Garmina, "V, « ad virginem nimis cultam
4. La crinière de ces fauves est représentée de la même manière que le lion en argent doré, formant fibule,
collier de grenats qui enserre le cou de l'animal constitue un détail caractéristique \ qui se retrouve, d'ailleurs, dans plusieurs bijoux du même style. Le griffon, figuré devant les pattes du lion, confirme l'origine ou, du moins, l'inspiration orientale de l'œuvre. Notons enfin que le motif décoratif qui borde les parties principales de cette broche rappelle l'encadrement de l'un des médaillons impériaux cités plus haut.
La paire de fibules en forme d'umbo est remarquable par son originalité et sa richesse (pl. II, fig. 2). A l'éclat des pierreries se joint une abondante ornementation en relief; nous y retrouvons des félins représentés de profil ; leur gueule est très ouverte ; leur cou porte un collier; l'avant-corps est orné d'imbrications en forme d'écaillés de poisson, et l'arrière-train est recouvert d'une sorte de moucheté^, qui rappelle les fauves des fibules précédentes; enfin, le milieu du corps est entouré d'un large lien. Ces détails ne seraient-ils pas de nature à faire penser aux guépars employés autrefois en Perse pour la chasse? Trois anneaux soudés sur la bordure de ces broches devaient servir à suspendre des chaînettes^.
Fibule en or enrichie de grenats. (Profil.)
trouvé à Montigny-en-Arrouaise (Aisne) par M. Pilloy. Études sur d'anciens lieux de sépultures dans l'Aisne, t. II, fasc. 1, pl. I, fig. 8. Saint-Quentin.
1. Des têtes d'animaux, munies d'une sorte de collier en grenats cloisonnés, se retrouvent dans le trésor d'Apahida (Transylvanie), et la même décoration se voit sur l'ardillon d'une boucle de ceinture de la collection Nowikow, à Kertch.
2. Les félins ornant la coupe du trésor de Pétrossa sont aussi mouchetés.
3. Toutes les fibules de Pétrossa sont ornées de chaînettes. [ — Gorippus, poète du vi<= siècle, mentionne une fibule munie de chaînettes lorsqu'il décrit ainsi le costume de Justin II : « Une chlamyde de pourpre, posée sur les épaules de César, enveloppe sa personne. Les deux bouts sont assujettis par l'épingle d'une fibule
Fibule en or enrichie de pierreries.
(Profil.)
La fibule, dont la partie centrale est occupée par une sardoine ovale'', ressemble à celles qui retenaient sur l'épaule droite la chlamyde des derniers empereurs romains ; cependant, elle se rattache par sa technique aux monuments avec lesquels elle a été recueillie. Les grenats, incrustés dans cette grosse sardoine avec son encadrement de pierreries cloisonnées, en font un bijou barbare. Les cabochons, groupés aux^deux extrémités du joyau, sont des cornalines, des émeraudes et du cristal de roche. (Pl. III, fig. 2.)
Les trois petits anneaux qui se voient sur le revers prouvent l'existence des chaînettes.
Le bracelet, composé de minuscules fils d'or réunis autour de la tige, fait exception et contraste avec les autres pièces du trésor, puisqu'il n'est pas orné de pierreries. L'ornementation végétale des trois sphères, qui se succèdent à intervalles égaux le long du cercle, rend ce bijou particulièrement intéressant. (Pl. IV, fig. %.)
Les coupes de Somlyo, en or, sont au nombre de trois; leur technique ne diffère en rien de celle des fibules. (Pl. IV, fig. 1 et 3.) Elles portent des boucles pour la suspension, mode orientale, que l'on retrouve, aujourd'hui encore.
arquée dont les chaînettes étincellent de pierres précieuses, fruit de la victoire remportée sur les Goths. » De laudibus Justini minons, lib. II.
1. Elle mesure 8 cent. 6 mill. de longueur sur 6 cent. 9 mill. de largeur.
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chez plusieurs peuples nomades d'Asie, qui attachent leurs coupes aux selles, comme le faisaient jadis les anciens habitants des steppes russes.
Coupes en or, avec grenats.
Mentionnons enfin plusieurs fragments, détachés sans doute des plus grandes
Tête en or, avec grenats.
fibules, et une petite tête d'animal en or, dont les yeux et les oreilles sont formés de grenats*.
Somlyo est situé dans une partie de la Transylvanie qui correspond à la frontière nord de l'ancienne Dacie^. A deux époques différentes, ce pays a été soumis par des populations gothiques^. Vers l'année 270, Aurélien retira ses légions de cette province, qui fut occupée par les Goths pendant un siècle^. En 375, ces derniers, fuyant devant les Huns^, s'établirent en Mésie, grâce à Valens^. Ce prince, plus généreux que politique, leur permit de se fixer au sud du Danube^. Plus tard, la Transylvanie fut soumise aux Gépides^. Après la
1. Un objet analogue, récemment découvert à Kertch, fait partie d'une importante trouvaille de bijoux d'or avec grenats cloisonnés, possédée par M. Nowikow. Voir les Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, t. LI, pl. III. Ces bijoux ont été trouvés dans un tombeau sur le mont Mithridate , à Kertch, en 1890.
2. « Deinde usque a Danubium quem et Istrum vocant, qui est a meridie, et ad orientem directus, Ponto suscipitur. Hinc ab oriente Alania est, in medio Dacia, ubi est Gothia. » Ce passage d'Ethicus montre à la fois la position géographique de la Dacie et que le nom de Gothie lui avait été donné.
3. D'abord par les Wisigoths, ensuite par les Gépides, qui sont un rameau de la race gothique.
4. « Wesegothae Thracias Daciamque Ripensem post tanti gloriam trophaei, tanquam solo genitali potiti caeperunt incolere. » Jord., c. 26.