‹ Le trésor de Szilagy-SomlyoChapitre 2 sur 5 · Siebenbùrgen, en allemand · texte numérisé non relu

Siebenbùrgen, en allemand

2. Uebersicht der Kunsihistorîschen Sammlungen des Allerhôchsten Kaiserhauses. "Wien, pp. 96 et 122.

3. Ant. Steinbiichel, Notice sur les médaillons romains en or du Musée impérial et royal et de Vienne, trouvés en Hongrie dans les années MDCGXCVII et MDCCCV. Vienne, 1826, in-4».

4. Joseph Arneth, Monumente des K. K. Mûntz und antiken cahinettes in Wien; De Antiken Gold und Silber Monumente. Wien, 1850, in-fol.

tance, qu'en 1889, par M. F. Kenner*. Il suffira de rappeler ici qu'ils portent les effigies des empereurs : Maximien Hercule, Constantin, Constance, Valens, Valentinien et Gratien^. Ces médaillons en or sont des strenuae, sorte de tribut offert, ou plutôt payé aux princes barbares par les empereurs. Jordanès^, Cassiodore^ et Grégoire de Tours^ mentionnent cette coutume dans leurs écrits. Certains princes goths faisaient monter les médaillons par leurs orfèvres, afin de les porter suspendus, et ces montures présentent un grand intérêt, en ce que leur ornementation et leur technique nous fournissent la preuve qu'elles sortent des mêmes ateliers que les bijoux dont nous parlerons tout à l'heure. En outre , ces médaillons étaient accompagnés de quelques objets dont le style barbare est incontestable,

1. F. Kenner, Jahrbuch der Kunsthistorischen Sammlungen des Allerhôchsten Kaiser liauses. Wien, 1889, IX Band.

2. Voici l'énumération des médaillons découverts en 1797 à Somlyo : trois de Maximien Hercule, dont un entouré de grenats (286-305), deux de Constantin (306-337), un de Constance (337-361), un de Valentinien (364- 375), quatre de Valens (364-378), un de Gratien (375-383).

3. « Nam Gepidi Hunorum sibi sedes viribus vindicantes, totius Daciae fines velut victores potiti ; tiihil aliud a Romano imperio, nisi pacem et annua solemnia ut strenuas, amice pactione postulaverunt. Quod et libens tune annuit imperator, et usque nunc (circa 550) consuetum donum gens ipsa a Romano suscipit principe. » Jordanès, c. 50.

4. « Supplicium per te fortunas erigimus, Calend. Januariis affatim dona largimur et laetitia publica militia tua est. Verùm hanc liberalitatem nostram alio décoras obsequio, ut figura vultus nostri metallis usualibus imprimatur, nionetamque facis de nostris temporibus futura secula commonere. 0 magna inventa prudentum ! 0 laudabilia instituta majorum ! ut et imago Principum subjectos videretur pascere per commercium, quorum consilia invigilare non desinunt pro sainte cunctorum. » Cassiodori variarum lib. VI. Formula comitivae sacrarum largitionum VII.

5. En 581, Grégoire vient à Nogent-sur-Marne visiter le roi Chilpéric, qui lui montre les présents envoyés par l'empereur.

« Aureos etiam singularum librarum pondère, quos imperator misit, ostendit, habentes ab una parte iconam imperatoris pictam, et scriptum in circulo TIBERII CONSTANTINI PERPETVI AGVSTI; ab alio vero parte habentes quadrigam et ascensorem contenentesque scriptum : GLORIA ROMANORVM. Multa enim et alla ornamenta, que a legatis sunt exhibita ostendit. » Grég. de Tours, Hist. Franc, 1. VI, ch. ii, 1884, édition Arndt et Hz. Krusch. Ces pièces en or n'ont encore été signalées dans aucune collection; la description donnée par Grégoire de Tours offre même un problème dont la solution est à trouver. En effet, la légende GLORIA ROMANORVM accompagnant un quadrige ne se rencontre pas dans la numismatique romaine postérieurement aux princes de la famille de Constantin l«^ Faut-il en conclure que Grégoire a commis une erreur en lisant la légende du droit qui aurait été FL IVL CONSTANTIVS PERP AVG? On trouve en effet des aureus de Constance II avec le quadrige et la légende en question. — Ou bien Tibère Constantin, pour certaines médailles destinées à être distribuées, aurait-il, comme plusieurs empereurs, repris pour la circonstance un type ancien portant une formule en l'honneur de la gloire du peuple romain?

Médaillon monté dans un cercle de grenats cloisonnés.

Slaximien Hercule : AVR VAL MAXIMIANVS P F AVG. HERCVLI CONSERVATORI AVGG. Busle d'Hercule à gauche, portant

Tête de l'empereur Alaximien, nue, à droite. une massue sur l'épaule gauche qui est recouverte de la peau de lion.

et dont le plus important représente une sorte de pendeloque en forme de disque, enrichie de grenats'.

Bijou en or Pendeloque or et grenats

trouvé avec les médaillons de Somlyo. trouvée avec les médaillons de Somlyo.

