qui suspend la terre au thrône de l'éternel.
88. ^ Celui qui tient la chaine n'est gueres plus libre que celui qui la porte.
Le mensonge fait plus de chemin que la vérité.
Le présent n'est pour nous que le chemin de l'avenir.
La paresse chemine si lentement que la pauvreté l'a bientôt atteinte.
Un papillon n'est qu'une chenille habillée ; tel est le petit maître.
Ce qui est inutile est toujours trop cher.
Il n'y a pas de gens plus chiches d'éloges que ceux qui n'en méritent point.
Qui vit content de rien, possède toute chose.
Le ciseau' n'est pas le sculpteur; le corps n'est pas l'âme.
Rien n*est plus désagréable qu'un auteur qui se cite lui-même à tout propos.
Si tous les hommes sont frères, toutes les guerres sont des guerres civiles.
La voix de la conscience est si claire qu'il est impossible de ne pas l'entendre.
L'instruction est un trésor dont le travail est la clef.
Nous louons de bon cœur ceux qui nous admirent.
Vous triompherez mieux par le conseil que par la colère.
Au comble du mal on n'a plus rien à craindre.
Ce n'est pas sur le théâtre que sont les meilleurs comédiens.
Nul n'est libre qui ne se commande à lui-même.
Toute guerre finit par où elle aurait dû commencer — par la paix.
Voulez vous savoir comment il faut donner?
Mettez vous à la place de celui qui reçoit.
Le commerce en grand développe Tesprit, le commerce en détail le rétrécit.
L'homme sensible communique le sentiment à tout ce qui l'entoure.
C'est être en mauvaise compagnie que d'être seul dans le désœuvrement.
Un vice ne peut être compensé par de bonnes qualités.
Les pères trop complaisans font les enfans ingrats.
L'ambition est le complément de toutes les passions.
Rire d'une impertinence c'est s'en rendre complice.
Celui qui sait écouter, comprendre et applaudir est sûr de plaire en société.
Le bon est la condition principale du beau.
Nous ménagerions davantage la bourse d'autrui si nous la comptions comme la nôtre.
Le vrai moyen de se faire écouter est de dire beaucoup de choses en peu de mots.
Conduisez vous envers vos ennemis comme s'ils devaient être un jour vos amis.
Celui qui a perdu la confiance ne peut rien perdre de plus.
Les vieilles connaissances valent mieux que les nouveaux amis.
Les plus belles conquêtes sont celles qui se font dans le domaine des sciences.
Il n'y a pas d'homme que sa conscience trompe lorsqu'il juge les actions d' autrui.
Il est plus sûr de recevoir un conseil que de le donner.
La richesse ne consiste pas dans la possession de trésors, mais dans l'usage que Ton en fait.
Les rêves ont toujours été la consolation des malheuretix.
L'indulgence pour le vice est une conspiration contre la vertu.
Les imaginations vives sont rarement constantes.
La perfection d'un tout consiste dans l'accord de ses parties.
Un seul homme ne peut constituer une nation.
La république existe de fait chez toutes les nations dont les chefs sont dirigés par l'opinion publique.
La reine d' Angleterre est une reine d'abeilles.
Il 7 a des folies qui se communiquent comme les maladies contagieuses. — ^Témoin la tulipomanie, en Hollande, dans le dernier siècle.
La leçon de l'avenir est dans la contemplation du passé.
Les éditeurs sont encore plus sensibles à la critique que les auteurs.
22 L£ TBESOR DE PENSEES ;
Pour bien user de la vie il fieiut contempler la mort.
Beaucoup de têtes sont trop étroites pour contenir la vérité.
Voulez vous que tout ce qui vous entoure montre im air content ? Soyez libéral.
Le bonheur n'est que dans le contentement de Tesprit et du cœur.
L'envie ne conteste jamais la richesse à l'homme généreux, ni la mémoire à l'homme d'esprit.
Le fou est un mort vivant.
La pensée ne peut se contraindre.
L'esprit et le cœur se contredisent sans cesse.
On ne peut contrefaire le génie.
Les vieillards louent le passé et blâment le présent. Les flatteurs louent le présent et blâment le passé.
Le défaut d'éducation et de sensibilité se reconnait à l'oubli des convenances.
L'esprit est copiste, le génie est original.
La conversation doit être comme les jeux où Ton jette sa carte chacun à son tour.
La vertu convertit tout en bien; le vice convertit tout en mal.
Les passions des hommes sont pltls funestes au genre humain que les convulsions de la nature.
Les cordonniers sont des aristocrates aux yeux des savetiers.
La cordialité est préférable à Taffabilité.
Celui qui n'aime personne est un corps sans âme.
Les voleurs étudient la loi dans les tribunaux de police.
La satire aigrit plus qu'elle ne corrige.
156, Marchez à côté de la foule, jamais an milieu, ni en tête.
On ne surmonte jamais de dangers sans en courir.
Dieu couronne en secret ^innocence du juste.
La vie n'est courte qu'à raison du mauvais usage qu'on en fait.
