Jamais la vérité ne sera diatribe
Pour un œil perçant le mensonge est diaphane.
L'impatience voudrait dévorer le temps, lui qui dévore tout.
Dieu est aussi nécessaire que la liberté.
On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.
On blâme les malheureux pour se dispenser de les secourir.
Faites du bien à tous sans distinction.
Celui qui peut offrir aux hommes une masse d'espérances suffisante, dispose d'eux à sa volonté.
Il est toujours dangereux de mettre son bonheur à la disposition d'un autre.
Les disputes de mots deviennent aisément des disputes de choses.
On commence par disputer parceque Ton ne s'entend pas, et Ton finit par ne pas s'entendre parceque Ton a disputé.
Souvent le dissipateur se voit réduit à chercher dans la rue Targent qu'il a jeté par la fenêtre.
Qui craint de souffrir souffire déjà.
N'espérez jamais sans désespoir, et ne désespérez jamais sans espoir.
Les talents et la veitu seuls distinguent les hommes aux yeux de la philosophie.
Il faut avoir assez d'empire sur soi, pour que les objets de distraction ne deviennent pas des sujets d'occupation.
J'aime les gens distraits : les méchants ont toujours de la présence d'esprit.
On vit longtemps quand on pense beaucoup. .
S'il faut du courage pour se donner la mort, il en faut plus pour surmonter la douleur.
La politesse est comme Feau courante qui rend unis les plus durs cailloux.
Ne vous courbez que pour encenser la vérité.
Un pays libre a côté d'un pays esclave sert à celui-ci de miroir pour voir ses difformités.
On peut juger du peu de cas que Dieu fait des richesses par la manière dont il les distribue.
Les financiers soutiennent Tétat comme la corde soutient le pendu.
La mort n'a rien d*afl5-eux pour celui qui n'a rien à craindre dans une autre vie.
Une ignorance complète vaut mieux qu'une éducation mal digérée.
Les dignités ne sont que quelques syllabes de plus pour une épitaphe.
Les disgressions sont comme la parure d'une jolie femme, elles font perdre de vue l'objet principal.
La diligence n'a pas de plus sincère admirateur que le paresseux.
Ne parlez pas de vous au superlatif de peur qu'on n'en parle au diminutif.
La chose la plus importante pour la plupart des hommes dans le cours de leur vie, c'est un bon dîner.
L'encre des diplomates s'efface aisément si on ne la desséche avec de la poudre à canon.
La diplomatie est la police en grand costume.
Que de gens parlent et écrivent beaucoup pour ne rien dire.
Les jeunes gens disent ce qu'ils font, les vieillards ce qu'ils ont fait, et les sots ce qu'ils ont envie de faire.
La contradiction directe n'est pas le meilleur moyen de ramener les gens à la raison.
L'opinion publique ne résiste pas au pouvoir dirigé par la raison.
Il faut avoir du mérite pour discerner le mérite dans les autres.
La personne la plus discrète se trahit par des bagatelles.
L'éloge immodéré fait plus de mal que la sanglante critique.
On croit ce qu'on peut et non pas ce qu'on veut.
La curiosité est le défaut des sots qui s'occupent des sottises des autres.
La défiance est fille du malheur.
Le cœur sç desséche toujours en se corrompant.
Ce que vous dépensez follement se change en repentirs; ce que vous dépensez sagement se change en jouissance.
Les louanges médiocres ne procurent que peu de satisfaction.
La faiblesse et la peur se désespèrent aisément.
On aime à deviner les autres ; on n'aime pas à être deviné.
La raison et la vérité s'enfuient quand elles entendent disputer.
Les gens qui se divertissent trop s'ennuient.
n n'y a que la modestie et la docilité qui puissent faire excuser l'ignorance.
C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique.
La morale est une et immuable, les dogmes sont multiples et changeans.
Nos domestiques deviendront nos ennemis si nous ne sommes pas leurs amis.
L'âme doit dominer le corps ; la pensée précède l'action.
Dompter sa colère c'est vaincre un grand ennemi.
29L C'est faire un double don à celui qui est dans le besoin que de lui donner sans qu'Û demande.
La vanité se pare de ses fers lorsqu'ils sont dorés.
La beauté de l'esprit donne de l'admiration ; celle de l'âme donne de l'estime.
L'homme est un mystère pour lui même.
Les amans^ les jGrîpons et les gens d'esprit se devinent.
On est doublement malheureux quand on Test par sa propre faute.
Douter de tout est un signe de folie ; ne douter de rien est un signe d'orgueil.
Un cœur droit est le premier organe de la vérité.
La finesse est voisine de la duplicité.
La crainte a plus d'empire sur nous que Fespérance.
Les plus hautes dignités sont des piédestaux qui rapetissent les hommes sans mérite.
• n vaut mieux ne rien dire que de dire des riens.
Une belle vieillesse est l'enfance de l'immortalité.
La charité sait deviner.
Rien n'est plus propre à faire échouer l'artifice et la finesse, que la candeur et la simplicité.
Nos douleurs sont des siècles ; nos plaisirs sont des éclairs.
La bonne économie tient lé milieu entre l'avarice et la prodigalité.
Ceux qui se disent amis de tout le monde ne le sont de personne.
L'homme se rend maître de lui même en dirigeant le cours de ses idées.
Tout ce qui est d'une étemelle dispute est d'une étemelle inutilité.
31L Le menteur ne se croit pas lui-même.
De petits intérêts décident des grandes affaires.
Le moyen de faire des découvertes est de chercher toujours.
Le temps découvre tout.
Il n'y a que les bons cœurs et les bons esprits qui aient de la délicatesse : les autres ne sçoupsçonnent pas même ce que c'est.
La profusion dénote l'absence du goût et du jugement. ...