1. L'auteur du dernier catalogue du Musée I. et R. d'archéologie de Vienne mentionne cette pendeloque sous le nom de bulla. Uebersicht der Kunsthistorischen Sammlungen des Allerhôchsten Kaiserhauses. Wien, 1891, p. 96, no 302.

Le deuxième trésor ou plutôt la seconde partie du trésor de Somlyo récemment découvert comprend :

Six paires de fibules de différentes grandeurs, mais de même forme. Elles sont en or avec pierreries, le revers est garni d'argent. (Pl. I et III, fig. 1 et 3.)

Une fibule dont la face, le revers et l'épingle même sont en or. (Pl. II, fig. 1 .)

Une paire de fibules en or dont la partie principale représente un lion couché. (Pl. II, fig. 3.)

Une paire de fibules convexes en forme d'umbo. (Pl. II, fîg. 2!.) Une fibule de grandeur exceptionnelle dont la partie centrale est ornée d'une sardoine. (Pl. III, fig. 2.)

Un large anneau en or ayant peut-être servi de bracelet. (Pl. IV, fig. 2!.) Trois coupes, deux grandes et une petite, en or avec ornements de grenats. ,(P1. IV, fig. 1 et 3.)

Plusieurs fragments détachés des fibules allongées.

Enfin, une petite tête d'animal en or avec les yeux et les oreilles en grenats.

Les fibules allongées de Somlyo (pl. I et III) se distinguent surtout par leur modè de fermeture. Le revers de la partie semi-circulaire est muni de tiges horizontales et verticales autour desquelles s'enroulait le fil formant ressort. Chacune de ces tiges se terminait par un bouton ornemental détaché du corps de la fibule. L'ardillon à charnière qui caractérise les innombrables fibules à rayons, exhumées de nos nécropoles occidentales, est d'un usage plus récent; les rayons de ces dernières tirent leur origine des boutons de celles de Somlyo. Lorsque la charnière fut substituée au ressort, les boutons, articulés au bout des traverses, se transformèrent en ornements fixés à la fibule et symétriquement disposés autour de sa partie arrondie. Les fibules avec ressort se retrouvent aussi bien en Russie* qu'en Hongrie^; elles indiquent le procédé de fermeture usité avant l'épingle à

1. Voir le tome LI des Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, pl. III, où sont figurées deux fibules trouvées dans un tombeau sur le mont Mithridate et appartenant à la collection formée à Kertch par M. Nowiko\Y.

2. En Hongrie nous pouvons citer les fibules de Bakod, de Perjamos (Musée national de^Budapest) et d'autres, conservées dans les Musées de Szabolcs et d'Agram ; ces dernières sont en argent, mais d'une forme voisine de

charnière et nous apprennent comment la fibule à rayons s'est formée dans l'Europe

orientale, avant de parvenir en Occident^.

Les six paires de fibules sont considérées par M. de Pulszky^ comme des parures

féminines destinées à maintenir le vêtement sur les deux épaules. Une fibule analogue, mais

isolée, a peut-être appartenu aussi à une femme. D'après Sidoine Apollinaire, les femmes

portaient une broche sur la poitrine :

Ostricolor pepli textus, quem flbula torto

Mordax dente vorat, tum quidquid mamma refundil

Tegminis, hoc patulo concludit gemma recessu^.

Les fibules de cette série ont généralement perdu les boutons qui accompagnaient leur partie semi-circulaire. Quelques-uns de ceux-ci ont été classés parmi les pièces indéterminées. Le côté visible de ces bijoux est rehaussé de grenats mélangés de pâtes de verre ou plutôt d'émeraudes taillées en table et cloisonnées comme eux. Quant aux ornements cruciformes remarqués sur la face des plus grandes fibules, lesquelles atteignent 2!4 centimètres de longueur, je ne pense pas qu'ils soient, comme on l'a supposé, des emblèmes chrétiens. (Pl. III, fig. 3.)

La fibule dépareillée (pl. II, fig. 1) se distingue des précédentes en ce que son revers est entièrement en or : elle présente, de plus, quelques ornements zoomorphiques, tels que des têtes d'oiseaux rapaces et une hure de sanglier; deux animaux, figurés sur le champ de la partie semi-circulaire, achèvent de donner à ce bijou un caractère barbare indéniable.

Nous ne chercherons pas à décrire la paire de fibules (pl. II, fig. 3) sur lesquelles on voit figuré en ronde-bosse un félin, sans doute un lion, dans l'attitude du repos'*. Le

celles de Somlyo. Nous connaissons seulement en France quelques rares spécimens qui puissent en être rapprochés dans les collections de MM. Frédéric Moreau et Philippe Delamain.

1. Une seule paire de iibules, parmi les six mentionnées ici, semble conserver un reflet de l'art classique par la sobriété, le goût et l'ordonnance de l'ornementation. Elle se distingue donc un peu des autres. (Pl. I, fig. 3.)

2. Fr. von Pulszky, Die Goldfunde von Szilagij-Somlyo, denkmâler der vôlkerwanderung . Budapest, 1890.

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