Personne n'est content de ceux qui ne sont ' contents de personne.
Moins on tient de place plus on est à couvert.
Il vaut mieux se faire aimer que de se faire craindre.
Acheter à crédit c'est payer deux fois.
Le malheureux est crédule.
Aux regards de l'envie tout succès est un crime.
Le flambeau de la critique doit éclairer et non brûler.
Un pays qui croupit dans l'ignorance est comme ces mares qui fourmillent de reptiles dangereux.
La justice est coupable lorsqu'elle est cruelle.
Les chagrins les plus cruels sont les chagrins secrets.
La rose n'a d'épines que pour celui qui la cueille.
La cupidité du riche est une misère factice.
Il n'y a personne de moins curieux d'apprendre que les gens qui ne savent rien.
La vue de l'ivrogne est la meilleure leçon de tempérance.
Il n'y a pas de piège plus dangereux qu'une jolie tête sur un mauvais cœur.
L'instinct est pour les animaux un guide plus sur que la raison pour l'homme.
Otez les passions du monde, il reste immobile ; déchaînez les, il est bouleversé ; réglez les, il marche au bonheur.
Quand la fortune nous décharge du travail elle nous accable du temps.
Peu d'hommes raisonnent tous veulent décider.
Il ne faut jamais se décourager, le succès vient à Timproviste.
Craignez celui qui vous craint.
On triomphe de la calomnie en la dédaignant.
Il est plus facile de se défendre contre la violence que contre la perfidie.
Qui promet trop inspire la défiance.
Le silence est le parti le plus sûr pour celui qui se défie de lui-même.
L'opulence déguise bien des vices.
On est très délicat sur les devoirs de la probité lorsqu'on juge la conduite des autres.
Ne demandez jamais aux autres ce que vous pouvez vous procurer vous-même.
On demande quatre choses à une femme : que la vertu habite dans son cœur ; que la modestie brille sur son front ; que la douceur découle de ses lèvres ; et que le travail occupe ses mains.
Les fous les plus dangereux sont ceux qui ne le sont qu'à demi.
En matière de goût il ne peut y avoir de démonstrations.
La pitié est presque toujours si dédaigneuse qu'il faut être bien malheureux ou bien vil pour y avoir recours.
Qui convient de ses torts commence à les" réparer.
La crainte est le plus cruel supplice.
Depuis des milliers d'années la bonne vieille humanité s'applique à démêler le fil de la vérité de ceux du mensonge sans pouvoir y parvenir.
La vertu est comme la vérité, les ornements la déparent.
Le bonheur d'un homme est en raison inverse du nombre de ses besoins.
Gardez vous de plaisanter aux dépens du bon sens.
Le dépit éloigne la prudence et le succès.
n ny a rien de plus déplaisant qu'une plaisanterie continuelle.
La vraie gloire ne peut être dérobée par la satire.
Le sage se désapprouve souvent lui-même.
Le désappointement marche en souriant derrière l'enthousiasme.
Le temps désarme la beauté.
La soumission désarme la colère.
Ne faites rien dont le désaveu de votre cœur puisse faire naître un remords.
Le mal est toujours à côté du bien et le bien à côté du mal.
Le soleil couchant est jaloux de la lune qui se lève.
Ne faites jamais couler les larmes ; Dieu les compte.
On peut guérir d'un coup d'épée mais très difficilement d'un coup de langue.
Le vrai courage est de savoir souffrir.
Un excellent moyen d'être content de sa situation c'est de la comparer à une plus mauvaise.
Une grande âme ne peut descendre au mensonge.
Ce qu'il y a de désespérant dans les révolutions, c'est qu'elles n' instruisent jamais personne.
C'est un bien d'avoir ce qu'on désire ; c'en est un plus grand de ne désirer que ce qu'on a.
Le moindre ennemi peut faire plus de mal que l'ami le plus zélé ne peut faire de bien.
Le corps est le tyran de l'âme.
Changer souvent c'est se critiquer soi-même.
Il y a des choses qu'il faut voir pour les croire il y en a^ d'autres qu'il faut croire pour les voir.
219, Le désordre et les fantaisies font plus de pauvres que les vrais besoins.
La fortune met au dessus des besoins, mais non pas des désirs.
Le destin de rhomme est la conséquence de sa conduite.
L'esprit détaille ; le génie généralise.
Celui qui craint Dieu ne craint que lui.
Les hommes habiles ne commandent pas à la fortune, mais ils Tattirent.
Les méchants détestent Thomme qui médite.
Il est très facile de tromper l'homme et très difficile de le détromper.
On augmente son crédit quand on l'emploie pour la cause de la justice.
L'art de dépenser est aussi précieux que l'art d'acquérir.
Le malheur peut devenir une source de félicité.
Les qualités de l'esprit se développent quelquefois aux dépens de celles du cœur.
L'expérience et la prudence sont deux bons devins.
Goûter un peu de tout est Tingénieuse devise du sage.
Le temps dévoile le crime.
Combien de personnes doivent leurs vertus à la nature et leurs défauts à Téducation !
(Et vice versa.)