La plus forte dépense est celle du temps.
La perte d'un ami dépeuple l'univers à nos yeux.
Celui qui ne -comptera jamais sur rien ne sera jamais désappointé.
On perd à se désespérer d'un mal plus de temps qu'il n'en faudrait pour 7 remédier.
On rencontre sa destinée par le chemin que Ton prend pour l'éviter.
Celui qui se trompe volontairement ne peut se détromper.
Les mots Moi et Je sont la devise de l'égoïsme et de la vanité.
Tôt ou tard l'hypocrite, se dévoile.
L'homme sincère a le cœur transparent.
On aime mieux dire du mal de soi, que de n'en pas parler.
La plus flatteuse des dominations est celle qui s'exerce sur les cœurs.
L'ingrat cherche des torts à son bienfaiteur.
La vraîe douceur est dans Tâme.
On n'est jamais plus dur pour les autres que lorsqu'on est trop indulgent pour soi.
Rien n'est durable que ce qui s'accomode à la nature.
Le travail écarte l'ennui le vice et la misère.
Les diamans éclairent la laideur.
Le prodigue est esclave et l'économe roi.
Les petites économies font les grandes fortunes.
Le style n'est que l'écorce.
On ne peut écraser que ce qui rampe.
Le talent d'écrire consiste à faire penser.
La passion est l'écueil du jugement.
La renommée de beaucoup de gens s'efface avec leur épitaphe.
En visant trop à Fesprît on le manque.
L'égoïste a son coeur dans la tête.
La haine du méchant est un éloge.
Les larmes sont Téloquence des femmes.
En ne disant jamais que la vérité vous éviterez les embarras que suscite le mensonge.
Les vertus s'embellissent mutuellement.
Le flambeau de la. vérité s'obscurcit lorsqu'on l'agite violemment. »
Le bon sens l'emporte sur l'esprit.
L'empressement donne du prix aux plus petits services.
Pour se défaire d'un importun il faut lui demander des emprunts, .
Les pensées morales sont des clous d'airain qui
s'enfoncent dans râmè, et qu'on n'en peut arracher.
Le sage ne dit pas ce qu'il fait, mais il ne fait rien qui ne paisse être dit
Une des choses que les hommes pardonnent le moins, c'est la contradiction de leurs opinions.
On est presque toujours mené par les événements, rarement on les dirige.
Pour bien discerner les choses il ne faut être ni trop près ni trop loin.
Il faut être bien maître de soi pour discuter, sans disputer.
Nul n'est plus ennuyeux que l'ennuyé,
Les hommes civilisés aiment les disputes comme les sauvages aiment les combats.
La louange comme le vin augmente les forces quand elle n'enivre pas.
L'homme est le plus cruel ennemi de l'homme.
Les femmes n'ont pas de plus cruels ennemis que les femmes.
Il faut s'entendre sur les mots avant de pouvoir s'entendre sur les choses.
Les grandes et les petites âmes ne peuvent jamais s'entendre.
Le rire du sage se voit et ne s'entend pas.
Otez l'enthousiasme, l'héroïsme s'évanouit.
Moins on a d'idées plus on y tient.
L^ennui est entré dans le monde avec la paresse. «
Le temps enveloppe tout dans les ténèbres de l'oubU.
Souvent ceux à qui nous portons envie sont plus à plaindre que nous.
L'épicurien trouve détestable tout ce qui n'est pas excellent.
La vie est une épigramme dont la mort ^t la pointe — ^une énigme dont la mort donne le mot.
L'oreiller du criminel est plein d'épines.
Une bonne conscience est le meilleur des oreillers.
Nul homme n'est sage à toute heure.
L'envie rend odieuses les personnes qui en sont atteintes.
La franchise est si belle que ses charmes adoucissent la hideur du vice.
Les pays sans hiver n'ont pas de printemps.
On amuse les enfants avec des hochets et les hommes avec des paroles.
La solitude est le creuset de Tesprit, le bon s'y épure ; le faux s'y évapore.
L'équité l'emporte sur la loi.
Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.
Rkn de beau ne peut naître en dçs esprits esclaves.
Le bon esprit concilie les hommes ; le bel esprit les divise.
L'estime de soi-même est une des premières conditions du bonheur.
La politesse n'est souvent que de Tor étendu sur du fer.
Une étoffe mince montre bientôt la corde.
L'étude est la vie de Tesprit.
Faute d'aliments l'esprit meurt d'inanition.
La mémoire est l'étui de la science.
Tous les principes de l'évangile sont les principes de la nature.
Les amis de table s'évanouissent après le dessert.
Il n'est permis d'exagérer que les bienfaits qu'on a reçus.
Examinez vous vous-même avant d'examiner les autres.
Tout s'acquière par l'exercice, même la vertu.
46 LE TRESOB DE FENgEES;
Celui qui nie IMeu parce qu'il ne peut Texpliquer peut il s'expliquer lui même ?
La {^ysionomie est l'expression du caractère et du tempérament.
La véritable éloquence e3t une expression de rame.
La pensée est la première faculté de l'homme; l'exprimer, un de ses premiers besoins, et la répandre sa liberté la plus chère,
Les grandes douleurs sont muettes.
400, Ne prenez pas les motifs extraordinaires pour les meilleures raisons.
Ceux qui n'ont à dire que des choses ordinaires, s'eflforcent d'employer un style extraordinaire.
La rage de dire dès choses nouvelles fait inventer des choses extravagantes.
Tous les maux naissent des extrêmes.
Dans les discussions, celui qui se f&che a tort.
Il vaut mieux être quelquefois trompé que de vivre dans une continuelle méfiance.
n est plus facile de contenter le corps que l'esprit.
La manière de donner a plus de prix que ce que l'on donne.
On a quelquefois tort par la manière dont on a
rsdson.
Les âmes généreuses interprêtent favorablement les procédés douteux.
Deux grandes faétions se divisent Fempîre du monde; celle des heureux et celle des malheureux.
L'imagination est la seule faculté céleste que rhomme dégradé par le crime conserve dans toute sa force.
Une louange fade ne fait honneur ni à celui qui la donne, ni à celui qui la reçoit.
La vanité mécontente fait de nous des fagots d'épine.
Les gens faibles sont les agents des mécbants.
La force des femmes est dans leur faiblesse.
La plus grande de toutes les faiblesses est la crainte de paraître faible.
H est plus facHe de faire un méchant d'un homme vertueux, qu'un homme vertueux d'un méchant.
Une femme d'esprit fait tout ce qu'elle veut d'un mari qui l'estime.
Faites bien sans vous en vanter.
Nul n'est plus odieux que celui dont l'occupation unique est de faire de l'esprit aux dépens d'autrui.
Les hommes sont des plantes qui se fanent avant de mûrir.
Les âmes basses et les reptiles s'enfoncent dans la fange pour n'être pas écrasés.
Une fantaisie satisfaite ne donne jamais autant de plaisir qu'une bonne œuvre.
Il faut à presque tous les esprits un être fan-
AND TRAVÊLLER'S MEKTAL COMPANION. 49^
tastîque, objet de leur culte : ce sera la beauté, la gloire ou la fortune.
Le bonheur et la vérité sont des fantômes qui se perdent dans les ténèbres.
La louange outrée est un fardeau pour le sage*
427, On ne peut juger la farine que quand le pain est cuit.
Le médisant est la plus cruelle des bêtes farouches, et le flatteur la plus dangereuse des bètes privées.
L'amour du faste éteint la bienfaisance.
Toute négligence pent être fatale à une petite fortune.
H vaut mieux mourir de fatigue que d'ennui.
432, Tant qu^une faute est cachée on ne la croit qu'à demi commise.
Le faux n'est jamais durable,
Un raisonnement faux choque plus qu'un faux accord.
L'esprit de parti voit tout sous un faux jour.
La faveur fait rarement de bons choix, elle repousse le mérite.
Personne nlgnoreque la fortune est inconstante, mais chacun compte sur une exception favorable.
La fortune sacrifie de temps en temps l'un de ses plus chers favoris, pour servir d'exemple aux autres.
La pitié est la source la plus féconde de toutes les vertus sociales.
Si nous y étions moins accoutumés, l'univers nous paraîtrait une féerie, dont TEtemel est le magicien.
Les femmes ne doivent rien voir qu'à travers le voile de la modestie.
Il y aura toujours quelque chose de nouveau à dire sur les femmes, tant qu'il en restera une sur la terre.
Il est heureux pour l'homme que son sang soit coloré par le fer et non par l'or.
Il est aisé d'être féroce lorsqu'on est insensible.
L'ambition remplit la tête et ferme le cœur.
L'auréole de la gloire n'est souvent qu'un feu follet.
L'espérance s'étend, comme For en feuille, sur toute la vie.
Ce n'est pas trop de la vie d'un sage pour écrire autant de feuillets qu'on en peut lire aisément en un jour,
Des feuillets non coupés accusent un auteur.
Le fiel est l'encre des mauvais cœurs.
4ÔL Celui qui ne se fie point à lui-même ne se ûe jamais à personne.
Le vrai mérite n'a pas de fierté.
L'orgueil n'est jamais mieux déguisé que lors qu'il se cache sous la figure de l'humilité.
C'est dans le passage du sens propre an sens figuré qui la vérité se métamorphose en erreur.
Les rêves nous figurent la vie à venir»
L'orgueil figure mal avec la misère ; Tamour avec la vieillesse.
Pour bien sentir le prix de ce que vous possédez, figurez- vous que vous l'avez perdu.
n est quelquefois difficile de distinguer entre rindolence et la patience.
Le fil de la vie se relâcherait s'il n'était mouillé de quelques larmes.
Dans toutes les révolutions il y a des hommes qui en tiennent secrètement le fil et cherchent à en recueillir les fruits.
L'admiration, la servitude et Taudace sont filles de l'ignorance.
La vraie philosophie est fille du jugement et de la bonté.
Le remords est fils de la pitié. .
Le repentir est fils de la vertu.
Le fanatisme est fils de l'ignorance.
On peut être plus fin qu'un autre, mais non pas plus fin que tous les autres.
Un homme fin ne peut être un grand homme, ni même un honnête homme.
n faut être bien fin pour Têtre toujours.
Le fin trouve toujours un plus fin qui Tattrape.
Le sot trouve toujours un plus sot qui Tadmire.
La finesse flotte entre le vice et la vertu.
La plus grand finesse est de n'en point avoir.
n faut connaître toutes les finesses et n^en point user.
La vertu finit où l'excès commence. *
Lé flambeau de la discorde ne s'éteint que dans les larmes et le sang.
Le flambeau de la vérité fait souvent pâlir rédat de la gloire, et brûle la main de celui qui
le porte.
Tout ce qui reluit n'est pas or ; et tout ce qui est or ne reluit pas.
Le fruit de l'expérience est tardif.
Les fruits de la gloire sont toujours difficiles à cueUlir et souvent amers.
Le soupçon est souvent le finit d^une mauvaise conscience.
Les temps les plus heureux sopt les plus fugitifs.
Celui qui flatte s'avilit.
Moins on vaut plus on se flatte.
L'amour propre est le plus grand de tous les flatteurs.
Le matérialisme dessèche le cœur, et flétrit l'imagination.
Le vrai matérialiste ne peut avoir ni foi ni loi.
Nous croyons plus volontiers les mensonges qui nous plaisent que les vérités qui nous déplaisent.
Nul chemin de fleurs ne conduit à la gloire.
Les biens et les maux sont deux fleuves qui ont si bien mêlé leurs eaux, qu'il est impossible de les séparer.
AND TBAVELLEr's MENTAL COMPANION. 55
La douceur des fonnes n'exclut pas la fermeté de caractère ; le cable flexible résiste à la fureur des flots.
Après une violente tempête le moindre flot qui s'élève inspire de l'effroi.
L'esprit humain est perpétuellement agité par le flux et le reflux de l'erreur et de la vérité.
Les dévots ont la foi et l'espérance mais souvent la charité leur manque.
Nulles personnes n'engagent leur foi avec plus d'ostentation que celles qui la violent davantage.
On est embarassé sur tout lorsqu'on n'est do bonne foi sur rien.
Il faut réfléchir plusieurs fois à ce qu'on ne peut faire qu'jine fois.
Les folies des autres ne servent jamais à nous rendre plus sages.
Tôt ou tard la force détruit ce qu'a fait la violence.
Il n'y a rien de durable que ce qui est fondé sur la vérité, la justice et la vertu.
U vaut mieux se taire que de se forcer à parler.
ôOl.
Fautes d'idées nouvelles le romantisme forge des mots nouveaux.
Sous quelque vilaine forme que la fortune se présente on la trouve toujours belle.
Ecoutez les partis pour former votre opinion^ mais ne disputez point avec eux.
L'homme fort souffre sans se plaindre, l'homme faible se plaint sans soufirir.
La liberté n'aime pas la foule.
La fourberie est plus dangereuse qu'utile.
Dieu est si clairvoyant, dit un proverbe Turc, qu'il aperçoit ime fourmi noire qui marche sur le marbre noir.
Le cœur de l'ambitieux est une fournaise ardente.
n n'est point de fortune capable de fournir à la prodigalité.
Un glaive tire souvent de son fourreau s'use prompteraent.
Du fracas des fêtes il ne reste que la lassitude.
La fortune est comme le verre, brillante et fragile.
L'homme fragile pèche contre ses principes, rhomme faible les abandonne.
L'esprit sans jugement est un appui fragile.
SanB le soutien d'un Dieu, la morale est fragile.
Une vanité franche déplait moins qu'une fausse modestie.
L'espérance franchit la tombe.
La franchise ne consiste pas à dire tout ce qu'on pense, mais à ne dire que ce qu'on pense.
Les préceptes de morale qui nous frappent le plus sont ceux où nous voyons la satire d'autrui.
Une seule âme pourrait user mille corps.
Le vice empoisonne les plaisirs, la paseion les tue, la modération les aiguise, Tinnocence les épure, la bienfaisance, les multiplie, Tamitié les double.
Le génie est le frère aine de l'imagination .
La noblesse est un sol qui retourne promptement en friche, s'il n'est constamment cidtiyé par le mérite et la vertu.
On commence par être dupe, on finit par être fnppon.
Rien n'est plus funeste â l'homme que de n'avoir plus rien'â désirer.
Si l'opinion n'était par la voix de l'intérêt personel on ne la défendrait pas avec tant de fureur.
L'esprit humain ne peut juger du futur qu'en calculant d'après le passé.
Le vrai moyen de gagner beaucoup est de ne pas vouloir trop gagner et de savoir perdre à propos.
Fuyez les sots, la bêtise se gagne»
L'homme gai n'est jamais dangereux.
Les gens gais dehors sont souvent tristes chez eux.
La gaîté n'est jamais pure quand la conscience ne Test pas.
Les voyageurs qui traversent un pays au galop sont sujets à le juger légèrement.
Les dernières années d'un garçon sont tristes, a dit Voltaire.
Il vaut mieux garder son Secret que de le donner à garder aux autres.
C'est une égale folie de gémir on de rire d'un malheur inévitable.
n n'y a pas de gène plus cruelle que celle de n'oser dire ce que l'on pense.
La générosité consiste à se priver soi-même pour donner aux autres.
Le bon goût et le génie sont inséparables.
60 lE TRESOR DE PENSEES ;
La résignation est le genre de courage le plus rare.
Beaucoup de personnes froides en apparence sont des volcans couverts de glace.
Ô4Ô, Un conquérant a dévasté la terre pour la couvrir de ses arcs de triomphe ; et il ne reste pas une seule pierre qui indique où il gît.
L'intérêt, la vanité, la mode et la santé sont les ^ quatre vents qui font tourner les girouettes humaines.
La fortune de§ riches, la gloire des héros, la majesté des rois, tout finit par, ci-gît.
Le feu du génie ne peut s'allumer dans un coeur de glace.
Il est plus glorieux de se vaincre soi-même que de vaincre les autres.
Un fat sans esprit est comme un dindon qui glousse en faisant la roue.
Affronter la mort pour vivre dans Thistoire, c'est offrir un grand prix pour une goutte d'encre*
Les passions gouvernent mal
ôôO.
Le despotisme en passant des mains des gouvernants dans celles des gouvernés ne cesse pas d'être despotisme.
La bonne grâce consiste à n'avoir rien d'affecté.
L'humeur mène à l'impatience, Timpatience à la colère, la colère à l'emportement, l'emportenaent à la violence, la violence au crime.
C'est un malheur de n'avoir jamais été dans l'adversité.
Tel que nous admirons de loin, n'est pas grand chose de près.
La gravité n'est que l'écorce de la sagesse.
La vanité se repait des aliments les plus grossiers.
N'irritez pas les guêpes.
£n ne demandant guère à la fortune on obtient souvent d'avantage.
Dans la guerre d'amourla défaite est une victoire.
Dans les guerres civiles la victoire est une défaite.
La conviction de rame est un guide aussi sûr que le raisonnement.
Aux yeux de la philosophie les drapeaux ennemis, suspendus comme des trophées dans les édifices publics, ne sont que de misérables haillons, dont la vue fait gémir l'humanité.
L'esprit pour être trop fin devient imperceptible.
C'est une grande imperfection que de se croire parfait.
Le ton impérieux masque la faiblesse.
Les petits esprits mettent tant d'importance aux petites choses qu'ils ne voient pas les grandes.
Pour juger de l'importance réelle d'un individu il faut songer à l'efiet que produirait sa mort.
Les vérités qu'il importe le plus de savoir sont celles qu'on aime le moins à entendre.
La faim donne au pauvre le droit sacré d'importuner le riche.
L'importun s'importime lui-même; il ne cherche quelqu'un que pour se fuir.
Il n'y a pas de plus douces jouissances que les privations que l'on s'impose pour le bonheur de ceux qu'on aime.
Demander l'impossible c'est se refiiser soimême.
Les grands événemens sont presque toujours imprévus.
L'impudence est le dernier échelon du vice.
Le crime est quelquefois impuni, mais jamais tranquille.
L'incertitude est, après le désespoir, l'état le plus difficile à supporter pour le cœur humain.
La nature donne les inclinations ; l'éducation leur oppose les habitudes.
Pour la jeunesse la vie est incommensurable, l'âge mûr en aperçoit les limites, et la vieillesse y touche.
Le mérite d'autrui incommode les gens vaina.
Les gens trop polis sont incommodants.
Un célibataire est un être incomplet.
Pour ne vouloir admettre d'incompréhensibles vérités, les philosophes tombent dans d'incompréhensibles erreurs.
Ceux qui prétendent mépriser Tespèce humaine sont souvent ceux qui font tout pour obtenir son admiration.
n existe entre Thomme et Tinconnu des rapports mystérieux mais incontestables.
L'homme indépendant est im être idéal.
Le plus long chapitre de l'histoire de l'homme est celui de ses inconséquences.
Un mot inconsidéré peut faire le malheur de toute la vie.
Une mauvaise langue est l'indice d'un mauvais cœur, ou d'un mauvais esprit.
L'homme riche qui ne voit pas des créanciers dans ses frères indigens trompe la providence.
C'est une action lâch^ d'attaquer les morts.
Une critique injuste équivaut à un éloge.
Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions.
Les hommes les moins indulgents ont le plus besoin d'indulgence.
Il n'y a de guerres justes que celles qui sont inévitables.
Les gens inexcusables sont les plus féconds en excuses.
L'intérêt est un juge inexorable.
Ceux qui contestent rîufaillibilité d'autrui se croient eux même infaillibles.
Dieu seul est infaillible.
La plus ridicule infatuation est celle d'un sot infatué de lui-même.
Le jugement des supérieurs se reconnait à la confiance ou à la défiance de leurs inférieurs.
Le fanatisme change q^ religion de haine une religion d'amour.
L'âme sensible est comme une harpe Eolienne.
Le hasard est un mot qu'inventa l'ignorance.
Hâtez vous lentement et vous avancerez.
Nous louons hautement les qualités que nous croyons avoir, et nous admirons, en silence, celles dont nous sommes privés.
Il faut avoir hérité des vertus de ses aïeux pour avoir le droit de jouir de leur gloire.
Les fainéans savent toujours l'heure qu'il est.
Nos opinions font partie de nous-mêmes, ceux qiii les heurtent nous blessent.
Il est honteux de dire ce qu'il n'est pas honnête de faire.
Ne sacrifiez point votre honneur pour arriver, aux honneurs.
Ce ne sont point les places qui honorent les hommes, mais les hommes qui honorent les places.
Le sage a honte de ses défauts, mais n^a pas honte de s'en corriger.
Lorsque ceux qui commandent ont perdu la honte, ceux qui obéissent perdent le respect.
Le malheur obscurcit le plus bel horizon.
L'homme orgueilleux dans sa force devient humble dans sa faiblesse.
L'humeur est un poison qui corrode le cœur.
L'humiliation est un des chagrins qui nous affectent le plus et dont nous parlons le moins.
Les hommes qui n'ont que de l'esprit sont les rivaux humiliés des hommes de génie et souvent les détestent.
L'homme qui se respecte ne s'humLLie que devant 'Dieu.
L'espérance vit d'hypothèses.
L'hyperbole comme- le microscope, exprime au-delà de la vérité, pour conduire l'esprit à la mieux connaître.
L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.
Les idées gouvernent le monde.
Ceux qui s'idolâtrent sont rarement idolâtrés.
La mode est la grande idole des femmes.
L'ignorance est la plus grande maladie du genre humain.
Le plus noble prix de la science est le plaisir d'éclairer l'ignorance.
Une perte ignorée n'est pas une perte.
La plus grande ignorance est de s'ignorer soimême.
La liberté illimitée n'est que license.
Le cœur est la source la plus ordinaire des illusions de l'esprit.
L'absence est l'image de la mort,
L'insensibilité est une preuve de l'imbécillité de l'âme.
On dépeuplerait le Parnasse si Ton en chassait les imitateurs.
L'homme est mortel par ses craintes, immortel par ses aspirations.
L'impartialité est la vertu des grandes âmes, et la qualité des esprits justes.
Qui souôre impatiemment souffre deux fois,
L'impatience nuit au succès.
La faction la plus redoutable est celle des impatients.
L'intrigant est comme l'araignée qui entoure sa proie de fils imperceptibles.
Nous haïssons ceux qui nous font sentir notre infériorité.
Les infiniment petits ont souvent un orgueil infiniment grand.
On ne soulage pas son infortune en la faisant partager aux autres.
Le sage reçoit les injures, mais ne les accepte pas.
L'erreur est tellement inhérente à Tesprit de l'homme que les fous se croient sages et les sages se croient fous.
Nous feignons de trouver inintelligibles ceux qui veulent nous faire comprendre nos torts.
La joie du méchant inquiète Thonnête homme.
Le soleil et la fortune font briller jusqu'aux insectes.
L'insolence n'est qu'une fausse apparence de grandeur,
Les sentiments s'inspirent et ne se commandent pas.
Chaque instant est celui de la mort d'un homme et de la naissance d'un autre.
Les femmes doivent être instruites sans être savantes.
Nos âmes sont des instruments que la voix, les gestes et les regards font retentir.
La suffisance est presque toujours compagne de l'insuffisance.
Oh s'élève au-dessus de ceux qui insultent en leur pardonnant.
Celui qui se rend însuportable aux autres le devient bientôt à lui-même.
L'esprit s'épuise ; le langage du cœur est intarissable.
La première des facultés intellectuelles est le bon sens.
n y a loin de Tintelligence qui saisît à Tintelligence qui crée, ceUe-ci est le génie.
Pardonner à un grand coupable c'est nuire à la société.
On est agréable par T esprit, intéressant par le cœur, grand par l'âme.
Les intolérants sont intolérables.
Le seid moyen d'inspirer de l'intérêt aux hommes c'est de s'intéresser à eux.
La politesse fait paraître l'homme à l'extérieur, comme il devrait être dans son intérieur.
L'interruption est impolie et fatigue Tattention.
Le sentiment intime du bon et du beau est un sixième sens.
L'investigation tue le préjugé.
Le courage fait des vainqueurs, la concorde des invincibles.
Le moyen de tenir sa parole c'est de ne la donner qu'après avoir mûrement réfléchi.
Le squelette nous invite à la méditation, et nous dit : J'ai été comme tu es ; tu seras comme je suis.
Le parasite s'invite lui-même et se croit invité.
L'ironie froide est la plus amère.
L'envie est plus irréconciliable que la haine^
L'irrésolution est plus dangereuse qu'une résolution trop hardie.
Par le crime on fait un pacte irrévocable avec le malheur.
On n'est jamais plus irritable que lorsqu'on se sent blâmable.
L'or irrite la soif de Tor et ne l'étanobe pas.
Attendez Vissue des événements avant de vous réjouir ou de vous plaindre.
Consultez souvent ceux qui connaissent Fîtiné* raire de la vie.
La postérité est un juge impartial.
Le génie du mal mêle de Tivraie à toutes les plantes que Thomme cultive.
Si vous êtes jaloux de ceux qui font bien, faites mieux.
Le pauvre jouit mieux du rosier de sa fenêtre que le riche de ses vastes jardins.
L'univers a été créé d'un seul jet, dit Newton.
Ne vous débarassez pas des pauvres comme des chiens en leur jetant ce que vous leur donnez.
Le désir de ce qu'on n'a pas détruit la jouissance de ce qu'on a.
Les études de la jeunesse font la jouissance de la vieillesse.
Le pauvre qui doime volontiers un peu fait plus que le riche qui donne beaucoup à contre-cœur.
Un juge inique est pire qu'un bourreau.
C'est moins pour le triomphe de notre opinion que pour celui de notre jugement que nous disputons.
Avant déjuger de tout il faudrait tout connaître.
La charité consiste à juger avec indulgence d'autrui, sévèrement de soi-même.
Le pauvre juge du riche par ce qu'il en reçoit.
L'imagination et la mémoire sont sœurs jumelles.
La passion est l'ennemie jurée de la prudence.
Il n'y a de grand que ce qui est durable, de durable que ce qui est juste.
Soyez juste, vous serez modeste.
Une âme noble rend justice, même â ceux qui la lui refusent.
La faim regarde quelquefois à la porte de r homme laborieux mais elle n'ose pas entrer.
Ce n'est pas être lâche que de céder à la nécessité.
Ce]ui qui se fait Técho de la médisance et de la calomnie est un lâche qui attaque des blessés.
La liberté est donnée à l'homme pour lui laisser le mérite de la vertu.
L'opinion est un nuage qui lance la foudre.
Le langage le plus parfait est celui qui exprime le plus de choses dans le moindre espace.
Le sceptique est un étourdi qui regarde avec une lanterne si les étoiles brillent.
Le monde est une lanterne magique dont le temps nous montre les projections passagères I
Les larmes de la pitié ont leur source dans le ciel.
L'oisiveté lasse plus promptement que le travail.
On se lasse de plaindre ceux qui se plaignent toujours.
Ce que les hommes de guerre nomment ceuillir des lauriers devrait plutôt s'appeler planter des cyprès.
Le sang ne peut laver un affiront mérité.
Le flatteur est comme le serpent qui lèche longtemps sa proie avant de Tavaler.
N'attendez pas la leçon du malheur.
La lecture donne à la vanité une juridiction flatteuse sur les plus grands génies.
S'attacher à la légèreté c'est placer son bonheur sur les ailes d'un papillon.
Il n'y a de légitime que ce qui est juste.
Un bon livre est un legs que son auteur fait au geure humain.
L'esprit sans jugement est un vaisseau sans gouvernail.
Ce n'est pas dans la république des lettres qu'il faut chercher la liberté ni Tégalité.
Chacun délaisse le soleil couchant pour saluer le soleil levant.
Ce n*est ni la fortune ni la loi qui nous rendent libres, c'est la vertu.
La loi qui punit le criminel a été fjaite en sa faveur.
On aime mieux avoir les pieds et les mains liés que la langue.
Le génie est universel, le style est local.
Celui qui vous loue n'est jamais im sot à nos yeux.
C'est le mérite de ceux qui louent, qui fait le prix des louanges.
Il y a des économies ruineuses et des prodigalités lucratives.
Plus un homme est dans l'obscurité plus son esprit brille.
Il n'est pas rare de voir des gens sans Imniéreii prétendre éclairer les autres.
Un grand nom et de grandes vertus se donnent un lustre mutuel.
Uestime est le lustre de la vertu.
n 7 a deux classes d'hommes bien distinctes : ceux qui réfléchissent) et ceux qui vivent machinalement.
Les hommes sont les machines de la providence.
Une âme forte commande -à sa machine et n'en fait pas une idole.
Le législateur doit être l'écho de la raison et le magistrat l'écho de la loi.
Le Magistrat est la loi parlante, et la loi est un Magistrat muet.
Le sage est magnifique sans orgueil ; l'insensé est orgueilleux sans magnificence»
L'ignorance et Topiniàtreté se tiennent par la main.
AND TRAVELLER'S MENTAL COMt»ANION. 79
La fierté de TÀme ne gît pas dans l'orgueil du maintien.
La vanité nuit au mèrite«
Il est impossible de faire du mal aux autres sans s'en faire à soi-même.
Il n'y a pas de mensonges plus nuisibles que ceux que nous nous faisons à nous-mêmes.
L'homme pardonne quelquefois la haine, jamais le mépris.
L'estime ne se mérite que par les talens et la vertu.
C'est moins la vérité qui blesse que la manière de la dire.
La politesse et les manières ne sont pas les mœurs.
La vertu est un manteau qui reste toujours dans les mauvais temps.
Tout parait bon marché à celui qui vend.
Les politiques et les guerriers ne sont que les marionnettes de la providence.
Que la pensée soit séparable ou inséparable de la- matière, toujours est-il qu'on ne peut nier rintelligence.
Les uns disent Tintelligence est dans la matière les autres rintelligence est autour de la matière ; la différence n'est pas grande, et la question est oiseuse.
L'intelligence est aussi indépendante de la matière, qne la lumière est indépendante des corps qui la réfractent et la réfléchissent.
Un brin d'herbe et sa semence démontrent une suprême intelligence.
On ne croit tous les hommes méchants que lors qu'on l'est soi-même.
755, Médire de l'espèce humaine c'est médire de soimême.
La haine du méchant honore l'honnête homme.
Un léger mécontentement ne doit pas faire oublier de longs services.
Les deux plus grands médecins sont le sommeil et la mort.
Méfiez-vous du méfiant.
Soyez meilleur vous serez plus heureux.
Le mélange de la bonne et de la mauvaise fortune donne de la douceur.
Hélas I une voix mélodieuse et de beaux yeux ne sont pas toujours les organes d'une âme céleste.
Celui qui fait tort à quelqu'un est menacé par plusieurs.
Le vice et la vertu, le mensonge et la vérité, Tègoïsme et la bonté, font mauvais ménage.
Qui craint de se laisser mener est déjà mené par la peur.
Le merveilleux d'un charlatan impose aux sots; le merveilleux du talent impose aux gens d'esprit.
La difficulté vaincue est la mesure de l'estime.
L'enthousiasme est le plus puissant des microscopes.
Le miel de Téloge est enivrant.
L'ignorance vaut mieux que Terreur.
N'aimer que soi c'est concentrer ses affections sur un mince objet.
La flatterie est une mine que creuse le vice pour faire écrouler la vertu.
La misère est brave, dit Shakspeare.
Lé génie ne garantit pas des misères du vice.
L'homme de génie est envoyé du ciel pour éclairer sa race.
La modération est le véritable courage.
La méchanceté hypocrite affecte la modération pour faire de plus larges blessures.
La jactance choque moins que la modestie hy< pocrite.
L'ennui est un siècle et la mort un moment.
780, Il ya bien des gens que l'on croit fort occupés
dans leur cabinet où ils attrapent plus de mouches que de vérités.
Lutter contre Topinion c'est combattre de^ moulins à vent.
La colère meurt promptement dans un bon cœur.
Quand l'or parle tout le monde est muet.
Le silence du mépris est la meilleure réponse aux railleries.
La vraie gaîté naît de la bonté de Fâme.
Rien n'empêche tant d'être naturel que l'envie de le paraître.
Celui qui achète le superflu sera bientôt obligé de vendre le nécessaire.
Le vrai bonheur est pour nous une chose négative ; il consiste surtout dans l'absence du mal.
Jamais un homme faux ne répond nettement.
Dieu et la vérité sont étemels, on peut les nier, non les anéantir.
84 t'E TRESOR DE PENSEES;
Nier n'est pas prouver ; c'est la ressource de la sottise et de la mauvaise foi.
Le malheur ne déshonore que ceux qui l'ont
mérité.
Tout est de niveau dans le champ de l'éternité, si ce n'est le vice et la vertu.
Une âme basse suppose toujours de vils motifs aux actions les plus nobles.
n n*est point de noblesse où manque la vertu.
C'est presque toujours au nom du bien que le mal se fait.
Les deux mots les plus courts à prononcer, oui et non, sont ceux qui demandent le plus d'examen.
La force de celui qui commande gît dans la force de celui qui obéît.
Souvent l'obligé oublie un bienfait parceque le bienfaiteur s'en souvient.
Entre deux vrais amis, celui qui oblige est le plus heureux.
Celui qui agît mal hait la lumière.
Le sage préfère au rôle d'acteur celui d'observateur.
La flatterie est une fumée qui obscurcit Téclat dit mérite,
Le vice a beau se cacher dans l'obscurité, son empreinte est sur le front des coupables.
L'étemel sourit lorsqu'il voit l'homme abandonner son personnage d'observateur pour créer des mondes.
Les obstacles aiguillonent le génie.
La plus sotte occupation est de s'adorer dans xin miroir.
n ne faut s'occuper du mal que pour en tirer du bien.
Une beauté sans grâce est une rose sans odeur.
La prudence est l'œil du courage et de la vertu.
L'ooil de dieu est une puissance qui réprime le vice et soutient la vertu.
S6 I^K TRESOR DE PENBEES;
La charité voit tous les hommes du même œil.
Ce n'est point assez de pardonner les offenses, il faut les oublier.
L'amour propre offensé ne pardonne jamais.
815, Celui qui offense pardonne moins que celui qui est offensé.
Les paroles offensent plus que les actions.
Les hommes comme les oiseaux se laissent toujours prendre dans les mêmes filets.
Le méchant a peur de son ombre.
L'ennui est l'ombre du riche et de l'oisîf.
La gloire est l'ombre de la vertu.
Le remords est l'ombre du vice.
La sagesse est l'ombre de la science.
Un once de bon esprit vaut mieux qu'une livre de science.
Une once de bon naturel l'emporte sur une once d'esprit.
Les oracles se turent dès qu*on cessa d'y croire.
Le cœur d^un honnête homme est son plus sûr oracle.
Le silence est Pomement des femmes.
La vie la plus douce est comme la surface d'une onde paisible, la chute d'une fleur la fait osciller.
Un jour ote aisément ce qu'un jour a donné,
La vengeance céleste n'oublie personne.
83L Le nom de Dieu est écrit sur toutes les pages du livre de la nature.
La bienfaisance change l'or en panacée universelle.
L'homme juge le cœur par les paroles, et Dieu juge les paroles par le cœur.
Le paradoxe ternit la vérité pour faire briller le mensonge.
La société ne sera jamais parfaite tant qu'il 7 aura de la misère sans paresse.
Le plus parfait d'entre les hommes est celui qui a le moins de défauts.
Il est rare que ceux qui ne savent pas se taire sachent bien parler.
Ne parlez jamais aux autres que des choses qui les intéressent et qu'ils peuvent comprendre.
L'élégance fait les beaux parleurs, l'éloquence fait les beaux orateurs.
La license des paroles mène a la license des actions.
Tout bonheur qui ne peut se partager n'est pas le vrai bonheur.
Les faux amis sont des oiseaux de passage qui viennent à la belle saison, et s'en vont à la mauvaise.
Le plaisir passe, l'honneur est immortel.
Tâchez d'avoir une grande qualité pour qu'on vous passe les mauvaises.
Celui qui mit des larmes sous les paupières a mis de la sensibilité dans les cœurs.
Un sot n'est qu* ennuyeux, un pédant est insupportable.
Si la pensée est la première faculté de Thomme, l'art d'exprimer sa pensée est le premier des arts.
n faut toujours penser ce que l'on dit, mais il ne faut pas toujours dire ce que l'on pense.
Lorsque le vice prend le masque de la vertu, ses regards et sa voix percent à travers, et font frémir.
n faut tendre à la perfection sans jamais y prétendre.
Tous les biens sont périssables excepté les talents et la vertu.
Qui ne plaint personne ne mérite pas qu'on le plaigne.
L'espérance est une douce lumière qui anime de riantes perspectives.
La passion se ment à elle-même et se persuade ses mensonges.
Sôô.
Que la terre est petite à qui la voit des cieux.
La peur prouve que Tanimal réfléchit.
La vraie philantropie consiste à faire le bien sans espérer de récompense.
La politesse n'est bien souvent qu'un échange de phrases et de gestes.
Les phrasiers ressemblent à ces escamoteurs qui tirent de leur bouche des aunes de rubanB^
Ce ne sont pas les physionomies qui sont trompeuses mab les manières et les discours.
Craindre la mort est pire que mourir.
n vaut mieux ne pouvoir aller qu'à pied que de ne pouvoir aller qu'en voiture.
L'adversité est le piédestal qui montre la vertu à la plus grande hauteur.
864.^ Le bien dont on jouit parait souvent le moindre ; le mal que Ton ressent parait toujours le pire.
Ceux qui se flattent de faire envie, souvent ne font que pitié.
Tout homme qui n'est pas à sa place perd sa valeur.
Le vrai philosophe ne se place sur le chemin de personne.
Le plagiaire est un gueux qui se revêt d'habits qu'il a volés.
Les plaintes amères aigrissent le mal, la résignation l'adoucit.
Plus vous donnerez aux autres l'occasion de plaire plus vous plairez vous-même.
L'art de plaire est l'art d'aimer.
Par le cœur on plait plus souvent que par l'esprit.
Plaire sans art vaut mieux que savoir plaire.
Ne plaisantez jamais qu'avec les gens d'esprit.
La plaisanterie est la vengeance de la supériorité.
Dieu regarde les mains pures et non les mains pleines.
Il n'y a pas de têtes plus vides que les têtes pleines d'elles-mêmes.
L'éducation seule peut faire jouir pleinement des avantages de la richesse.
La plénitude de la vanité rend très comiques ceux qu'elle gonfle.
La plume est l'instrument le plus difficile à bien manier.
La politesse de l'esprit consiste à penser les choses honnêtes et délicates.
La politesse est aux actions ce que la grâce est à la beauté.
La véritable politesse est celle de la bienveillance.
Les esprits médiocres condamnent ce qui passe leur portée.
Un sot porte des sottise» comme un sauvageon porte des fruits amers.
La nature nous porte à aimer nos semblables, la religion nous en fait un devoir ; Tordre social, une nécessité.
L'instinct de Thomme le porte à reconnaître un Dieu, et son cœur à pressentir l'immortalité de Tâme.
La connaissance de l'homme nous porte à l'indulgence.
Celui qui poursuit aveuglément le bonheur n'atteint que l'infortune.
Lorsque la volonté précède la réflexion le ' repentir la suit.
La précision est la fille de la sagesse.